"Interviews"

Nanterre – Paris-Levallois: les analyses complètes du match

Après avoir accusé un retard de 18 points le Paris-Levallois est finalement parvenu à s’imposer sur le parquet de Nanterre (88-85) hier soir pour le match 1 des quarts de finale des playoffs. Lire la suite »

Vincent Collet: « Mi-juin, on annoncera le groupe pour le championnat d’Europe »

 

Lors de la conférence de presse de ce matin, Vincent Collet, le coach national, a répondu aux interrogations des journalistes à propos du prochain Euro et plus globalement de la stratégie mise en place dans la perspective de la Coupe du Monde 2019 et des Jeux Olympiques de 2020..

 

Boris Diaw, qui n’est pas retraité, va avoir un rôle particulièrement important dans ce Team France Basket?

Il l’avait déjà. Il est clairement là pour le passage du témoin. On avait parlé en octobre d’une nouvelle aventure qui est à l’évidence accélérée par cette refonte des calendriers qui nous met dans une ère nouvelle. Et au-delà ce ça la volonté surtout de continuer à être performant sur la scène européenne et mondiale. Boris va être a minima un témoin pour les autres joueurs, mais beaucoup plus que ça. On sait que c’est notre capitaine et je suis sûr qu’il va continuer à jouer ce rôle là le mieux possible.

Pouvez-vous nous raconter votre reprise de contact avec Evan Fournier?

Le point très positif, c’est qu’il est totalement mobilisé et motivé pour venir jouer avec cette équipe de France, même si pour des raisons de timing il n’a pas encore signé la charte. Il est prêt à s’engager pour cette campagne olympique et dès cet été. On s’est effectivement expliqué, rapidement d’ailleurs car il n’a pas souhaité trop revenir sur la saison passée. C’est simplement moi qui lui ai dit que j’assumais la décision et comme j’avais pu vous le dire à l’époque, il n’était pas question de trahison mais simplement d’un choix de sélectionneur. Que j’avais compris sa frustration, mais qu’encore une fois j’assumais mon choix. On est maintenant dans une nouvelle aventure dans laquelle il a tout à fait sa place et j’ai accueilli avec beaucoup de bonheur le fait qu’il soit à nouveau déterminé pour jouer en équipe de France. Voici tout résumé de notre conversation de la semaine passée.

 

« La charte a une valeur étique mais pas juridique. Il n’y a pas de sanction prévue dans le cas où un joueur ne se rend pas en équipe de France »

 

Si un joueur qui a signé la charte et que vous sélectionnez ne vient pas, que se passera t-il?

Encore une fois la charte est un engagement de mise à disposition pour l’ensemble de la période olympique et on sait qu’on n’aura pas tous les joueurs et à tous les moments. On va me dire « si dès le début Nicolas (Batum) dit qu’il ne va pas venir.. » On l’a rencontré avec Patrick au mois de décembre. On a été le voir à Charlotte et il nous avait déjà fait part de ses problèmes personnels, de son usure. Je suis arrivé en équipe de France en 2009 et j’ai fait l’an passé ma huitième campagne à la tête de celle-ci et Nicolas Batum a fait également ces huit campagnes. C’est, je crois, avec Boris Diaw le seul joueur qui est venu huit fois sur huit. Je suis personnellement un peu déçu qu’il ne veuille pas venir cet été mais les raisons qu’il a invoquées, l’usure, je les entends. C’est dommage au moment où l’on reconstruit, à un nouveau départ qui s’amorce, j’aurais aimé qu’il soit là, mais ça ne remet pas en cause l’étique de la charte. On verra ça sur l’ensemble de la période olympique. Nicolas a d’ailleurs dit récemment à Patrick (Beesley, le DTN), qu’il est prêt à revenir en équipe de France dès l’année prochaine. Plus que la charte c’est la notion de Team France qui est importante de retenir, à savoir qu’on a besoin d’avoir un réservoir. La problématique des calendriers nous l’impose et on voulait voir ça d’une façon positive. On a la chance dans le basket français d’avoir aujourd’hui un grand nombre de joueurs qui sont susceptibles d’intégrer ce Team France et qui peuvent défendre nos couleurs dans les différents matches officiels et amicaux que l’équipe de France va devoir disputer d’ici la Coupe du Monde de 2019 en Chine et je l’espère les Jeux Olympiques de Tokyo. La charte a une valeur étique mais pas juridique. Il n’y a pas de sanction prévue dans le cas où un joueur ne se rend pas en équipe de France. C’est un engagement moral que l’on a avec les joueurs.

Comment gérer la concurrence au sein d’une équipe de France de 37 joueurs, à deux vitesses, avec ceux qui feront les qualificatifs pour la Coupe du Monde et qui ne seront pas retenus l’été quand les joueurs NBA seront de retour?

D’où l’importance de ce groupe élargi, de cette dénomination Team France avec la volonté de faire les choses dans le respect pour qu’il n’y ait pas de non-dit. Effectivement l’équipe du mois de novembre sera différente et amputée des joueurs NBA, mais malgré tout, c’est bien l’équipe qui jouera. On insistera pour que les joueurs qui la représenteront aient cette fierté d’appartenance. Ils participeront à l’aventure collective. Si on va à la Coupe du Monbde 2019, ça sera en partie grâce à eux et ils auront forcément contribué au résultat final que l’on obtiendra.

Ca peut éviter ce qui s’est passé l’an dernier avec les malentendus entre le Tournoi de Qualification Olympique aux Philippines et les Jeux de Rio?

Ce n’était pas exactement la même situation mais malgré tout c’était une situation très compliquée que l’on subissait puisque ce n’est pas nous qui avions décidé de la période de ces signatures en NBA ni de celle des Pré-Olympiques. C’est effectivement une façon de l’éviter. L’état d’esprit c’est justement de valoriser plus que de diminuer. On a le sentiment, et à juste titre, que c’est en permanence l’équipe de France qui va jouer. Ceux qui la constitueront seront les meilleurs joueurs français du moment même si c’est dans un groupe élargi. On sélectionnera ceux qui sont aptes, on ne va pas lancer des pièges en sélectionnant des joueurs NBA au mois de novembre ou des joueurs Euroleague si ceux-là ne sont pas en mesure d’honorer cette sélection.

 

« On avait envisagé de pouvoir faire un petit rassemblement en prévision du mois de novembre mais finalement on y a renoncé »

 

Quel est le calendrier de la sélection des joueurs?

Vers la mi-juin, on aura une autre conférence de presse dans laquelle on annoncera le groupe pour le championnat d’Europe sachant que la préparation va démarrer à la fin du mois de juillet. On avait envisagé de pouvoir faire un petit rassemblement en prévision du mois de novembre mais finalement on y a renoncé devant la difficulté de la mise en place. Mais malgré tout on anticipe la constitution d’un groupe pour le mois de novembre sachant déjà que les joueurs NBA ne pourront pas y participer. On aura à ce sujet davantage d’informations après la draft et aussi les summer leagues sachant que des joueurs qui sont actuellement en France et en Europe pourraient rejoindre la saison prochaine la NBA et il faudra en tenir compte.

Il y a beaucoup de joueurs de qualité dans ce groupe de trente-sept et ils viennent de championnats différents. Pas seulement de NBA, mais de Serbie, de Chine, de D-League. Ca complique le scouting pour vous ?

Oui. Avec mes assistants, on essaye de regarder un très grand nombre de matches. On a la chance aujourd’hui d’avoir beaucoup plus de facilités pour observer tous ces joueurs. L’Euroleague est facilement visible, l’EuroCup également. Vous parlez de joueurs qui viennent de Serbie, j’ai joué deux fois contre Alpha Kaba et j’ai vu sept ou huit matches de Mega Leks. C’est un exemple. Il y a une quinzaine d’années, quand les joueurs évoluaient à l’étranger, on avait du mal à pouvoir les observer. Aujourd’hui, on peut voir très facilement tous les joueurs qui sont sur cette liste, ne serait-ce qu’avec Sinergy qui permet de voir tous les matches dès le lendemain qu’ils sont disputés. C’est relativement assez simple… Ca prend un peu de temps (sourire).

 

Photo: FFBB

Pascal Donnadieu raconte comment Nanterre a gagné sa deuxième Coupe d’Europe

Voici le verbatim de la conférence de presse du coach de Nanterre 92, Pascal Donnadieu, après la finale victorieuse de FIBA Europe Cup, face à Chalon.

 

« Ce n’était pas tout à fait la semaine de tous les dangers mais la plus excitante à vivre et on pouvait se retrouver avec deux grosses déceptions en trois jours. On avait trois scénarios, zéro sur deux, un sur deux ou deux sur deux. Il y a les résultats mais aussi la communion, la vie d’équipe, ce que l’on a pu proposer stratégiquement et c’est une aventure qui a duré sept jours, un peu comme des playoffs. On a été dans la difficulté par moments, on s’est accroché à l’image de notre deuxième mi-temps ici et à Chalon. Et finalement on a eu ce petit soupçon de réussite, de détermination, qui nous ont permis de soulever notre deuxième coupe d’Europe.

Cette communion avec le public me rappelle ce qui s’est passé quand on a été champion en 2013. C’est extraordinaire. En 2013, on avait été emporté par cette vague médiatique, qui sera peut-être cette fois un peu moins importante mais il faut prendre le temps de savourer ces moments-là qui sont tellement rares. Quand on se laisse un peu dépasser par tout ce qui se passe autour, on savoure moins. Comptez sur moi pour le dire aux joueurs et sur moi pour réussir à le faire. On va profiter de ces moments-là quitte à être moins bien à court terme en championnat.

« Oui, j’ai eu peur… »

(NDLR: lorsque Chalon est revenu et est même passé devant au score) J’ai eu l’impression de revivre le scénario du premier match. On a fait une première mi-temps de très, très haut niveau notamment en attaque. On a fait 12/16 à trois-points, on avait des timings extraordinaires. Comme d’habitude, par rapport à notre jeu et à ce qu’on essaye de mettre en place, la fatigue commence à se faire sentir, les timings sont un peu moins précis, on a été un peu moins en réussite dans les tirs. Chalon a eu aussi du mérite en mettant eux-aussi des gros tirs. Donc, oui, j’ai eu peur. Il faut avoir l’honnêteté de le dire, à la fin du match, ils ont quelques balles qui sont de très bonnes situations où ils peuvent repasser devant… A l’image du dernier tir d’Axel Bouteille. On n’a rien lâché, on a été dans le dur une bonne partie de la deuxième mi-temps. A des moments importants, on a mis le petit tir, pris le petit rebond, et c’est ce qui nous a permis de faire la différence.

Je ne veux pas entendre parler de Pro A ce soir. Je veux juste parler de ce qui s’est passé pendant une semaine. Se tourner tout de suite vers la Pro A serait stupide et contradictoire vis à vis de ce que je viens de vous dire, à savoir savourer, apprécier ces moments-là. Déjà, je ne sais pas comment on va jouer contre Antibes. Je vais leur donner deux jours de repos. On rependra vendredi, peut-être après-midi, car là ça a été une semaine tellement éprouvante. A l’euphorie, à la niaque, on essaiera de faire un bon match contre Antibes. Mardi, on va à Strasbourg. J’ai toujours considéré qu’en championnat, pour les équipes qui jouent le maintien, les équipes qui jouent les playoffs -notamment ce match contre Antibes-, on ne peut pas se permettre d’arriver démobilisés, de faire n’importe quoi. Même si on est fatigué -et il faudra nous en excuser-, il ne faut pas fausser le championnat en pensant à son petit plaisir personnel. On peut compter sur moi qu’à Antibes, avec les moyens du bord et avec peut-être un peu moins de préparation, on se montre dignes de nos deux succès et proposer un bon visage pour donc ne pas fausser le championnat.

« Le plus gros exploit c’est d’avoir joué ces trois matches, d’avoir réussi à enchaîner, à garder de la concentration, de la force mentale et physique »

Ce n’est pas le même scénario qu’il y a deux ans. L’exploit était peut-être encore un peu plus fort là-bas, en Turquie, contre l’équipe locale avec un scénario de fou, un Mykal Riley qui se blesse alors qu’il était l’un des trois meilleurs joueurs de l’équipe. Maintenant, l’enchaînement des trois matches fait que ça nivelle… Notre performance, c’est d’avoir battu Chalon, le deuxième de Pro A, mais le plus gros exploit c’est d’avoir joué ces trois matches, d’avoir réussi à enchaîner, à garder de la concentration, de la force mentale et physique. La performance est sur l’enchainement des trois matches et des deux titres.

Dès le début on était partis pour sept jours, en se disant « on va tout faire pour ». Il n’y a pas eu de problème de concentration, on a très bien adapté la semaine avec des temps de récupération. On a fait toute la séance hier en marchant pour être le plus précis possible avec le temps qui nous était imposé. J’ai maintenant l’habitude de ces moments-là, de ces finales. Il ne faut pas se disperser, surtout quand on a moins de temps. Il faut être précis, serein, il faut que les joueurs vous sentent bien dans vos baskets, ne pas transmettre de la nervosité. C’est ce qu’on a essayé de faire, de montrer beaucoup de calme, de détermination, et de leur donner les clés -avec Vincent (le préparateur physique), avec Franck (l’assistant), avec la vidéo- pour qu’ils puissent aller au bout. Mais encore une fois, ce n’est pas moi qui met les tirs, qui fait les stops. C’est une victoire de l’équipe et du staff qui a mis toutes ces compétences à l’unisson.

« Vous remarquerez que chaque année nos meilleurs joueurs s’en vont et il faut reconstruire »

(Six trophées en cinq ans) Ca parait à peine croyable quand on s’appelle Nanterre et que l’on voit d’où on arrive. C’est notre histoire, la manière dont ça s’est fait. Vous remarquerez que chaque année nos meilleurs joueurs s’en vont et il faut reconstruire, retenter des paris avec certains. L’année dernière, on n’a pas gagné de titres, c’était la première fois depuis longtemps. Il fallait doubler cette année pour rattraper l’année de retard. C’est ce qu’on a essayé de faire… Au-delà du titre de ce soir, ce dont je suis le plus fier c’est que depuis 2013, on continue. On nous avait prédit l’enfer en Euroleague, on ne s’est pas si mal débrouillé. On nous avait prédit que comme on était une petite équipe et que l’on avait surfé sur une dynamique pendant un mois en playoffs, ça n’allait pas durer. Je m’aperçois que quatre ans plus tard, on est encore là avec deux coupes que l’on a gagné et à 99%, on est en playoffs. Ca veut dire que l’on est régulier même en Pro A avec le même effectif depuis le début de saison…

Talib (Zana) a eu une saison difficile avec des problèmes récurrents au genou et je tiens à souligner son investissement pendant cette période délicate. On avait passé tous les deux un accord pour qu’il puisse nous aider jusqu’à ce match de ce soir, il a besoin maintenant d’être soigné et c’était donc son dernier match ce soir. Il faut maintenant qu’il se ménage, que l’on ne prenne pas de risques insensés pour la suite de sa carrière. C’est un jeune joueur encore. Il s’est beaucoup investi sur ces trois matches, il a été très précieux sur les situations défensives. Il n’a absolument pas cherché à jouer pour sa tronche, il a cherché à faire gagner l’équipe. Il était fou de joie à la fin.

Là, il n’y a plus de finale dans trois jours. On devrait pouvoir se lâcher. Il faut! »

Photo: FIBA Europe

 

Throwback interview with Panathinaikos legend, Mike Batiste

Undrafted in 1999 coming out of Arizona State, Mike Batiste went on to have an exceptional career over in Europe. The « small » big (6’8, 245lb) from California became the center of attention in Panathinaikos for a decade, including three European crowns in 2007, 2009 and 2011.

League MVP in Greece in 2010, and Finals MVP that same year, Batiste was undoubtedly one of the most dominating players in Europe during the 2000’s, until his departure from Pana (for one season) in 2012.

Currently part of the Brooklyn Nets coaching staff, Mike Batiste agreed to open up his box of memories with us to expand on his glory days with the Greens.
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Pour le directeur sportif du Mans, les Américains considèrent la Pro A comme la D-League européenne

Directeur Sportif du Mans Sarthe Basket, Vincent Loriot est habitué aux arcanes du basket américain. Il se rend notamment chaque année en Virginie au Portsmouth Invitational Tournament. Lire la suite »

A la découverte de Jordan Semple, ce Franco-américain qui affole les compteurs en Bulgarie

Il y a quelques semaines nous vous avions parlé de Jordan Semple. Franco-Américain de 24 ans, il est en train de réaliser un véritable carnage en Bulgarie cette saison. Poste 4/3 de l’Akademik Bulteks 99 Plovdiv, une équipe de première division bulgare, Jordan Semple est en ce moment LE joueur qui fait parler de lui dans les salles de basket de ce petit pays de la péninsule balkanique. Afin d’en savoir plus sur ce phénomène Basket Europe prend l’avion et met le cap à l’Est direction la Bulgarie le pays de Hristo Stoichkov et de Sylvie Vartan (oui, oui) !

Qui êtes-vous Jordan Semple ? 
Je m’appelle Jordan Semple. Je suis né en France à Paris le 12 août 1992 d’une mère française et d’un père américain. Je parle et écris le français même si je suis beaucoup plus à l’aise avec la langue anglaise.  Très tôt dans ma jeunesse, je quitte l’Hexagone et je déménage avec ma famille aux Etats-Unis, en Californie plus précisément. Depuis tout petit j’ai toujours aimé le basket et je savais que le chemin pour devenir un joueur professionnel serait long et difficile. Je suis passé par Arcata en High School puis j’ai été formé à Chico State (NCAA II) à coté de San Francisco entre 2011 et 2015. (NDLR: Jordan Semple a marqué l’histoire de son université puisqu’il fût le meilleur rebondeur et contreur de l’histoire des Wildcats). Non drafté à la fin de mon parcours scolaire en 2015 (NDLR: 10,4 points, 9,3 rebonds et 2 passes lors de sa dernière année) je fais le grand saut pour l’Europe. C’est en Espagne que je signe mon premier contrat professionnel. Au sein du Sammic Iraurgi Saski Baloia, je réalise une bonne saison aussi bien sur le plan individuelle (NDLR: 15,5 points à 57% de réussite aux tirs -31,5% à 3-points-, 9,4 rebonds et 2,3 passes décisives pour 19,7 d’évaluation en 29 minutes sur 29 matchs) que collectif (NDLR: quart de finaliste de la LEB SILVER). Cinquième marqueur et troisième rebondeur de la division, je termine même dans le cinq idéal de la saison 2015/16. Après la troisième division espagnole, je signe l’été dernier en première division bulgare avec l’Akademik Bulteks 99 Plovdiv. Cette saison est donc ma deuxième expérience professionnelle.
Quelles sont vos relations avec la France ? 
La France c’est le pays de ma maman, celui où je suis né, celui qui est inscrit sur mes papiers administratifs. J’ai toujours de la famille en France à Paris, je reviens souvent les voir. Et puis c’est une cuisine incroyable, un patrimoine exceptionnel, la France c’est l’un des plus beaux pays du monde !
 
Pourquoi avoir démarré votre carrière en Espagne et pas en France ? 
J’ai signé en Espagne tout simplement parce que c’était la meilleure option possible à ce moment-là pour moi avec le meilleur contrat.
Et pour la Bulgarie l’été dernier ? 
Idem c’était mon meilleur choix de carrière à cet instant précis. J’ai prouvé que j’avais le niveau pour la troisième division espagnole. Je voulais voir plus haut et jouer dans un championnat de première division. Sur la table, la première division bulgare correspondait à mes attentes. Me frotter aux meilleurs joueurs d’une première division en Europe, voila ce que je recherchais et ce que les dirigeants de l’Akademik Bulteks 99 Plovdiv me proposaient. J’ai signé et je ne regrette absolument pas mon choix.

                    Avec son équipe de l’Akademik Bulteks 99 Plovdiv

Quel est le niveau de la première division bulgare ? 
Par rapport à la France c’est difficile à dire puisque je ne connais pas le niveau de la Pro A, la Pro B voire la NM1. Il y a des bons Américains en Natsionalna basketbolna liga (NBL), la première division. Les joueurs viennent ici pour se montrer puis décrocher un plus gros contrat en Europe de l’ouest par exemple. Les dirigeants bulgares n’hésitent pas à faire des paris en prenant des joueurs sans expérience ou bien sans référence et cela peut parfois donner des belles surprises. Des clubs comme le Lukoil Academic Sofia ou Riski Sportist jouent également en Coupe d’Europe (FIBA Europe Cup), Beroe participe aussi à la Balkan League, cela permet d’emmagasiner de l’expérience supplémentaire en plus du simple championnat bulgare.
 
Quel regard portez-vous sur votre début saison ? 
Bon. Collectivement, nous sommes troisième de la NBL avec 5 victoires pour 3 défaites à 2 victoires du Lukoil qui est premier. Nous n’avons que le championnat à disputer cette saison cela nous permet de mettre toutes nos forces dedans. Individuellement cela se passe bien. Je suis le leader de ma formation. Je tourne à 24 points de moyenne (à 69,6% de réussite aux tirs), 10,6 rebonds et 3,4 passes pour environ 27 d’évaluation en 32 minutes de temps de jeu.
Vous êtes actuellement le meilleur scoreur et le meilleur rebondeur du championnat, vous avez été élu déjà 3 fois MVP d’une journée de championnat en 9 journées, vous attendez vous à un tel début de saison ? 
C’est difficile à dire. Je donne toujours le meilleur de moi-même sur le terrain et si en plus l’équipe gagne c’est parfait. (le 26 novembre dernier, lors de la victoire de son équipe contre le Spartak Pleven 95 à 82, Jordan a réalisé une incroyable performance avec ses 42 points à 17/19 aux tirs, 8/12 aux LF, 11 rebonds et 4 passes pour 44 d’évaluation en 30 minutes de temps de jeu). L’objectif cette année est de terminer le plus haut possible en championnat pour être en bonne position pour les playoffs et pourquoi pas remporter le titre de champion de Bulgarie. Ce serait génial.
Comment est la vie en Bulgarie ? 
J’habite à Plovdiv qui est la deuxième ville de Bulgarie avec environ 340 000 habitants. Nous sommes situés au centre du pays. Ici la vie est cool. Les gens sont sympas et parlent anglais. Le coût de la vie est bas et pratiquement tout est très bon marché. (NDLR: ancienne Philippopolis dans l’antiquité, puis Trimontium pour ses trois collines. Plovdiv a été désignée capitale européenne de la culture en 2019).
Venir en jouer en France, est-ce un de vos souhaits pour plus tard ? 
Bien sur. Absolument ! J’aimerais vraiment venir jouer ici. J’espère qu’un jour un club pourra me donner ma chance et que j’aurai l’occasion d’évoluer dans le pays qui m’a vu naître. La Pro A est un championnat où tout est possible, où tout le monde peut battre tout le monde, il y a de grands joueurs dans cette ligue. La Pro B est la deuxième division la plus forte de toute l’Europe, quant à la NM1, elle ressemble de plus en plus à une petite Pro B. Venir jouer en France est ce que je souhaite pour la suite de ma carrière.
Avez-vous déjà eu des contacts avec des clubs français ?
Aucun contact. J’imagine que si je continue de travailler dur, il pourrait y avoir des opportunités. (NDLR: Sur le marché français, Jordan sera considéré comme non JFL car il n’a pas fait sa formation en France).
Que faites-vous en dehors du basket ? 
J’adore cuisiner, c’est mes racines françaises, (rire), j’adore surfer, c’est mon côté Californien (rire) et sinon comme tout le monde passer du temps avec ma famille, mes amis, regarder des films, voyager, explorer de nouveaux endroits.
Merci Jordan pour cette interview et bonne chance pour la suite. 
Merci à vous de m’avoir permis de m’exprimer et de me faire connaitre auprès de public français. A bientôt ! (en français)
Photos : BBALL.BG / Viktoria Petrova
 

Quelle équipe de France pour les qualifications à la Coupe du Monde 2019 ?

Si l’Euro 2017 sera déterminant pour savoir où l’équipe de France se situe désormais à l’échelle européenne sans Tony Parker, Mike Gelabale et Flo Piétrus, d’autres problématiques se posent à moyen terme. Lire la suite »