"Interview"

Vincent Collet: « Mi-juin, on annoncera le groupe pour le championnat d’Europe »

 

Lors de la conférence de presse de ce matin, Vincent Collet, le coach national, a répondu aux interrogations des journalistes à propos du prochain Euro et plus globalement de la stratégie mise en place dans la perspective de la Coupe du Monde 2019 et des Jeux Olympiques de 2020..

 

Boris Diaw, qui n’est pas retraité, va avoir un rôle particulièrement important dans ce Team France Basket?

Il l’avait déjà. Il est clairement là pour le passage du témoin. On avait parlé en octobre d’une nouvelle aventure qui est à l’évidence accélérée par cette refonte des calendriers qui nous met dans une ère nouvelle. Et au-delà ce ça la volonté surtout de continuer à être performant sur la scène européenne et mondiale. Boris va être a minima un témoin pour les autres joueurs, mais beaucoup plus que ça. On sait que c’est notre capitaine et je suis sûr qu’il va continuer à jouer ce rôle là le mieux possible.

Pouvez-vous nous raconter votre reprise de contact avec Evan Fournier?

Le point très positif, c’est qu’il est totalement mobilisé et motivé pour venir jouer avec cette équipe de France, même si pour des raisons de timing il n’a pas encore signé la charte. Il est prêt à s’engager pour cette campagne olympique et dès cet été. On s’est effectivement expliqué, rapidement d’ailleurs car il n’a pas souhaité trop revenir sur la saison passée. C’est simplement moi qui lui ai dit que j’assumais la décision et comme j’avais pu vous le dire à l’époque, il n’était pas question de trahison mais simplement d’un choix de sélectionneur. Que j’avais compris sa frustration, mais qu’encore une fois j’assumais mon choix. On est maintenant dans une nouvelle aventure dans laquelle il a tout à fait sa place et j’ai accueilli avec beaucoup de bonheur le fait qu’il soit à nouveau déterminé pour jouer en équipe de France. Voici tout résumé de notre conversation de la semaine passée.

 

« La charte a une valeur étique mais pas juridique. Il n’y a pas de sanction prévue dans le cas où un joueur ne se rend pas en équipe de France »

 

Si un joueur qui a signé la charte et que vous sélectionnez ne vient pas, que se passera t-il?

Encore une fois la charte est un engagement de mise à disposition pour l’ensemble de la période olympique et on sait qu’on n’aura pas tous les joueurs et à tous les moments. On va me dire « si dès le début Nicolas (Batum) dit qu’il ne va pas venir.. » On l’a rencontré avec Patrick au mois de décembre. On a été le voir à Charlotte et il nous avait déjà fait part de ses problèmes personnels, de son usure. Je suis arrivé en équipe de France en 2009 et j’ai fait l’an passé ma huitième campagne à la tête de celle-ci et Nicolas Batum a fait également ces huit campagnes. C’est, je crois, avec Boris Diaw le seul joueur qui est venu huit fois sur huit. Je suis personnellement un peu déçu qu’il ne veuille pas venir cet été mais les raisons qu’il a invoquées, l’usure, je les entends. C’est dommage au moment où l’on reconstruit, à un nouveau départ qui s’amorce, j’aurais aimé qu’il soit là, mais ça ne remet pas en cause l’étique de la charte. On verra ça sur l’ensemble de la période olympique. Nicolas a d’ailleurs dit récemment à Patrick (Beesley, le DTN), qu’il est prêt à revenir en équipe de France dès l’année prochaine. Plus que la charte c’est la notion de Team France qui est importante de retenir, à savoir qu’on a besoin d’avoir un réservoir. La problématique des calendriers nous l’impose et on voulait voir ça d’une façon positive. On a la chance dans le basket français d’avoir aujourd’hui un grand nombre de joueurs qui sont susceptibles d’intégrer ce Team France et qui peuvent défendre nos couleurs dans les différents matches officiels et amicaux que l’équipe de France va devoir disputer d’ici la Coupe du Monde de 2019 en Chine et je l’espère les Jeux Olympiques de Tokyo. La charte a une valeur étique mais pas juridique. Il n’y a pas de sanction prévue dans le cas où un joueur ne se rend pas en équipe de France. C’est un engagement moral que l’on a avec les joueurs.

Comment gérer la concurrence au sein d’une équipe de France de 37 joueurs, à deux vitesses, avec ceux qui feront les qualificatifs pour la Coupe du Monde et qui ne seront pas retenus l’été quand les joueurs NBA seront de retour?

D’où l’importance de ce groupe élargi, de cette dénomination Team France avec la volonté de faire les choses dans le respect pour qu’il n’y ait pas de non-dit. Effectivement l’équipe du mois de novembre sera différente et amputée des joueurs NBA, mais malgré tout, c’est bien l’équipe qui jouera. On insistera pour que les joueurs qui la représenteront aient cette fierté d’appartenance. Ils participeront à l’aventure collective. Si on va à la Coupe du Monbde 2019, ça sera en partie grâce à eux et ils auront forcément contribué au résultat final que l’on obtiendra.

Ca peut éviter ce qui s’est passé l’an dernier avec les malentendus entre le Tournoi de Qualification Olympique aux Philippines et les Jeux de Rio?

Ce n’était pas exactement la même situation mais malgré tout c’était une situation très compliquée que l’on subissait puisque ce n’est pas nous qui avions décidé de la période de ces signatures en NBA ni de celle des Pré-Olympiques. C’est effectivement une façon de l’éviter. L’état d’esprit c’est justement de valoriser plus que de diminuer. On a le sentiment, et à juste titre, que c’est en permanence l’équipe de France qui va jouer. Ceux qui la constitueront seront les meilleurs joueurs français du moment même si c’est dans un groupe élargi. On sélectionnera ceux qui sont aptes, on ne va pas lancer des pièges en sélectionnant des joueurs NBA au mois de novembre ou des joueurs Euroleague si ceux-là ne sont pas en mesure d’honorer cette sélection.

 

« On avait envisagé de pouvoir faire un petit rassemblement en prévision du mois de novembre mais finalement on y a renoncé »

 

Quel est le calendrier de la sélection des joueurs?

Vers la mi-juin, on aura une autre conférence de presse dans laquelle on annoncera le groupe pour le championnat d’Europe sachant que la préparation va démarrer à la fin du mois de juillet. On avait envisagé de pouvoir faire un petit rassemblement en prévision du mois de novembre mais finalement on y a renoncé devant la difficulté de la mise en place. Mais malgré tout on anticipe la constitution d’un groupe pour le mois de novembre sachant déjà que les joueurs NBA ne pourront pas y participer. On aura à ce sujet davantage d’informations après la draft et aussi les summer leagues sachant que des joueurs qui sont actuellement en France et en Europe pourraient rejoindre la saison prochaine la NBA et il faudra en tenir compte.

Il y a beaucoup de joueurs de qualité dans ce groupe de trente-sept et ils viennent de championnats différents. Pas seulement de NBA, mais de Serbie, de Chine, de D-League. Ca complique le scouting pour vous ?

Oui. Avec mes assistants, on essaye de regarder un très grand nombre de matches. On a la chance aujourd’hui d’avoir beaucoup plus de facilités pour observer tous ces joueurs. L’Euroleague est facilement visible, l’EuroCup également. Vous parlez de joueurs qui viennent de Serbie, j’ai joué deux fois contre Alpha Kaba et j’ai vu sept ou huit matches de Mega Leks. C’est un exemple. Il y a une quinzaine d’années, quand les joueurs évoluaient à l’étranger, on avait du mal à pouvoir les observer. Aujourd’hui, on peut voir très facilement tous les joueurs qui sont sur cette liste, ne serait-ce qu’avec Sinergy qui permet de voir tous les matches dès le lendemain qu’ils sont disputés. C’est relativement assez simple… Ca prend un peu de temps (sourire).

 

Photo: FFBB

Pascal Donnadieu raconte comment Nanterre a gagné sa deuxième Coupe d’Europe

Voici le verbatim de la conférence de presse du coach de Nanterre 92, Pascal Donnadieu, après la finale victorieuse de FIBA Europe Cup, face à Chalon.

 

« Ce n’était pas tout à fait la semaine de tous les dangers mais la plus excitante à vivre et on pouvait se retrouver avec deux grosses déceptions en trois jours. On avait trois scénarios, zéro sur deux, un sur deux ou deux sur deux. Il y a les résultats mais aussi la communion, la vie d’équipe, ce que l’on a pu proposer stratégiquement et c’est une aventure qui a duré sept jours, un peu comme des playoffs. On a été dans la difficulté par moments, on s’est accroché à l’image de notre deuxième mi-temps ici et à Chalon. Et finalement on a eu ce petit soupçon de réussite, de détermination, qui nous ont permis de soulever notre deuxième coupe d’Europe.

Cette communion avec le public me rappelle ce qui s’est passé quand on a été champion en 2013. C’est extraordinaire. En 2013, on avait été emporté par cette vague médiatique, qui sera peut-être cette fois un peu moins importante mais il faut prendre le temps de savourer ces moments-là qui sont tellement rares. Quand on se laisse un peu dépasser par tout ce qui se passe autour, on savoure moins. Comptez sur moi pour le dire aux joueurs et sur moi pour réussir à le faire. On va profiter de ces moments-là quitte à être moins bien à court terme en championnat.

« Oui, j’ai eu peur… »

(NDLR: lorsque Chalon est revenu et est même passé devant au score) J’ai eu l’impression de revivre le scénario du premier match. On a fait une première mi-temps de très, très haut niveau notamment en attaque. On a fait 12/16 à trois-points, on avait des timings extraordinaires. Comme d’habitude, par rapport à notre jeu et à ce qu’on essaye de mettre en place, la fatigue commence à se faire sentir, les timings sont un peu moins précis, on a été un peu moins en réussite dans les tirs. Chalon a eu aussi du mérite en mettant eux-aussi des gros tirs. Donc, oui, j’ai eu peur. Il faut avoir l’honnêteté de le dire, à la fin du match, ils ont quelques balles qui sont de très bonnes situations où ils peuvent repasser devant… A l’image du dernier tir d’Axel Bouteille. On n’a rien lâché, on a été dans le dur une bonne partie de la deuxième mi-temps. A des moments importants, on a mis le petit tir, pris le petit rebond, et c’est ce qui nous a permis de faire la différence.

Je ne veux pas entendre parler de Pro A ce soir. Je veux juste parler de ce qui s’est passé pendant une semaine. Se tourner tout de suite vers la Pro A serait stupide et contradictoire vis à vis de ce que je viens de vous dire, à savoir savourer, apprécier ces moments-là. Déjà, je ne sais pas comment on va jouer contre Antibes. Je vais leur donner deux jours de repos. On rependra vendredi, peut-être après-midi, car là ça a été une semaine tellement éprouvante. A l’euphorie, à la niaque, on essaiera de faire un bon match contre Antibes. Mardi, on va à Strasbourg. J’ai toujours considéré qu’en championnat, pour les équipes qui jouent le maintien, les équipes qui jouent les playoffs -notamment ce match contre Antibes-, on ne peut pas se permettre d’arriver démobilisés, de faire n’importe quoi. Même si on est fatigué -et il faudra nous en excuser-, il ne faut pas fausser le championnat en pensant à son petit plaisir personnel. On peut compter sur moi qu’à Antibes, avec les moyens du bord et avec peut-être un peu moins de préparation, on se montre dignes de nos deux succès et proposer un bon visage pour donc ne pas fausser le championnat.

« Le plus gros exploit c’est d’avoir joué ces trois matches, d’avoir réussi à enchaîner, à garder de la concentration, de la force mentale et physique »

Ce n’est pas le même scénario qu’il y a deux ans. L’exploit était peut-être encore un peu plus fort là-bas, en Turquie, contre l’équipe locale avec un scénario de fou, un Mykal Riley qui se blesse alors qu’il était l’un des trois meilleurs joueurs de l’équipe. Maintenant, l’enchaînement des trois matches fait que ça nivelle… Notre performance, c’est d’avoir battu Chalon, le deuxième de Pro A, mais le plus gros exploit c’est d’avoir joué ces trois matches, d’avoir réussi à enchaîner, à garder de la concentration, de la force mentale et physique. La performance est sur l’enchainement des trois matches et des deux titres.

Dès le début on était partis pour sept jours, en se disant « on va tout faire pour ». Il n’y a pas eu de problème de concentration, on a très bien adapté la semaine avec des temps de récupération. On a fait toute la séance hier en marchant pour être le plus précis possible avec le temps qui nous était imposé. J’ai maintenant l’habitude de ces moments-là, de ces finales. Il ne faut pas se disperser, surtout quand on a moins de temps. Il faut être précis, serein, il faut que les joueurs vous sentent bien dans vos baskets, ne pas transmettre de la nervosité. C’est ce qu’on a essayé de faire, de montrer beaucoup de calme, de détermination, et de leur donner les clés -avec Vincent (le préparateur physique), avec Franck (l’assistant), avec la vidéo- pour qu’ils puissent aller au bout. Mais encore une fois, ce n’est pas moi qui met les tirs, qui fait les stops. C’est une victoire de l’équipe et du staff qui a mis toutes ces compétences à l’unisson.

« Vous remarquerez que chaque année nos meilleurs joueurs s’en vont et il faut reconstruire »

(Six trophées en cinq ans) Ca parait à peine croyable quand on s’appelle Nanterre et que l’on voit d’où on arrive. C’est notre histoire, la manière dont ça s’est fait. Vous remarquerez que chaque année nos meilleurs joueurs s’en vont et il faut reconstruire, retenter des paris avec certains. L’année dernière, on n’a pas gagné de titres, c’était la première fois depuis longtemps. Il fallait doubler cette année pour rattraper l’année de retard. C’est ce qu’on a essayé de faire… Au-delà du titre de ce soir, ce dont je suis le plus fier c’est que depuis 2013, on continue. On nous avait prédit l’enfer en Euroleague, on ne s’est pas si mal débrouillé. On nous avait prédit que comme on était une petite équipe et que l’on avait surfé sur une dynamique pendant un mois en playoffs, ça n’allait pas durer. Je m’aperçois que quatre ans plus tard, on est encore là avec deux coupes que l’on a gagné et à 99%, on est en playoffs. Ca veut dire que l’on est régulier même en Pro A avec le même effectif depuis le début de saison…

Talib (Zana) a eu une saison difficile avec des problèmes récurrents au genou et je tiens à souligner son investissement pendant cette période délicate. On avait passé tous les deux un accord pour qu’il puisse nous aider jusqu’à ce match de ce soir, il a besoin maintenant d’être soigné et c’était donc son dernier match ce soir. Il faut maintenant qu’il se ménage, que l’on ne prenne pas de risques insensés pour la suite de sa carrière. C’est un jeune joueur encore. Il s’est beaucoup investi sur ces trois matches, il a été très précieux sur les situations défensives. Il n’a absolument pas cherché à jouer pour sa tronche, il a cherché à faire gagner l’équipe. Il était fou de joie à la fin.

Là, il n’y a plus de finale dans trois jours. On devrait pouvoir se lâcher. Il faut! »

Photo: FIBA Europe

 

Interview : en direct avec Mael Lebrun (Le Havre, Pro B)

Après l’Orléans Loiret Basket lors de ses six premières années en pro, Mael Lebrun a connu sa première expérience en Pro B avec Saint Quentin en fin de saison dernière, ce après une saison quasi-blanche en raison d’une rupture du tendon d’Achille. Le néo-Havrais a accepté de se prêter au jeu du « En direct avec… » Lire la suite »

Matthias Piault : de joueur pro à Nancy à concierge dans un hôtel de luxe à Monaco

Mathias Piault (28 ans, 1,96m), fait partie de ces gens qui n’hésitent pas à saisir les opportunités. Éternel espoir du SLUC de Nancy, 3 fois champion de France de la catégorie, il n’aura joué au final que 15 matchs avec les pros en LNB -6 à Nancy en Pro A et 9 à Aix-Maurienne en Pro B-. Aujourd’hui, il travaille dans un hôtel de luxe. L’occasion de revenir sur un parcours qu’il qualifie lui même d’atypique. Lire la suite »

« Que deviens-tu Steeve Essart? »

Ancien membre des cardiac kids de Levallois à la fin des années 90, Steeve Essart qui a passé 20 saisons en LNB est aujourd’hui entraîneur au Pôle Espoir d’Alsace et prépare son diplôme d’Etat, le DEJEPS avec l’aide de la FFBB. Le Guyanais sera sur le marché des coachs dès cet été.

Quel est votre sentiment et avis sur l’actualité en Guyane?

Pour moi c’est un mouvement qui est légitime. C’est un mouvement dont la Guyane avait besoin pour qu’elle se réveille et se fasse entendre. Ca fait plus de 20 ans que je suis en métropole, il y a quelques infrastructures qui se sont développées mais pas assez encore pour que la Guyane se développe complètement. Il y a des problèmes partout, dans l’insécurité, dans les hôpitaux ou encore dans l’éducation. Avec tous les mouvements qui sont en cours aujourd’hui, la Guyane demande que ce que François Hollande avait promis, lors de son passage en 2011, soit mis en œuvre. Sachant que les présidentielles sont dans un mois, la Guyane a peur de s’être faite berner et veut maintenant du concret. Pour moi, ils ont raison de se faire entendre et je suis à 2000% derrière eux vu que je suis Guyanais et que mes enfants vivent en Guyane. J’aimerais que les infrastructures se développent et qu’on n’ait pas besoin d’aller aux Antilles ou en métropole pour faire de grandes études ou continuer à se développer. Je pense que la Guyane est un grand territoire qui est capable d’avoir ses propres infrastructures. Je pense que si on arrive à faire décoller la fusée Ariane, on peut tout aussi bien construire plus d’universités, plus d’écoles ou d’hôpitaux. J’espère que ce mouvement va faire vite réagir le gouvernement français pour que la Guyane soit traitée au moins au même niveau que les autres, c’est-à-dire comme un département français légitime.

Est-ce que vous vivez là-bas?

J’ai mes enfants qui vivent en Guyane avec leur mère mais moi je vis en métropole. Je vais de temps en temps en Guyane pour les vacances ou bien eux viennent me voir ici pour qu’on reste en contact. Comme j’ai divorcé, ils sont restés avec leur mère là-bas.

Vous êtes sur Strasbourg, comment vous occupez-vous ici?

Oui voilà, je suis à Strasbourg. Ici je prépare mon diplôme d’Etat, le DEJEPS. La FFBB a créé une nouvelle session pour les anciens sportifs et ceux qui sont en fin de carrière donc je suis notamment avec Maleye N’Doye, Pierric Poupet et Paccelis Morlende. Je vais une fois par mois sur Paris pour suivre cette formation à la fédé ou à l’INSEP. Dans la vie de tous les jours je suis également entraîneur du Pôle Espoir d’Alsace avec Laurent Hantz. J’entraîne donc les filles et les garçons de 13 à 15 ans.

 

« Je me suis mis sur le marché pour être coach ou assistant »

 

Votre objectif est donc de devenir coach, le but est d’entrer dans l’univers pro ou de rester sur les jeunes ? Est-ce que vous avez envie d’aller en Guyane pour faire quelque chose là-bas ?

C’est une très bonne question parce que je suis avec le Pôle Espoir mais personnellement j’ai suivi un cursus normal dans un centre de formation pro. J’ai été très, très bien formé au Paris-Levallois et je suis revenu 20 ans en arrière pour voir comment ça se passe lorsqu’on entraîne des jeunes. Là, j’en apprends tous les jours et je me dis que c’est quand même un univers différent des pros et c’est très intéressant parce que ça permet d’être un des premiers piliers d’une formation d’un jeune pour l’aider à atteindre ses objectifs. D’un autre côté, le monde pro que j’ai côtoyé pendant 15 ans me passionne aussi, m’attire beaucoup. Quand il s’agit de fédérer un groupe, quand il s’agit de gagner, d’avoir de l’adrénaline ça me plait, en plus j’ai été capitaine et j’ai eu des responsabilités en tant que joueur donc mon choix pour ce qui est de mon futur dans le coaching n’est pas encore fait (rires) mais je pense rester dans l’Hexagone. Pour la saison qui arrive, je me suis quand même mis sur le marché pour être coach ou assistant donc sur les trois mois qu’il me reste avec les jeunes je vais essayer d’en apprendre le maximum pour que je sois au point si jamais un poste d’entraîneur de centre de formation se libère et se présente à moi.

Concernant les autres joueurs guyanais comme Kevin Séraphin, Christophe Léonard ou encore Claude Marquis, est-ce que vous êtes en contact?

Je suis en contact avec tous les joueurs guyanais qui sont dans l’Hexagone et aux Etats-Unis. Dernièrement j’étais sur Lille avec Claude Marquis qui s’est lancé dans une start-up. Donc on continue de discuter tous ensemble pour voir ce que l’on peut faire pour la Guyane, pour les jeunes et pour qu’il y est encore plus de Guyanais en métropole. Surtout, les jeunes qui sont toujours dans le circuit comme Christophe Léonard, Kévin Séraphin, Livio Jean-Charles et d’autres que j’oublie surement, j’essaye de leur envoyer un petit message pour les encourager parce que je sais que le monde professionnel est beaucoup plus difficile aujourd’hui que de mon temps. On est toujours en contact et je veux qu’ils sachent que je suis toujours là s’ils ont besoin de moi que ce soit dans le basket ou en dehors.

Un mot sur votre carrière. Nous avons interrogé Fred Nkembé qui a également fait partie des cardiac kids, est-ce que vous avez quelque chose à dire sur cette période quasiment 15 ans après ?

(Rires) Les cardiac kids, wow, quelle épopée… J’aimerais tellement que cette époque soit maintenant, c’est-à-dire avec tout ce que ça engendre avec les réseaux sociaux parce qu’en fin de compte quand on y était, on l’a vécu mais ça aurait été bien s’il y avait eu des sites et des vidéos pour vraiment rigoler et pouvoir se remémorer tout ça. C’est une étape de ma vie qui a été cruciale et importante pour la suite de ma carrière. Ça m’a appris beaucoup de valeur, ça m’a appris qu’une équipe –même si ce sont des collègues que pour 9 mois- on peut devenir une famille et avec une famille on peut aller très loin même dans la difficulté. J’ai appris qu’en étant soudés à l’extérieur, ça nous permettait de relever la tête à n’importe quel moment sur le terrain. Avec peu de moyens, on a pu faire de grandes choses. Mes coéquipiers de l’époque sont restés de vrais amis, on a même créé un groupe sur Whatsapp des retraités de Levallois (rires) donc on s’envoie des messages de temps à autre avec Brice, Sacha, Vincent, Fred, Mansour et tout le reste donc c’est assez sympa !

 

« Je pense que si les règles avaient été les mêmes à mon époque, je n’aurais pas eu la même carrière. »

 

Avez-vous un avis sur l’évolution du basket français et sur les règles des JFL qui ne permettraient pas de revoir un groupe comme les cardiac kids se former aujourd’hui?

C’est vrai que si les règles d’aujourd’hui avaient été appliquées à notre époque, il n’y aurait pas eu de de cardiac kids et je pense même que nous n’aurions pas eu la médaille d’argent aux JO eux Olympiques de 2000. Je fais référence aux JO parce que c’était la bande de Sciarra, Foirest, Rigaudeau ou encore Risacher et tous ces joueurs-là, qui étaient jeunes, ont vite été mis sur le devant de la scène parce qu’on avait le droit qu’à 2 Américains et un Bosman à l’époque. Ils ont été responsabilisés dès le plus jeune âge donc ils ont acquis de l’expérience et derrière d’être compétitifs pendant les Jeux. Aujourd’hui, le fait d’avoir 4 Américains et 2 JNFL dans les équipes de Pro A et un petit peu moins en Pro B et en N1, oui ça tue nos joueurs qui sont peut-être talentueux mais que l’on ne voit pas donc c’est dommage et moi je suis contre.

Est-ce que vous pensez qu’avec cette réglementation vous auriez pu avoir votre chance et la carrière que vous avez eu ?

S’il y avait eu les mêmes règles, je ne pense pas que j’aurais eu la même carrière dans le sens où je me souviens qu’en 96 ou 97 Moustapha Sonko était blessé en début de saison et Ron Stewart est venu me voir en me disant « Steeve, Mouss est blessé donc c’est toi qui commenceras la saison avec les pros et tu n’iras pas avec les Espoirs ». Sur les cinq premiers matchs j’ai été balancé dans le 5 majeur, j’ai joué 30 minutes et on a perdu, bien sûr, les cinq premiers matchs. Je sais que c’était de ma faute mais c’est comme ça. Quand Mouss est revenu c’était 20 points et 10 passes par match donc il n’y avait pas photo. Mais tout ça pour dire que Ron Stewart m’a pris entre quatre yeux pour me féliciter alors qu’aujourd’hui, dès qu’il y a un blessé, on prend tout de suite un pigiste. Je pense donc que si ces règles avaient été les mêmes à mon époque, je n’aurais pas eu la même carrière.

Michael Mokongo : « J’ai encore l’amour du basket, je ne pense pas du tout à la retraite. »

Invité au Nike Hoop Summit en 2005, meilleur meneur de Nationale 1 en 2014 avec Monaco, passé par Chalon-sur-Saône, Banvit, Gravelines ou encore l’Apoel Nicosie dans sa carrière, Michael Mokongo est aujourd’hui sans club après une très courte expérience à Vitré (NM1) en novembre. Lire la suite »

« J.A.V : plus qu’un match … un record ! »

Du basket, du basket et encore du basket. Du vendredi 7 au dimanche 9 juillet, la JA Vichy Basket amateurs se lance un immense défi : réaliser le plus long match de basket au monde et c’est au Palais des Sports Pierre Coulon de Vichy que cela se passera. A quelques mois de cette grande fête, nous avons donné la parole à Cyril Delcombel l’instigateur de ce projet.

Ancien joueur de basket professionnel, le Vichyssois et son équipe se relèvent les manches en coulisse pour offrir le plus beau des spectacles. Au programme: des matchs à gogo, des animations mais aussi de la joie, des sourires et des stars. De nombreuses personnalités du sport seront présentes.

Une formidable initiative 100% caritative puisque l’ensemble des bénéfices de ce projet repartira vers plusieurs associations.

– Qui êtes-vous Cyril Delcombel ?

Bonjour à tous, je m’appelle Cyril Delcombel et j’aurai 40 ans le 5 Juillet 2017. Vichyssois, je suis marié à Magali et j’ai trois enfants (Louis 16ans et demi, Alexandre 13 ans et demi et Margot 9 ans).

Ancien joueur de la JAV en section jeunes et seniors (à 16ans) puis passé par le centre de formation de la SIG, de Jet Service Lyon (année du dépôt de bilan), voici ma carrière basket :

  • 1996 – 1998 : Chalon-sur-Saône (Pro A)
  • 1998 – 2001 : Denain (Nationale 2)
  • 2001 – 2003 : La Mélantoise (Nationale 2) maintenant LMBC
  • 2003 – 2006 : Caen (Nationale 2)
  • 2006 – 2007 : Saint-Brieuc (Nationale 3)
  • 2007 – 2008 : Quincié en Beaujolais (Nationale 3)
  • 2011 – 2013 : Ouest Lyonnais Basket (Nationale 2)

Maintenant, je suis responsable du développement dans un groupe immobilier lyonnais (SLCI) et j’œuvre bénévolement pour rendre à la JAV ce qu’elle m’a donné, étant jeune. Plus de basket en tant que joueur mais je pratique du triathlon en amateur car la carrière basket a eu raison de ma hanche et de mes genoux !!! (rire)

Cyril Delcombel

– Qui porte ce projet « JAV Events 48h basket »?

C’est la JAV, donc la section amateur. Mon idée a séduit le président Jean François GELIN et le CA du club. La mairie de Vichy a également été séduite par le projet et nous met à disposition le Palais des Sports Pierre Coulon pendant 48h. L’ensemble des dirigeants, entraîneurs, bénévoles ont de suite adhéré au projet et me voilà responsable de « JAV EVENTS ».

– Comment est venue cette idée de créer ce type d’événement ?

Mon idée première était d’organiser un évènement au profit de l’association Petit Ange que j’ai crée suite au décès de ma petite fille d’une méningite en 2007 (10 ans déjà). Ayant toujours des idées un peu folles, je connaissais la Nuit du Basket puisque certains clubs ont joué en nocture, mais mon idée était de faire un clin d’œil à la NBA… là-bas on joue un match en 48 minutes et bien nous à Vichy on va jouer 48 … heures !!!

– Quelles ont été les différentes étapes pour la création de ce projet ?

Comme je l’ai dit plus haut, j’ai proposé l’idée à Jean François GELIN, le président de la JAV, et convaincu le club et la mairie. Une fois l’adhésion de tous, j’ai crée des commissions avec leurs responsables et toute une équipe de bénévoles. De nombreuses réunions ont permis d’avancer sur l’organisation de l’évènement.
Mais le projet a pris de l’ampleur et la petite idée est devenue une vraie machine puisque nous avons maintenant un professionnel de la communication et du sponsoring (Richard RULLAUD, R Business Conseil) pour nous aider à trouver des partenaires et faire de ce défi une vraie œuvre caritative pour les trois associations retenues (Association Petit Ange, l’AVERPAHM et ELA).

– Où en êtes-vous actuellement ?

Nous sommes dans la phase de communication et organisation des animations puisque ce projet ne sera pas qu’un simple match de basket, il y aura des activités durant tout le week-end en parallèle :

  • Village partenaire
  • Dégustation de vins
  • Initiation danse/Gym
  • Exposition de tableaux et sculptures
  • Démonstration d’Agility par le club canin de Vichy

En parallèle c’est aussi toutes les commissions qui s’organisent pour accueillir les joueurs, gérer les matchs, la buvette, …

– Avez-vous des soutiens ?

La J.A.V.C.M (Section pro) nous soutient dans cette démarche et outre notre marraine, Isabelle FIJALKOWSKI, c’est tout le basket français qui sera sollicité sur cet évènement. La période est un peu compliquée puisque les joueurs et joueuses sont en vacances mais nous avons déjà du beau monde qui répond présent: Philippe SZANIEL, Paoline SALAGNAC, David MELODY, Greg LESSORT, Sylvain MAYNIER, Pascal PERRIER DAVID, Bénédicte FOMBONNE, Christophe GREGOIRE, Mickael VEROVE, Aurélie CIBERT … la liste est longue et continue de croître. De nombreux sponsors nous soutiennent sur ce week-end car tous les bénéfices de ce projet repartiront sur nos trois associations.

 Isabelle Fijalkowski la marraine d’honneur de l’événement

– Comment imaginez-vous ces 48 heures du vendredi 7 au dimanche 9 juillet ?

Du partage, des sourires, du sport, de la musique, des autographes, des photos, des saucisses-frites, des retrouvailles avec toutes les générations de la JAV qui seront là, … bref … des moments d’échanges mais sans oublier LE MATCH car le principe est bien que 10 joueurs soient non-stop sur le terrain jour et nuit. Un planning est déjà prêt avec toutes les équipes de la JAV des U11 aux Seniors, des matchs spéciaux « All Stars NM2 », « Légendes et stars », un organigramme précis défini les rôles de chacun pour tout le week-end.

– Quel est le record à battre ?

Voilà pour moi les seules traces de record de ce genre :

LILLE (AP) — Des étudiants ont battu symboliquement le record du match de basket le plus long du monde vendredi dans un gymnase de Lille dans le Nord, a-t-on appris auprès d’un des organisateurs.

Une trentaine d’étudiants en sciences et techniques des activités physiques et sportives (STAPS) de Lille 2 ont joué pendant 30 heures et 15 minutes, soit trois minutes de plus que le record établi en août 2004 au Nebraska (Etats-Unis).
Ils avaient débuté la partie jeudi à 8h du matin jusqu’au coup de sifflet final vendredi à 14h15.
Cette nouvelle performance, qui n’a pas été réalisée dans les conditions requises par le livre Guinness des records, ne sera pas homologuée.
Les étudiants avaient organisé ce match, qui s’est achevé sur le score de 2 479 à 2 485, pour protester contre la réduction de 50% du nombre de postes au concours de professeurs d’éducation physique de l’Education nationale.

– Sera-t-il homologué ?

Nous n’avons pas pour ambition d’être homologué par le Guiness des records car nous enchainerons plusieurs matchs (donc des joueurs différents) puisque nous voulons faire participer l’ensemble du club et des équipes du bassin vichyssois, mais nous voulons réellement enchainer les matchs, sans interruption, pour avoir cette satisfaction de dire un jour : LA JAV L’A FAIT !!!

Palais des Sports Pierre Coulon à Vichy (3200 places)

– Avez-vous d’autres défis en tête aussi fou à l’avenir ?

JOKER !!!! mais j’ai encore quelques idées et certaines ne concernent pas le basket. Mais j’aime procéder par étape et me donner à 100% pour notre objectif donc faire de ce projet une réussite avant de penser à autre chose.

Pour contacter Cyril DELCOMBEL, Responsable Projet JAV EVENTS : 04 26 18 29 59 – 06 87 05 99 03

La page Facebook: JAV Events 48h basket

“Que deviens-tu Fred Nkembé ? »

Ancien espoir au Mans Sarthe Basket, Frédéric Nkembé  (1,90m, né en 1975) est aujourd’hui devenu kiné. En Pro A, il fut meilleur marqueur français en 2004 et deux fois All-star. Lire la suite »

SIG Strasbourg : La réussite digitale (2)

Au-delà de sa récente réussite sportive depuis l’arrivée de Vincent Collet à la tête de l’équipe, la SIG s’est considérablement étoffée dans le domaine du digital sous la présidence de Martial Bellon. L’efficacité de son site et de ses réseaux sociaux est devenue exemplaire.

Le première partie du dossier est ici.

Sigstrasbourg.fr a pour double objectif de bénéficier à l’image du club et aussi d’accroître les ressources financières. Une boutique en ligne avec la vente de produits dérivés doit apparaître sur le site sous deux ou trois semaines, mais trop peu de commandes sont à prévoir pour entraîner d’importantes rentrées d’argent.

En revanche, le site et les réseaux sociaux contribuent au boom du ticketing et des abonnements. C’est le digital qui a permis à la SIG de comptabiliser 1 600 abonnés particuliers alors qu’elle venait d’échouer une quatrième fois de suite en finale des playoffs, que Vincent Collet avait déposé temporairement sa casquette de capitaine et que les premières semaines de l’actuelle saison avec le Finlandais Henrik Detmann à la barre furent calamiteuses. Aujourd’hui, plus de 80% de la billeterie sont assurés par le biais du site.

« Il y a trois ou quatre ans, on vendait encore minimum cinq à six cents billets les soirs de match. Aujourd’hui, c’est 150-200, » confirme Aymeric Jeanneau. « En allant sur le site, on peut s’asseoir virtuellement à sa place, tourner son téléphone pour voir la salle en 3D de gauche à droite. Il faut créer des produits qui donnent envie d’acheter. »

A l’époque où Ricardo Greer et David Andersen étaient Strasbourgeois, des connections venaient de République Dominicaine et d’Australie. Des internautes chinois suivent la SIG. Lorsque Frank Ntilikina a eu droit au New York Times et que le site a publié l’article, cela a créé du buzz au niveau international mais il est retombé un peu en attendant les jours qui vont précéder la draft. Au-delà de l’anecdote, il est acquis que le rayonnement de la SIG va au-delà de la frontière de l’Alsace puisque les habitants du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ne représentent que 25 des 45 000 fans sur facebook.

 

« On peut faire 9-10 millions avec l’économie strasbourgeoise mais pour passer à 12-15 dans 10 ou 15 ans, il faudra sortir de l’Alsace »,

 

La SIG a à sa disposition un vivier énorme encore peu exploité avec la concentration urbaine qui existe de l’autre côté de la frontière, de Karlsruhe, en Allemagne, à la Suisse. Il faut savoir qu’une ligne de tram existe désormais entre Strasbourg et Offenbourg, la ville allemande qui se trouve juste de l’autre côté du Rhin. Et que deux journalistes allemands sont accrédités en permanence au Rhenus pour suivre les matches de la SIG. Et si les Alsaciens parlent souvent l’allemand, les frontaliers de l’autre bord se débrouillent généralement en français.

Lorsque, en avril dernier, la SIG s’est retrouvée face à Galatasaray en finale de l’Eurocup, elle a reçu 20 000 demandes mais le club a estimé à 25-28 000 le nombre de spectateurs potentiels, ce qui a priori constitue une sorte de record national pour un match de basket en France entre deux équipes de club. Nombre des candidatures provenaient d’Allemagne mais la présence d’une forte communauté turque dans ce pays fausse quelque peu l’analyse.

« Des Allemands viennent au match mais je ne suis pas sûr qu’il y en ait beaucoup sur les réseaux sociaux, même si on peut lire quelques posts », constate Aymeric Jeanneau. « Strasbourg, c’est quand même la capitale européenne et c’est une ville à 180°. A une heure et demie de Strasbourg, c’est 6 millions d’habitants. C’est l’une des plus grandes zones de chalandise d’Europe. La Suisse n’est pas loin non plus et il y a là-bas des entreprises, de l’argent. On n’est pas encore prêt pour faire une version en allemand du site. La traduction Google, c’est moyen. On a envie de travailler ça mais on ne peut pas aller plus vite que ce que l’on fait aujourd’hui. Il faut se staffer. »

Si la SIG à l’oreille de Jordi Bertomeu, le patron de l’Euroleague, c’est que la réfection du Rhenus qui doit entraîner l’édification d’une véritable arena aux normes du XXIe siècle, avec une capacité de 8 puis 10 000 places et 4 000m2 de surfaces commerciales, c’est du sérieux. Il lui faut trouver une entreprise qui accepte de donner son nom moyennant finances et le projet pourra être concrétisé en 2020 sinon 2021.

« On peut faire 9-10 millions avec l’économie strasbourgeoise mais pour passer à 12-15 dans 10 ou 15 ans, il faudra sortir de l’Alsace », estime Aymeric Jeanneau. « Sur nos dix derniers matches, on fait guichets fermés. On ne fait pas de pub en ville ou ailleurs, c’est donc le digital qui permet ça. C’est évident que l’on doit être encore plus performant dans ce domaine. Nos objectifs sont de développer la vente de billets. Lorsque l’on fait des vidéos, ça donne envie aux gens de venir. Bien sûr que l’on veut faire encore plus d’audience sur différents vecteurs digitaux, ce sont des carrefours d’audience pour nos annonceurs. Je n’ai pas mis d’objectifs en disant il nous faut 80 000 fans Facebook l’année prochaine mais par contre toute l’équipe est motivée là-dedans. »

 

Site Internet

100 000 visites par mois

Dont 40 000 visiteurs uniques et environ 200 000 pages vues. Le site a connu des pics spectaculaires lors des précédentes saisons en playoffs et avec la finale de l’Eurocup 2016. Ainsi, en avril 2016, mois de la demi-finale et de la finale de l’Eurocup, il a enregistré 263 550 visites, 110 000 visiteurs uniques, 574 827 pages vues…

 

Facebook 

 44 868 fans

Soit 3 908 fans de plus depuis le début de la saison. La SIG est ainsi troisième en France derrière Limoges (74 033) et l’ASVEL (62 261).

 

Twitter

35 097 abonnés 

Soit 16 102 abonnés de plus depuis le début de la saison. La SIG se rapproche de Limoges qui est n°1 avec 37 470 abonnés et garde à distance l’ASVEL qui compte 15 402 abonnés.

 

Instagram

 10 770 abonnés

Ce chiffre permet à la SIG d’être le club de ProA le plus suivi sur ce réseau social. Elle recense 2 770 abonnés de plus depuis le début de la saison.

 

Youtube

 806 abonnés

Le club occupe la troisième place du podium des clubs de ProA, derrière Limoges et ses 2 027 abonnés et Cholet qui en compte 845.

 

 Quelques chiffres

Les derniers mois ont permis à la SIG Strasbourg de battre de nouveaux records historiques du club :

72 

Le nombre de matches joués la saison dernière (34 en saison régulière de Pro A, 10 en play-off, 24 en Coupes européennes, 2 en Leaders’Cup, 1 en Coupe de France, 1 au Trophée des Champions). Seuls trois joueurs les ont tous joués : Rodrigue Beaubois, Bangaly Fofana et Jérémy Leloup. Le précédent record datait de la saison précédente (70 matches). En 2013/14, la SIG Strasbourg avait disputé 60 rencontres contre seulement 44 en 12/13.

51

Le nombre exceptionnel de matches retransmis à la TV sur les 72 joués durant cette saison 2015/16.

13

Le Rhenus (6 100 places) a fait le plein à 13 reprises durant la saison dernière.

1 621

Le nombre d’abonnés cette saison pour suivre les matches au Rhenus (+20% par rapport à la saison dernière).

3 217

Avec les billets vendus aux abonnés et aux partenaires, plus de la moitié des billets sont réservés à chaque match de Pro A.

 

 

SIG Strasbourg : La réussite digitale (1)

Au-delà de sa récente réussite sportive depuis l’arrivée de Vincent Collet à la tête de l’équipe, la SIG s’est considérablement étoffée dans le domaine du digital sous la présidence de Martial Bellon. L’efficacité de son site et de ses réseaux sociaux est devenue exemplaire.

Dossier en deux parties.

 

C’est en juin 2013 que l’ancien meneur international Aymeric Jeanneau a pris sa retraite sportive mais il est demeuré au sein de la SIG où il avait séjourné, en deux fois, cinq saisons. Il a observé le club de l’intérieur, effectué une sorte d’audit, afin de proposer à son directoire une création de poste pour accélérer son développement. Un projet qui était en phase avec les idées du président Martial Bellon arrivé à la SIG en 2010. Aymeric Jeanneau est ainsi devenu le manager général du développement, ce qui intègre le commercial, le marketing, la communication, le digital et encore le ticketing, tout en assistant le président sur le dossier de la future Arena. Jérôme Rosenthiel étant le manager des opérations sportives et de la gestion administrative. La SIG de 2017, c’est douze permanents hors le secteur sportif, qui comprend les joueurs, trois coaches à plein temps (Vincent Collet, Lassi Tuovi, Lauriane Dolt), un à temps partiel et le kiné.

 

« Le trick shot challenge, sorte de panier le plus dingue, entre Erving Walker et A.J. Saughter a récolté ainsi plus de 80 000 vues »

 

Jusque là, le site était entre les mains de stagiaires qui faisaient de la création graphique, d’un community manager bénévole et de Jean-Claude Frey, ancien rédacteur en chef adjoint des Dernières Nouvelles d’Alsace, qui à ce titre a notamment longtemps suivi la SIG et l’équipe de France, et qui demeure aujourd’hui la pièce centrale de ce dispositif.

« Martial a pris point par point et vu là où on pouvait développer. Le digital a été quelque chose sur lequel on a mis l’accent. Après on a été trouver les personnes qu’il fallait, ne pas continuer avec celles qu’il ne fallait pas. C’était les points faibles du club et on a beaucoup travaillé sur les trois dernières années », indique Aymeric Jeanneau.

De fait, sur la période, quatre versions différentes de sigstrasbourg.fr sont apparues –la dernière date de fin décembre-, le club a changé de prestataire technique, enrichi son contenu, et développé son impact sur les réseaux sociaux. Les apports de Dominique Wendling, un ancien journaliste des DNA lui aussi, membre du directoire, qui est rentré dans le pôle communication, et de Sophie Assoumani de la société Good Way, une autre fan de basket responsable des réseaux sociaux, ont été bénéfiques comme celui de Franklin Tellier, une encyclopédie de la SIG, en charge notamment des vidéos –désormais l’une des marques de fabrique du site-, dont il assure les scénarios, les prises de vue et les montages.

Franklin Tellier a ainsi fêté le 200e match de Louis Campbell à la SIG avec une vidéo où apparaissaient par surprise ses enfants comme le 500e de Vincent Collet. Le trick shot challenge, sorte de panier le plus dingue, entre Erving Walker et A.J. Saughter a récolté ainsi plus de 80 000 vues. Récemment, la vidéo où Martial Bellon annonce la re-signature du coach des Bleus pour trois ans a également fait un tabac.

 

 

« La saison dernière le club a fait 72 matches et je les ai pratiquement tous fait en avant papier et en compte-rendu »

 

Ce qui différencie le site strasbourgeois de la majorité des autres de Pro A, c’est la qualité du contenu rédactionnel et c’est là où le rôle de Jean-Claude Frey est primordial. Les matches et les conférences de presse sont ainsi relatés à la fois vite et très bien.

« Je fais ça de façon très journalistique comme j’ai toujours fait », commente Jean-Claude Frey. « Quand j’entre en conférence de presse, le papier du match est en ligne. Derrière je suis la conférence et je la publie une demi-heure après la fin. J’ai de très bons retours. Même s’ils ont été au match, les gens sont accros aux déclas des joueurs et de Collet. On est repris régulièrement un peu partout et c’est fait pour ça. »

Le sexagénaire ne compte pas son temps mais a quand même mis la pédale douce en ce qui concerne les déplacements.

« Je les faisais l’année dernière. Je suis semi bénévole et un peu atteint par la limite d’âge. La saison dernière le club a fait 72 matches et je les ai pratiquement tous fait en avant papier et en compte-rendu. Quand je n’étais pas sur place, il y avait la télé, et quand elle n’était pas là, je pouvais suivre les matches grâce au système K-Motion avec une caméra fixe car chaque club a cinq codes d’accès. Il n’y a pas de commentaires mais je vois les actions et avec le live de la LNB, j’ai largement de quoi faire. Et sur certains déplacements, Régis Schneider (NDLR : le journaliste des DNA qui suit la SIG) me fournit la bande-son de la conférence de presse. Egalement, l’année dernière, pour un gros match, j’appelais Vincent une demi-heure après la conf. »

 

« Si on n’avait pas fait tout ça, on ne serait pas à 5 800 spectateurs de moyenne » 

 

Même s’il y avait eu ce titre de champion de France en 2005 sous l’ère Eric Girard-Ricardo Greer, la SIG était un club appartenant au « gros peloton » de la Pro A. La venue de Vincent Collet lui a donné un formidable coup de booster sportif avec un remarquable tir groupé de quatre finales des playoffs –on le sait, infructueuses- et une finale d’EuroCup, ce qui à l’époque moderne est presque surnaturelle pour une équipe française. La notoriété de Strasbourg a été grandissante ces dernières années, le nombre de ventes important des hebdos spécialisés dans le Bas-Rhin –deuxième département derrière la Haute-Vienne- en étant une preuve comme une autre. L’accroissement de l’impact des réseaux sociaux du club a été concomitant. Sans savoir qui est l’œuf et qui est la poule. Pour prendre conscience de son ampleur, il suffit d’avoir connaissance des chiffres qui seront proposés dans la deuxième partie de cet article.

« Sans les résultats sportifs que l’on a eus, on n’aurait peut-être pas eu cette obligation d’être à ce niveau. Il y a les obligations demandées par la ligue, l’Euroleague, la Basketball Champions League auxquelles il faut répondre. Je peux le dire puisque je ne suis pas Alsacien : quand en Alsace on fait quelque chose, ce n’est pas à moitié. Et parallèlement les résultats sportifs prennent de la valeur si derrière il y a un suivi. Si on n’avait pas fait tout ça, on ne serait pas à 5 800 spectateurs de moyenne », estime Aymeric Jeanneau.

« C’est Sophie Assoumani qui est en charge des réseaux sociaux », complète Jean-Claude Frey. « Elle fait du Périscope en direct sur la page facebook. Elle twitte pratiquement toutes les deux actions durant les matches, elle retwitte tout ce qui concerne la SIG un peu partout. On essaye d’être toujours plus interactif avec les fans. Même si l’année dernière, c’était difficile car ils étaient tout le temps par monts et par vaux, on fait venir des fans à des entraînements ouverts, ils ont posé des questions à Vincent Collet et à Martial Bellon, on leur a permis de rencontrer Jeremy Leloup. »

 

« La période Dettmann a été assez douloureuse et a entraîné énormément de boulot de modération.

 

Outre le fait d’être le deuxième club de Pro A sur twitter derrière l’inévitable Limoges CSP, et le troisième sur facebook, la SIG a été surprise et heureuse d’apprendre qu’elle figure en cinquième position des clubs de Basketball Champions League les plus suivis sur les réseaux sociaux derrière le Partizan Belgrade, le Besiktas Istanbul –tous les deux loin devant-, le Dinamo Sassari et le Pinar Karsiyaka.

« Sophie regarde partout ce qui se fait », informe Aymeric Jeanneau. « Il ne faut pas s’arrêter à ce que l’on fait nous, il y a plein d’idées à prendre partout. Notamment pour les campagne d’abonnement. On s’inspire… et parfois ça ne marche pas. »

Les réseaux sociaux ont révolutionné les rapports entre les fans d’un côté, les clubs et les joueurs de l’autre, en permettant une interactivité inimaginable avec les autres supports et rendant périmés les courriers des lecteurs de la presse écrite comme les divers encarts publicitaires. Ils ont aussi leurs inconvénients et les mauvais résultats sportifs en début de saison ont entraîné quelques dérapages.

« Il y a à boire et à manger, » résume Jean-Claude Frey. « La période Dettmann a été assez douloureuse et a entraîné énormément de boulot de modération. Les gens étaient extrêmement violents comme ils peuvent parfois l’être sur les réseaux sociaux. Il a fallu éliminer des commentaires. Ça n’a peut-être pas suivi au niveau des résultats mais Henrik Dettmann ne méritait pas le traitement qu’il a eu. Ce n’était pas évident en terme d’image pour le club. »

A suivre