"Interview"

SIG Strasbourg : La réussite digitale (2)

Au-delà de sa récente réussite sportive depuis l’arrivée de Vincent Collet à la tête de l’équipe, la SIG s’est considérablement étoffée dans le domaine du digital sous la présidence de Martial Bellon. L’efficacité de son site et de ses réseaux sociaux est devenue exemplaire.

Le première partie du dossier est ici.

Sigstrasbourg.fr a pour double objectif de bénéficier à l’image du club et aussi d’accroître les ressources financières. Une boutique en ligne avec la vente de produits dérivés doit apparaître sur le site sous deux ou trois semaines, mais trop peu de commandes sont à prévoir pour entraîner d’importantes rentrées d’argent.

En revanche, le site et les réseaux sociaux contribuent au boom du ticketing et des abonnements. C’est le digital qui a permis à la SIG de comptabiliser 1 600 abonnés particuliers alors qu’elle venait d’échouer une quatrième fois de suite en finale des playoffs, que Vincent Collet avait déposé temporairement sa casquette de capitaine et que les premières semaines de l’actuelle saison avec le Finlandais Henrik Detmann à la barre furent calamiteuses. Aujourd’hui, plus de 80% de la billeterie sont assurés par le biais du site.

« Il y a trois ou quatre ans, on vendait encore minimum cinq à six cents billets les soirs de match. Aujourd’hui, c’est 150-200, » confirme Aymeric Jeanneau. « En allant sur le site, on peut s’asseoir virtuellement à sa place, tourner son téléphone pour voir la salle en 3D de gauche à droite. Il faut créer des produits qui donnent envie d’acheter. »

A l’époque où Ricardo Greer et David Andersen étaient Strasbourgeois, des connections venaient de République Dominicaine et d’Australie. Des internautes chinois suivent la SIG. Lorsque Frank Ntilikina a eu droit au New York Times et que le site a publié l’article, cela a créé du buzz au niveau international mais il est retombé un peu en attendant les jours qui vont précéder la draft. Au-delà de l’anecdote, il est acquis que le rayonnement de la SIG va au-delà de la frontière de l’Alsace puisque les habitants du Bas-Rhin et du Haut-Rhin ne représentent que 25 des 45 000 fans sur facebook.

 

« On peut faire 9-10 millions avec l’économie strasbourgeoise mais pour passer à 12-15 dans 10 ou 15 ans, il faudra sortir de l’Alsace »,

 

La SIG a à sa disposition un vivier énorme encore peu exploité avec la concentration urbaine qui existe de l’autre côté de la frontière, de Karlsruhe, en Allemagne, à la Suisse. Il faut savoir qu’une ligne de tram existe désormais entre Strasbourg et Offenbourg, la ville allemande qui se trouve juste de l’autre côté du Rhin. Et que deux journalistes allemands sont accrédités en permanence au Rhenus pour suivre les matches de la SIG. Et si les Alsaciens parlent souvent l’allemand, les frontaliers de l’autre bord se débrouillent généralement en français.

Lorsque, en avril dernier, la SIG s’est retrouvée face à Galatasaray en finale de l’Eurocup, elle a reçu 20 000 demandes mais le club a estimé à 25-28 000 le nombre de spectateurs potentiels, ce qui a priori constitue une sorte de record national pour un match de basket en France entre deux équipes de club. Nombre des candidatures provenaient d’Allemagne mais la présence d’une forte communauté turque dans ce pays fausse quelque peu l’analyse.

« Des Allemands viennent au match mais je ne suis pas sûr qu’il y en ait beaucoup sur les réseaux sociaux, même si on peut lire quelques posts », constate Aymeric Jeanneau. « Strasbourg, c’est quand même la capitale européenne et c’est une ville à 180°. A une heure et demie de Strasbourg, c’est 6 millions d’habitants. C’est l’une des plus grandes zones de chalandise d’Europe. La Suisse n’est pas loin non plus et il y a là-bas des entreprises, de l’argent. On n’est pas encore prêt pour faire une version en allemand du site. La traduction Google, c’est moyen. On a envie de travailler ça mais on ne peut pas aller plus vite que ce que l’on fait aujourd’hui. Il faut se staffer. »

Si la SIG à l’oreille de Jordi Bertomeu, le patron de l’Euroleague, c’est que la réfection du Rhenus qui doit entraîner l’édification d’une véritable arena aux normes du XXIe siècle, avec une capacité de 8 puis 10 000 places et 4 000m2 de surfaces commerciales, c’est du sérieux. Il lui faut trouver une entreprise qui accepte de donner son nom moyennant finances et le projet pourra être concrétisé en 2020 sinon 2021.

« On peut faire 9-10 millions avec l’économie strasbourgeoise mais pour passer à 12-15 dans 10 ou 15 ans, il faudra sortir de l’Alsace », estime Aymeric Jeanneau. « Sur nos dix derniers matches, on fait guichets fermés. On ne fait pas de pub en ville ou ailleurs, c’est donc le digital qui permet ça. C’est évident que l’on doit être encore plus performant dans ce domaine. Nos objectifs sont de développer la vente de billets. Lorsque l’on fait des vidéos, ça donne envie aux gens de venir. Bien sûr que l’on veut faire encore plus d’audience sur différents vecteurs digitaux, ce sont des carrefours d’audience pour nos annonceurs. Je n’ai pas mis d’objectifs en disant il nous faut 80 000 fans Facebook l’année prochaine mais par contre toute l’équipe est motivée là-dedans. »

 

Site Internet

100 000 visites par mois

Dont 40 000 visiteurs uniques et environ 200 000 pages vues. Le site a connu des pics spectaculaires lors des précédentes saisons en playoffs et avec la finale de l’Eurocup 2016. Ainsi, en avril 2016, mois de la demi-finale et de la finale de l’Eurocup, il a enregistré 263 550 visites, 110 000 visiteurs uniques, 574 827 pages vues…

 

Facebook 

 44 868 fans

Soit 3 908 fans de plus depuis le début de la saison. La SIG est ainsi troisième en France derrière Limoges (74 033) et l’ASVEL (62 261).

 

Twitter

35 097 abonnés 

Soit 16 102 abonnés de plus depuis le début de la saison. La SIG se rapproche de Limoges qui est n°1 avec 37 470 abonnés et garde à distance l’ASVEL qui compte 15 402 abonnés.

 

Instagram

 10 770 abonnés

Ce chiffre permet à la SIG d’être le club de ProA le plus suivi sur ce réseau social. Elle recense 2 770 abonnés de plus depuis le début de la saison.

 

Youtube

 806 abonnés

Le club occupe la troisième place du podium des clubs de ProA, derrière Limoges et ses 2 027 abonnés et Cholet qui en compte 845.

 

 Quelques chiffres

Les derniers mois ont permis à la SIG Strasbourg de battre de nouveaux records historiques du club :

72 

Le nombre de matches joués la saison dernière (34 en saison régulière de Pro A, 10 en play-off, 24 en Coupes européennes, 2 en Leaders’Cup, 1 en Coupe de France, 1 au Trophée des Champions). Seuls trois joueurs les ont tous joués : Rodrigue Beaubois, Bangaly Fofana et Jérémy Leloup. Le précédent record datait de la saison précédente (70 matches). En 2013/14, la SIG Strasbourg avait disputé 60 rencontres contre seulement 44 en 12/13.

51

Le nombre exceptionnel de matches retransmis à la TV sur les 72 joués durant cette saison 2015/16.

13

Le Rhenus (6 100 places) a fait le plein à 13 reprises durant la saison dernière.

1 621

Le nombre d’abonnés cette saison pour suivre les matches au Rhenus (+20% par rapport à la saison dernière).

3 217

Avec les billets vendus aux abonnés et aux partenaires, plus de la moitié des billets sont réservés à chaque match de Pro A.

 

 

SIG Strasbourg : La réussite digitale (1)

Au-delà de sa récente réussite sportive depuis l’arrivée de Vincent Collet à la tête de l’équipe, la SIG s’est considérablement étoffée dans le domaine du digital sous la présidence de Martial Bellon. L’efficacité de son site et de ses réseaux sociaux est devenue exemplaire.

Dossier en deux parties.

 

C’est en juin 2013 que l’ancien meneur international Aymeric Jeanneau a pris sa retraite sportive mais il est demeuré au sein de la SIG où il avait séjourné, en deux fois, cinq saisons. Il a observé le club de l’intérieur, effectué une sorte d’audit, afin de proposer à son directoire une création de poste pour accélérer son développement. Un projet qui était en phase avec les idées du président Martial Bellon arrivé à la SIG en 2010. Aymeric Jeanneau est ainsi devenu le manager général du développement, ce qui intègre le commercial, le marketing, la communication, le digital et encore le ticketing, tout en assistant le président sur le dossier de la future Arena. Jérôme Rosenthiel étant le manager des opérations sportives et de la gestion administrative. La SIG de 2017, c’est douze permanents hors le secteur sportif, qui comprend les joueurs, trois coaches à plein temps (Vincent Collet, Lassi Tuovi, Lauriane Dolt), un à temps partiel et le kiné.

 

« Le trick shot challenge, sorte de panier le plus dingue, entre Erving Walker et A.J. Saughter a récolté ainsi plus de 80 000 vues »

 

Jusque là, le site était entre les mains de stagiaires qui faisaient de la création graphique, d’un community manager bénévole et de Jean-Claude Frey, ancien rédacteur en chef adjoint des Dernières Nouvelles d’Alsace, qui à ce titre a notamment longtemps suivi la SIG et l’équipe de France, et qui demeure aujourd’hui la pièce centrale de ce dispositif.

« Martial a pris point par point et vu là où on pouvait développer. Le digital a été quelque chose sur lequel on a mis l’accent. Après on a été trouver les personnes qu’il fallait, ne pas continuer avec celles qu’il ne fallait pas. C’était les points faibles du club et on a beaucoup travaillé sur les trois dernières années », indique Aymeric Jeanneau.

De fait, sur la période, quatre versions différentes de sigstrasbourg.fr sont apparues –la dernière date de fin décembre-, le club a changé de prestataire technique, enrichi son contenu, et développé son impact sur les réseaux sociaux. Les apports de Dominique Wendling, un ancien journaliste des DNA lui aussi, membre du directoire, qui est rentré dans le pôle communication, et de Sophie Assoumani de la société Good Way, une autre fan de basket responsable des réseaux sociaux, ont été bénéfiques comme celui de Franklin Tellier, une encyclopédie de la SIG, en charge notamment des vidéos –désormais l’une des marques de fabrique du site-, dont il assure les scénarios, les prises de vue et les montages.

Franklin Tellier a ainsi fêté le 200e match de Louis Campbell à la SIG avec une vidéo où apparaissaient par surprise ses enfants comme le 500e de Vincent Collet. Le trick shot challenge, sorte de panier le plus dingue, entre Erving Walker et A.J. Saughter a récolté ainsi plus de 80 000 vues. Récemment, la vidéo où Martial Bellon annonce la re-signature du coach des Bleus pour trois ans a également fait un tabac.

 

 

« La saison dernière le club a fait 72 matches et je les ai pratiquement tous fait en avant papier et en compte-rendu »

 

Ce qui différencie le site strasbourgeois de la majorité des autres de Pro A, c’est la qualité du contenu rédactionnel et c’est là où le rôle de Jean-Claude Frey est primordial. Les matches et les conférences de presse sont ainsi relatés à la fois vite et très bien.

« Je fais ça de façon très journalistique comme j’ai toujours fait », commente Jean-Claude Frey. « Quand j’entre en conférence de presse, le papier du match est en ligne. Derrière je suis la conférence et je la publie une demi-heure après la fin. J’ai de très bons retours. Même s’ils ont été au match, les gens sont accros aux déclas des joueurs et de Collet. On est repris régulièrement un peu partout et c’est fait pour ça. »

Le sexagénaire ne compte pas son temps mais a quand même mis la pédale douce en ce qui concerne les déplacements.

« Je les faisais l’année dernière. Je suis semi bénévole et un peu atteint par la limite d’âge. La saison dernière le club a fait 72 matches et je les ai pratiquement tous fait en avant papier et en compte-rendu. Quand je n’étais pas sur place, il y avait la télé, et quand elle n’était pas là, je pouvais suivre les matches grâce au système K-Motion avec une caméra fixe car chaque club a cinq codes d’accès. Il n’y a pas de commentaires mais je vois les actions et avec le live de la LNB, j’ai largement de quoi faire. Et sur certains déplacements, Régis Schneider (NDLR : le journaliste des DNA qui suit la SIG) me fournit la bande-son de la conférence de presse. Egalement, l’année dernière, pour un gros match, j’appelais Vincent une demi-heure après la conf. »

 

« Si on n’avait pas fait tout ça, on ne serait pas à 5 800 spectateurs de moyenne » 

 

Même s’il y avait eu ce titre de champion de France en 2005 sous l’ère Eric Girard-Ricardo Greer, la SIG était un club appartenant au « gros peloton » de la Pro A. La venue de Vincent Collet lui a donné un formidable coup de booster sportif avec un remarquable tir groupé de quatre finales des playoffs –on le sait, infructueuses- et une finale d’EuroCup, ce qui à l’époque moderne est presque surnaturelle pour une équipe française. La notoriété de Strasbourg a été grandissante ces dernières années, le nombre de ventes important des hebdos spécialisés dans le Bas-Rhin –deuxième département derrière la Haute-Vienne- en étant une preuve comme une autre. L’accroissement de l’impact des réseaux sociaux du club a été concomitant. Sans savoir qui est l’œuf et qui est la poule. Pour prendre conscience de son ampleur, il suffit d’avoir connaissance des chiffres qui seront proposés dans la deuxième partie de cet article.

« Sans les résultats sportifs que l’on a eus, on n’aurait peut-être pas eu cette obligation d’être à ce niveau. Il y a les obligations demandées par la ligue, l’Euroleague, la Basketball Champions League auxquelles il faut répondre. Je peux le dire puisque je ne suis pas Alsacien : quand en Alsace on fait quelque chose, ce n’est pas à moitié. Et parallèlement les résultats sportifs prennent de la valeur si derrière il y a un suivi. Si on n’avait pas fait tout ça, on ne serait pas à 5 800 spectateurs de moyenne », estime Aymeric Jeanneau.

« C’est Sophie Assoumani qui est en charge des réseaux sociaux », complète Jean-Claude Frey. « Elle fait du Périscope en direct sur la page facebook. Elle twitte pratiquement toutes les deux actions durant les matches, elle retwitte tout ce qui concerne la SIG un peu partout. On essaye d’être toujours plus interactif avec les fans. Même si l’année dernière, c’était difficile car ils étaient tout le temps par monts et par vaux, on fait venir des fans à des entraînements ouverts, ils ont posé des questions à Vincent Collet et à Martial Bellon, on leur a permis de rencontrer Jeremy Leloup. »

 

« La période Dettmann a été assez douloureuse et a entraîné énormément de boulot de modération.

 

Outre le fait d’être le deuxième club de Pro A sur twitter derrière l’inévitable Limoges CSP, et le troisième sur facebook, la SIG a été surprise et heureuse d’apprendre qu’elle figure en cinquième position des clubs de Basketball Champions League les plus suivis sur les réseaux sociaux derrière le Partizan Belgrade, le Besiktas Istanbul –tous les deux loin devant-, le Dinamo Sassari et le Pinar Karsiyaka.

« Sophie regarde partout ce qui se fait », informe Aymeric Jeanneau. « Il ne faut pas s’arrêter à ce que l’on fait nous, il y a plein d’idées à prendre partout. Notamment pour les campagne d’abonnement. On s’inspire… et parfois ça ne marche pas. »

Les réseaux sociaux ont révolutionné les rapports entre les fans d’un côté, les clubs et les joueurs de l’autre, en permettant une interactivité inimaginable avec les autres supports et rendant périmés les courriers des lecteurs de la presse écrite comme les divers encarts publicitaires. Ils ont aussi leurs inconvénients et les mauvais résultats sportifs en début de saison ont entraîné quelques dérapages.

« Il y a à boire et à manger, » résume Jean-Claude Frey. « La période Dettmann a été assez douloureuse et a entraîné énormément de boulot de modération. Les gens étaient extrêmement violents comme ils peuvent parfois l’être sur les réseaux sociaux. Il a fallu éliminer des commentaires. Ça n’a peut-être pas suivi au niveau des résultats mais Henrik Dettmann ne méritait pas le traitement qu’il a eu. Ce n’était pas évident en terme d’image pour le club. »

A suivre

Interview souvenirs avec Mike Batiste, le pivot légendaire du Grand Pana

Non-drafté en 1999 à sa sortie d’Arizona State, Mike Batiste s’est ensuite bien rattrapé en Europe. Le « petit » intérieur californien (2m03, 111kg) a fait le bonheur du Panathinaikos pendant dix saisons, avec trois titres de champion d’Europe en 2007, 2009 puis 2011.

Elu MVP de la ligue en Grèce en 2010, puis MVP des finales, Batiste fut incontestablement un des intérieurs les plus dominateurs d’Europe dans les années 2000, et jusqu’à son départ du Pana (pour une année) en 2012.

Désormais assistant coach chez les Nets de Brooklyn, Mike Batiste a accepté d’ouvrir la boîte à souvenirs avec nous pour discuter de ses années de gloire sous les couleurs du grand Pana. Entretien.
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Steven Guinchard, un Frenchie à Hong Kong

 

Du lac d’Annecy aux gratte-ciels de Hong Kong, c’est en Asie que Steven Guinchard a décidé de lancer sa carrière de basketteur professionnel. Formé en France puis aux États-Unis, le jeune haut-savoyard de 23 ans exerce aujourd’hui son métier dans l’une des villes les plus excitantes de la planète. Ancienne colonie britannique rétrocédée à la Chine en 1997, Hong Kong compte entre 18 000 et 20 000 Français et parmi eux Steven Guinchard. Au sein de cette mégalopole internationale, l’ancien joueur d’Aix-Maurienne joue au basket mais vit également une expérience humaine unique au cœur de cet éden asiatique. Embarquement immédiat pour Hong Kong !

– En quelques mots, qui es-tu ?

Je m’appelle Steven Guinchard, j’ai 23 ans et je suis né à Annecy en Haute-Savoie. Je suis basketteur, poste 2/3 pour l’équipe des Hong Kong Eastern Long Lions.

 

– Quel est ton parcours de basketteur ?

J’ai commencé le basket au basket club du Pays d’Alby puis ensuite à Cran Pringy puis l’UCAB puis à partir de cadet deuxième année, j’ai joué à l’AMSB. Une fois mon bac en poche, je suis parti en Prep School en Floride puis après un an de Prep School j’ai fait un an à Pensacola Christian College puis j’ai ensuite fini mes trois dernières années universitaire à Emmanuel College. Maintenant, je joue à Hong Kong après être passé par Taïwan durant quelques mois.

– Tu joues à Hong Kong, cela n’est pas commun, tu es le premier français à jouer là-bas ?

Il me semble oui. Il faudrait vérifier mais à ma connaissance je suis le premier basketteur français à jouer à Hong Kong.

– Pourquoi ce choix d’aller à Hong Kong après l’Université ?

J’ai toujours aimé voyager, découvrir de nouvelles cultures, rencontrer de nouvelles personnes, évoluer dans un nouvel environnement … De plus ma maman étant Taïwanaise je dispose d’un passeport taïwanais. Cela me permet d’être moitié local ce qui aide beaucoup pour pouvoir jouer en Asie. Donc pour moi ce choix était comme une évidence.

– Quelle est la place du basket à Hong Kong ?

Ici les gens adorent le basket ! Chaque année, l’engouement pour ce sport grandit. Le basket prend de plus en plus de place. On constate qu’il y a de plus en plus de monde dans les tribunes, une meilleure communication autour des matchs, de l’équipe et la page Facebook du club est super actualisée. Cela fait plaisir à voir. Au niveau de la place du basket ici vis à vis des autres sports, il y a le badminton qui arrive en premier et qui domine avec le football puis le running. Le basket doit arriver en quatrième ou cinquième position je pense.

– Comment sont les salles, l’ambiance, les déplacements ?

Les salles sont superbes et l’ambiance aussi. Les déplacements sont géniaux. On voyage sur une bonne partie du continent asiatique et les déplacements se font en avion pour couvrir les grandes distances. En Asie, globalement, les salles sont plutôt pas mal. Elles peuvent être minuscules avec quelques centaines de places comme géantes avec plusieurs dizaines de milliers de spectateurs, des véritables aréna dignes de ce qui se fait de mieux en Europe ou en Amérique du Nord. Par exemple, les Philippines ont le plus de fans parce que le basket est le sport numéro 1 là bas. Les salles sont grandes, pleines, tout le monde adore le basket. Du coup les matchs deviennent vite chauds quand on rencontre leurs équipes. On sent que c’est vraiment un pays de basket et qu’ils sont fous de ce sport. 

– Présente-nous ton équipe des Hong Kong Eastern Long Lions ?

L’équipe est composée majoritairement de joueurs HongKongais. Il y a deux joueurs américains, un Franco-taiwanais (moi) et un Américano-thaïlandais. L’entraineur principal est espagnol et s’appelle Eduard Torres et le président est un Canadien (Lukas Peng). Je parle français et anglais et la communication avec l’équipe se fait en anglais. On joue dans une salle de 2 000 places environ. Le club en lui même est plutôt sympa, le mélange des cultures rend la vie fun et l’ambiance entre nous est vraiment géniale !

– Quelle compétition joues-tu ? Quel est le niveau ?

Je joue en ASEAN basketball League (ABL). Une ligue qui est composée d’équipes de Malaisie, Taïwan, Singapour, Viêtnam et Philippine. Au sein de cette compétition on retrouve des joueurs bien connus en France comme Chris Oliver (Nanterre, Strasbourg, Cholet, Boulazac, Vichy-Clermont) qui joue pour l’équipe taïwanaise de Kaohsiung Truth ou encore l’éphémère joueur du Mans Herbert Hill (Saigon Heat). C’est notre première année. Au niveau du calendrier la saison débute au mois de novembre et se termine fin mars puis il y a les playoffs en avril. Je suis particulièrement content de notre saison puisque nous sommes premier avec 15 victoires pour 2 défaites et donc en route pour les playoffs ! Je tourne à 8,9 points à 56,2% de réussite aux tirs (33,3% à 3-points), 4,8 rebonds et 1,2 passe pour 8,7 d’évaluation en 22 minutes sur 17 matchs. Mon record est de 13 points, 3 rebonds et 4 passes pour 16 d’évaluation en 33 minutes lors de la victoire 97-95 contre Singapore  le 7 décembre dernier. C’est mon premier contrat pro.

– Financièrement autour de combien tourne les salaires à Hong Kong ?

Chaque joueur a un salaire différent selon son expérience, son standing. Je ne souhaite rentrer dans les détails mais les meilleurs joueurs gagnent plus que la moyenne en Pro A.

– Comment est la vie à Hong Kong ?

La vie ici est géniale. La ville est très internationale et il y a un paquet de choses à faire ! La nourriture est aussi très bonne puisque l’on a accès à une multitude de cultures juste en sortant de chez soi. C’est une ville-monde. Ça bouge H24, tout va très vite. Il y a toujours quelque chose à faire, à voir, c’est épuisant et passionnant à la fois. Les gens sont toujours actifs, dynamiques et en mouvements. Ce que j’aime par dessus tout c’est qu’ici tu peux trouver ce que tu veux quand tu veux, bref ça c’est Hong-Kong.

– Quel est pour toi une journée type ?

Entrainement de 9h du matin à midi puis musculation vers 13h et ensuite repos l’après-midi.

– Comment la France et les Français sont perçus à Hong Kong ?

Les Français sont bien accueillis ici. La France a une image d’élégance et de luxe. Hong Kong attire de nombreux Français en quête d’une expérience professionnelle à des milliers de kilomètres de l’Hexagone. Le contact est facile ici puisque les jeunes Hongkongais parlent souvent plusieurs langues.

– As-tu un plan de carrière pour ton futur ?

J’essaye de me concentrer sur les choses que je peux contrôler. Voyager, découvrir de nouveaux pays tout en jouant au basket c’est vraiment une chance de pouvoir combiner les deux. J’essaye vraiment de profiter de chaque instant au maximum. Je n’ai pas vraiment de plan de carrière. Je profite du moment présent et savoure ce que j’ai. A l’heure actuelle la seule chose que je sais est que je suis en contrat avec les Hong-Kong Eastern Long Lions jusqu’en octobre prochain.

– Continues-tu de suivre la Pro A, la Pro B et la NM1 ?

Oui avec Internet principalement. Je regarde qui est le club leader du championnat, qui sont les bons joueurs … Il y a le décalage horaire mais j’essaye de me tenir au maximum au courant de ce qui se passe en France sur la planète basket.

– Souhaites-tu rajouter quelque chose ?

Merci à vous de m’avoir sollicité et si jamais vous êtes sur Hong Kong faites moi signe ! (Rire).

Crédit photos: 東方龍獅籃球隊 Eastern Long Lions Basketball Team

Interview : en direct avec Nicolas De Jong (Châlons-Reims)

Deuxième meilleur marqueur français avec 12 unités (juste derrière Ousmane Camara qui pointe à 12,18 points), meilleur marqueur par minute de Pro A (0,65 point) et pivot du Champagne Châlons-Reims Basket, Nicolas De Jong a agréablement accepté de se prêter au jeu du « En direct avec… » Lire la suite »

Ligue Féminine: de l’audace, toujours de l’audace

Lors d’un déjeuner de presse, Philippe Legname, président de la Ligue Féminine de Basket, Irène Ottenhof, sa directrice générale, et Fabrice Canet, chef du service de presse de la fédération et également arbitre de Pro A, ont commenté les trois innovations qui ont été décidées pour la saison 2017-18.

 

« On se réserve le droit de tester peut-être pendant trois ans afin d’avoir le meilleur produit possible pour aller ensuite dans cette nouvelle salle à Bercy. »

 

OPEN DE LA LFB ET TROPHEE DES CHAMPIONS

C’est l’une des réussites de la LFB, qui a été copiée un peu partout, dans les autres sports comme à l’étranger. Depuis 2005, l’Open réunit en un même lieu, à Paris-Coubertin, et sur un week-end, les 12 équipes de la LFB pour la première journée de championnat. En 2014, le trophée des Champions, qui oppose le champion de France au vainqueur de la Coupe, est venu se greffer sur l’événement –ces deux équipes disputent leur match de championnat plus tard dans la saison.

Pour sa 13e édition, les 29 et 30 septembre, le format de l’Open va évoluer sans bouleverser ses fondements : deux rencontres, dont le Trophée des Champions, se tiendront le vendredi puis les quatre autres matches seront programmés le samedi.

« Coubertin est pris par le hand et donc on est obligé de délocaliser à Carpentier », explique Philippe Legname. « La question a été posée à tous les présidents lors d’un séminaire : fallait-il délocaliser en Province en attendant la salle de 7 000 places qui est prévue à Bercy, sachant que nous bénéficions pour l’Open d’une subvention de la ville de Paris et de la Région Ile-de France, que Paris c’est central et que nous avons beaucoup de monde ? Tout le monde a donné son accord pour rester sur Paris. »

Jugée audacieuse à travers la création de cet Open, qui permet aussi une mise à disposition aux médias, de leur distribuer un remarquable media guide, et à chaque joueuse d’être prise en photos dans des postures parfois originales, la Ligue Féminine veut éviter l’endormissement.

« Malgré les efforts que l’on déploie, c’est plus compliqué pour le Parisien moyen de sortir le dimanche pour aller au basket que le samedi », commente Irène Ottenhof. « Le remplissage le samedi est de l’ordre de 90%, parfois c’est même guichets fermés alors que le dimanche on est à 65, 70%. On n’a jamais une sensation de vide car on arrive avec les flux et les animations à avoir un engouement populaire mais ça devient compliqué. On est parti dans l’idée d’avoir deux matches le vendredi soir dont le Trophée des Champions et un match de la 1ère journée. Sur la journée du samedi, on aura deux sessions de deux matches pour répondre à une nouvelle demande du public. C’est plus professionnel d’avoir deux sessions, on se rapproche de ce qui se fait au niveau international. Les joueuses sont contentes de se retrouver, c’est le seul moment de la saison où elles peuvent le faire. On a cherché à préserver cette marque de fabrique tout en essayant d’innover. On se réserve le droit de tester peut-être pendant trois ans afin d’avoir le meilleur produit possible pour aller ensuite dans cette nouvelle salle à Bercy. »

 

« L’objectif c’est aussi d’amener du basket féminin professionnel sur des territoires où il n’y a pas forcément »

 

TROIS TOURNOIS D’AVANT-SAISON

Là aussi, c’est un concept original : trois tournois Pré-Open seront organisés par la LFB et regrouperont, le week-end précédent l’Open parisien, l’ensemble des équipes et ils seront inscrits au calendrier officiel. Afin d’équilibrer les plateaux, le classement de la saison régulière précédente sera le critère déterminant. Les trois sites se verront confier l’organisation pour trois ans. Les neuf présidents présents (sur douze) lors d’un récent séminaire ont tous donné leur accord à ce projet.

« L’objectif c’est aussi d’amener du basket féminin professionnel sur des territoires où il n’y a pas forcément », explique Irène Ottenhof.  « On a travaillé avec le service événementiel de la fédération pour établir un cahier des charges avec un certain nombre de critères dont une capacité de salle conseillée d’au moins 1 000 places et du parquet. On attend jusqu’au 31 mars les candidatures pour avoir un maillage territoriale cohérent, privilégier des endroits où il n’y a pas de basket professionnel féminin (NDLR : la LFB a ainsi écarté la candidature de la ligue du Nord pour Villeneuve d’Ascq, qui est déjà très bien servi tout le reste de l’année). Il y aura un accompagnement financier de la part de la ligue féminine vis à vis des clubs de la ligue. Il y aura le même fonctionnement : point presse, joueuses disponibles, charte graphique, animation de salle, une répétition générale pour les joueuses, les clubs, la ligue féminine et on l’espère pour les médias. »

 

« Il y aura bien sûr un temps d’adaptation vis à vis de cette mécanique à trois mais c’est vraiment une valorisation de la division et les joueuses vont être satisfaites de ça. »

 

L’ARBITRAGE A TROIS

Depuis deux saisons, les playoffs de Ligue Féminine sont arbitrés par trois officiels. Philippe Legname confie qu’il avait discuté de ce dispositif avec le président berruyer Pierre Fosset et sa coach Valérie Garnier lors d’un Final Four à Ekaterinbourg. L’idée a mûri de l’étendre à toute la saison régulière et le Bureau Fédéral a donné son aval le 13 janvier. Le coût saisonnier sera de 5 000 euros pour chaque club. A noter que la Pro B masculine va également opter pour les trios d’arbitrage.

« On me demande souvent si on a assez d’arbitres pour assumer ça », commente Philippe Legname ». Il faut savoir qu’il y aura des doublages : des arbitres de Pro A arbitreront deux matches en un week-end. J’ai vu le match de Coupe de France d’hier à Villeneuve d’Ascq avec trois arbitres et j’ai été très heureux de la qualité de l’arbitrage. Aucune des deux équipes ne peut dire qu’elle a été défavorisée ! »

« Nous, arbitres de Pro A, on n’arbitre quasiment pas pour l’instant de matches de Ligue féminine dans la saison », révèle Fabrice Canet. « Il se trouve que je suis tuteur d’un jeune arbitre et moi, j’en arbitre quelques matches, ce qui est le cas aussi de Johann Jeanneau. L’année prochaine, on arbitrera le vendredi et le samedi ou le samedi et le dimanche voir en semaine. Il y a eu un travail du HNO (Haut Niveau des Officiels) pour faire monter la nouvelle génération et aussi sur la mécanique à trois avec des stages pour que les arbitres s’entraînent. Il y aura bien sûr un temps d’adaptation vis à vis de cette mécanique à trois mais c’est vraiment une valorisation de la division et les joueuses vont être satisfaites de ça. Il y a aussi une vraie volonté de la fédération et du HNO d’aider à la formation des arbitres féminins. On a eu Chantal Jullien, Carole Delaune, il faudra continuer ce travail là. »

Fabrice Canet estime qu’à trois, l’arbitrage, c’est beaucoup plus efficace qu’à deux :

« C’est beaucoup plus technique. On couvre beaucoup plus de terrain, on enlève beaucoup de tricherie. Une fois que l’on a acquis l’expérience dans la mécanique et la supervision des zones, c’est beaucoup plus facile d’arbitrer à trois. Bien sûr, ça ne supprime pas toutes les erreurs ! »

 

PLAYOFFS 2017

En attendant ces trois mesures, la LFB va lancer au printemps un nouveau format de playoffs. Les huit meilleures équipes de saison régulière y seront invitées, comme chez les garçons. La finale se fera en trois manches gagnantes et la possibilité de mettre la même formule en demi-finales est à l’étude.

Dans ce domaine, la LFB ne fait qu’emprunter un chemin tracé de longue date par les maîtres américains. Ce n’est pas tout à fait une innovation puisqu’en 2005 la finale Valenciennes-Bourges s’était déjà jouée en trois manches gagnantes. L’absence de suspense (3-0 pour l’USVO) avait malheureusement mis fin à l’expérimentation.

 

 

Interview : il a passé la Leaders Cup sur le banc de l’AS Monaco

Vainqueur du concours #InTheGame organisé par le Crédit Mutuel, Ruben Sitbon a eu la chance de pouvoir passer le week-end de la Leaders Cup sur le banc de l’AS Monaco. Pour Basket Europe, il revient sur cette expérience hors du commun. Lire la suite »

En voyage avec les agents américains de Joe Burton

 

Joe Burton avec Edward Grochowiak et Cole McKeel

« Come on Joe ! Come on !!! », « Let’s go Joe, you’re the best !!! ». Nous sommes le 10 février dernier. Ce soir-là, Roanne accueille Évreux pour le compte de la 18e journée du championnat Pro B. Parmi les spectateurs de la Halle André Vacheresse, deux voix familières résonnent à l’oreille de Joe Burton. C’est celles d’Edward Grochowiak et de Cole McKeel. Ils sont Américains et ce sont les agents du pivot superstar de la Chorale. Basés aux États-Unis, les deux hommes ont fait des milliers de kilomètres pour venir voir leur joueur en France et le moins que l’on puisse dire c’est qu’ils n’ont pas été déçus de leurs efforts.

Face aux ébroïciens, Joe Burton a réalisé un véritable carnage. Auteur de 18 points à 6/9 aux tirs, 9 rebonds, 1 contre, 4 passes et 4 interceptions pour 32 (!) d’évaluation en seulement 24 minutes, le « Native American » a fait honneur à la visite de ses agents en rendant sa deuxième meilleure copie de la saison en championnat après son 38 d’évaluation face à Poitiers, le 28 octobre dernier.

Roanne vs Évreux le 10 février 2017

A quelques minutes de la fin de la rencontre, l’entraineur Laurent Pluvy décide de sortir son pivot et c’est sous une ovation du public que Joe regagne le banc choralien tout en glissant au passage un petit sourire malicieux à Edward et Cole. Roanne lamine Évreux et s’impose de 30 points sur le score de 95 à 65.

Edward Grochowiak et Cole McKeel représentent GoEmpire Group, une agence de basket basée à Chicago dans l’Illinois. Edward a 28 ans et est le président, Cole a 27 ans et en est le vice-président.

« Nous avons rencontré Joe à l’Université d’Oregon State lors de son année Senior en 2013/14. Tout de suite nous avons accroché avec lui », souligne Edward qui a lui aussi fréquenté les bancs du campus situé à Corvallis pendant que Joe apprenait le métier avec l’équipe des Beavers. « Il est devenu notre client dès qu’il a obtenu son diplôme. Joe est un excellent joueur mais également une grande personne. Nous avons énormément de respect pour lui. Cela fait plus de quatre ans que nous sommes partenaires. Nous avançons et construisons ensemble. C’est un modèle pour tant de personnes, y compris pour nous deux, tout le monde aime Joe ».

Everybody love Joe

Effectivement tout le monde aime le pivot aux mains en or à Roanne. Pendant 40 minutes après le match, sur le terrain, à la boutique officielle du club, dans les couloirs … Joe Burton a signé des autographes, fait des photos, embrassé les enfants, serré la main des plus grands, discuté avec les supporters … et tout cela avec le sourire. Non seulement il est un grand basketteur mais c’est aussi un type bien, souligne une jeune maman, après avoir fait la bise au géant.

Joe Burton avec ses fans

Cette saison est sa deuxième année en Pro B. Après avoir tout cassé pour sa découverte de la division avec Évreux la saison dernière (16,2 points, 9,9 rebonds et 3,9 passes pour 24,7 d’évaluation en 32 minutes sur 33 matchs de championnat), l’indien d’Amérique confirme pour cet exercice 2016/17 dans les rangs du club choralien. Auteur de 17 points, 9,4 rebonds et 2,6 passes pour 23,9 d’évaluation en 27 minutes sur 18 matchs, il s’affirme une nouvelle fois comme l’un des meilleurs joueurs de la deuxième division française.

« Joe est le meilleur ! » tranche Cole. « Il est l’exemple même d’un vrai professionnel et d’un joueur unique. Il va continuer à progresser. Nous pensons vraiment qu’il peut devenir l’un des meilleurs pivots de toute l’Europe dans quelques années. Il n’a que 26 ans, c’est encore jeune pour un poste 5 qui arrive à maturité vers 29/30 ans ! Regardez son parcours: Danemark (Aalborg Vikings), Pays-Bas (Landstede Basketball), Évreux où il a été élu MVP de la Pro B,  Roanne cette année, une équipe construite pour jouer les premiers rôles, Joe progresse saison après saison avec l’objectif d’être le meilleur. Il domine partout où il passe et n’a pas d’équivalent en France. Nous serions choqués s’il ne remportait pas à nouveau le titre de MVP de Pro B pour la deuxième année consécutive à la fin de la saison. »

Après avoir été le dernier à prendre sa douche, Joe Burton retrouve ses agents à l’espace VIP de la Chorale. Les trois hommes discutent, échangent, tout le monde est content. Au milieu des partenaires du club et entre les coupes de champagne et les amuses-bouches, Joe prend une nouvelle fois la pose pour les fans pendant qu’Edward et Cole bavardent avec Laurent Pluvy. Que se sont dit les agents et le coach de la Chorale ? Mystère …

40 minutes après le match, Joe Burton signe toujours des autographes

Au bout d’une 1h30, Joe, Edward et Cole s’en vont. Après avoir salué tout le monde et alors que la réception se vide les trois américains quittent la Halle. Roanne a gagné et Joe a cartonné, c’est ce que l’on appelle une soirée parfaite. C’est d’ailleurs chez Joe que ses agents dormiront cette nuit là.

Road Trip

Avant d’atterrir dans la Loire,  Edward et Cole ont réalisé un véritable road trip à travers l’Europe pour rencontrer une partie de leurs clients répartis sur le Vieux Continent. De Chicago à la Belgique, en passant par la Finlande et la Russie avant de finir leur voyage à Roanne, ils ont enchainé pendant une quinzaine de jours les rendez-vous en avalant les kilomètres.

Avec Rakeem Buckles en Finlande

A Bruxelles, c’est à Chris Dowe par exemple qu’ils ont rendu une petite visite. Ancien joueur d’Aix-Maurienne et de Hyères-Toulon, le swingman porte cette année les couleurs du Basic-Fit Brussels où il est l’un des meilleurs joueurs de l’Euromillions League. Après l’escapade belge direction la Finlande pour rencontrer Rakeem Buckles, un intérieur évoluant à Kouvot avant de mettre le cap sur Saint-Pétersbourg en Russie pour rencontrer les managers de différentes équipes.

« Nous habitons aux États-Unis (Edward vit à Chicago et Cole à Colorado Springs). Tous les jours, nous gardons le contact avec nos joueurs. Nous prenons de leurs nouvelles, nous observons leurs performances … Même si des milliers de kilomètres nous séparent, nous sommes toujours disponible pour eux. Notre relation est basée sur la confiance. La confiance est le maitre mot numéro 1 entre nous et nos clients. Nous sommes chargés de leur carrière, ce n’est pas rien, on parle d’humain, on ne peux pas faire n’importe quoi avec la vie des gens. Il est essentiel pour nous d’avoir une relation saine. De plus, nous n’hésitons pas à nous déplacer pour venir les voir tout au long de la saison. A travers ces déplacements, cela montre aux joueurs que nous sommes là mais également ils peuvent voir le travail que l’on fait pour eux. S’assoir en tribune et voir son client être heureux sur le terrain et réaliser son rêve en étant un joueur de basket professionnel, c’est dans ces moments là que tu te dis que tu fais du bon travail. Durant la quinzaine de jours que nous sommes en Europe on essaye d’être le plus stratégique possible. Nous allons dans des endroits où nous n’avons encore jamais été dans le passé. On essaye de trouver de nouveaux marchés, on rencontre nos clients bien sur, nos contacts que nous avons sur place mais également nous supervisons d’autres joueurs, nous dialoguons avec des coachs et des managers. Notre travail est basé sur le relationnel et nous essayons d’optimiser au maximum nos voyages pour revenir aux États-Unis avec de nombreuses informations. »

La confiance est un mot important chez GoEmpire. Le meilleur exemple est surement Joe Burton. A travers ses incroyables performances, le pivot attire les regards … et les autres agents. Tous les mois, le Choralien est contacté par la concurrence. Certains agents lui promettent les dollars, d’autres une grande équipe en Europe ou dans le monde … C’est les coulisses du business. Inconnu il y a quelques années, le  super pivot est aujourd’hui un des joueurs les plus coté sur le marché français, ce qui suscite forcément les convoitises. Edward et Cole le savent, Joe est leur client numéro 1, leur tête d’affiche, leur MVP.

« La France est un pays très important à nos yeux »

Combien de temps Joe Burton jouera t-il encore en France ? C’est difficile à dire. Les forts joueurs partent toujours vers des cieux plus rémunérateurs et lors de l’été 2016 il avait été déjà très demandé sur le marché. Toujours est-il que la France est un pays qui compte pour le duo d’agent:

« La Pro A et la Pro B sont des ligues importantes. La deuxième division française est la ligue de deuxième division la plus forte de toute l’Europe. Si vous réussissez en Pro B vous pouvez jouer partout en Europe tant c’est une bagarre pour les premières places. Nous comptons envoyer à l’avenir de plus en plus de nos joueurs sur le marché français. Naturellement, certains joueurs sont plus adaptés à jouer en France que d’autres. La France est un très beau pays pour jouer au basket. Il y a beaucoup de talents en LNB. Le niveau est bon, les clubs sont structurés et en tant que joueurs vous êtes sures d’avoir votre argent à la fin du mois, ce qui n’est pas négligeable. Pour nous, la France est un pays très important à nos yeux. Je suis sûr que le basket français se développera encore plus à l’avenir. »

Roanne était le terminus pour Edward et Cole de leur périple européen. De retour aux États-Unis depuis quelques jours, les deux collègues se sont déjà mis au travail:

« On rentre dans une période très importante pour nous. Nous sommes à moins d’un mois du tournoi final de la NCAA, il y a donc beaucoup de travail à faire pour repérer les futurs talents. Aux États-Unis, il y a beaucoup de concurrence entre les agences de joueurs. Pour réussir il faut travailler beaucoup. Si tu ne fais pas le boulot d’autres le feront à ta place et ce sera terminé pour toi. Le business est dur, il faut défendre ton carré et ne pas perdre du terrain. Nous préparons déjà la saison prochaine. Lors de notre séjour en Europe nous avons pu prendre le pouls du marché, commencé à négocier avec des équipes et nous sommes prêts pour cet été. »

Pendant que ses agents bossent de l’autre coté de l’Atlantique, Joe Burton lui a repris son train-train quotidien. Dimanche dernier, en finale de la Leaders Cup Pro B face à Boulogne-sur-Mer, il a réalisé une nouvelle performance taille XXL avec ses 22 points et 17 rebonds pour 32 d’évaluation. Élu MVP du match, il a grandement aidé Roanne a remporter la Leaders Cup 2017 en s’imposant sur le score de 88-80. Une fois de plus Joe Burton a éclaboussé la France de son talent … pour le plus grand plaisir d’Edward et de Cole.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Interview : en direct avec Angelo Tsagarakis (Trikala, Grèce)

Parti pour la Grèce à l’intersaison après avoir passé 9 saisons en LNB (8 en Pro B et une en Pro A), Angelo Tsagarakis était l’un des joueurs emblématiques de Pro B ces dernières années. L’ancien pensionnaire d’Oregon State en NCAA a agréablement accepté de se prêter au jeu du « En direct avec… » Lire la suite »

Amel Bouderra (Charleville) : « Ce n’est pas parce qu’on est petite qu’on ne peut pas réussir »

Amel Bouderra a fait une première fois le buzz, en octobre 2011, en faisant ficelle de vingt-cinq mètres.

Plus extraordinaire encore, elle a été rappelée à la toute dernière minute par Valérie Garnier, la coach des Bleues, pour participer aux JO de Rio suite à la blessure de Céline Dumerc.

Entre-temps, la meneuse de Charleville a été plébiscitée MVP française de la saison 2015-16 et ses performances depuis font qu’elle peut prétendre à un deuxième trophée consécutif.

Amel est aussi une jeune femme qui répond aux questions de BasketEurope.com avec beaucoup de fraîcheur.

Deuxième partie de l’interview. La première est ici.
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