Euroleague Interview Livenews

Alain Béral (LNB): « L’Euroleague ne peut pas se passer de notre économie »

Lundi, la Ligue Nationale de Basket a tenu une conférence de presse pour présenter les données financières du basket professionnel français. Son président Alain Béral en a profité pour faire un point sur le positionnement de la LNB vis à vis de l’Euroleague.

Rappelons qu’alors que celle-ci a été réduite de 24 à 16 clubs, la LNB sous la pression de la fédération a imposé à ses clubs de s’engager uniquement en Basketball Champions League et en FIBA Cup. La LNB est ainsi la seule ligue majeure en Europe à ne pas participer à l’Euroleague et à l’Eurocup. Mais d’un autre côté, financièrement et structurellement, aucun club français n’a aujourd’hui la puissance pour rivaliser avec les moins huppés des 16 clubs de l’Euroleague 2017.

Entre les lignes, on comprend que pour la LNB l’objectif est de faire son retour en Euroleague pour la saison 2018-2019. Mais dans ce dossier aux rebondissements perpétuels, tout reste possible…

Voici le verbatim:

« Ce n’est pas normal de se passer d’un marché comme la France alors qu’il y a ici des amateurs de basket qui sont prêts à regarder, à payer »

« On ne peut pas nous éviter. Pour plusieurs raisons. L’Euroleague, c’est une entreprise commerciale, c’est le meilleur championnat du monde après la NBA. Alors, même si on n’était pas prêt à y être sportivement, même si on était en retard par rapport à l’ensemble du mouvement européen du sport, on avait gagné le droit d’avoir deux clubs (NDLR : en 2015-16 avec Limoges et Strasbourg).

Aujourd’hui, on est considéré comme étant mieux au niveau financier. Mieux que certains qui sont aujourd’hui en Euroleague… La France est au milieu de l’Europe avec 66 millions d’habitants, soit autant de prospects pour l’Euroleague qui a besoin de vendre son produit partout dans le monde, en Afrique, en Asie, aux Etats-Unis, en Amérique du Sud ET aussi en France. Et c’est quand même anachronique alors qu’ils sont déjà obligés de se passer de l’Angleterre parce qu’il n’y a pas là-bas de basket, de se passer d’un pays où il y en a avec une ligue qui a un budget de 15 millions, ce qui était le budget de l’Euroleague il y a quatre ans. C’est très au-dessus de ce qu’il y a ailleurs sinon en Espagne et en Allemagne.

Ce n’est pas normal de se passer d’un marché comme ça alors qu’il y a ici des amateurs de basket qui sont prêts à regarder, à payer. La preuve c’est que la télévision donne 10 millions à la ligue pour diffuser son basket (NDLR : groupe SFR pour SFR Sport 2). Par ailleurs, la Basketball Champions League, qui est considérée comme la deuxième ligue après l’Euroleague aux côtés de l’Eurocup, a négocié un contrat avec la télévision (NDLR : groupe Canal+ pour Canal+ Sport) alors que l’Eurocup n’a jamais réussi à le faire. Ça l’Euroleague l’a tout de suite vu. Ils ne peuvent pas se passer de cette économie là. Les chaînes de télévision en France seront encore plus intéressés par l’Euroleague s’il y a des clubs français (NDLR: c’est BeIN Sport qui a actuellement les droits sur l’Euroleague en France). »

 

« Prendre des branlées toute la saison, ce n’est pas très efficace pour ensuite le championnat national »

 

« Je me bats depuis toujours pour que le champion de France puisse accéder à l’Euroleague. Mais en face, l’Euroleague est devenue fermée. Onze clubs ont une garantie quasiment à vie même s’ils ne sont pas champions. Derrière ça, il y a quelques spots qui sont aussi réservés pour arriver aux seize notamment pour le vainqueur de l’Eurocup.

Pas la saison prochaine mais la suivante, l’Euroleague va s’élargir. Comme c’est devenu un championnat avec matchs allers et retours, ça va poser un problème de calendrier. Ce n’est pas très efficace pour le championnat national. Mais je pense, et je voudrais en être sûr, que le champion de France ne peut pas ne pas y être. Ou alors un club qui n’est pas champion mais qui a un projet qui l’amènerait à être pérenne en Euroleague.

Je comprends que l’on soit impatient sur le sujet mais avant, aller en Euroleague à un tour préliminaire et puis au top-16, c’était une chose que l’on pouvait se permettre. Si on n’y parvenait pas, on était reversé en Eurocup et ça nous a pas mal réussi puisque Strasbourg est parvenu jusqu’en finale (NDLR : la saison passée contre Galatasaray). Aujourd’hui, avec des matches allers et retours, prendre des branlées toute la saison, ce n’est pas très efficace pour ensuite le championnat national car on est blessé et les blessures au cerveau ça peut faire aussi mal que les fractures sur le corps ! »

 

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