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Vincent Collet: « Mi-juin, on annoncera le groupe pour le championnat d’Europe »

 

Lors de la conférence de presse de ce matin, Vincent Collet, le coach national, a répondu aux interrogations des journalistes à propos du prochain Euro et plus globalement de la stratégie mise en place dans la perspective de la Coupe du Monde 2019 et des Jeux Olympiques de 2020..

 

Boris Diaw, qui n’est pas retraité, va avoir un rôle particulièrement important dans ce Team France Basket?

Il l’avait déjà. Il est clairement là pour le passage du témoin. On avait parlé en octobre d’une nouvelle aventure qui est à l’évidence accélérée par cette refonte des calendriers qui nous met dans une ère nouvelle. Et au-delà ce ça la volonté surtout de continuer à être performant sur la scène européenne et mondiale. Boris va être a minima un témoin pour les autres joueurs, mais beaucoup plus que ça. On sait que c’est notre capitaine et je suis sûr qu’il va continuer à jouer ce rôle là le mieux possible.

Pouvez-vous nous raconter votre reprise de contact avec Evan Fournier?

Le point très positif, c’est qu’il est totalement mobilisé et motivé pour venir jouer avec cette équipe de France, même si pour des raisons de timing il n’a pas encore signé la charte. Il est prêt à s’engager pour cette campagne olympique et dès cet été. On s’est effectivement expliqué, rapidement d’ailleurs car il n’a pas souhaité trop revenir sur la saison passée. C’est simplement moi qui lui ai dit que j’assumais la décision et comme j’avais pu vous le dire à l’époque, il n’était pas question de trahison mais simplement d’un choix de sélectionneur. Que j’avais compris sa frustration, mais qu’encore une fois j’assumais mon choix. On est maintenant dans une nouvelle aventure dans laquelle il a tout à fait sa place et j’ai accueilli avec beaucoup de bonheur le fait qu’il soit à nouveau déterminé pour jouer en équipe de France. Voici tout résumé de notre conversation de la semaine passée.

 

« La charte a une valeur étique mais pas juridique. Il n’y a pas de sanction prévue dans le cas où un joueur ne se rend pas en équipe de France »

 

Si un joueur qui a signé la charte et que vous sélectionnez ne vient pas, que se passera t-il?

Encore une fois la charte est un engagement de mise à disposition pour l’ensemble de la période olympique et on sait qu’on n’aura pas tous les joueurs et à tous les moments. On va me dire « si dès le début Nicolas (Batum) dit qu’il ne va pas venir.. » On l’a rencontré avec Patrick au mois de décembre. On a été le voir à Charlotte et il nous avait déjà fait part de ses problèmes personnels, de son usure. Je suis arrivé en équipe de France en 2009 et j’ai fait l’an passé ma huitième campagne à la tête de celle-ci et Nicolas Batum a fait également ces huit campagnes. C’est, je crois, avec Boris Diaw le seul joueur qui est venu huit fois sur huit. Je suis personnellement un peu déçu qu’il ne veuille pas venir cet été mais les raisons qu’il a invoquées, l’usure, je les entends. C’est dommage au moment où l’on reconstruit, à un nouveau départ qui s’amorce, j’aurais aimé qu’il soit là, mais ça ne remet pas en cause l’étique de la charte. On verra ça sur l’ensemble de la période olympique. Nicolas a d’ailleurs dit récemment à Patrick (Beesley, le DTN), qu’il est prêt à revenir en équipe de France dès l’année prochaine. Plus que la charte c’est la notion de Team France qui est importante de retenir, à savoir qu’on a besoin d’avoir un réservoir. La problématique des calendriers nous l’impose et on voulait voir ça d’une façon positive. On a la chance dans le basket français d’avoir aujourd’hui un grand nombre de joueurs qui sont susceptibles d’intégrer ce Team France et qui peuvent défendre nos couleurs dans les différents matches officiels et amicaux que l’équipe de France va devoir disputer d’ici la Coupe du Monde de 2019 en Chine et je l’espère les Jeux Olympiques de Tokyo. La charte a une valeur étique mais pas juridique. Il n’y a pas de sanction prévue dans le cas où un joueur ne se rend pas en équipe de France. C’est un engagement moral que l’on a avec les joueurs.

Comment gérer la concurrence au sein d’une équipe de France de 37 joueurs, à deux vitesses, avec ceux qui feront les qualificatifs pour la Coupe du Monde et qui ne seront pas retenus l’été quand les joueurs NBA seront de retour?

D’où l’importance de ce groupe élargi, de cette dénomination Team France avec la volonté de faire les choses dans le respect pour qu’il n’y ait pas de non-dit. Effectivement l’équipe du mois de novembre sera différente et amputée des joueurs NBA, mais malgré tout, c’est bien l’équipe qui jouera. On insistera pour que les joueurs qui la représenteront aient cette fierté d’appartenance. Ils participeront à l’aventure collective. Si on va à la Coupe du Monbde 2019, ça sera en partie grâce à eux et ils auront forcément contribué au résultat final que l’on obtiendra.

Ca peut éviter ce qui s’est passé l’an dernier avec les malentendus entre le Tournoi de Qualification Olympique aux Philippines et les Jeux de Rio?

Ce n’était pas exactement la même situation mais malgré tout c’était une situation très compliquée que l’on subissait puisque ce n’est pas nous qui avions décidé de la période de ces signatures en NBA ni de celle des Pré-Olympiques. C’est effectivement une façon de l’éviter. L’état d’esprit c’est justement de valoriser plus que de diminuer. On a le sentiment, et à juste titre, que c’est en permanence l’équipe de France qui va jouer. Ceux qui la constitueront seront les meilleurs joueurs français du moment même si c’est dans un groupe élargi. On sélectionnera ceux qui sont aptes, on ne va pas lancer des pièges en sélectionnant des joueurs NBA au mois de novembre ou des joueurs Euroleague si ceux-là ne sont pas en mesure d’honorer cette sélection.

 

« On avait envisagé de pouvoir faire un petit rassemblement en prévision du mois de novembre mais finalement on y a renoncé »

 

Quel est le calendrier de la sélection des joueurs?

Vers la mi-juin, on aura une autre conférence de presse dans laquelle on annoncera le groupe pour le championnat d’Europe sachant que la préparation va démarrer à la fin du mois de juillet. On avait envisagé de pouvoir faire un petit rassemblement en prévision du mois de novembre mais finalement on y a renoncé devant la difficulté de la mise en place. Mais malgré tout on anticipe la constitution d’un groupe pour le mois de novembre sachant déjà que les joueurs NBA ne pourront pas y participer. On aura à ce sujet davantage d’informations après la draft et aussi les summer leagues sachant que des joueurs qui sont actuellement en France et en Europe pourraient rejoindre la saison prochaine la NBA et il faudra en tenir compte.

Il y a beaucoup de joueurs de qualité dans ce groupe de trente-sept et ils viennent de championnats différents. Pas seulement de NBA, mais de Serbie, de Chine, de D-League. Ca complique le scouting pour vous ?

Oui. Avec mes assistants, on essaye de regarder un très grand nombre de matches. On a la chance aujourd’hui d’avoir beaucoup plus de facilités pour observer tous ces joueurs. L’Euroleague est facilement visible, l’EuroCup également. Vous parlez de joueurs qui viennent de Serbie, j’ai joué deux fois contre Alpha Kaba et j’ai vu sept ou huit matches de Mega Leks. C’est un exemple. Il y a une quinzaine d’années, quand les joueurs évoluaient à l’étranger, on avait du mal à pouvoir les observer. Aujourd’hui, on peut voir très facilement tous les joueurs qui sont sur cette liste, ne serait-ce qu’avec Sinergy qui permet de voir tous les matches dès le lendemain qu’ils sont disputés. C’est relativement assez simple… Ca prend un peu de temps (sourire).

 

Photo: FFBB

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