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Visite guidée du musée du basket mondial à Genève

Il y a 125 ans le basket-ball était inventé par le pasteur canadien James Naismith professeur d’éducation physique au Springfield College dans le Massachusetts. A Genève, la fédération internationale entrepose et expose des objets souvenirs uniques sur l’histoire de ce jeu extraordinaire. Visite guidée.

En avril 2013, le QG de la fédération internationale s’est déplacé de quelques kilomètres, passant de Genève à Mies, dans le canton de Vaud. Surtout de locataire, la FIBA est devenue propriétaire pour 28 millions d’euros d’un bâtiment de 8 000m2, qui selon Florian Wanninger, le directeur de l’International Basketball Foundation, est « accueillant, ouvert, transparent, moderne, avec une structure métallique très originale en forme d’un filet de basket. »

Un étage est consacré aux bureaux, un autre au centre de congrès et restaurant, et le rez-de-chaussée, la Naismith Arena de 1 000m2, sert d’espace d’accueil, d’expositions, pour les soirées événementielles (500 personnes ont été invitées à l’inauguration, le 18 juin 2013, jour anniversaire de la FIBA créée en 1932), alors que le sous-sol comprend le garage, les  locaux techniques, et surtout les collections et archives. C’est ici que sont choyés quelques trésors uniques au monde.

L’espace muséal a été enrichi à 80% par la Fondation Pedro Ferrandiz, qui avec l’aide de la FIBA depuis 1991, disposait d’un musée à Alcobendas, non loin de Madrid, qui devint un FIBA Hall of Fame. Ferrandiz est une figure du Real Madrid, coach des équipes championne d’Europe en 1965, 67, 68 et 74. « Il m’avait invité à dîner chez lui en 1986 et il y avait des choses partout dans sa maison », se souvient Florian Wanninger, qui fait lui-même partie des donateurs.

60 000 photos à numériser

Au rez-de-chaussée, sont exposées quelques merveilles : des maillots de joueurs célèbres, des vieilles baskets, des ballons des années vingt, des trophées, etc. Défilent également des films sur l’impact du basket dans le cinéma, la mode, la photographie, l’art, ou encore quelques actions de jeu du tournoi olympique de 1936, à Berlin, un document original transmis par le CIO. Le maillot et le survêtement portés par Bill Russell aux JO de Melbourne ou encore la tenue du Yougoslave Radivoj Korac ont une valeur sentimentale bien particulière. A visiter aussi la « librairie Pedro Ferrandiz », une bibliothèque qui rassemble plus de 7 000 livres et revues sur le basket dans plus de vingt langues. Unique au monde.

Accéder au sous-sol est un privilège. Sur 300m2 sont stockés des K7, soit depuis une grosse quinzaine d’années, tous les matches des compétitions organisées par la FIBA (Jeux Olympiques, Championnats du monde, continentaux), plus quelques-unes plus anciennes et pas toujours de bonne qualité, des photos, des sacs, des timbres mis en circulation par chaque pays pour chaque événement, des tableaux d’artistes hispaniques, bref tout ce qui touche au basket-ball. La plupart des timbres sont ainsi issus de la collection privée de l’Américain George Killian, qui fut président de la FIBA de 1990 à 98.

« Il n’y a pas d’humidité et il fait toujours plus ou moins vingt degrés », explique le Mexicain Luis Rojas-Gonzalez, l’archiviste des lieux. « Les objets sont stockés dans les meilleures conditions de conservation. Notre but est de pouvoir les conserver pendant une centaine d’années. Les photos, les timbres sont dans des pochettes. Il y a des rayons et un numéro pour chaque boite. Pour l’instant, chaque objet est répertorié sur un tableau Excel et ensuite nous disposerons d’un logiciel pour trouver toutes les informations. »

Avant les livres et les photos, la prochaine étape sera la numérisation des 60 000 photos. Il en existe notamment une où l’on voit James Naismith, l’inventeur de ce jeu, donner le coup d’envoi de France-Estonie, match inaugural des Jeux Olympiques de Berlin.

« Il faut numériser, cataloguer avec des mots-clés. Pour donner une idée du travail, nous avons besoin pour cela de quatre personnes à plein temps pendant une année. Nous allons travailler avec des étudiants. C’est extrêmement couteux, mais à long terme, c’est notre but », précise Florian Wanninger. Tous ces documents seront-ils un jour en libre accès sur Internet ? « Nous ne voulons pas cacher tout ça, même s’il  faut faire attention aussi entre « être public » et perdre une certaine exclusivité. Nous ne voulons pas que des gens fassent du business sur notre dos. C’est notre héritage, il faut bien le protéger ».

Un véritable business

Pour alimenter en trésors cette caverne d’Ali-Baba, la FIBA cherche à en faire sa publicité. Florian Wanninger est également à l’affût des bonnes affaires sur les sites spécialisés. Il a ainsi acquis le fanion des premiers championnats du Monde hommes (1950) et femmes (1953) pour trente euros.

« C’est bizarre parfois. Il y a quelqu’un qui a nettoyé un grenier et il a mis ça sur ebay sans en connaître l’intérêt. Je veux sensibiliser nos membres. Si vous voyez quelque chose d’intéressant, s’il vous plait, achetez pour nous et nous vous rembourserons. »

D’autres reliques valent de véritables fortunes. « Les premières treize règles de James Naismith ont été vendues, il y a trois ans chez Christie’s à New York, pour 1 700 000$. » A ne jamais oublier : les memorabilias, les objets souvenirs dédicacés, sont aux Etats-Unis au cœur d’un immense business. Dans le sport, le marché est estimé à plus de 1,5 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros) et la NBA n’en représente qu’environ 10%.

Article paru dans Basket Hebdo en 2015.

 

 

1 – Des livres dans toutes les langues

2 – Le maillot dédicacé de l’Aris Salonique du Grec Nick Galis

3 – Un sac datant du pré-olympique de Genève en 1964

4- Un tableau provenant d’Amérique du Sud

5- Un ballon dédicacé par la Dream Team des Jeux de Barcelone

6- Une paire de basket des années 20

 

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