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Achille Pollonara : "J'ai pensé : je vais me jeter par la fenêtre de l'hôpital et en finir"

L'international italien Achille Pollonara, 34 ans, est victime d'un cancer des testicules. Il voit le bout du tunnel mais il a raconté en détails son épreuve au Corriere della Sera .

©FIBA

Achille Polonara y explique comment tout a commencé :

« Début octobre, j'ai reçu un courriel du Parquet fédéral antidopage m'indiquant que mon taux d'HCG était trop élevé et que je devais prouver s'il provenait de mon corps ou d'un corps étranger. Je me suis demandé si j'avais utilisé des crèmes inappropriées. J'ai fait une recherche en ligne, car je me souvenais que le taux d'HCG concernait les femmes enceintes. J'ai donc tapé « HCG chez les athlètes » et l'affaire Acerbi est apparue (NDLR : Francesco Acerbi est un footballeur italien à qui on a détecté la même maladie). Cancer des testicules. Tout concordait. Mon monde s'est effondré. Le mot « cancer » fait peur. On l'associe immédiatement à un autre mot : « mort ». Ma deuxième pensée a été : « C'est fini pour moi, le basket. » Mais quand on m'a dit qu'avec les traitements nécessaires, je n'avais que 3 % de risques de récidive, je me suis calmé. J'ai suivi la chimiothérapie, j'ai enduré les nausées. »
Puis est arrivé le choc terrible. « Leucémie myéloïde aiguë. Je venais de comprendre que c'était bien plus grave que tout ce que j'avais déjà vécu. J'ai pensé : ça suffit, je vais me jeter par la fenêtre de l'hôpital et en finir. Heureusement, Erika (sa femme) était là : tu dois résister pour ta famille, pour tes enfants. Mais j'avais l'impression d'être acculé, prisonnier de dix monstres. Je voulais disparaître. Et puis je me suis dit : ce n'est pas juste que mes enfants grandissent sans père, ou qu'ils pensent que leur père n'a même pas essayé. »

Ce week-end, à Turin, Achille Pollonara a été fêté en grande pompe par le basket italien. Il a même marqué un panier pendant une pause lors d'un événement organisé en marge du Final Eight de la Coppa Italia. Il se porte bien aujourd'hui. Il a subi une greffe de moelle osseuse, des traitements expérimentaux à Valence, un coma de cinq jours et une thrombose.

« Aujourd'hui, je vois le basket non pas comme un métier, mais comme un plaisir. Et j'aimerais retrouver ce plaisir. Il me reste une opération, et après on verra. Lundi (NDLR : hier), on va refermer une brèche dans mon cœur à l'aide d'un instrument appelé "parapluie". Après tout ce que j'ai traversé, c'est une promenade de santé… »
Le joueur du Dinamo Sassari explique qu'« aujourd'hui, un objectif réaliste dans la vie est d'éviter une rechute », et que la maladie l'a transformé. Par exemple ? « Avant, j'étais très religieux, mais plus maintenant. Je priais tous les soirs. Maintenant, honnêtement, je n'y arrive plus. Même si mes amis me disent : "Allez, tu as de la chance, quelqu'un là-haut t'a peut-être aidé." Mais est-ce vraiment quelqu'un qui m'a rendu malade ? Pourquoi moi ? J'ai toujours prié… »

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