On l'a désormais bien compris, l'Euroleague ne voit pas d'un bon œil l'arrivée imminente de la NBA sur le sol européen. À tel point que, d'après Eurohoops, les dirigeants de la C1 ont informé la NBA que des poursuites seraient engagées si les Américains engageaient des discussions avec des clubs encore sous licence en Euroleague.
Mais pas de quoi perturber le commissioner de la Grande Ligue Adam Silver, quia organisé une conférence de presse à Berlin ce jeudi, en marge d'un match NBA organisé dans la capitale allemande. Ce dernier a déclaré qu'il avait "transmis les documents à ses avocats, qui s'en occuperont", avant de calmer le jeu et de dévoiler sa vision sur le projet de la NBA sur le Vieux Continent.
"Je ne pense pas qu'un conflit soit inévitable. Il y a une opportunité de faire grandir le basket européen. Franchement, je me concentre plus sur la compétitivité qu'on aura, non seulement sur les autres sports, mais sur les autres options de divertissement. Même aux États-Unis, on ne se voit pas nécessairement en compétition avec d'autres organisations de basket. On est en compétition pour attirer l'attention des gens."
Adam Silver a prévenu que les investisseurs devront avoir financièrement les reins solides :
« Le financement pourrait provenir, au moins dans un premier temps, des clubs membres de la ligue. Je pense que, comme pour toute start-up, les participants seraient les investisseurs et, à terme, ils s'attendraient à un retour sur investissement. Je dirais simplement qu'en NBA, malgré des revenus considérables, nous avons réussi à investir la majeure partie de cet argent dans les joueurs, les infrastructures et le marketing. Je pense que même si nous parvenons à lancer cette nouvelle ligue avec succès, il faudra un certain temps avant qu'elle ne devienne rentable. Je pense que tous les acteurs impliqués reconnaissent que ce projet n'est pas fait pour ceux qui ont une vision à court terme. Il ne s'agit pas de comparer les deux situations, mais je pense à la WNBA, qui fête cette année sa 30e saison. Je me souviens que durant la première décennie de la ligue, lorsque David Stern la dirigeait en tant que commissionerde la NBA, on se demandait souvent combien de temps elle durerait, car son succès ne semblait pas assuré. »
« Nous avons discuté avec d'autres acteurs potentiels, notamment des médias intéressés par une couverture médiatique, des partenaires médias potentiels et des sponsors traditionnels désireux de collaborer avec nous sur le projet. Nous envisageons de développer l'infrastructure des salles de spectacle, non seulement en Allemagne, mais aussi sur tout le continent. C'est un projet qui nous enthousiasme énormément », a t-il martelé.
Grand fan de football, Adam Silver n'a pas caché son désir de s'inspirer du modèle de l'UEFA pour lancer sa ligue en Europe. D'ailleurs, cela se ressent à travers les institutions évoquées pour s'intégrer au projet, avec le Real Madrid en tête de file.

"Si je pensais qu'il ne pouvait pas y avoir mieux que l'Euroleague déjà existante, on n'accorderait pas autant de temps et d'attention à ce projet. Comme beaucoup le savent, je suis un grand fan de football. Je suis fasciné par le sentiment d'appartenance qui découle de l'amour et du soutien que reçoivent les organisations de ce sport. [...] Il y a de quoi permettre aux gens d'être à la fois fan de leur équipe de football et de basket. C'est là-dessus qu'on se concentre en ce moment."
Cela a été dit plusieurs fois, le PSG est l'une des cibles du projet de la NBA.
A noter par ailleurs, le point de vue d'Ettore Messina qui a roulé sa bosse en Euroleague comme en NBA et qui s'est exprimé dans le podcast Hoop Genius :
« Nous avons un énorme problème sur le plan commercial. Je pense qu'une ou deux équipes en Europe seulement parviennent à l'équilibre. Toutes les autres perdent de l'argent, et cet argent provient d'organisations qui possèdent des équipes de football très performantes, comme le Real Madrid, Barcelone, Fenerbahçe … Tous ces revenus liés au football leur permettent de financer des équipes de basket. Imaginez : un gros budget basket, 30 à 35 millions d'euros, correspond probablement au coût d'un seul milieu de terrain au football. Voilà le rapport. Il y a aussi des familles comme les Giannakopoulos, les Armani, ou les frères propriétaires de l'Olympiakos – des passionnés qui veulent contrôler leur équipe de basket, la compétition et leur ville, et qui investissent massivement dans ce sport. Ce modèle ne peut pas durer. Les gens finiront par se rendre compte qu'il est trop coûteux de perdre de l'argent chaque année pour jouer au basket (...) « On ne peut pas continuer à se disputer. Au final, ce sont les joueurs qui en paient le prix. La FIBA a le droit d'organiser ses compétitions internationales, comme la Coupe du Monde ou l'EuroBasket, de fin août à mi-septembre. Mais la saison commence fin septembre pour tous les clubs. Est-il judicieux d'investir des millions d'euros pour constituer une équipe sans temps de préparation correct ? Tous les meilleurs joueurs jouent pour leurs sélections nationales. Les entraîneurs se retrouvent donc avec des joueurs fatigués ou blessés pour le reste de l'année. Et puis, il y a nos matchs, qui souvent ne coïncident pas avec les fenêtres FIBA, et la FIBA n'est pas contente . »
