Les Bleus veulent oublier 2005

Romain Brunet
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« C’est le pire souvenir de ma carrière. »

Mickaël Gelabale est catégorique. La demi-finale du championnat d’Europe 2005 entre la France et la Grèce reste le point noir de ses années de basketteur professionnel.

Lors de ce fameux match, les Bleus avaient mené de 7 points à 40 secondes de la fin, avant que les Grecs ne l’emportent pour aller en finale et finalementremporter l’Eurobasket. Forcément, perdre dans ces conditions, alors que la victoire vous tend les bras, cela laisse des traces.

« Ça c’est clair que ça réveille deux, trois petites tensions parce qu’ils ont été un peu traumatisants envers nous dans le passé », affrime Ali Traoré, qui pourtant n’était pas présent en 2005.

« C’est vrai que c’est une petite tâche sur tout ce que j’ai fait jusqu’à présent en équipe de France », reconnaît quant à lui Florent Pietrus.

Six ans après, le souvenir est toujours bien présent chez les joueurs français. Et même si les deux leaders, Tony Parker et Boris Diaw, s’en défendent, battre les Grecs cette année aurait un goût particulier.

« Ils n’auraient peut-être pas eu la même motivation en équipe de France sans cette défaite, explique Nicolas Batum. Ils ont envie de cette médaille, ils ont la rage. »

Car depuis la médaille de bronze acquise au championnat d’Europe 2005, les Bleus n’ont vécu que des déceptions et n’ont jamais retrouvé le dernier carré d’une compétition.

Diaw : « si on fait un écart, il faudra se souvenir de 2005 »

Lors du Mondial 2006, Tony Parker se blesse juste avant le début de la compétition et la France est éliminée en quart… par les Grecs. En 2007, elle se fait sortir en quart par la Russie et est incapable de rebondir derrière pour accrocher une place au tournoi pré-olympique. Adieu Pékin. En 2009, la Grèce laisse les Français gagner lors du dernier match du deuxième tour, les envoyant jouer l’Espagne en quart de finale. Nouvelle élimination. Enfin en 2010, les Bleus, privés de plusieurs joueurs majeurs, sont sortis du championnat du monde par la Turquie dès les huitièmes de finale.

« À chaque fois qu’on a joué les Grecs, ça s’est mal passé derrière, rappelle ainsi Nicolas Batum. Que ce soit à l’Euro en 2005, au Mondial en 2006 ou même à l’Euro en 2009, il y a eu élimination directe ou alors juste après. Ce sont des mauvais souvenirs pour l’équipe de France. Maintenant, c’est à nous de les sortir et de montrer que c’est une page qui se tourne. »

Vincent Collet expliquait en début de semaine qu’il n’aurait pas besoin de parler de 2005 aux jeunes joueurs car les anciens s’en chargeraient probablement. Le coach français soulignait également que cette fin de match incroyable pourrait difficilement se reproduire cette année.

« C’est aussi dû à la capacité des joueurs, dit-il. Papaloukas, Diamantidis, pour faire ce genre de coup, tu as besoin de joueurs de ce calibre-là. Autant nous, on avait fait des bêtises, autant eux avaient été exceptionnels. »

Le capitaine des Bleus, Boris Diaw, ne veut pas vivre dans le passé. Selon lui, il faut au contraire se servir de cette mauvaise expérience.

« Ça nous aide pour la concentration, assure-t-il. On sait que c’est une équipe qui ne lâche jamais et qui joue jusqu’au bout. Donc si on a un peu d’avance à un moment donné dans le match, il faudra se souvenir de 2005. »

Parker : « je suis d’abord motivé par la qualification pour les Jeux »

Joakim Noah, en tout cas, n’aura pas de mal à faire abstraction de tous ces mauvais souvenirs. Il ne se souvient même pas de la date du match qui fait aujourd’hui tant parler.

« Le passé, c’est le passé, et dans un match de basket, ça ne change rien, pense-t-il. Maintenant on est en 2011. Certains dans l’équipe ont vécu le match (de 2005) et s’en souviennent, mais ce n’est pas le cas de tout le monde. Personnellement, ce n’est pas quelque chose qui me motive. En revanche, arriver en demi-finale, ça me motive. »

Même approche chez Tony Parker qui assure que « 2005, c’est derrière ».

« Je n’ai pas besoin de ça pour être motivé, affirme-t-il. C’est plus la qualification pour les JO qui me motive que de jouer contre les Grecs. Je suis plus motivé par le but ultime. »

C’est bizarre, mais quelque chose nous dit qu’en cas de victoire, jeudi soir, le discours risque d’être différent en zone mixte. Même si la demi-finale et la qualification pour le tournoi pré-olympique de 2012 restent la priorité, battre la Grèce aura forcément un goût particulier.

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2 Responses
  1. le_nouveau

    On peut être négocier avec les grecs ; ils nous laissent gagner et nous on leur donne les quelques milliards dont ils ont besoin.

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