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L’adaptation FIBA – NBA : le cas Kyle Singler

Le lockout est une réalité de plus en plus pesante sur les acteurs du basket mondial. Et pour ridicules que sont les débats entre joueurs et propriétaires, il nous permet une expérimentation « grandeur nature » de la différence entre jeu FIBA et jeu NBA.

La semaine dernière, nous nous intéressions à Deron Williams qui peinait à s’intégrer dans le moule européen avec le Besiktas Istanbul (mais il a depuis un peu redressé la barre).

Cette semaine, BasketEurope met un coup de projecteur sur l’ancien Blue Devil Kyle Singler qui évolue désormais à Alicante, dans le championnat espagnol.

Les faits : une performance stellaire

Pour ses débuts en ACB, l’ancien MOP du Final Four de 2010 a réussi un grand match. Il a cumulé 23 points dont 10/11 aux lancers-francs, plus 4 rebonds, 3 passes, 1 interception, 7 fautes provoquées et un total de 32 d’évaluation. Sa joie n’était pas feinte quand il s’est confié à Daniel Barranquero d’ACB.com à la fin du match que son équipe a remporté 81-77:

« Je voulais simplement bien jouer. Je ne pensais pas du tout au nombre de points ni rien de tout ça, je voulais aller au bout de mon effort et faire le maximum pour aider l’équipe à gagner. Je suis très content, la partie a été très intense et difficile et le match aurait pu basculer de part et d’autre à tout moment. Je suis très content d’avoir pu participer à cette victoire, c’est une sensation fantastique. »

Les explications

Singler est un joueur d’équipe

A l’instar de la nouvelle génération de stars NBA, les Durant, Kevin Love, et autres Derrick Rose, Singler n’a jamais été un joueur égocentrique, qui fait de sa ligne de stats son objectif premier. Tout comme Love qu’il affrontait dès le lycée dans d’âpres batailles pour le titre en Oregon (tous deux partagèrent le titre de meilleur joueur de l’état en 2007), Singler se définit d’abord comme étant un joueur complet et altruiste. A Duke comme partout ailleurs, l’ailier de 2,03m est un connaisseur du jeu et un gagneur.

« Je suis très compétitif, je ne suis satisfait que quand je gagne et je ferai tout ce qui est nécessaire pour aider mon équipe à engranger les victoires. Je ne me considère pas comme une star, mais plutôt comme un bon coéquipier, un joueur d’équipe. J’ai gagné des titres avec mon université et je viens ici pour donner mon maximum. »

Le jeu de Coach K l’a bien préparé à la transition

Le fait d’avoir joué à Duke, et ce pendant 4 années sous la coupe de coach Krzyzewski, et d’y avoir remporté un titre national en 2010 est naturellement un atout pour Singler. Le jeu très européen des Blue Devils inspiré par leur coach historique a certainement facilité la transition pour Kyle. Mais sa formation l’a également préparé physiquement au défi que représente la ligue espagnole. Avec ses 104kg sur la bascule, Singler peut d’ores et déjà rivaliser avec les babars des raquettes comme se tenir droit contre les ailiers plus rapides.

Kyle Singler partage également la philosophie de son nouveau coach Txus Vidorreta qui est selon lui,

« un entraîneur qui comprend très bien le jeu, et qui propose beaucoup de systèmes bien distincts. Il veut que l’on bouge le ballon, avec beaucoup de passe et de travail en périphérie, à la fois vers l’avant et vers l’arrière. »

Kyle est un garçon mature et ouvert d’esprit

Garçon ouvert et stable qui a reçu son diplôme en arts visuels au bout de ses 4 ans passés sur le campus de Duke, Kyle est définitivement mature pour cette expérience à l’étranger, là où un Deron Williams subit peut-être davantage ce choc des cultures avec la Turquie. Un exemple probant est que Singler sirotait tranquillement un petit cocktail pendant sa conférence de presse avant de sortir avec sa petite amie sur le port d’Alicante pour aller essayer la gastronomie locale et les multiples spécialités à base de riz.

Deuxième exemple et phénomène assez rare pour être souligné, Singler s’intéressait déjà au jeu européen lorsqu’il était à Duke. Et avec beaucoup de lucidité, il sait que l’ACB représente le plus fort championnat d’Europe, bien au-dessus du niveau NCAA.

« Aux Etats-Unis, je regardais déjà des matchs de l’ACB, je ne connaissais pas beaucoup de joueurs, mais je savais déjà que c’était du très haut-niveau. Venant de NCAA, où la ligue est aussi très compétitive, je me rends compte que le jeu en ACB est bien plus rapide, bien plus dur, mais je vais m’adapter. »

Pas forcément pressé de retourner aux Pistons qui l’ont drafté en juin dernier, Singler profite au contraire de chaque instant de cette nouvelle expérience. Une attitude rafraîchissante par rapport aux trop nombreux imports américains qui jouaient les mercenaires.

« J’ai beaucoup de temps pour voir si je vais revenir en NBA. Mais si la saison ne commence pas, je resterai là toute l’année. Je suis un garçon très heureux et tout ce que je veux, c’est jouer au basket. J’ai décidé de venir ici parce que je ne voulais pas m’arrêter de jouer, j’ai besoin de jouer. Alicante s’est intéressé à moi, et cela m’a paru être ma meilleure option. »

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