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Décimé, le CSP Limoges peut être "fier" malgré la défaite à Paris

Ce dimanche, un Limoges CSP on ne peut plus diminué par les blessures s'est rendu à l'Adidas Arena. Face aux champions en titre, il n'y a pas eu de miracle (115-93), mais l'entraîneur limougeaud Dario Gjergja garde la tête haute.

Dario Gjergja © FIBA

Frank Mason, Leon Stergar, Mamadou Guissé, Vincent Amsellem, Justin Lewis, Shawn Tanner, voilà les noms qui garnissaient l'infirmerie de Limoges au moment de se rendre à Paris pour y affronter les champions de France en titre. Conscient de cet avantage, l'entraîneur parisien Francesco Tabellini a gardé l'un de ses grands principes : une rotation incessante des cinq joueurs sur le terrain.

Dans un premier temps, cela n'a pas dérangé tant que ça des Limougeauds combattifs, portés par un parcage, certes, petit par la taille, mais grand par la ferveur. En revanche, au retour des vestiaires, la fraîcheur physique des hôtes s'est vraiment ressentie, et leur a permis de créer un écart dans le troisième quart-temps, qui s'est finalement avéré insurmontable (115-93).

De la fierté dans les rangs du CSP

Malgré le score final qui peut paraître lourd, c'est un très beau visage qu'a montré Limoges, avec seulement six joueurs professionnels sur la feuille de match. "Je suis très fier de mes joueurs, compte tenu du contexte", déclare Dario Gjergja, coach des Haut-Viennois. "On a joué avec cœur et honneur. On a montré un beau visage en restant dans la rencontre pendant 25 minutes. On a montré de quoi on était capable."

En effet, malgré plusieurs passages sous la barre des 10 points de retard avant la pause, les Limougeauds n'ont jamais baissé les bras. Dominés physiquement, ils ont usé de malice, à l'image d'un Théo Magrit intelligent pour provoquer la perte de balle de Derek Willis au poste (52-46, 17e). Profitant du réveil progressif de Nicolas Lang (6 points dans le deuxième quart), et d'un Armaan Franklin (16 points à la mi-temps) en surchauffe, le CSP est même parvenu à recoller (56-56, 19e).

Seulement voilà, face à la densité de l'effectif parisien, difficile de tenir le rythme pendant les 40 minutes de la rencontre. Surtout lorsque l'on sait que Francesco Tabellini avait déjà changé deux fois l'entièreté de son cinq au moment où Gjergja, impuissant, a procédé à son premier changement de la soirée (Nikola Jovanic pour Gavin Ware, 23-14, 6e).

"Comment [est-ce qu'on aurait pu faire mieux] ? En face, il y a des rotations toutes les 4 minutes, ils mettent tout le temps la pression. Nos gars doivent jouer 31 minutes en gardant le ballon sous une pression constante. D'ailleurs, je suis très content d'une chose, on n'a perdu qu'un seul ballon sous leur pression tout-terrain. Les autres équipes ont tendance à en perdre bien plus" a analysé Gjergja en conférence de presse.

Forcément, avec toutes les absences, des jeunes pousses (Erwann Bussing, Kenny Courset, Clément Dubos) ont été utilisées en sortie de banc. Leurs premiers pas sur le parquet ont été timides, à l'image d'un Kenny Courset poussé au retour en zone, puis à la faute par Nadir Hifi (35-27, 11e), mais leur second acte a été de bien meilleure qualité, comme l'a dit leur coach en après-match.

"En première mi-temps, ils étaient peut-être un peu impressionnés. Certes, Erwann [Bussing] a réussi un tir à 3-points (28-21, 8e), mais ils ont été bien meilleurs et plus concentrés en deuxième mi-temps."

Un mal pour un bien ?

Au-delà des jeunes qui engrangent petit à petit de l'expérience aux côtés des pros, ces matchs disputés sans de nombreux éléments importants pourraient s'avérer bénéfiques. Malgré les résultats sportifs qui en pâtissent, le tacticien limougeaud adopte une vision sur le long-terme, et espère que l'équipe sera d'autant plus forte au retour de tout le monde.

"Notre objectif principal, c'est d'être tous ensemble et en bonne santé. Peut-être qu'on aura un petit avantage après l'ASVEL (16 novembre) puisqu'on ne rejouera pas pendant 15 jours. On profitera de ça pour permettre aux joueurs surchargés d'avoir trois jours off pendant que les autres travailleront pour rattraper le rythme."

Un espoir partagé par le poste 4 du CSP Hugo Invernizzi (15 points, 7 passes décisives), lui aussi interrogé sur le sujet en conférence de presse. "Ça va nous aider à montrer que quand on joue dur, qu'on est impliqué, on peut jouer les yeux dans les yeux [avec Paris]. Les joueurs qui vont revenir nous permettront de faire ça sur la longueur."

Quant à l'indisponibilité des absents, hormis Mamadou Guissé, de retour pour le prochain match, Gjergja a annoncé "ne pas être sûr" pour Leon Stergar et Frank Mason, les deux seuls noms qu'il a pu citer.

À l'Adidas Arena, Paris.

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