Parmi les très grandes histoires du basket français, il y a celle de Fabien Causeur. Jamais considéré comme un grand prospect, le Breton n'était franchement pas destiné à avoir l'un des palmarès les plus fournis du basket tricolore. À tel point que même son agent ne le voyait pas aller aussi haut, comme l'a expliqué le jeune retraité à BeBasket.
"Je ne veux pas mettre un tacle à mon agent mais je me souviens de son projet pour moi quand j’étais en centre de formation au Havre. Pour lui, mon objectif à long-terme devait être devenir bon combo-guard de Pro B, voire un joueur de Pro A, mais pas beaucoup plus. J’aurais dû prendre une photo de ce truc-là et lui envoyer là. J’aurais déjà été très content d’être professionnel car ce n’est pas donné à tout le monde. L’ascension a été assez brutale car à 16 ans, j’étais encore à Brest avec mes parents. Quand on y pense, je pars de loin…"
Passé par Cholet, son club tremplin, puis par Baskonia, le Français a connu ses plus belles années dans la capitale espagnole, sous la tunique du Real Madrid. Là-bas, il remporte l'Euroleague par deux fois, dont l'édition 2018, lors de laquelle il est élu MVP de la finale (17 points) remportée face à Fenerbahçe (85-80).
"Cette finale de 2018 contre le Fenerbahçe Istanbul est celle qui change tout dans ma propre confiance. J’ai été très bon, je fais MVP d’une finale d’EuroLeague, certes pas du Final Four, mais ce n’est pas rien. Je l’avais déjà fait dans le passé à Bamberg, en Coupe et en championnat, mais c’était à un niveau moindre. Derrière, ça m’a donné des ailes pour la suite. J’étais prêt pour chaque finale et je savais que j’allais être bon. C’est une confiance interne qui grandit au fur et à mesure."
Pourtant, malgré son succès en club, Causeur ne s'est jamais imposé en équipe de France, où il ne compte que 30 sélections. Une déception qui reste le point noir d'une carrière auréolée de succès aux quatre coins de l'Europe.
"Je l’ai accepté depuis longtemps. J’ai eu cette frustration pendant quelques années, oui, quand je ratais le coche, par blessure ou par décision de Vincent (Collet), même si chaque sélectionneur fait ce qu’il veut. Surtout qu’il y avait des médailles derrière. Quand tu vois des podiums passer et que t’es chez toi, bon… Certainement que ça m’a aidé de me reposer à chaque fois pour être au top en fin de saison mais on aime tous porter le maillot France, représenter son pays, gagner des titres. Je ne dirai pas que c’est un point noir car je préfère me concentrer sur le positif : j’ai fait des Jeux Olympiques, j’ai rencontré des gars géniaux qui m’ont beaucoup appris à un moment important de ma carrière. Maintenant, en effet, je pense que je méritais plus de sélections en équipe de France. Mon histoire n’était pas celle-là, tout simplement."