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Il y a 40 ans, Orthez et Freddy Hufnagel gagnaient la Coupe Korac

Le 15 mars 1984, il y a 40 ans, le club d’un village du Béarn de 10 000 habitants, Orthez, gagnait la Coupe Korac, alors la troisième compétition européenne. Un exploit raconté par Freddy Hufnagel en 2014.

© Elan Béarnais

La finale à Paris fut une magnifique mise à mort de l’Etoile Rouge de Belgrade. Le meneur de jeu Freddy Hufnagel, qui avait alors 23 ans, se remémore cette soirée de folie.

Le signe du destin, c’est lorsque Petar Popovic se retrouve sur la ligne des lancers-francs dans ce coupe-gorge de Zadar. Trois lancers à tirer. Il lui suffit d’en mettre deux pour écarter l’Elan Béarnais. Le premier est rejeté par l’arceau. Popovic, un shooteur pur et dur dans la tradition yougoslave, est petit bras. Le second est si court qu’il effleure à peine le cercle. Seul le troisième fait ficelle. Trop peu. Les Béarnais ont vu l’abîme, plus rien ne leur résistera. Même pas l’Olympique d’Antibes, un autre club français, qui leur est offert en demi-finale et qui est pourtant coriace jusqu’au bout avec un Bob Morse (63 points sur l’ensemble des deux matches) qui rappelle qu’il avait été un seigneur d’Europe avec le grand Varèse. + 5 sur l’ensemble des deux manches.

La fédération profite du désistement de dernière minute de Trieste pour organiser la finale à Paris-Coubertin. C’est tout le Sud-Ouest qui monte à la capitale pour une fiesta géante, télévisée en direct sur la deuxième chaîne nationale. Ça hurle, ça chante. De match, il n’y en a pas. Les Yougoslaves, tétanisés, sont submergés par le tsunami vert et blanc. « Orthez, c’est la première ville de 10 000 habitants, tous sports réunis, qui gagne une finale de coupe d’Europe », rappelle Pierre Seillant, le fils du fondateur du club, cheville ouvrière de toute cette épopée. « Orthez en finale, les gens disent, c’est bien, c’est normal, ça fait quatre ans qu’ils approchaient du but. Mais c’est extraordinaire ! Il faut voir la somme d’efforts que ça représente. »

Freddy Hufnagel, enfant du Lot-et-Garonne, digne héritier d’Alain Larrouquis et Jean-Noël Perpère, est alors l’étoile montante de l’Elan Béarnais, bientôt son symbole. Un basketteur hyper doué, aimant Jimmy Hendrix et la verdure, capable d’envoyer des missiles à longue portée, et de faire la fiesta avec tous les villageois.

Ces gens-là étaient des guerriers à la motivation décuplée par leur fierté régionale, et l’argent n’était pas encore la marque ultime de la réussite. Orthez en 1984, c’était le temps de l’insouciance.

Freddy Hufnagel en 1984. © Maxi-Basket

Avez-vous en mémoire les trois lancers-francs de Petar Popovic, à Zadar ?
Je n’y étais pas, je m’étais cassé la clavicule. C’était la troisième fois. La première fois, c’était en jouant au rugby à 14-15 ans. Bien sûr, on m’a mis au courant de suite du résultat par téléphone. Il y a les lancers-francs de Popovic, ceux un peu plus tard d’Eric Beugnot lors d’une demi-finale contre Villeurbanne, ça fait partie du basket, de la tragédie qui se joue pendant un match. Un mec qui n’en rate jamais et qui en manque deux sur trois. Il y avait quelque part sur Orthez une bonne étoile, cette glorieuse incertitude du sport. Il faut demander à Pierre Seillant, peut-être avait-il payé Popovic et qu’il a maintenant une jolie maison sur l’Adriatique ! (rires).

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