"Pour la première fois de votre carrière, vous êtes partie à l'étranger, à Saragosse. Qu'est-ce qui vous a motivé à franchir le pas ?
Je voulais me challenger, et voir un peu comment c'était à l'étranger. Je sentais qu'en France, j'avais fait le tour, que j'avais besoin d'aller voir ailleurs.
Là-bas, vous avez été suivie par deux Françaises, Ornella Bankolé et Carla Leite, avec qui vous jouiez à Villeneuve-d'Ascq. À quel point est-ce que cela a aidé à votre adaptation ?
Ça l'a complètement facilité. Elles comme moi, on n'aurait pas du tout vécu la même saison si on n'avait pas été là les unes pour les autres. Ça fait moins se sentir dépaysé. On parle la même langue, on a les mêmes repères, et surtout j'avais joué l'année d'avant avec Carla, donc c'est vrai que c'était un peu plus facile, mais on sent quand même qu'on est trois Françaises à l'étranger. On se sent à l'aise entre nous, mais on reste quand même dans un contexte assez spécial.
Chez les hommes, le championnat espagnol est considéré comme le meilleur d'Europe, peut-on en dire autant pour son pendant féminin ?
Franchement, vu que je n'avais jamais quitté la France, je n'avais pas forcément d'a priori, mais c'est un championnat hyper compétitif. Je ne m'attendais pas à ce niveau-là. C'est vrai qu'il y a aussi le fait de ne pas connaître les équipes, mais en fait, qu'on joue le dernier, ou le premier, il y a beaucoup de compétitivité à chaque match. Je pense que c'est l'un des meilleurs championnats d'Europe en devenir.

Justement, par rapport au championnat de France, quelles différences avez-vous pu remarquer sur vos premiers mois là-bas ?
Franchement, la rapidité du jeu. Déjà, en ligue domestique, il y a des règles qui changent. C'est aussi différent dans l'exécution. C'est-à-dire qu'en France, on est beaucoup dans les systèmes, c'est une sorte de chorégraphie huilée. Ici, c'est beaucoup de jeu rapide et de transition.
Saragosse est un club reconnu pour la qualité de ses infrastructures et de ses supporters. Vous qui êtes plongée dedans au quotidien, que pouvez-vous nous dire sur ces deux points ?
Niveau infrastructure, je ne suis peut-être pas une référence, je n'ai fait que Toulouse et Villeneuve-d'Ascq. Je n'ai pas pu expérimenter ça chez des grands clubs comme Bourges ou l'ASVEL. Mais c'est vrai que les infrastructures sont tops à Saragosse. Même en termes de fans, on a une base de 6 ou 7 000 personnes présentes à chaque match, même quand on joue des équipes de bas de tableau. Avec tout ça, tu sens que tu montes d'un cran et que c'est encore plus professionnel.
"C'est un honneur pour moi"
Comment vous sentez-vous à l'approche de votre première grosse échéance avec l'équipe de France cette semaine ?
Avec beaucoup de positivité. J'aborde les choses avec une certaine sérénité. Je me dis que si je suis là, ce n'est pas pour rien. On m'a fait confiance. Donc, c'est à moi d'honorer cette confiance en montrant ce dont je suis capable et pourquoi ne pas me faire une place pour l'avenir aussi. Donc vraiment beaucoup de sérénité. Je vais prendre ce qu'on me donne. Je sais que ça va être une grosse échéance, mais je pense qu'on est toutes préparées pour ça. Quand on joue au basket, on connait l'importance de ces évènements. Quand on a des objectifs, on est prêts aussi. Franchement, j'ai hâte de commencer, de voir ce que ça va donner.
Vous êtes la joueuse qui compte le moins de sélections dans ce rassemblement (4). Comment se passe votre intégration ?
J'avais fait la prépa cet été pour l'Euro, puis un stage en novembre. De ce fait, je connaissais déjà assez bien la moitié du groupe. Il y a Pauline [Astier], que je connais depuis des années, donc c'est vrai que ça facilite un peu l'intégration. Sur ce rassemblement, il y avait juste Gaby [Williams] et Marine [Johannès] que je ne connaissais pas personnellement. Je les ai jouées, mais c'est tout. Mais sinon, ça se passe bien. Les filles sont gentilles. J'ai fait moins de stages que les autres, mais je ne me sens pas forcément à l'écart.
On a appris il y a quelques jours le forfait d'Iliana Rupert, qui devrait vous donner plus de responsabilités que prévu. Est-ce que cela rajoute de la pression de votre côté ?
Non, pas du tout. C'est un honneur pour moi. Le plus j'ai de responsabilité, le mieux c'est. Comme j'ai dit, j'essaierai d'honorer ça au maximum et de montrer que le sélectionneur a eu raison de me faire confiance.
"On va essayer de faire le maximum pour être à la hauteur"
Pour le tournoi, vous avez hérité d'un tirage relevé. Quels matchs appréhendez-vous plus que les autres ?
L'Allemagne ou le Nigéria, parce que ce sont des grosses nations. Mais tous les matchs seront importants, sachant qu'on n'est pas encore qualifiés. Il n'y a pas forcément d'équipe sous-estimée ou surestimée. On abordera chaque match avec sérieux.
Pour l'instant, comment se passe la préparation ?
Lundi, on avait deux entraînements, le lendemain, on en a eu un. C'est là que tout va s'enchaîner, mais le staff fait tout pour que l'on soit dans les meilleures conditions. Donc ça se passe bien.
Quel est le discours de votre sélectionneur Jean-Aimé Toupane en vue du tournoi ?
Il nous dit qu'on ne doit pas prendre de match à la légère, car on n'est pas encore qualifiées. On a aussi une image à tenir par rapport au résultat qu'elles ont fait l'été dernier à l'Euro. On va essayer de faire le maximum pour être à la hauteur, tout simplement.
Vous avez la chance de pouvoir jouer ce tournoi à domicile. À quel point cela peut-être bénéfique pour vous ?
Ça sera forcément un supplément d'âme. On sait qu'on sera à la maison et qu'il y aura du monde pour nous soutenir à chaque match. Ça va nous pousser. Il y a aussi ce côté de ne pas vouloir décevoir, sachant qu'il y aura énormément de personnes. Certains pays vont venir de loin, et nous, on a cette chance-là. Il faut en profiter au max."



