Ce mardi, avec un groupe réduit à seulement sept joueurs professionnels, la SIG n'a tenu qu'un quart-temps sur le parquet du Paris Basketball (96-67). Une défaite qui a de quoi faire mal aux Alsaciens, qui avaient l'occasion de passer devant leur adversaire du soir, et de sécuriser le statut de tête de série en Leaders Cup.
Mais ce revers n'a pas de quoi éclipser l'excellent début de saison réalisé par Strasbourg, toujours en course pour le top 4 en Betclic Élite. L'occasion pour le capitaine strasbourgeois, Jean-Baptiste Maille, de dresser le bilan de cette première partie d'exercice réussie.
"Jean-Baptiste, vous êtes en plein dans votre sixième saison consécutive à la SIG, qu'est-ce qui vous a motivé à rester même quand ça n'allait pas aussi bien sportivement ?
Ce n'était pas nécessairement une histoire de motivation. Quand on signe des contrats à long terme, on signe aussi pour être dans le projet du club. Que ça se passe bien, ou moins bien. On ne peut pas partir à chaque fois que le bateau tangue. C'était important aussi pour moi de faire en sorte que le club se relève. La stabilité qui est en train de se remettre en place est très intéressante pour la pérennité du club dans le futur.
Lors des deux dernières saisons, le club a manqué la qualification pour les playoffs de Betclic Élite, comment avez-vous vécu ces moments difficiles sur le plan sportif ?
Il y a deux ans, on fait quand même le top 16 de BCL et la finale de Coupe de France. Mais l'année dernière, c'est sûr qu'on n'a pas fait une bonne saison. On s'est qualifié en Leaders Cup, mais la deuxième partie de saison n'a pas été du niveau escompté. Ce n'est pas ce qu'on espérait. On est passé par une longue reconstruction, avec des changements d'effectifs et de coachs. On aspire forcément à plus, surtout quand on s'appelle Strasbourg. On doit toujours se projeter vers de meilleures horizons. Cette année, tout a été mis en place pour que l'on fasse une belle année, et on est bien partis pour.
Qu'est-ce qui rend l'équipe de cette année aussi spéciale ?
Cette année, il y a vraiment un esprit de compétition qui se dégage de chacun de nous. La cohésion est bonne, il y a une alchimie qui s'est créée dès le début. Chacun a trouvé sa place. C'est très intéressant. Peu de gens croyaient en nous, parce qu'on avait beaucoup de rookies, mais c'est aussi notre force. On voit qu'il y a beaucoup de joueurs qui se montrent, se révèlent. Ça ne peut être que bénéfique. Avec l'expérience qu'ils engrangent et la volonté de progresser, toute l'équipe en bénéficie.
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— SIG Strasbourg (@sigstrasbourg) January 10, 2026
Revivez le 10-0 de la dernière minute qui nous a permis d’aller chercher cette immense victoire ce soir à Bourg-en-Bresse ! #gosig #strasbourg pic.twitter.com/TMWS8Y1sUR
Pourtant, tout n'avait pas très bien démarré pour vous, avec une grosse défaite sur le parquet de Cholet (92-74). Cela a été une sorte d'électrochoc ?
Je dirais que oui, parce que ce qui a suivi a été très positif. Aller à Cholet pour un premier match, avec la qualité de leur effectif et leur bonne saison de l'année dernière, pendant que nous, on avait des joueurs qui ne connaissaient pas bien le championnat, c'était une bonne découverte pour eux [rires]. "Welcome to France", comme on peut dire. Cette petite claque nous a permis de relever la tête par la suite. On s'est remis au travail, et tout le monde a vu le niveau d'exigence qu'il y avait ici. La finalité c'est surtout le travail au quotidien qui va nous permettre de gagner des matchs.
"Nelly Joseph est très impressionnant"
Comme vous le disiez, beaucoup de vos coéquipiers sont des rookies. Ils découvrent le championnat de France, voire le monde pro. C'est aussi le cas de votre coach Janis Gailitis, qui entraîne pour la première fois ici, que pouvez-vous nous dire sur ses méthodes ?
C'est sûr que c'est un jeu qui diffère de ce qu'il a pu connaître en championnat avec Riga ou en Allemagne. C'est un coach qui est très demandeur, très exigeant. Sa méthode est très intéressante. On voit bien la progression qu'on a ces dernières semaines et ces derniers mois. Il n'y a pas grand monde qui nous attendait à ce niveau-là et il faut vraiment lui tirer un coup de chapeau. Parce que quand on a des résultats comme ça, forcément, il y a la patte du coach et on peut la voir au quotidien. Nous, on la ressent en tout cas, sur le parquet aussi bien que dans le résultat.

Il n'y a pas que des jeunes et des nouveaux dans cette équipe, puisqu'on a pu assister au retour de Marcus Keene. Qu'est-ce qu'il apporte au quotidien dans votre équipe ?
Il est revenu dans un environnement familier : il connaissait la ville, les spectateurs, les gens dans les bureaux. Donc forcément, c'est plus facile de s'acclimater directement à cette saison et ses nouveaux coéquipiers. Il est aussi arrivé avec des ambitions collectives. Ça tire tout le monde vers le haut. C'est positif pour nous et on est tous dans cet esprit de compétition. Marcus est vraiment une partie intégrante de ça.
Un autre de vos coéquipiers qui crève l'écran, c'est Nelly Joseph. Qu'est-ce que vous pouvez nous dire sur ce joueur qui, franchement, n'a rien d'un rookie classique ?
Nelly est très impressionnant. Honnêtement, je suis très heureux pour lui, mais aussi pour nous, on est content de l'avoir [rires]. L'abattage qu'il fait sur le terrain est énorme. On en rigole parfois avec les gars, mais il va faire un match moyen et quand même finir en double-double. Tout ce qu'il a en ce moment, il le mérite. Il a encore une très grosse marge de progression et il va pouvoir aller encore plus haut, si sa santé le permet. En tout cas, je lui souhaite. Il travaille vraiment dur au quotidien, il a une bonne éthique de travail, il est respectueux. Ça ne peut que l'amener vers un niveau encore supérieur.

De votre côté, vous avez été nommé capitaine du club. Comment est-ce que vous prenez ce rôle qui vous a été confié, et toutes les responsabilités qui viennent avec ?
Honnêtement, c'est quelque chose qui est assez naturel. C'est un titre donné, mais en soi, ce n'est pas quelque chose qui me permet d'être quelqu'un d'autre que je ne sois normalement. J'ai cette tendance à être très vocal dans le vestiaire et sur le terrain, à encourager au maximum mes coéquipiers, les mettre en confiance. Et surtout, cultiver cette identité qu'a la SIG autour de la résilience, du travail et du combat. Ça fait plaisir aussi au public et ce sont des choses chères à mes valeurs. Si je peux transmettre ça au quotidien, envers mes coéquipiers et le staff, c'est super.
"La saison est encore longue"
On dit souvent de vous que vous mettez la tête là où beaucoup de joueurs ne mettraient pas les mains. C'est une description qui vous convient ?
Oui, pour moi, c'est quelque chose de très naturel. Depuis que je suis plus jeune, ça a toujours été dans mes caractéristiques de joueur et je pense que ça aide mes équipes. De plus, si ça permet à mes coéquipiers d'en faire autant, c'est super. Ça montre aussi le degré d'exigence qu'on doit avoir envers tout le monde. Être à fond sur le terrain, je pense que c'est le minimum, surtout quand on fait ce si beau métier de basketteur. Donc, si je peux être à 110% pour mon équipe et aider de cette façon ou de quelque façon à gagner des matchs, je le ferai toujours.
Après ces premiers mois de compétition, peut-on dire que cette équipe est la meilleure dans laquelle vous avez évolué ?
Non, je ne peux pas encore vous dire ça. J'espère vous le dire à la fin de la saison. Ça veut dire qu'on aura gagné un titre. Mais à l'heure actuelle, non. Bien sûr on n'est qu'à 15 matchs. La saison est encore longue. Il peut se passer beaucoup de choses. J'ai eu la chance aussi de jouer dans de très bonnes équipes, notamment à Strasbourg, où on est allé loin en Coupe d'Europe et en championnat. J'espère que cette équipe-là sera la meilleure. Ça veut dire qu'on aura gagné un titre, parce que c'est symbolique, et ça sera la juste récompense de tout le travail effectué durant la saison.

Par rapport au match de ce mardi, les matchs face aux clubs d'Euroleague sont parfois considérés comme des "matchs bonus". Partagez-vous cette analyse ?
Je comprends ce que vous voulez dire, dans le sens où ce n'est pas illogique qu'on perde à l'Adidas Arena. Donc d'un côté, oui, mais on ne peut pas arriver dans un match avec cet état d'esprit. On doit avoir cet esprit de compétition qui est présent et qui nous fait vibrer. Tout le monde va nous dire "oui, c'est pas grave de perdre à Paris, en étant diminué et trois jours après une grosse victoire à Bourg", certes, mais le fait est que nous, on voulait faire plus et mieux. Ça nous montre le niveau que l'on doit atteindre pour rivaliser avec ces équipes-là.
Avec cette défaite, vous perdez l'occasion d'être tête de série pour la Leaders Cup. En attendant le tirage de ce jeudi, dans quel état d'esprit comptez-vous vous rendre à Poitiers ?
Là aussi, on ira avec l'esprit conquérant. Ça ne sert à rien d'y aller en se disant qu'on n'aura aucune chance. Au contraire, je pense que c'est une formule qui peut aussi bien nous convenir. Tête de série ou pas, de toute façon, dans la Leaders Cup, on sait qu'on va affronter une grosse équipe. Si on veut aller loin dans cette compétition, il va falloir passer par Monaco, l'ASVEL, Paris, Bourg, Cholet... Donc voilà, on sait que la compétition va être dure. À ce moment-là de l'année, sur une compétition comme ça de trois jours, pour moi, il n'y a pas de véritable avantage, chaque tableau sera difficile."
À l'Adidas Arena, Paris.
