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ITW. : Kyllian Michée (Monaco) :"Rejoindre le Real Madrid à 13 ans, un choix qui m'a permis de grandir en tant qu'homme"

À 19 ans, Kyllian Michée est de retour dans le championnat de France après un long séjour au Real Madrid. L'enfant de la cité phocéenne nous raconte sa saison sous les couleurs de l'AS Monaco et fixe ses objectifs.

©FIBA

Kyllian, vous disputez votre première saison à Monaco, en championnat de France, après six ans au Real Madrid. C'était le bon moment pour rejoindre le championnat de France ?

Je suis super content d'être à Monaco. Je m'entends bien avec le coach, Mickaël Pivaud, même si on connaît un passage difficile durant la saison. On va devoir revenir plus fort. Oui c'était le bon moment de rejoindre le championnat de France. Mes deux dernières saisons U18 au Real Madrid se sont mal passées dû à mon temps de jeu. C'était important pour moi de reprendre du rythme, de la confiance. Monaco était le meilleur endroit pour me refaire. Je ne regrette pas du tout. J'en avais parlé déjà avec le coach. Tout se passe comme on avait prévu.

Votre choix s'est fait sur le tard ?

Durant ma première année U18, le coach m'avait déjà contacté. J'y pensais déjà. On cherchait d'autres choses, lors de ma dernière année U18 et avec du recul, je pense que ça a été la meilleure décision pour moi.

Vous avez quitté très tôt votre famille, vos amis, Marseille à 13 ans pour intégrer le Real Madrid, était-ce une décision réfléchie et pourquoi l'avez-vous fait ?

Je n'ai pas pris en compte le pays dans mon choix. J'ai davantage pris en compte la chance que j'avais d'intégrer un centre de formation tel que le Real de Madrid, avec toutes ses infrastructures, une école que mes parents ne pourront jamais me payer. C'était en priorité l'éducation et les à côtés. C'était un choix plutôt intelligent. Cela m'a permis de grandir en tant qu'homme, de voir d'autres cultures, d'apprendre plusieurs langues, je suis trilingue, c'est un plus. Même si les deux dernières saisons ne sont pas bien déroulées. Cela fait partie du métier, il faut l'accepter.

Vous retrouvez donc de la confiance à Monaco, même si le contexte n'est pas évident...

Effectivement, j'ai récupéré beaucoup de confiance. Je me retrouve comment je jouais avant. Même si j'enchaine avec les pros, ce n'est que du plus pour moi. Je ne me dis pas je vais être fatigué d'y aller ou pas, ce n'est que du plus et ça va m'apporter pour le futur, c'est incroyable.

©Mandiaye Samba (Nationalballin)
"Il me reste encore une année pleine à faire avant de repasser JFL"

Vous avez été très jeune un athlète reconnu pour vos qualités athlétiques Quelque chose qui tape dans les radars avec l'essor des réseaux sociaux ?

J'ai un physique assez maigre, skinny J'essaie de jouer de ma vitesse un maximum. Je sais que si on m'attrape après ça va être difficile. J'essaie donc d'être le plus vif possible. Ce sont aussi des qualités intellectuelles, je pense, la vision de jeu... Quand on est plus petit que les autres et plus maigre, il faut essayer d'user de son intelligence et de sa vitesse.

Y a-t-il un air de famille avec votre papa notamment et votre grand-frère Myron ?

C'est exactement ça. J'ai toujours voulu suivre mon père. À chaque fois qu'il avait des entraînements, j'y allais, même à ses matchs. Je regarde encore aujourd'hui ses anciens matchs, et même maintenant comment il coache... On parle beaucoup de ça. Il me donne beaucoup de conseils (en tant qu'entraineur). Il est plus dans le sportif, l'efficacité, la performance.

Comment se passe une journée à Monaco ?

Normalement, c'est un entraînement le matin, basé sur de l'individuel avec de la musculation. L'après-midi, c'est plus du jeu collectif, on revoit les défenses ou les plays des autres équipes. Maintenant que je suis intégré avec les pros, je peux ne pas forcément faire l'entraînement du matin en fonction de la charge. À midi, je m'entraîne avec les pros et l'après-midi avec les Espoirs. Ce n'est pas un rythme qui me déplait. J'arrive à trouver du temps pour me reposer, c'est que du kiff.

Vous venez de mettre l'accent sur l'éducation, vous avez donc décroché un diplôme en Espagne, une sécurité pour l'avenir...

Ca a été super important pour moi et ma famille. On ne sait jamais ce qui peut arriver demain. À l'avenir je sais aussi que je ne vais pas faire toute ma vie dans le basket. C'est important de savoir quoi faire plus tard.

Existe t-il un domaine qui vous intéresse ?

Oui, le domaine des agents sportifs.

La Côte d'Azur et son environnement que vous connaissez bien ont-ils joué dans votre choix pour rejoindre le centre de formation de la Principauté ?

Un peu. J'ai eu l'habitude de voir peu mes parents, je comptais voir mon petit frère grandir. C'est quelque chose de très important, je ne l'ai pas vu pendant cinq ans, c'était frustrant. Là, j'ai l'occasion de le voir un peu plus, je suis content.

Comment s'est déroulé ce switch entre le championnat espagnol et cette saison en Espoir Elite, sur le Rocher ?

Au début c'était super dur, car le championnat espoir est très physique. En Espagne, on retrouve plus l'aspect technique moins le physique. J'ai réussi à m'adapter, je parviens à faire la transition entre les deux, grâce à l'aide du coach. Au départ, j'y croyais peu. Je me disais : que se passe-t-il ? J'ai eu confiance en lui et vice-versa.

Vous faites partie d'un effectif avec de nombreuses nationalités, vous n'êtes aujourd'hui pas reconnu comme JFL, c'est une spécificité du championnat ?

Il me reste encore une année pleine à faire avant de repasser JFL (NDLR. Joueur Formé Localement). En venant, ici j'y ai forcément pensé aussi. On essaie de parler un maximum anglais. Cela ne change pas du Real où il y avait pas mal d'étrangers. Je n'ai aucune difficulté avec ça, c'est important. Ca nous prépare pour l'avenir.

Est-on perçu différemment lorsqu'on est l'AS Monaco en Espoir Elite ?

Je ne sais pas s'ils le disent, mais on est la particularité du championnat avec la moitié de l'équipe qui n'est pas française. Notre différence fait notre force.

Vous avez baigné jusqu'ici dans le basket Européen, rêvez-vous d'Euroleague ou de NBA ?

Je prends les choses doucement. L'Euroleague depuis tout petit ça a été un rêve. La NBA un peu moins, parce que j'ai moins eu accès à ça à cause des horaires.... Mon père m'a toujours montré les matchs d'Euroleague quand j'étais petit.

Votre épanouissement sur le Rocher vous motive t-il à vivre une année supplémentaire avec Mickael Pivaud et au contact de la Betclic Elite ?

On ne sait pas encore ce qui peut se passer. J'ai envie de rester. Monaco ça me plait beaucoup. Tout se passe bien avec eux, le cadre est super.

On est ici aujourd'hui à Strasbourg. L'objectif c'est d'y revenir dans trois semaines pour gagner le Trophée du Futur ?

Bien-sur, c'est de le gagner et de le ramener à Monaco. Ils ne l'ont jamais fait encore. Cela serait super d'être la première génération à le faire. On sait que ça va être difficile. On sait à quoi s'attendre et on va être à 2000%.

À Strasbourg,

*Avec les nombreuses blessures et départs, Kyllian Michée est entré cette saison 4 fois en jeu avec les pros en Betclic Elite pour 4,5 points en moyenne.

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