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La fragilité du système économique italien

Un article dans Il Foglio porte un regard très critique sur l'économie du basket italien très dépendante des mécènes.

Armoni Brooks (Milan). ©Euroleague
"Depuis 1996, la Serie A et la Serie A2 ont connu au moins un cas de faillite sportive et financière chaque année. Il ne s'agit pas d'un système qui connaît des crises occasionnelles ; c'est un système qui a bâti son équilibre sur la crise", écrit en préambule le quotidien milanais.

Il Foglio rappelle que depuis 1996, la Serie A et la Serie A2 ont connu chaque année au moins un défaut de paiement sportif et financier : Venise, Battipaglia, Naples, Caserte, Gorizia, Pistoia, Montecatini, Vérone, Trieste, Messine, Teramo, Roseto, Trévise, Fortitudo et Virtus Bologna, Rieti, Sienne, Rome, Biella, Turin, Avellino, et maintenant Trapani.

 L'article s'attarde sur le cas de trois clubs illustres :

"Milan est resté parmi l'élite, mais uniquement grâce à l'arrivée directe de Giorgio Armani, qui a investi près de 100 millions d'euros avant de remporter son premier Scudetto. Cantù a connu trois saisons (2015-2017) d'ambitions européennes sous la houlette du magnat ukrainien de l'acier Dmitry Gerasimenko, avant de s'effondrer financièrement. Le cas d'Auxilium Torino, avec Fiat comme sponsor principal (2017-2019), est également emblématique : un effectif talentueux, une victoire en Coupe d'Italie, puis, en l'espace de quelques mois, sanctions, relégation et faillite. Une trajectoire similaire, en termes de dynamisme et de rapidité, à celle de Trapani sous Valerio Antonini."

La Virtus Bologne, le deuxième club italien d'Euroleague, en prend également pour son grade :

"Même la Virtus Bologne, club actuel leader du championnat et deuxième au classement financier avec le Milan AC en termes de budget, montre des signes de fragilité. Il y a quelques années, le président Massimo Zanetti a brutalement mis fin au projet d'équipe féminine, qui comptait dans ses rangs Cecilia Zandalasini, toujours la meilleure joueuse italienne (NDLR : et aussi Iliana Rupert). De graves difficultés financières sont apparues récemment, avec un déficit budgétaire estimé à plusieurs dizaines de millions d'euros. Cette réduction d'effectif, bien que loin des faillites du passé, confirme la mince frontière entre stabilité et crise, même pour les grands clubs."

 Et voici la conclusion d'Il Foglio :

"Le basketball italien était autrefois soutenu par de grands groupes industriels : Benetton, Scavolini, Stefanel. Aujourd'hui, de solides entrepreneurs existent toujours, comme Brugnaro à Venise, Gavio à Tortona et Germani à Brescia. Mais l'échelle est différente et la capacité à absorber les pertes structurelles est plus limitée (...) Le basket-ball professionnel italien repose sur un équilibre précaire, souvent fondé sur des capitaux privés, des revenus limités, une faible capitalisation et une dépendance chronique à des interventions exceptionnelles. Lorsque le mécène se retire ou que le système financier se bloque, il ne parvient pas à absorber le choc et le club est mis en difficulté."

 

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