Interview Livenews ProA

Pascal Donnadieu se demande où Monaco va perdre un match

donnadieuSamedi, Nanterre 92 a perdu à la cinquième journée son invincibilité face à l’Elan Chalon (77-92) et laisse donc à l’AS Monaco le leadership de la Pro A. Le shooteur allemand Heiko Schaffartzik et le coach Pascal Donnadieu fournissent les explications. En bonus le coach dit pourquoi il est en admiration devant la force de frappe monégasque.

 

Votre début de match a été très laborieux. Pourquoi ?

Heiko Schaffartzik : C’est la deuxième fois dans la même semaine que l’on a commencé un match comme ça. Une fois à Sopron et là dans notre maison (Ndlr : A Sopron, en Fiba Cup, Nanterre s’est finalement imposé 79-77). Il faut que l’on change notre attitude pour les débuts de match. On a juste fait quatre fautes en quinze minutes. Il aurait fallu en faire pour éviter que l’adversaire marque 31 points dans le premier quart-temps et peut-être des fautes dures, c’est le basket. Je pense aussi que l’on a oublié les raisons pour lesquelles on a gagné tous les autres matches auparavant. Ce n’était pas par l’attaque, c’était par la défense. On avait joué avec des cojones, je ne connais pas le mot en français, oui, couilles ! Et aujourd’hui, pas. On l’a fait en début de deuxième mi-temps mais avant et après, non. Perdre ce n’est pas la fin du monde mais c’est deux fois le même match à la suite. Je pense aussi que l’on n’a pas suffisamment fait circuler le ballon aujourd’hui. Et Chalon a très bien joué. (John) Roberson fait d’habitude 8 points et aujourd’hui c’est quelque chose comme 20 (Ndlr : 22). Pour moi, on est une meilleure équipe que Chalon et il faut maintenant qu’on le montre mercredi (Ndlr : face au FC Porto) et après à Limoges. Ce n’est pas la fin du monde mais il faut changer d’attitude pour les prochains matches.

Les joueurs étaient-ils un peu dans la facilité ?

H.S. : Vraiment je ne pense pas car dans le vestiaire avant le match tout le monde était très concentré, personne ne rigolait. On a aussi manqué beaucoup de shoots faciles, en début de match, aussi bien à Sopron qu’aujourd’hui. Ce n’est pas facile aussi de donner aux joueurs de la confiance et c’est très bon pour celle de l’autre équipe.

« Quand on gagne, pour un coach c’est la facilité, on a tendance à ne pas changer beaucoup de choses, à rester sur ce qui marche »

Coach, votre analyse ?

Pascal Donnadieu : On n’est pas entré correctement dans le match, on n’a mis aucune agressivité. On ne peut pas être aussi permissifs en début de match surtout à domicile. Ce n’est pas comme si on n’était pas prévenu. Je leur ai dit « attention à l’entame de match !, ne pas renouveler l’erreur de Sopron, ne pas laisser des joueurs comme Roberson, (Lance)  Harris ou (Jérémy) Nzeulie prendre confiance » et on a fait exactement le contraire. Après, c’est compliqué. A Sopron on a eu la faculté de revenir face à une équipe à mon avis un peu moins solide que Chalon mais là on a laissé beaucoup de gomme. On était parti pour faire le même coup qu’à Sopron, sauf que Chalon a fait une très bonne partition. Comme l’a dit Jean-Denys (Choulet, coach de Chalon), beaucoup d’équipes sont dans le haut, dans le bas. On a eu la chance jusqu’ici de gagner les matches, à Hyères Toulon, à Sopron, au Havre en coupe de France où c’était très chaud et ce soir ce n’est pas passé. C’est un groupe nouveau avec huit nouveaux joueurs et cette défaite est aussi une source de motivation pour travailler. Quand on gagne, pour un coach c’est la facilité, on a tendance à ne pas changer beaucoup de choses, à rester sur ce qui marche. Ça veut dire que là il y a peut-être des choses à revoir. Je le dis d’autant mieux dans la défaite, c’est un groupe sain et, comme l’a dit Heiko, il était concentré ce soir mais il n’a pas su bien entamer le match. Il faut que l’on s’habitude à avoir deux matches par semaine et un seul entraînement pour mettre en place la stratégie par rapport aux matches du samedi. Attention, Chalon était dans la même configuration et je ne suis pas en train de dire que l’on a perdu à cause de ça. Je pense que l’on a une équipe studieuse qui a besoin de temps pour s’approprier le plan de jeu que l’on veut mettre en place par rapport aux adversaires. Je vois la différence vis à vis du match du Mans où dès le mardi on a travaillé, on savait exactement ce que l’on allait faire. C’est à nous d’être productif et en Coupe d’Europe et en championnat (…) On va créer un peu d’émulation dans les rotations. Chris Warren qui est insaisissable depuis le début de saison, je crois que je l’ai un peu trop sollicité et j’aurais dû tourner, peut-être Mykal aussi. Il faut toujours se servir d’une défaite.

« J’ai eu un garçon comme Sergii Gladyr qui avait des problèmes au genou, qui avait des difficultés certaines fois, là c’est une formule 1 ! »

Monaco est désormais seul leader invaincu mais ils ont souffert au Mans. Cela démontre t-il qu’ils ne sont pas invincibles ?

C’est la force de Monaco… Ils étaient en difficulté durant tout le match face à une équipe du Mans qui, je pense, était remontée et ils ont gagné (83-81). Je pensais que pour eux c’était ce soir un test très important et vu le cheminement du match, ils ont frappé un grand coup. Je ne sais pas où ils vont perdre et c’est bien ça le problème (rire). Ce qu’il faut savoir c’est que c’est une équipe qui a déjà eu un calendrier difficile. Ils ont été gagner à Villeurbanne et au Mans, c’est costaud. Ils ont cette agressivité, cet impact athlétique que l’on n’a pas vu depuis des années. Ils sont préparés physiquement et dans l’intensité de manière exceptionnelle. J’ai eu un garçon comme Sergii Gladyr qui avait des problèmes au genou, qui avait des difficultés certaines fois, là c’est une formule 1 ! Et ils sont dix voir onze comme ça. Ça veut dire que pendant quarante minutes ils vous étouffent. Ils ont fait la même chose contre Francfort et trois jours plus tard ils sont capables de le refaire. Jean-Denys dit que le niveau des équipes s’est amélioré défensivement, je n’ai pas ce sentiment, par contre il y a une équipe qui défend beaucoup mieux, beaucoup plus fort que les autres, c’est Monaco. On a l’impression que c’est un mur. Et avec toutes les rotations ils gardent la même qualité. Ils sont capables de gagner de 20 points contre Francfort avec Shuler à 0/10 alors que nous, si on a un ou deux joueurs majeurs qui passent à la trappe offensivement, si Roberson ne met pas ses tirs… Toutes les autres équipes sont dépendantes de leurs joueurs majeurs.

« Ce qui est réellement impressionnant chez eux c’est qu’ils sont très durs sur l’homme, sur le porteur de balle, ils te repoussent en permanence. »

L’équipe de Monaco ressemble t-elle aux équipes que vous aviez affrontées en Euroleague il y a trois ans ?

Pas vraiment. Comme on était atypiques, on avait essayé de perturber certaines équipes en étant très forts sur les lignes de passes, de mettre beaucoup de pression. En Euroleague ça protège beaucoup plus la raquette, il y a une espèce de défense collective. Ce qui est réellement impressionnant chez eux c’est qu’ils sont très durs sur l’homme, sur le porteur de balle, ils te repoussent en permanence. Ça veut dire globalement que lorsqu’il reste dix secondes, tu n’as quasiment pas attaqué. Ils sont ligne de passes très fort, ils sont capables de switcher, de résister sur les mismatchs. C’est très costaud ! On les joue au mois de janvier, ils auront peut-être une baisse de régime. Il n’y a plus qu’à miser là-dessus (rires).

 

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