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Prospects : Mathias Lessort (Nanterre) veut être le prochain Martiniquais en NBA

mathias lessortMathias Lessort (2,05m, tout juste 21 ans) a fait preuve d’un formidable abattage lors du match JDA Dijon-Nanterre 92 : 20 points (8/11 aux shoots), dont 13 dans les 14 dernières minutes du temps réglementaire, et 13 rebonds dont 6 offensifs. L’une des explications majeures à la victoire des Franciliens en Bourgogne, 73-72 après le rab de cinq minutes.

Faut-il rappeler que le Martiniquais a déjà fait encore mieux, beaucoup mieux ? C’était le 6 février dernier. L’Elan Chalon était privé de ses deux scoreurs américains, Devin Booker et Jeremy Hazell. Mathias a vu la lumière et s’est engouffré dans l’opportunité. A la demande de son coach Jean-Denys Choulet, il s’est concentré sur les rebonds pour en capter 15 dont 12 offensifs. Et profitant de cette cueillette miraculeuse, il a ajouté 28 points à 10/15 aux shoots. Ce n’est pas tout : il a fait 2 passes, 3 interceptions et 2 contres. Le tout en ne passant que 28 minutes sur le terrain. Son évaluation fut de 42, égalisant ainsi la meilleure performance de l’histoire de l’Elan Chalonnais réalisée par l’Américain Terrel Everett.

Une histoire vraiment extraordinaire qui prouve le potentiel du jeunot et pose une nouvelle fois la question de l’utilisation des prospects français à la sortie des centres de formation. Mathias n’avait droit jusque là qu’à 8 minutes de temps de jeu en moyenne pour 4,8 d’éval.

La draft en juin

Comme son pote David Michineau, comme avant lui Yakuba « Billy » Ouattara et Jordan Aboudou, Mathias Lessort a préféré quitter cet été son club formateur, avec qui il s’est approprié tant de trophées en jeune, pour augmenter ses minutes sur le terrain. Plutôt que trois autres clubs français et Andorre, celui d’Andew Albicy, Matthias a privilégié Pascal Donnadieu qui a déjà participé notamment à l’éclosion d’Adrien Moerman, Edwin Jackson et Evan Fournier. Il a signé pour trois ans à Nanterre. Pari gagné puisque son temps de jeu a presque doublé, passant de 12 à 22 minutes en moyenne. Son coup d’éclat à Dijon n’est pas le fruit du hasard. Il en est à 10,5 pts à 69,2% aux tirs et 7,1 rbds en huit matches. Sa précision chirurgicale dans les tirs, la deuxième de Pro A, s’explique notamment par sa propension à dunker à tour de bras (1,88 par match).

Si le Martiniquais est considéré comme un joueur surpuissant au physique formidable, dur, capable de défendre sur des joueurs de différentes positions –il y a du Florent Pietrus en lui-, il possède en revanche une taille un tantinet limitée pour son poste et son peu d’efficacité dans les shoots extérieurs (deux tirs à trois-points tentés dans toute sa carrière professionnelle) pose problème pour un vrai positionnement en ailier-fort. Ne sentant pas le vent porteur, il a d’ailleurs retiré son nom de la dernière draft NBA ; il sera éligible en juin prochain.

Il y a quelques mois, ElanTV faisait découvrir le Martiniquais chez lui, avec ses grosses lunettes et son sourire dont il ne se départit pas. Il y confie notamment avoir eu peu d’appétence pour l’école, prendre conseil auprès de ses deux frères aînés dont Gregory depuis deux ans à Vichy-Clermont en Pro B, et donne sa philosophie de vie :

« Quand je vais moins bien, je me rappelle d’où je viens, que je sors de loin. J’ai beaucoup de chance d’être ici. Beaucoup de personnes en Martinique me regardent, croient et comptent sur moi. »

Au moment où il effectuait des workouts avec les Utah Jazz, en juin dernier, le Martiniquais avait par ailleurs déclaré au deseretnews son admiration pour Ronny Turiaf et son ambition :

« C’est vraiment un exemple pour nous. Quand les jeunes de mon île parlent de la NBA, ils pensent à lui car il est le seul à y avoir joué. Je veux être le prochain. »

 

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