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Quand la presse régionale fait mousser le clasico Pau-Limoges

On peut mesurer le poids d’un sport dans une ville, un département, à son impact dans le quotidien local.

Un chiffre résume tout ce matin : Le Populaire du Centre offre à ses lecteurs un cahier spécial de 12 pages sur la 100e édition du clasico Limoges-Pau de dimanche. C’est d’autant plus remarquable que le match ne se tiendra pas à Beaublanc mais au sein du palais palois et qu’un édito de Jean-Christophe Bourdin regrette que le clasico à la mode 2017 ne soit plus aussi brûlant que ceux d’autant. « Sans saveur ni relief, le basket français s’est aseptisé. A son détriment. »

Réalisé en collaboration avec La République des Pyrénées, le contenu est copieux et original avec une présentation générale, une interview des deux présidents légendaires, Xavier Popelier du CSP et Pierre Seillant de l’Elan Béarnais, et aussi de Jean-Claude Biojout, l’homme de l’ombre du CSP, puis des joueurs emblématiques, Richard Dacoury et Didier Gadou, de Frank Butter et Valéry Demory qui ont porté les deux maillots, de Didier Dobbels et Michel Gomez qui ont coaché les deux clubs, des meilleurs ennemis Claude Bergeaud et Freddy Fauthoux, de Stéphane Ostrowski, Christian Ortega, de l’arbitre Philippe Mailhabiau… Il y a aussi forcément un retour sur la fameuse bagarre de 1987 et tous les marqueurs des 99 premières éditions.

Xavier Popelier et Pierre Seillant n’ont toujours pas la langue dans leur poche

Voici un florilège emprunt de nostalgie :

Stéphane Ostrowski, meilleur joueur français des années quatre-vingts, aujourd’hui directeur du marketing et de la communication du CSP :

« Kaba, Bisseni et Henderson mettaient des coups en douce mais ça restait du basket. En fait, le problème, c’est qu’ils ont toujours mal vécu qu’on soit plus titré qu’eux. Alors ils cherchaient des artifices… »

La fameuse bagarre de 1987 a exacerbé les passions comme le confirme Freddy Fauthoux, la crème des hommes mais qui était une sorte de Docteur Jekyll et Mister Hide une fois sur le terrain.

« Et moi, j’avais une cassette VHS. C’était celle de la bagarre de la finale de 87. Dans le bus nous amenant à Limoges, je sortais alors la cassette et je la mettais. Pour expliquer à ceux qui ne le sa­vaient pas – ou pas assez – l’histoire de ce match. Pour qu’ils la comprennent. Pour les conditionner. Pour leur dire que ces mecs-­là sont forts à Limoges, mais que nous on est supers ! (rires). »

La rivalité, elle a vraiment pris corps dans les propos des deux présidents de l’époque et trente-cinq ans plus tard, les deux patriarches sont encore prêts à guerroyer… avec les mots :

Xavier Popelier : « Quand il (Pierre Seillant) dit avoir attrapé Clarence Kea par les parties inti­mes, c’est juste de la vantardise. Il a tendance à embellir les choses. »

Pierre Seillant: « Je ne retournerai plus ja­mais à Limoges. Jamais. Si je remonte la rue centrale à pied, je ne suis pas cer­tain d’arriver entier ! Je me suis fait cracher dessus à Beaublanc. Contre eux, j’étais tout le temps au pressing ! Ils nous trai­taient de ploucs et de pay­sans. Limoges voulait briller dans le paraître ».

Tout cela est d’une autre époque et Didier Gadou, le directeur général de l’Elan Béarnais, qui n’était pas avare avec son frère Thierry, de coups en douce, le résume parfaitement en trois phrases :

« J’ai vu Mathieu Bisseni étrangler un arbitre, des envahissements de terrain avec des bagarres générales et l’intervention des gendarmes. J’ai aussi vu Pierre Seillant faire un croche­pied aux arbitres… C’était un autre monde, sans ralenti ni réseaux sociaux ».

Ce spécial clasico est à télécharger ici.

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