Livenews LNB ProA

Pau a retrouvé sa splendeur, Limoges a perdu son honneur

Il faut puiser dans sa mémoire pour se souvenir d’un si bel emballage avec rétros, célébration de Freddy Hufnagel et Gheorghe Muresan, près de 8 000 spectateurs dont plusieurs autres figures historiques, huées pour accueillir les Limougeauds à leur entrée sur le parquet, diffusion du match sur Facebook, tifos, chants et tout le tralala mais… rien à l’intérieur. Une coquille vide. Sur le terrain, la 100e édition du clasico Pau-Limoges fut carrément barbante car son sort s’est scellé dès les deux premiers quart-temps (23-14, 51-33) et le reste fut un long, un très long garbage time.

89-57 au final, +32, c’est le troisième plus gros éclat des 100 matches.

Les coupables, ce sont les joueurs limougeauds, indignes de l’événement, indignes de la tradition, indignes de trente-neuf ans d’histoire. On ne plaisante pas avec ça à Limoges car un CSP-Elan Béarnais, c’est comme un OM-PSG, un Olympiakos-Panathinaikos et si on meurt à la fin, c’est au minimum les armes à la main. Ce matin la ville se réveille avec la gueule de bois et en veut terriblement à ceux qui devaient être ses ambassadeurs.

« CSP : le centième clasico de la honte » titre Le Populaire, ajoutant : « sans fierté face à de remarquables palois les Limougeauds ont été archi dominés et ont fait honte à leurs supporters »

Une équipe de Limoges rafistolée

De fait, quel décalage entre les orgueilleux fans de basket limougeauds, volontiers chambreurs, et cette équipe incolore et et sans saveur. Jamais peut-être on s’est rendu compte à ce point que ce Limoges manque dramatiquement d’ancrage français sachant que Fréjus Zerbo n’est qu’un fruste rôle player alors que Mathieu Wojciechowski n’a pas pour l’instant le niveau requis. Seul Ousmane Camara, encore 15 points et 10 rebonds hier soir, est digne de ce maillot. On est si loin de ces équipes gavées d’internationaux des années 80 et 90 qui ont fait la publicité de ce clasico toute la semaine, développant une atmosphère de nostalgie.

Quant aux cinq Américains présents sur le parquet ils contribuent largement à donner l’impression que c’est une équipe limougeaude rafistolée sans âme et sans perspective. La comptabilité de leurs tirs,  9/40, vaut toutes les analyses. Le CSP a fait montre d’une totale impuissance.

Le coach Vule Vujosevic continue de formuler ses consignes en serbo-croate et son interprète de les traduire en anglais et le tout donne une impression de malaise. Son conflit avec le président Frédéric Forte qui a éclaté au grand jour à la fin décembre n’est évidemment pas bon pour la sérénité ambiante. Ce sont ses succès au Partizan qui lui donnent jusqu’ici une certaine immunité mais pour combien de temps encore ?

« Je reconnais que j’ai ma part de responsabilité dans cette défaite. Pour un match comme ça, les joueurs ne devraient pas avoir besoin qu’on les motive. On a été mauvais dans tous les compartiments du jeu. Face à une équipe aussi motivée que Pau, c’était compliqué », rapporte ce matin Le Popu.

Alain Koffi a retrouvé ses jambes de 20 ans

Parallèlement, la côte du discret Eric Bartecheky, à qui tout réussi depuis trois saisons –rappel : il a fini 6e avec le Havre il y a deux ans avant de rouvrir les portes des playoffs à Pau-, monte au firmament … Comme avec Juice Thomson précédemment, le coach palois s’appuie sur un meneur américain de grand classe, un véritable homme orchestre qui lui était ultra motivé, D.J. Cooper, qui a encore frôlé le triple double : 15 points, 13 rebonds, 8 passes. L’Américain a donné le vertige aux Limougeauds et les observateurs sont de plus en plus incrédules se demandant pourquoi il ne joue pas dans une ligue supérieure.

L’autre symbole palois, c’est Alain Koffi (26 d’évaluation avec 17 points, 8/9 aux shoots, 6 rebonds et 3 contres) sublimé par son meneur mais surtout qui a retrouvé à 33 ans toutes son intégrité physique après quatre saisons de galère au Mans suite à une blessure et deux autres de remise à niveau à Rouen. En 2009, Alain Koffi avait été élu MVP français de Pro A et aujourd’hui il est un de nos rares compatriotes à pouvoir se mêler à la lutte avec les étrangers pour décrocher le trophée qui ne fait plus de distinction entre les nationalités.

Tous les Palois ont joué avec une extrême confiance et Eric Bartecheky a pu offrir 15 minutes à Léopold Cavaliere (20 ans) et 13 à Elie Okobo (19 ans), lui aussi gaucher qui a planté deux trois-points sur le modèle de D.J. Cooper. Pendant ce temps là, le Limougeaud Vincent Fauché, dominateur en espoir, reste invariablement sur le banc alors que son coach est sensé favoriser le sort des jeunes.

« On fait un match plutôt abouti et pratiquement référence », souriait Eric Bartecheky « Il faut féliciter les joueurs, tout le monde a été bon. On perd 8 balles et on fait 26 passes décisives, c’était un vrai plaisir. On s’attendait à un match plus serré mais on a fait preuve de détermination et on a développé tout ce qui avait été décidé. »

Le Limoges CSP a tout perdu hier soir : la possibilité de décrocher une place en Leaders Cup et surtout l’honneur. Dans une mise en scène digne d’une centième, l’Elan Béarnais Pau-Lacq-Orthez, toujours invaincu au Palais, a lui apporté au monde du basket français la preuve ultime que l’interminable temps de la purge est terminé. L’Elan est revenu en haut de l’affiche.

A découvrir ici et ici les superbes albums photos de la République des Pyrénées et du Populaire du Centre.

 

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