Livenews LNB ProA

Avec six victoires en sept matches, Gravelines revient en force

Justin Cobbs (meneur), Sek Henry (arrière), Kyle Gibson (ailier), Myles Hesson (ailier-intérieur) et Richard Solomon (pivot). Il faut bien retenir les noms du cinq majeur du BCM Gravelines, quatre Américains et un Britannique (Henson). Ils se sont appropriés hier soir, au Mans, 81 des 91 points de l’évaluation finale de l’équipe.

Cette quintette a su aussi « sauter » sur Antares, comme d’autres sur Kolwezi pour arracher une qualification pour la Leaders Cup puisque ce MSB-BCM était une sorte de huitième de finale. Nuance : le milieu ambiant n’était pas franchement hostile tant les 4 500 spectateurs manceaux présents sont restés passifs pour un tel match couperet.

Au bout de 8 minutes, les Gravelinois avaient déjà faussé compagnie à leurs hôtes (6-19) grâce à une pression défensive étouffante et des armes offensives variées. C’est Sek Henry (11 points) qui était le plus à son affaire. Ce n’est que dans le troisième quart-temps que les Manceaux s’adaptèrent aux contraintes d’un match à fort enjeu, mais on connaît la fable du lièvre et de la tortue. Au final le BCM s’est imposé avec une marge solide, 81-71.

« On a commencé par un faux rythme » analysait Erman Kunter, le coach manceau. « Après par séquences on l’a trouvé mais là on a perdu des ballons. Vingt au total (NDLR : 18 en fait). On a encaissé beaucoup de points en retour de nos ballons perdus, à peu près 18-20 points. C’est beaucoup. Quand vous perdez des ballons, le repli défensif est très difficile. »

Le cinq majeur gravelinois semble avoir trouvé au fil du temps sa fusion. Sa sérénité et sa fiabilité ont tranché avec l’absence d’impact de l’Américain du MSB Ryan Pearson qui est apparu complètement déboussolé et qui est négatif sur un terrain à partir du moment où l’adversaire maîtrise sa capacité de finition.

« On était venu ici avec beaucoup de détermination et on a fait un vrai match du début à la fin », se réjouissait Florent Piétrus. « On savait que c’était le match qui nous ouvrirait les portes de la Leaders Cup. On est fiers d’avoir gagné et d’avoir gagné de cette manière. Ce n’est jamais facile de jouer avec de l’avance. On est contents de cette qualification car on revient de loin. On a une équipe qui a beaucoup de ressources surtout défensivement. Il faudra compter sur nous pour la suite de la saison. »

 

« Ce n’est pas facile de trouver une alchimie en début de saison car on a retrouvé l’équipe à 100%.

 

Le grand remplacement du BCM

De fait, écarter Le Mans du top-8 de la mi-saison –il reste aux Manceaux l’ultime et tenu espoir que Châlons-Reims s’impose lundi à Strasbourg- est une sacrée perf dans l’absolu quand on sait que le club affiche au compteur un record de 13 participations à la Leaders Cup/Semaine des As avec trois trophées. Et le paradoxe, c’est que c’est l’année où le MSB est compétitif en BasketBall Champions League –premier de sa poule- ce qui est à marquer en lettres d’or dans l’histoire européenne du club, qu’il est privé de voyage à Disney Paris.

A l’inverse, le BCM qui sort sans gloire de la C4, est sur une série de six victoires en sept matches en Pro A. Il y a quelques semaines, il était proprement inimaginable que les Nordistes gagnent leur billet pour la Leaders Cup avec de réelles chances de bien y figurer. Les arrivées de Richard Solomon, Florent Pietrus, Sek Henry et Rudy Jomby, conjuguées aux départs de Shawn King, Steven Gray et Anthony Dobbins, et aussi le retour plus vite prévu de blessure de Fernando Raposo, ont complètement redistribué les cartes avec davantage d’as dans la manche.

« Ce n’est pas facile de trouver une alchimie en début de saison car l’équipe à été renouvelée à 100%. En plus il y avait des blessés et chaque semaine un nouveau joueur arrivait. Moi-même je suis arrivé en cours de saison. Forcément, il y a des affinités qui sont super importantes à avoir. On sent que l’équipe vit bien et a trouvé son rythme de croisière. A nous de continuer sur cette dynamique positive sur laquelle on est depuis un mois, un mois et demi. On fera tout pour bien représenter le Nord à Paris, » certifiait Florent Pietrus.

 

« Les gens parlent de Kyle Gibson comme d’un scoreur mais c’est aussi un joueur d’équipe »

 

Kyle Gibson à moins de 20 points

Le côté positif, c’est que Gravelines a su s’imposer en territoire manceau sans un Kyle Gibson de feu. C’est la première fois depuis huit matches que le meilleur marqueur de la Pro A n’a pas scoré au moins 21 points. Ceci dit, 15, c’est déjà bien.

« C’est un joueur qui a le contrôle émotionnel et qui a une très bonne éthique de travail quotidienne aux entraînements et en dehors. Il remplit les feuilles de tirs que l’on impose et surtout il adhère à un projet défensif qui était nouveau pour lui. » Christian Monschau reprend : « les gens parlent de lui comme d’un scoreur mais c’est aussi un joueur d’équipe. De temps en temps il sait forcer. Si le scoring se porte sur d’autres joueurs, ça ne lui pose pas de problèmes. Les joueurs sont contents de le trouver car ce n’est pas quelqu’un qui tire la couverture à lui. C’est un good teammate ! »

Le côté négatif, c’est donc que le banc a eu un apport très limité au Mans sinon Fernando Raposo (4 points, 4 rebonds et… 4 interceptions). Ainsi Florent Pietrus, cinq fautes en quinze minutes, est apparu complètement à la rue. Pour voyager loin, le BCM ne devra pas compter que sur ses étoiles. Christian Monschau va profiter des jours à venir pour permettre à Raposo et Pietrus de récupérer complètement leurs forces après leurs blessures.

Il existe éventuellement un autre atout dans la manche du coach, c’est l’arrière belge Quentin Serron (1,90m) que l’on n’a pas encore pu voir en France du fait qu’il s’est blessé avec les Belgian Lions en août.

« Au moins il n’a pas été blessé sur la partie basse du corps et donc au niveau cardio, au niveau course, musculaire, il pourra peut-être revenir plus vite qu’un garçon qui a eu un arrêt suite à une blessure au genou ou au talon d’Achille. En tous les cas, il a l’état d’esprit pour le faire. Je le connais bien. Il joue à Ostende depuis que je suis arrivé à Gravelines, il y a neuf ans et comme on joue Ostende une ou deux fois, je l’ai vu grandir depuis l’âge de 18 ou 19 ans. J’ai vu son évolution et j’aime beaucoup ce garçon. »

Dans l’autre camp, Erman Kunter constatait que ne pas disputer la Leaders Cup va au moins permettre à son équipe de faire un break, de travailler sur le fond, car les objectifs demeurent nombreux avec la Coupe de France –le MSB est tenant du trophée-, le 8e de finale de BasketBall Champions League et plus si affinités, et aussi et surtout les playoffs.

« Normalement pour aller à la Leaders Cup, il aurait fallu 11 victoires. Il reste 17 matches. Avec ce championnat qui est dense, pour faire les playoffs, il faut gagner minimum 11 matches. »

 

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