Leaders Cup : la démonstration de force des supporters de la Chorale de Roanne

Pascal Legendre
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Ce n’est pas que l’on souhaite avoir une ambiance à la grecque comme celle vécue au même moment à Salonique pour la finale de la Coupe, entre l’Aris et le Panathinaikos avec jets de fumigènes et de sièges en plastique, mais on regrette que l’atmosphère à la Leaders Cup soit aussi aseptisée. Pour ne pas dire un peu froide.

On a bien observé quelques grappes de supporters y compris de Monaco –pas de Villeurbanne- mais ils n’étaient pas légion.

En définitive, le seul match qui s’est joué dans une atmosphère de passion, c’est la finale de Pro B entre le SOM Boulogne et la Chorale de Roanne. On nous répondra que les supporters des deux clubs savaient depuis longtemps qu’ils pouvaient -au minimum- réserver leurs places à Disneyland Paris pour le dimanche, à l’inverse de ceux de Pro A qui avaient seulement la garantie de pouvoir apprécier leur équipe favorite le vendredi.

Ce n’est pas la seule explication. La délégation de la Chorale de Roanne forte d’un demi-millier de membres -300 autres se sont acquittés de 3 euros pour suivre la rencontre en direct, sur grand écran, au Chorum Alain-Gilles de la Halle André-Vacheresse- a fait une démonstration de force, de part son nombre donc, mais aussi son enthousiasme et ses chants. Là où souvent les supporters se contentent d’un « allez truc ! » ou « allez bidule ! », les Roannais possèdent un véritable répertoire.

On souscrit d’ailleurs à ce qui est écrit sur le site du club :

« Le parallèle est osé mais fait sens : la parade des supporters roannais à Disneyland Paris dimanche avait quelque chose de la démonstration de force stéphanoise à Manchester quelques jours plus tôt. La Halle André-Vacheresse n’est pas le Kop Nord, et les supporters roannais ne sont pas des ultras, mais leur mobilisation et leur ferveur a bluffé la France du basket dimanche lors de la Leaders Cup, comme lors de la décennie 2000 où le Showdron Bleu était une forteresse aussi bruyante qu’imprenable. »

Dans l’ADN du club

L’association de supporters « Roanne 1937 », qui gère les animations qui entourent les matches de la Chorale, se félicite du profil de l’équipe de 2017, vainqueur de cette Leaders Cup Pro B, dix ans après l’épopée de Jean-Denys Choulet et de ses hommes, champions de France, vainqueur de la Semaine des As, puis héroïques en Euroleague.

« Nous savions que le public roannais se mobiliserait en nombre car les gens ont vraiment foi en cette équipe. Malgré ces dernières années plus « calmes » en terme de mobilisation, une telle ambiance fait partie de l’ADN roannaise. En tant que connaisseurs de basket, les Roannais aiment le jeu proposé par cette équipe, ils aiment et s’identifient aussi aux objectifs fixés et à l’image de cohésion qui émane de ce groupe. Beaucoup de supporters roannais sont des fidèles depuis des années ; ils ont connu les meilleurs moments comme les pires, mais ils sont toujours là ! » 

Quand on parle d’ADN et de chants, il faut savoir qu’une Chorale avait été créée et gérée par des instituteurs dans le quartier Mulsant et c’est sous la direction d’un industriel, Henri Rhodamel, qu’apparurent ensuite des sections sportives dont le basket en 1937. D’où le nom de « Chorale » pour le club et de « Roanne 1937 » pour le club des supporters. CQFD.

Les supporters de la Chorale nous ont donné les mêmes frissons que ceux de l’ESSM Le Portel à la Hall-Carpentier, lors de la finale de la Coupe de France 2014, ou que ceux de Gravelines les soirs de Carnaval, de Limoges lors d’un match de gala à Beaublanc ou des rendez-vous de la Coupe de France à l’Accor Hôtel Arena de Paris, alias Paris-Bercy, lorsque la mobilisation est générale -l’Euro 2015 à Lille, c’était encore bien supérieur.

Pour vivre, les clubs professionnels ont besoin d’argent, de partenaires, des entreprises comme des collectivités, d’animations, mais sans la passion des supporters, tout le reste est dérisoire.

D’ailleurs, lors de la conférence de presse, qui a suivi la finale, le coach Laurent Pluvy a montré sa gratitude.

“Dès l’échauffement, ça m’a foutu les frissons », lit-on dans Le Pays Roannais. « Et après, ils n’ont pas arrêté tout au long du match de chanter, de taper dans les mains. C’était normal qu’on leur rende hommage après la victoire, car c’est aussi grâce à eux, qui nous ont portés pendant tout le match.”

 

 

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