Livenews LNB ProA

Triomphe romain de l’Elan Chalon au Colisée

La SIG Strasbourg a échoué une cinquième fois d’affilée en finale de la Pro A, s’écroulant dans le dernier quart-temps du cinquième match de la finale (74-65). C’est le deuxième trophée de champion de France de l’Elan Chalon après celui de 2012 et le deuxième aussi pour Jean-Denys Choulet, dix ans après celui gagné avec la Chorale de Roanne. Jean-Denys Choulet, ignoré dans l’élection du Meilleur Coach de l’Année, et qui pourtant est le grand architecte du triomphe des Bourguignons.

Revenu en jet privé de New York après sa soirée hollywoodienne à la draft, Frank Ntilikina replonge de suite dans l’eau bouillante. Le futur NBAer rate son premier shoot, fait une faute dans la foulée, et une deuxième après quatre minutes trente. Il va se rattraper par la suite.

Mais les 5 000 spectateurs en rouge qui ont investi le Colisée et les exclus qui matent le match sur grand écran dans le Palais des Expositions ne sont pas venus pour voir à l’oeuvre le nouveau chouchou des médias français et newyorkais. Ce qu’ils veulent, c’est le même bouquet final qu’en 2012, un titre de champion pour l’Elan.

La tension est forcément palpable. Chacun semble rester sur une prudente réserve. On assiste à un duel à distance entre l’homme à tout (bien) faire, Paul Lacombe, côté strasbourgeois -qui aurait été élu MVP s’il avait été dans le camp des gagnants- et le Chalonnais Jeremy Nzeulie qui est sur une série exceptionnelle, et qui sera récompensé par un trophée de MVP des finales.

Top-scoreur après 20 minutes… Gédéon Pitard

Ce ne sont pas les stars qui ont pourtant les rôles majeurs dans cette première mi-temps. La feuille de stats indique deux points chacun pour AJ Slaughter, Romeo Travis et John Roberson. Il faut dire que le meneur de jeu de poche de l’Elan a un redoutable concurrent en la personne de son back up attitré, Gédéon Pitard, dont les stats en saison régulière sont faméliques (1,9 point et 1,3 passe en 11 minutes) et qui là se sent poussé des ailes, prenant des initiatives dont on ne le croyait pas capable. Bilan: 8 points en 10 minutes. Un vrai facteur X… qui ne reviendra pas sur le terrain en deuxième mi-temps.

Les deux équipes se suivent à la trace. Chalon mène à la fin de chaque période mais c’est d’une poitrine: 19-18 puis 34-32. L’Epilogue, comme l’intitule la Ligue Nationale de Basket, le Match 5, si vous préférez, la belle comme on dit aussi, n’a pas encore livré ses secrets. On a l’impression que chaque ballon vaut 100 000 euros et que les acteurs ont peur de gâcher la marchandise. Le physique prend le pas sur la beauté technique. Moustapha Fall, moins rayonnant qu’en saison régulière, y compris au rebond (6 points, 4 rebonds), se prive de quatre points aux lancers. La nervosité?

Avec Paul Lacombe dans tous les bons coups, la SIG et toutes ses vertus collectives infligent un 10-3 à l’Elan et s’offre un mini-écart (42-37, 25′), le premier du match. Mais tout ceci est éphémère notamment à cause d’un Lance Harris qui retrouve ses sensations offensives. Après trois-quart temps, Strasbourg a repris la tête mais c’est si infime (47-46) que ça n’a que très peu de conséquences. La SIG a fait plus de deux passes décisives que Chalon (15-7) mais a perdu trop de balles (12-7).

 

 

Strasbourg craque dans le dernier quart-temps

C’est dans l’ultime quart-temps du dernier épisode du dernier match de la saison de tous les championnats européens que tout se joue. Le déclencheur? Sans doute ce trois-points de l’Américano-Nigérian Ekene Ibekwe suivi de deux shoots à distance intermédiaire de Cameron Clark (14 points et 10 rebonds au final et une rage contagieuse sur chaque geste). 55-48, à la 33e minute. Dans un match ultra-défensif, c’est un vrai écart. D’ailleurs le public chalonnais ne s’y trompent pas, enchaînant les « Ici, c’est Chalon! », « Ohé… ohé… », alors que les ultras se mettent torses nus.

Un trois-points de Paul Lacombe et un autre désarticulé de AJ Slaughter ramènent Strasbourg à trois-points (57-54) mais la bête est blessée. Il faut dire que les Chalonnais défendent haut et dur et cisaillent les attaques alsaciennes. Vincent Collet a beau tapoter les cuisses de ses deux assistants, le chat noir ne s’éloigne pas. Une pénétration majestueuse de Jeremy Nzeulie, un dunk de Moustapha Fall, un autre encore de Jeremy Nzeulie (14 points) en lévitation, des trois-points de John Roberson et un ultime de Axel Bouteille dans le corner assomment définitivement la SIG.

Le public entonne le ban bourguignon. Frank Ntilikina perd une occasion d’être champion à dix-huit ans. Se rattrapera t-il avec les Knicks? Hum… Vincent Collet a le visage défait. On a beau dire que cette défaite est moins cruelle que les autres car ce n’était pas tout à fait SON équipe, qu’il l’a ranimé alors qu’elle était dans un état comateux, il doit être saoulé de ces scénarios noirs.

Au micro de SFR Sport 2, Jean-Denys Choulet a un mot émouvant pour Pape Badiane avec qui il a gagné son premier titre il y a dix ans avec Roanne et qui est décédé le lendemain de Noël dans un accident de circulation.

Toute la ville de Chalon est en liesse. Jeremy Nzeulie le promet: la nuit va être longue, très longue. Et belle.

La boxscore est ici.

Photo FIBA Europe

https://twitter.com/SFR_Sport/status/878323707701116928

 

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5 000 spectateurs Place Kléber à Strasbourg:

 

 

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