Andrei Kirilenko (président de la fédération russe): « L’Euroleague se tire une balle dans le pied »

Sacha RUTARD
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Andreï Kirilenko, ancien All-Star NBA devenu aujourd’hui président de la fédération russe de basketball a publié sur le site sports.ru une note de blog où il s’adresse directement à l’Euroleague. Il s’inquiète des conséquences de l’intransigeance de l’institution privée dirigée par Jordi Bertomeu, notamment sur les questions de calendriers qui impactent à la fois les fenêtres de qualification des équipes nationales mais aussi les ligues nationales dont les calendriers, notamment la possibilité de jouer les week-ends, est aujourd’hui attaqué par la politique de l’Euroleague.

Voici des extraits de cette note de blog.

« Ma position est claire. Le basket en Europe doit être uni. C’est une nécessité absolue de trouver un compromis entre les calendriers FIBA et Euroleague.

L’Euroleague est une entreprise privée, elle a pour moteur le commerce et en théorie, ils peuvent faire ce qu’ils veulent. Mais en même temps, cette entité devrait comprendre les effets de sa politique sur les autres ligues et les clubs.

C’est à l’Euroleague de s’adapter. Elle peut le faire plus facilement. La FIBA gère six continents et chaque continent joue le même schéma, selon un calendrier unique de compétition. Le basket européen a toujours été fort et reconnu pour son unité. Et cette unité le rendait compétitif dans le monde entier, y compris face à la NBA.

Maintenant, aujourd’hui en Europe, tout a changé. Les clubs sont divisés, les équipes nationales en pâtissent. Comment se fait-il que les équipes nationales ne peuvent pas jouer les qualifications à la Coupe du Monde sans leurs meilleurs joueurs évoluant en Europe ? L’Euroleague, en agissant ainsi, se tire une balle dans le pied. Quand des supporters auront regardé les matches des équipes nationales, ils vont naturellement s’intéresser à ce que ces joueurs font en club, donc pour certains en Euroleague. « Où joue Nando De Colo ? Au CSKA ! » Et les Français commenceront à suivre le club russe.

Evidemment, tous les meilleurs devraient pouvoir jouer en équipe nationale. Mais je peux comprendre la NBA – des milliards de chiffres d’affaire, un business et un marketing qui évoluent à un niveau cosmique. La NBA peut et a le droit de dicter ses règles. Mais en même temps, elle est en bons termes avec la FIBA, elles se rencontrent et essaient tant que possible de trouver des compromis.

L’Euroleague ne peut pas se comparer à la NBA, même dans le meilleur scénario possible de son développement. La comparaison ne tiendra jamais.

L’Euroleague, parce qu’elle n’a pas un statut aussi élevé, devrait s’asseoir à la table des négociations. Mais elle ne le veut pas. Et tout ce qui se passe aujourd’hui n’est que l’écho de la politique de cette organisation.

En Europe, cette scission accouche d’un problème aujourd’hui très profond. Huit ou neuf grands clubs voient la situation uniquement de leur point de vue et soutiennent l’Euroleague. Mais l’Europe ne se limite pas à huit ou neuf clubs. Il faut prendre en compte tous les points de vue et trouver la bonne solution. Mais l’Euroleague n’a aucun intérêt à cela.

Et au final, même si les meilleurs joueurs n’étaient pas là pour ces fenêtres de qualification des équipes nationales, les salles étaient pleines et les audiences élevées. Cela prouve, que malgré l’absence des meilleurs joueurs, l’intérêt sera toujours maximum pour les sélections. Et donc nous avons notre réponse à la question : les équipes nationales doivent-elles jouer pendant la saison des clubs ? Oui, évidemment. Une fois par an l’été, ce n’est pas suffisant pour les fans de l’équipe nationale. Laissez jouer les sélections quelques matches dans l’année. Les gens veulent la voir aussi souvent que possible.

Je suis convaincu de cela. Et les meilleurs joueurs devraient jouer, sauf pour ceux qui jouent en NBA. Peut-être que si j’étais le président de la fédération française de basket et que mes douze meilleurs joueurs évoluaient en NBA, je penserai différemment. Mais les Français s’en sortent bien dans ces qualifications. Ils ont la possibilité de tester en conditions réelles la prochaine génération de joueurs, d’éprouver leur réservoir dans lequel ils pourraient bien piocher à l’avenir et certains de ces joueurs pourraient devenir ensuite des éléments majeurs de la sélection.

Il n’y a qu’une conclusion : pour aller de l’avant, les clubs et les équipes nationales doivent marcher main dans la main. Et le conflit actuel entre l’Euroleague et la FIBA doit être résolu en premier. Sinon, de nouveaux scandales et de nouveaux conflits ne manqueront pas d’éclater. »

Photo: FIBA

 

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