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Le Mans : Quel avenir pour le champion de France ? Le président et le coach répondent aux interrogations

Recrutement, « Affaire Youssoupha Fall », conséquences du titre de champion de France sur la vie du club, au niveau du budget, du public, des sponsors, retour à la coupe d’Europe, le président Christophe Le Bouille et le coach Eric Bartecheky n’ont pas éludé lors d’un point presse les questions qui

Recrutement, « Affaire Youssoupha Fall », conséquences du titre de champion de France sur la vie du club, au niveau du budget, du public, des sponsors, retour à la coupe d’Europe, le président Christophe Le Bouille et le coach Eric Bartecheky n’ont pas éludé lors d’un point presse les questions qui tournent autour de l’avenir du Mans Sarthe Basket. Le président n’est jamais cachotier pour donner des chiffres.

L’interview est en deux parties.

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Dans quel ordre s’est fait le renouvellement des étrangers ?

Christophe Le Bouille : Avec Eric (Bartecheky), ses assistants et Vincent (Loriot, le directeur sportif), on a tout d’abord regardé qui on voulait garder en priorité et a contrario les joueurs qui ne l’étaient pas car malgré les succès de l’équipe, on voulait la faire évoluer un peu. Mykal (Riley) ne s’est pas affiché comme une priorité, on l’a dit, il s’est vite engagé ailleurs (Chalon). Tous les autres étaient intéressants à conserver sauf que Justin (Cobbs) nous a dit tout de suite qu’il voulait jouer l’Euroleague pour le projet sportif et l’impact financier (NDLR : Il a signé au Cedevita Zagreb qui fait… l’Eurocup). On n’était plus dans la course donc on est parti sur la piste d’autres meneurs de jeu. Chris (Lofton), on a essayé, on s’est beaucoup battu, on a fini par trouver un accord avec son agent et c’est Chris qui ne s’est pas senti de nous rejoindre, il avait besoin apparemment de couper un peu plus longtemps que ça. Il nous a fait un gentil mot… On avait fait l’effort financier, on payait même, je pense, un peu au-delà de sa valeur mais on estimait que pour garder des joueurs qui avaient gagné le trophée l’année dernière, il fallait que l’on soit capable de le faire, mais il n’est pas resté pour autant. Romeo (Travis) a voulu tout de suite monnayer son titre de MVP des finales. Voilà. On avait trouvé un accord avec DJ (Stephens), on était très content lui comme nous. Il y avait juste cette histoire de clause NBA qu’il a donc actionné avant la date limite. On est content pour lui mais déçu pour nous.

Avec quelle franchise a-t-il signé ?

CLB : A ce jour, il n’a pas encore signé, je crois, mais il a eu l’offre. Il nous a envoyés le document, il a fait les choses dans les règles.

Est-il possible que Chris Lofton vous rejoigne en cours de saison ?

CLB : Ce n’est pas à l’ordre du jour puisque le recrutement a été fait en fonction de son non retour. A aujourd’hui, il n’y a pas de place gardée pour lui mais il est déjà venu deux fois, on verra. Il faut que nous, on ait le besoin à ce moment-là, que l’on ait les finances, que Chris soit sur le marché. Cette année, il est venu parce qu’il y avait une blessure (NDLR : Pape-Philippe Amagou). Mais, non, aujourd’hui ce n’est pas prévu.

Il manque un power forward ?

EB : Un poste 4, oui, que beaucoup d’équipes cherchent, Chalon, Strasbourg. Il y a différents joueurs sur le marché mais il faut trouver le profil qui correspond à celui que l’on recherche. Ce n’est pas évident.

Les tarifs baissent un peu actuellement ?

EB : Ce n’est même pas tellement une question de tarifs, c’est simplement qu’il faut étudier les différents profils et se dire qu’il faut le joueur qui correspond à nos besoins aussi bien au niveau du basket que de la personnalité pour la complémentarité avec les autres joueurs. Plusieurs équipes cherchent et on voit que ça prend du temps car ce n’est pas simple. On aimerait bien avoir un 4 shooteur à trois-points. Petr (Cornelie) peut bien entendu shooter à trois-points. Ce qui doit nous guider, c’est qu’il faut que ce soit un bon joueur, qui dans l’idéal possède du physique, de l’expérience, du talent. Ça coûte cher et ce n’est pas facile à cette époque-là de trouver un joueur qui ait toutes ces caractéristiques. Il faudra forcément s’asseoir sur certains côtés. C’est tout l’objet de la réflexion que l’on est en train de mener tous ensemble.

CLB : On s’est dit qu’il n’y a pas d’urgence absolue. On est prêt à patienter encore un peu pour essayer d’avoir ce fort joueur avec toutes ces caractéristiques. On en a eu des propositions de joueurs intéressants, corrects, mais que l’on n’estime pas au niveau souhaité par nous.

« Financièrement, oui, on a encore un peu de marge avec déjà une belle enveloppe pour le poste 4 »

Y a-t-il une poire pour la soif pour avoir ensuite un joueur supplémentaire ? Vous n’avez pas encore le quota d’Américains ?

CLB : Les règles n’ont pas changé, on est toujours sur la base d’un un effectif à 10 d’avoir 4 JFL, 4 non-JFL c’est-à-dire souvent 4 Américains et 2 Bosman. On a Terry (Tarpey) qui joue comme Bosman (NDLR : il est français mais non JFL) alors que Richard Hendrix est macédonien. On a donc nos deux Bosman et effectivement on a encore une marge côté américain.

L’année dernière, vous étiez à neuf sans jouer de coupe d’Europe et cette année en disputant la Champions League, vous partez avec le même nombre de joueurs ?

EB : A neuf, c’est envisageable dans la mesure où des joueurs peuvent jouer sur plusieurs postes. Antoine (Eito) peut bien sûr mener le jeu derrière (Juice) Thompson mais aussi jouer à côté de lui. Et on aura besoin par séquences d’avoir cette ligne-là. (Demetrius) Conger joue en 3 et pourra dépanner un peu en 4. Je pense aussi que Peter (Cornelie) sur quelques minutes peut dépanner sur le poste 5. Avec deux matchs par semaine, on peut moduler les choses dans un premier temps. Après, on avisera suivant le déroulé de la saison, les résultats, l’analyse que l’on fera. Vous avez raison de le souligner quand même. On commence à Levallois le 23 septembre et en dix semaines, on aura réalisé dix-huit matchs. On va aussi tous ensemble observer l’équipe, le rendement de chacun, sa complémentarité durant la préparation, ça va déjà nous apporter des pistes de réflexion. Mais ce n’est pas à l’ordre du jour qu’il y ait des modifications, on part comme ça.

CLB : A part Thomson et Hendrix, qui sont des postes 1 et 5 définis, les autres peuvent tous évoluer sur deux postes. C’est un choix qui a été fait de partir sur neuf avec des espoirs compétitifs à côté pour assurer la qualité de l’entraînement et faire les dixièmes. Et pour répondre à la question précédente : financièrement, oui, on a encore un peu de marge avec déjà une belle enveloppe pour le poste 4.

La stratégie de beaucoup d’équipes, c’est d’avoir une équipe quelque peu différente au moment d’attaquer les playoffs ?

CLB : Ça peut être un moyen pour éventuellement se renforcer en fin de saison mais c’est toujours dangereux. On se rappelle des exemples qui ont marché, de joueurs qui sont venus renforcer une équipe pour l’amener au titre. On pense à Limoges ou Villeurbanne. Ça peut nous traverser l’esprit mais aujourd’hui, ce n’est pas cette logique-là. Ca peut être dangereux par rapport à la gestion des garçons, leurs égos quand ils ont œuvré toute l’année pour amener l’équipe à ce niveau-là et sur les moments décisifs, tu leur dis « tiens, il y a un joueur de plus sur tel poste donc tes minutes vont disparaître. » Pour nous, cette possibilité-là, honnêtement, c’est plus pour faire face à des blessures et être capable de remplacer un joueur blessé par quelqu’un d’aussi fort. Ça a marché l’année dernière malheureusement pour Pape (Amagou). On a pu prendre quelqu’un de très fort derrière, Chris Lofton. A la base, il n’était pas prévu dans l’équipe donc pas dans la masse salariale mais le fait de nous donner un peu de marge nous a permis cela.

A propos de Youssoupha Fall, la pilule est-elle digérée ?

CLB : J’ai fait un communiqué, j’ai dit ce que j’avais à dire, je vais en parler une dernière fois. A partir du moment où Vitoria paye le buyout, il fait ce qu’il veut. Ce n’est pas un sujet. Strasbourg a saisi une opportunité, j’aurais peut-être fait pareil. Je n’en veux pas particulièrement à Strasbourg. Après, il y a quand même des choses dans le communiqué de Martial Bellon qui m’interpelle un peu mais je ne veux pas relancer le débat. Que Youssoupha ait eu envie de quitter le club après six ans, je peux le comprendre aussi même si ça me chagrine. Ce que je comprends beaucoup moins, c’est son agent, Bouna Ndiaye, et le communiqué qu’il a fait. Dire que Youssoupha va à Strasbourg parce qu’il va travailler avec Vincent Collet, d’une c’est un manque de respect pour notre staff car ça veut dire que l’on ne travaille pas bien. Je le prends mal car j’ai plutôt le sentiment qu’on l’a bien développé le garçon. Et deux surtout, c’est faux car avant d’atterrir à Strasbourg, il a été proposé à d’autres clubs français et à ma connaissance Vincent Collet n’est pas coach dans d’autres clubs français. J’ai très mal vécu et je vis ça toujours très mal. J’espère simplement que Youssoupha aura un très bon accueil ici car il le mérite, c’est un bon garçon et j’ai beaucoup d’affection pour lui et je serai heureux de le revoir.

C’est difficile de se fâcher avec quelqu’un qui est à la tête d’une grosse agence, Comsport ?

CLB : Il y a des façons de faire les choses qui ne passent pas. Je sais bien que l’on est dans un milieu professionnel, je ne suis pas complètement naïf, j’ai quelques années d’expérience maintenant, mais il y a des choses qui ne passent pas entre ce que l’on se dit et ce qui se passe derrière que je n’ai pas envie de mettre sur la place publique plus que ce que je l’ai déjà fait.

« Kenny Baptiste a de vrais aptitudes, c’est clair. Matthieu Gauzin est très prometteur »

Parmi les espoirs du club, comme Mathieu Gauzin, médaillé d’argent au Mondial U17 cet été, Kenny Baptiste et Jacques Eyoum, médaillés de bronze à l’Euro U18, combien sont susceptibles de rentrer chez les pros cette année ?

CLB : Sincèrement, je n’en sais rien. Il y en a que l’on suit d’un peu plus près en qui ont a davantage d’espoirs. Kenny Baptiste a de vrais aptitudes, c’est clair. Matthieu Gauzin est très prometteur. Brahim (Dohou) sort d’une année tronquée à cause des blessures mais je me souviens de lui avant, il a aussi beaucoup de qualités intéressantes. Trois ou quatre joueurs vont sûrement accompagner l’équipe cette année aux entraînements quotidiens. Parmi ceux-là, il y en a certainement qui sont voués à une carrière mais c’est encore un peu tôt pour savoir.

Qu’attendez-vous de Petr Cornelie que le club récupère suite à un prêt à Levallois ?

EB : Qu’il soit comme chaque joueur au maximum de ses possibilités. C’est notre boulot d’utiliser ses caractéristiques et ses qualités pour qu’il puisse être performant dans le cadre d’une équipe pour qu’elle gagne. C’est un joueur qui a une certaine aisance sur le terrain dans la course, il a de grands bras, il est long. Il peut aussi tirer à trois-points même si ce n’est pas un spécialiste comme certains postes 4 qui vont en prendre 4-5 dans un match, qui ont de la régularité dans l’efficacité. C’est aussi pour moi une découverte. On a beau voir évoluer les joueurs de l’extérieur, là quand il était à Paris, on les connaît forcément que lorsqu’on les a au quotidien, que ce soit dans sa façon de réagir, sa mentalité et même sur le terrain. Le fait que l’on n’est pas d’autres postes 4 pour l’instant fait que sur les premiers matches amicaux, à moins qu’il y ait un joueur qui arrive rapidement, il va avoir du temps de jeu et ça va me permettre d’appréhender la relation avec plus de finesse.

Eric, l’année dernière vous êtes arrivé alors que le recrutement était déjà avancé. Cette année, vous avez eu les pleins pouvoirs ? Cette équipe va plus vous ressembler ?

EB : Déjà, le recrutement c’est un travail d’équipe. J’ai vécu différentes façons de fonctionner dans différents clubs mais le MSB a une cellule de recrutement qui est efficace. Vincent (Loriot), le président, connaissent beaucoup de joueurs, il y a un travail approfondi. C’est un travail d’équipe, d’échanges. On valide les choix ensemble. C’est toujours délicat de dire que cette équipe me ressemblera plus car entre le début d’un recrutement où l’on a une certaine idée de certains profils, on a essuyé certains refus, le marché fait un peu sa loi. On est donc parfois obligé d’aller sur certains profils qui ne correspondent pas forcément à l’idée de départ et même si le joueur que l’on a nous séduit et que c’est un bon joueur, il a des caractéristiques différentes. Le challenge c’est aussi de s’adapter et c’est intéressant. Au début sur le poste extérieur, on était parti sur un 3-2 ou un 2-3. On a fait des propositions à certains joueurs qui ont refusé. Après il en reste moins, on a du faire un choix et on est allé sur Conger qui est plus à la base un 3. C’est tout. Souvent l’atterrissage est éloigné de ce que l’on aimerait avoir au départ.

Le meneur Juice Thompson, vous le connaissez bien pour l’avoir eu à Pau ?

EB : Le fait qu’il ait déjà évolué dans le championnat, pas forcément avec moi, ça nous offre certaines garanties. Ça ne veut pas dire qu’il sera aussi performant qu’il l’a été à Pau. Je le souhaite mais il y a tellement d’aléas. Mais on connait le joueur, on sait qu’il connaît le jeu, qu’il est intelligent, qu’il possède un tir à trois-points, etc.

Avez-vous envisagé une prolongation du contrat d’Eric Bartecheky ?

CLB : Il a encore deux ans de contrat. On avait signé 2+1, c’est-à-dire qu’il y avait deux ans garantis et que selon les résultats, c’est-à-dire un minimum d’objectifs -je ne parle pas du titre-, il y avait une troisième année automatique. C’est le cas. Donc une prolongation de contrat n’est pas à l’ordre du jour. On en parlera sûrement en cours d’année.

Antoine Eito, Wil Yeguete et Petr Cornelie sont aussi sur leur dernière année de contrat ?

CLB: Les JFL, c’est un mode de recrutement particulier. On se penchera forcément rapidement sur la question dans la saison. On ne va pas attendre le mois de juin de l’année prochaine pour s’occuper des JFL. C’est le rôle du club d’anticiper.

A l’inverse, vous avez conclu un contrat avec Terry Tarpey d’une durée rare puisqu’il a été prolongé jusqu’en 2022 ?

CLB: Terry, c’est quelqu’un qui ressemble beaucoup au club. Je suis ravi de pouvoir travailler avec lui sur la durée et qu’il devienne une image forte du MSB. Ce qui freine souvent sur les contrats longue durée dans le basket, c’est un possible relâchement des joueurs, surtout Américains. Terry a beau être franco-américain, je n’ai aucun doute sur sa volonté de faire toujours plus et toujours mieux.

Demain, la deuxième partie de l’interview.

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Dans quel ordre s’est fait le renouvellement des étrangers ?

Christophe Le Bouille : Avec Eric (Bartecheky), ses assistants et Vincent (Loriot, le directeur sportif), on a tout d’abord regardé qui on voulait garder en priorité et a contrario ceux qui ne l’étaient pas car malgré les succès de l’équipe, on voulait la faire évoluer un peu. Mykal (Riley) ne s’est pas affiché comme une priorité, on l’a dit, il s’est vite engagé ailleurs (Chalon). Tous les autres étaient intéressants à conserver sauf que Justin (Cobbs) nous a dit tout de suite qu’il voulait jouer l’Euroleague pour le projet sportif et l’impact financier (NDLR : Il a signé au Cedevita Zagreb qui fait… l’Eurocup). On n’était plus dans la course donc on est parti sur la piste d’autres meneurs de jeu. Chris (Lofton), on a essayé, on s’est beaucoup battu, on a fini par trouver un accord avec son agent et c’est Chris qui ne s’est pas senti de nous rejoindre, il avait besoin apparemment de couper un peu plus longtemps que ça. Il nous a fait un gentil mot… On avait fait l’effort financier, on payait même, je pense, un peu au-delà de sa valeur mais on estimait que pour garder des joueurs qui avaient gagné le trophée l’année dernière, il fallait que l’on soit capable de le faire, mais il n’est pas resté pour autant. Romeo (Travis) a voulu tout de suite monnayer son titre de MVP des finales. Voilà. On avait trouvé un accord avec DJ (Stephens), on était très content lui comme nous. Il y avait juste cette histoire de clause NBA qu’il a donc actionné avant la date limite. On est content pour lui mais déçu pour nous.

Avec quelle franchise a-t-il signé ?

CLB : A ce jour, il n’a pas encore signé, je crois, mais il a eu l’offre. Il nous a envoyés le document, il a fait les choses dans les règles.

Est-il possible que Chris Lofton vous rejoigne en cours de saison ?

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Photos: De haut en bas: Antoine Eito, podium champion de France (LNB) et Matthieu Gauzin (FIBA).

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