Euroleague: Les dérapages financiers des grands clubs européens

Dans un article critique, le site Eurohoops traite d’un sujet qui n’a plus de secrets pour le lecteur de BasketEurope et que nous avons exposé notamment cette semaine dans notre dossier sur l’ASVEL, en trois parties (1, 2, 3). A savoir que les clubs d’Euroleague ne sont pas rentables et qu’ils vivent sous perfusion des sections football ou de mécènes.

Eurohoops prend l’exemple du Real Madrid qui a dépensé 44,3 M €, taxes et frais d’exploitation compris pour devenir champion d’Europe alors que ses revenus furent de 15M€.

« Néanmoins, une équipe peut-elle perdre 30 millions d’euros et être opérationnelle? », s’interroge le site. « La réponse est à peu près oui et la raison en est simple. Le Real Madrid en tant que club peut payer cette somme, ce qui représente des cacahuètes par rapport au total des revenus générés principalement par le football.  Comme le club l’a officiellement annoncé: «Les revenus d’exploitation pour l’exercice 2017-2018, sans tenir compte des gains obtenus grâce aux transferts de joueurs, ont atteint 750,9 millions d’euros, soit une hausse de 11,3% par rapport à l’année précédente. Ce chiffre représente une augmentation de 76,3 millions d’euros, la plus forte augmentation enregistrée par le club au cours d’un exercice depuis 2000 ».

Autre cas, celui du Fenerbahçe qui a annoncé une dette totale de 621 M € ! A l’évidence les pertes du basket sont… dérisoires :  8,49 M €, comme l’a admis le président du club, Ali Koc (1), qui est l’une des personnes les plus riches d’Europe et une de ses sociétés, Beko, est devenue le sponsor principal de Fenerbahce. CQFD.

« Le modèle du président qui paie de sa poche la perte financière de son équipe est très populaire, notamment en Europe de l’Est. Des propriétaires tels que les frères Aggelopoulos de l’Olympiacos, la famille Giannakopoulos du Panathinaikos et Giorgio Armani de Milan sont fiers de financer leurs équipes avec leur propre argent. C’est le cas dans la plupart des clubs européens où le propriétaire doit payer des dommages et intérêts. Et si le propriétaire fait faillite ou ne veut plus payer, il doit vendre, comme ce fut le cas récemment en Italie avec Cantu en milieu de saison. »

Voici donc comment un club comme Khimki Moscou peut offrir un contrat de 4M€ à Alexey Shved, qui correspond à… 10 millions de dollars en NBA.

« C’est pourquoi, si vous voulez le comparer à un contrat avec la NBA, vous devez doubler le montant (du salaire en Europe) afin de prendre en compte les impôts. Et c’est là que les choses se compliquent en Europe. En fonction du pays et de l’argent versé à chaque joueur, la fiscalité peut être très différente, allant d’un simple 10% au double de la valeur du contrat, comme ce fut le cas en Grèce et en Espagne pendant la crise. Gardez cela à l’esprit lorsque vous lisez des chiffres sur les budgets des équipes d’EuroLeague, car la fiscalité peut changer la donne, en fonction du pays d’origine de chaque équipe. »

Eurohoops tire la sonnette d’alarme :

« La triste vérité est que le modèle économique est défaillant à tous les niveaux de la compétition et que les retards de paiement peuvent être la norme pour de nombreux joueurs de presque toutes les ligues européennes. L’affaire la plus récente qui a été rendue publique concerne les problèmes financiers entre l’Olympiacos et leur joueur vedette, Giorgos Printezis (…) Printezis, bien qu’il possède beaucoup d’argent, n’a pas encore plaidé sa cause devant le BAT (NDLR: Le tribunal du sport à Genève) et il en va de même pour de nombreux autres joueurs, tout simplement parce que les retards de paiement ne sont pas inhabituels à presque tous les niveaux du basket-ball européen. Cela étant dit, de nombreux joueurs américains ont pris des précautions contre ce «mondus operandi», ajoutant des clauses à leur contrat selon lesquelles ils peuvent être libérés à tout moment en raison de retards de paiement, ou des intérêts sont inclus pour chaque jour de retard. »

Dans ce contexte de course à l’armement sans foi ni loi, la France, avec ses règles sociales, son contrôle de gestion, et pour tout dire sa raison gardée fait figure de vilain petit canard.

(1) Yildirim Ali est le plus jeune membre de la troisième génération de la famille Koc, qui compte 6 membres milliardaires.En 2012, il est
devenu président du conseil d'administration de Ford Otosan, en remplacement de son père, Mustafa, qui était à la barre ces 40 dernières
années. Son père, Mustafa Rahmi Koc, ses tantes Semahat Arsel et Suna Kirac ainsi que ses frères Mustafa Vehbi et Mustafa Omer sont
également des milliardaires.

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