Euro féminin: Les Bleues ballotées dans le tourbillon espagnol, 66-86

Pascal Legendre
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Perdre en finale, ça fait toujours mal. Surtout quand c’est la quatrième fois de suite que vous êtes en échec à ce stade à un Euro. Mais que pouvaient faire les Bleues face à une équipe espagnole dure, vite, virevoltantes, expérimentée, mieux en place collectivement, tout simplement meilleure et dotée d’une exceptionnelle shooteuse à trois-points, Marta Xargay (1,80m, 28 ans) auteure de 23 points à 8/12 aux tirs ?

Avant cet Euro, le ranking mondial de la FIBA classait les Etats-Unis (684 points) devant l’Espagne (529) et la France (383), la hiérarchie a donc été respectée même si le score final (66-86) est très sévère… mais pas injuste.

Privée de Helena Ciak, la meilleure joueuse de Ligue féminine de l’année, Diandra Tchatchouang et Sarah Michel, la France était lourdement handicapée et elle aurait pu être retirée de la course dès le quart-de-finale face à la Belgique. Cette médaille d’argent, la quatrième de suite donc, la huitième médaille en vingt ans, est un joli lot de consolation.

L’autre point positif, c’est que l’équipe de France a obtenu son billet pour le Tournoi de Qualification Olympique et étant donné le système, elle a déjà un pied à Tokyo. Son autre atout pour le futur est la jeunesse de l’équipe -24 ans de moyenne d’âge- et les très bons résultats en jeune avec les batailles permanentes avec l’Espagne, sont tout autant une source d’espoir.

Photo: Marine Johannès (FIBA)

Déjà -14 à la mi-temps

Evidemment, si la Serbie avait pris part à cette finale, la Belgrade Arena aurait connu une toute autre atmosphère. Là, il y avait quelques centaines de spectateurs dans les gradins dont la majorité n’était pas directement concerné.

Marine Johannès refaisait son apparition dans le cinq de départ conduisant Bria Hartley à sortir du banc. Pas de round d’observation. Le premier exploit: trois paniers à trois-points en deux minutes trente pour l’arrière du Dynamo Koursk, Marta Xargay et voici l’Espagne qui court, qui court et déjà à 17-8 en 5 minutes. Un temps-mort de Valérie Garnier s’imposait pour recadrer son équipe défensivement.

La circulation de balle des Espagnoles était impressionnante. Quel rythme fou ! En serrant davantage sa défense et avec Sandrine Gruda impériale en attaque (18 points à 8/13 aux shoots, 6 rebonds et 4 passes au final), la France revenait un temps au score (18-19) mais avant de décrocher à nouveau dangereusement: 21-32. Trente-deux points dans la vue en 10′, énorme. L’adresse espagnole faisait peur: 61,9% avec un 6/8 à trois-points et Marta Xargay à 11 points. Les Bleues étaient prises dans un tourbillon.

Les Espagnoles sont aussi rusées comme la meneuse Silvia Dominguez qui sur une remise de touche en ligne de fond se faisait une passe sur le dos d’Olivia Epoupa pour récupérer la balle et scorer. Bria Hartley avait beaucoup de déchets dans son jeu et l’Espagne continuait à faire danser la défense française.

Valérie Garnier essayait différentes options dont Marième Badiane qui n’était pas entrée en jeu face à la Grande-Bretagne. Mais malgré une Sandrine Gruda impeccable (12 points et 5 rebonds à ce moment-là), les Bleues n’y arrivaient pas, incapables de tenir individuellement leurs joueuses, trop imprécises dans leur passing game (10 balles perdues, deux fois plus que les Espagnoles). 36-50 à la mi-temps.

Photo: Sandrine Gruda (FIBA)

Des fulgurances de Bria Hartley

A la reprise, ce sont les Françaises qui imposaient un temps leur rythme avec des fulgurances de Bria Hartley (17 points mais seulement 9 d’évaluation) rageuse en passeuse et scoreuse. Les Bleues revenaient à 56-48 mais pas de quoi affoler les Espagnoles qui avaient du répondant notamment avec Marta Xargay et son bras en or. Et alors que l’on croyait à du mieux, les Espagnoles obtenaient le plus gros écart du match (49-67, 17e). Si la France ne craquait pas définitivement c’était beaucoup grâce à la suractivité à ce moment-là de Bria Hartley (56-70, 30e).

Les Espagnoles n’avaient pas ces fameux moments faibles pendant lesquels on espère se refaire. Leur maîtrise sur le jeu était totale. Valérie Garnier commandait une press tout terrain avec le trio d’arrières Fauthoux-Johannès-Hartley sur le front mais les Bleues prenaient un vrai bouillon. A 39 ans, Laia Palau se payait le luxe d’inscrire 12 points pour établir une évaluation à 14. Quand les Espagnoles sont en confiance, elles sont terribles.

La boxscore est ici.

Photo ouverture: Ana Cruz, FIBA

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