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Laetitia Guapo, N°1 mondial au 3×3: « Les JO? Il ne reste plus qu’à faire partie de l’équipe et se qualifier »

Laétitia Guapo (1,82m, 24 ans) est actuellement la meilleure joueuse de 3×3 au monde puisqu’à la fin de la saison elles se retrouve numéro 1 au ranking mondial de la FIBA. Elle devrait aussi être retenue pour le Tournoi de Qualification Olympique qui va se tenir en Inde du 18 au 22 mars au cours… Co

Laétitia Guapo (1,82m, 24 ans) est actuellement la meilleure joueuse de 3×3 au monde puisqu’à la fin de la saison elles se retrouve numéro 1 au ranking mondial de la FIBA. Elle devrait aussi être retenue pour le Tournoi de Qualification Olympique qui va se tenir en Inde du 18 au 22 mars au cours duquel l’équipe de France doit valider son billet pour Tokyo’2020. Elle a un emploi double puisque c’est aussi la leader en Ligue Féminine du Charnay Basket Bourgogne Sud qui s’est lancé dans une opération maintien pour sa première saison à ce niveau. Voici la deuxième partie de l’interview. La première est ICI.

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Sur un plan personnel, ça marche bien pour cette première vraie saison en Ligue Féminine ?*

J’avais joué en Ligue 1 pendant deux ans (NDLR : au Cavigal Nice en 2013-14 et 2015-16) mais j’étais jeune et je n’avais pas le même rôle dans l’équipe.

Transiter par la Ligue 2, Roanne, Reims et donc Charnay, était la bonne voie pour se retrouver compétitive à 24 ans en Ligue Féminine ?

Ça a été mon choix après l’INSEP. Je suis restée trois ans à Nice. On était en Ligue 2 avant de remonter en Ligue et c’est vrai que j’étais jeune, que je n’avais pas beaucoup de temps de jeu, et surtout je faisais mes études à côté. J’ai eu mon concours de prof d’EPS et ça prenait du temps. La Ligue c’est un peu compliqué car à l’école, ils ne sont pas tout le temps réceptif. C’est pour ça que j’avais fait le choix de la Ligue 2 et aussi pour avoir du temps de jeu et des responsabilités. Je ne regrette pas du tout d’avoir fait ce choix-là, de prendre le temps de redescendre pendant trois ans et de remonter en plus avec Charnay avec qui on a été champion de France. C’était une super opportunité. J’ai trouvé un coach qui m’a fait confiance et ça m’a beaucoup aidé pour avoir confiance en moi et me développer.

Dans les clubs où vous étiez, étiez-vous plusieurs à faire des études en même temps ?

Non. Deux ou trois qui font les deux dans une équipe c’est le grand maximum. Ça demande de l’organisation et de la volonté. Il faut se lever à 6h30 alors que les autres filles de l’équipe vont se lever à 10h avant l’entraînement. Tu vas au cours de 8h à 10h et après tu cours vite à l’entraînement. Après l’entraînement, tu te douches, tu manges dans ta voiture avant de retourner en cours et après tu retournes à l’entraînement. Beaucoup de filles essaient de le faire et la fatigue fait qu’au bout d’un moment, par exemple l’après-midi on préfère faire la sieste que d’aller en cours. Je sais que ça me faisait du bien d’avoir quelque chose à côté pour mon équilibre, de voir d’autres personnes, de faire d’autres choses. Travailler cérébralement c’est super important pour moi.

Exercez-vous votre métier actuellement ?

Après mon concours j’ai été mutée dans l’Académie de Lyon alors que Charnay est dans l’Académie de Dijon. J’avais déjà dû trouver un poste pas trop loin de Macon pour un mi-temps. Le plus proche c’était Bourg-en-Bresse. Ça me faisait 45 minutes de route et j’y allais trois fois par semaine. C’était assez chronophage, ça me fatiguait de faire de la route, tout ça avec deux entraînements par jour. On a dans l’Education Nationale un système de mutation et j’avais demandé de rester dans l’Académie de Dijon pour essayer d’avoir un mi-temps plus proche d’ici et j’ai été mutée dans l’Académie de Créteil. Impossible de jouer à Macon et d’exercer là-bas. J’ai demandé au recteur de Créteil de me mettre en disponibilité. Les sportifs de haut niveau ont droit de faire ça chaque année pendant dix ans. On conserve ainsi le bénéfice de notre concours mais on n’est pas rémunéré et on ne cotise pas pour la retraite. Mais je cotise en tant que basketteuse.

C’est important la retraite même à 24 ans ?

On commence quand même à y penser quand on voit ses parents… Moi j’y pense.

Vous avez en fait débuté le 3×3 de haute compétition avec un titre de champion du monde universitaires avec la fac de Saint-Etienne ?

J’ai fait des tournois à l’époque de l’INSEP mais les vraies compétitions c’était avec la fac de Saint-Etienne. Mais ce n’était pas qu’avec des filles de Sainté mais de toute la France et il y avait justement Caroline Hériaud avec moi (NDLR : la meneuse de Roche Vendée qui est son équipière en équipe de France 3×3).

La pratique du 3×3 l’été vous sert-elle pour celle du 5×5 ?

Oui. Quand je suis revenue mon coach m’a dit que rien qu’en un été j’avais évolué par exemple au niveau de mes prises de décision, dans la prise de responsabilités dans les un-contre-un, j’attaque plus le cercle qu’avant, je prends des décisions plus rapidement. La transition de jeu en 3×3 est tellement plus rapide que ça m’aide beaucoup pour le 5×5. Par contre, quand je suis revenue au 5×5 j’avais tendance à faire des fautes en défense car en 3×3 ça joue beaucoup plus dur, beaucoup moins propre. Il a fallu deux ou trois matches d’adaptation pour m’habituer.

Le 3×3 c’est « no blood, no foul” comme dissent les Américains ?

C’est vraiment comme ça !

« Mon agent essaye de travailler un peu sur mon image à travers du 3×3 »

Ressentez-vous de la fatigue avec le cumul de ces deux activités ?

Forcément puisque je n’ai pas eu de vacances. On avait déjà eu une longue saison en Ligue. On a fini le 25 mai. J’étais fatigué après la saison de 5×5 et j’ai enchaîné avec le 3×3 mais l’engouement et l’euphorie de cet été a fait que je ne l’ai pas vraiment ressenti. En revenant à Charnay, c’est redescendu et j’étais un peu fatiguée. Là, je reprends du poil de la bête. J’ai une super bonne hygiène de vie, je mange très bien, je me repose. Je suis quelqu’un qui n’a pas besoin de beaucoup de sommeil donc ça m’aide beaucoup.

Les gens dans le département sont-ils au courant que vous êtes internationale de 3×3 et à même d’aller aux Jeux Olympiques ?

Ça commence à se savoir un peu. Mon agent essaye de travailler un peu sur mon image à travers du 3×3. La semaine dernière, j’ai fait par exemple une vidéo avec un Youtubeur super connu, Brisco. Dans les commentaires beaucoup disaient qu’ils ne savaient pas que l’on avait une équipe féminine à ce niveau-là. Le 3×3 est en train de se développer, de se médiatiser mais les gens ne le savent pas trop, non.

Si le 3×3 était plus lucratif, si vous pouviez en vivre au même titre que le 5×5, ça vous plairait de vous y consacrer à 100% ?

C’est la question qu’on nous pose souvent surtout la fédé. Oui mais il faudrait qu’il y ait les mêmes conditions qu’au basket (sic), avoir des vrais contrats comme au 5×5 afin d’être protégée si on se blesse. La fédé a le projet de créer la ligue professionnelle 3×3 et il va falloir qu’il trouve un moyen pour la développer. Si j’ai les mêmes conditions qu’au 5×5, oui, ça me plairait beaucoup.

Pour l’instant, avec Charnay, vous avez une seule victoire face à Charleville. L’apprentissage est difficile pour l’équipe comme prévu ?

Lorsque je suis rentrée du 3×3, j’en ai parlé avec mon coach, c’est vrai que j’avais un peu peur. Je suivais les matches de Ligue et je me suis dit que ça allait être très compliqué tout en me disant que l’on pouvait faire quelque chose. Je vois que l’on progresse. On a laissé des matches que l’on aurait dû gagner et c’est clairement souvent un manque d’expérience. On est en cours d’apprentissage et on a eu deux nouvelles joueuses qui sont arrivées. On a j’imagine un peu de retard vis-à-vis de là où mon coach voudrait que l’on soit mais on savait que ça allait être compliqué, on est le plus petit budget de Ligue Féminine, beaucoup de joueuses n’avaient pas connu ce niveau-là. On redouble d’efforts, il faut surtout ne pas baisser les bras. Je savais en re-signant à Charnay que ça allait être comme ça. C’est mentalement compliqué, je ne vais pas mentir, mais c’est une très bonne expérience, c’est super formateur. On continue de travailler et on espère que la roue va tourner.

Vous devez absolument gagner les matches contre les équipes que vous retrouverez en playdowns ?

C’est exactement ça. Justement la semaine dernière, on a perdu contre Villeneuve, on a perdu aussi à la maison contre le Hainaut. La semaine prochaine, on joue contre Nantes et on n’a pas le choix, il va falloir gagner.

Avez-vous toujours un support important du public ?

Oui et c’est bien. Après, comme dans beaucoup de clubs, ils sont restés sur nos victoires et la montée de l’année dernière. Beaucoup ne sont pas basketteurs et ils ne comprennent pas forcément pourquoi c’est compliqué. Mais en général on est quand même soutenu et c’est positif. Même si ce n’est pas comme l’année dernière durant les finales, il y a quand même de l’ambiance et venir à Charnay ça doit quand même déstabiliser les autres équipes et c’est aussi notre force.

Etes-vous reconnu en ville y compris à Macon ?

Oui, si on va au supermarché les gens nous reconnaissent. On a au moins un ou deux articles dans les journaux par semaine et ça fait que les gens nous reconnaissent.

Bon, qu’est-ce que vous allez faire du 25 au 29 juillet prochain ?

Ce que je vais faire ? J’espère que je serai aux Jeux Olympiques (rires). On partirait le 21 et on reviendrait le 29. Il ne reste plus qu’à faire partie de l’équipe et à se qualifier. Le sélectionneur prend les meilleurs mais parmi les filles qui ont déjà fait des tournois cet été car les règles obligent d’avoir un minimum de points.

*Ses stats après 8 journées : 13,8 points, 6,5 rebonds, 4,3 passes et 2,1 interceptions.

Photo d’ouverture: FFBB

Photo: FIBA

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Sur un plan personnel, ça marche bien pour cette première vraie saison en Ligue Féminine ?*

J’avais joué en Ligue 1 pendant deux ans (NDLR : au Cavigal Nice en 2013-14 et 2015-16) mais j’étais jeune et je n’avais pas le même rôle dans l’équipe.

Transiter par la Ligue 2, Roanne, Reims et donc Charnay, était la bonne voie pour se retrouver compétitive à 24 ans en Ligue Féminine ?

Ça a été mon choix après l’INSEP. Je suis restée trois ans à Nice. On était en Ligue 2 avant de remonter en Ligue et c’est vrai que j’étais jeune, que je n’avais pas beaucoup de temps de jeu, et surtout je faisais mes études à côté. J’ai eu mon concours de prof d’EPS et c’est vrai que ça prenait du temps. La Ligue c’est un peu compliqué car à l’école, ils ne sont pas tout le temps réceptif. C’est pour ça que j’avais fait le choix de la Ligue 2 et aussi pour avoir du temps de jeu et des responsabilités. Je ne regrette pas du tout d’avoir fait ce choix-là, de prendre le temps de redescendre pendant trois ans et de remonter en plus avec Charnay avec qui on a été champion de France. C’était une super opportunité. J’ai trouvé un coach qui m’a fait confiance et ça m’a beaucoup aidé pour avoir confiance en moi et me développer.

Dans les clubs où vous étiez, étiez-vous plusieurs à faire des études en même temps ?

Non. Deux ou trois qui font les deux dans une équipe c’est le grand maximum. Ça demande de l’organisation et de la volonté. Il faut se lever à 6h30 alors que les autres filles de l’équipe vont se lever à 10h avant l’entraînement. Tu vas au cours de 8h à 10h et après tu cours vite à l’entraînement. Après l’entraînement, tu te douches, tu manges dans ta voiture avant de retourner en cours et après tu retournes à l’entraînement. Beaucoup de filles essaient de le faire et la fatigue fait qu’au bout d’un moment, par exemple l’après-midi on préfère faire la sieste que d’aller en cours. Je sais que ça me faisait du bien d’avoir quelque chose à côté pour mon équilibre, de voir d’autres personnes, de faire d’autres choses. Travailler cérébralement c’est super important pour moi.

Exercez-vous votre métier actuellement ?

Après mon concours j’ai été mutée dans l’Académie de Lyon alors que Charnay est dans l’Académie de Dijon. J’avais déjà dû trouver un poste pas trop loin de Macon pour un mi-temps. Le plus proche c’était Bourg-en-Bresse. Ça me faisait 45 minutes de route et j’y allais trois fois par semaine. C’était assez chronophage, ça me fatiguait de faire de la route, tout ça avec deux entraînements par jour. On a dans l’Education Nationale un système de mutation et j’avais demandé de rester dans l’Académie de Dijon pour essayer d’avoir un mi-temps plus proche d’ici et j’ai été mutée dans l’Académie de Créteil. Impossible de jouer à Macon et d’exercer là-bas. J’ai demandé au recteur de Créteil de me mettre en disponibilité. Les sportifs de haut niveau ont droit de faire ça chaque année pendant dix ans. On conserve ainsi le bénéfice de notre concours mais

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