En 1957, il y avait 716 spectateurs en moyenne dans les salles de 1ère division française

Pascal Legendre
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Combien y avait-il de spectateurs pour un match du championnat de France de basket, il y a une soixantaine d’années ? Pas beaucoup car les salles étaient petites sinon minuscules. Et encore ? En fouinant dans ses épaisses collections, Vincent Janssen, membre de la Commission Patrimoine de la fédération, est tombé sur un document éclairant : l’édition du Miroir des Sports du 9 décembre 1957.

A cette époque-là, il y avait 16 équipes en Nationale 1 -la Jeep Elite d’aujourd’hui- réparties en deux poules.

Déjà surprise, on comptabilisait le nombre de spectateurs et même les recettes, ce que l’on ne fait plus ou du moins la ligue ne les publie pas. Il est même précisé que l’entrée fut libre pour le match SA Lyon vs Charleville-Mézières.

C’est ainsi qu’à l’issue de la phase aller, on recensa 39 395 spectateurs payants en 55 journées. Soit 716 spectateurs en moyenne. On peut faire remarquer qu’en ces temps-là, s’il y avait quelques gratuités, pas de VIP, de matches vendus à des entreprises qui offrent des places à leurs salariés et partenaires… Et encore moins d’entertainment aux temps-morts !

Le Miroir des Sports insiste sur le fait que cette affluence était supérieure de plus de 10% à celle enregistrée lors de la mi-saison précédente : 36 395 pour 56 matches.

Le record était l’œuvre de Nantes : 5 013 spectateurs… mais sur 3 matches. Pour l’anecdote, sachez que l’ASVEL en avait dénombré 3 571 en 4 rencontres. Ce qui fait donc 892 spectateurs en moyenne pour le club doyen. Le plus petit nombre ? 1 024 spectateurs pour 4 matches au Racing Club de France. Et c’était mieux qu’en 1956-57 où le Racing avait péniblement atteint 1 534 unités en… 7 matches. Soit 219 de moyenne. Ça ne date pas d’aujourd’hui la difficulté de mobiliser les Parisiens !

Alors que l’équipe de France était à son Zénith -4e aux Jeux Olympiques de Melbourne en 1956-, le basket des clubs n’était donc pas populaire. Et pas seulement parce qu’il se jouait dans de petites bourgades (Auboué, Camaran) puisqu’outre Paris, dans la liste des équipes, on trouvait Lyon, Nantes ou encore Caen. Les salles étaient donc exigües et peu accueillantes. Seule enceinte capable d’accueillir plus de 10 000 spectateurs, le Vel d’Hiv de Paris dont le nom est associé à la rafle des juifs en 1942, allait rendre l’âme en 1959 privant la capitale d’arèna jusqu’à la construction du POPB vingt-cinq ans plus tard.

On apprend également dans l’article que le montant des recettes pour les 55 rencontres s’est élevé à 8 907 615 Francs à comparer aux 6 893 972 Francs de la saison précédente. Le record fut battu pour le match Nantes-Villeurbanne avec 696 010 Francs et la plus faible recette fut -évidemment- constatée au gymnase Japy à Paris avec 47 650 Francs pour la rencontre Racing-La Vendéenne.

Pourtant, le Miroir des Sports était heureux de reproduire de tels chiffres car visiblement le basket-ball n’était pas très côté en cette fin des années 50 :

« Le basket français a été mal jugé et trop vite enterré. Le sport de la balle au panier, dans notre pays, n’est as encore mort. C’est un moribond qui se porte bien ! »

Photo: Gymnase Japy à Paris

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