Sergei Bazarevich (coach Russie) : “Ce qu’il y a de plus excitant en ce moment, ce sont les matches des équipes nationales”

Sacha RUTARD
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Le coach de l’équipe nationale russe, Sergei Bazarevich, s’est livré à Sports sur les sujets chauds du moment. Voici quelques extraits :

Les fenêtres internationales: Ce que je trouve le plus excitant en ce moment, ce sont les matches des équipes nationales. Ils sont imprévisibles, et à cet égard, le basket se rapproche du football, je trouve. Selon moi, tout le monde adore le football parce qu’il s’agit d’un sport imprévisible. En ce qui concerne les matches des équipes nationales de basket, une super qualité n’est pas toujours au rendez-vous en raison des temps de préparation qui sont très courts, mais il y a toujours de l’émotion. Et ça, on le doit au format des compétitions, au système de qualification. La FIBA génère un maximum d’émotions avec ses fenêtres. Chaque match a de l’importance. Et au final, on se rend compte que même pour les pays forts de basket, rien n’est facile. La Lituanie s’est qualifiée pour le prochain EuroBasket sur la dernière possession. Autre exemple, quand on parle des Serbes, on se dit toujours qu’ils produisent beaucoup de joueurs, mais on a vu que sans les joueurs qui jouent à l’étranger, ce n’est pas une promenade de santé pour eux non plus.


Le problème des calendriers : Il est possible de trouver une solution aux problèmes de calendrier. Bizarrement, l’Euroleague respecte les coupes nationales et ne joue pas au moment des dates prévues pour les coupes. Cela veut donc dire qu’une pause peut être faite pour les équipes nationales. De plus, le plus souvent, un petit break dans la saison du championnat et des coupes européennes est très rafraîchissant mentalement pour les joueurs : passer de l’atmosphère de club à l’équipe nationale offre un break. Aucun coach ne serait contre une petite pause de ce genre. Par exemple, le CSKA Moscou a libéré ses joueurs pour l’équipe nationale et au retour, le joueur revient en confiance, il a saisi l’opportunité de jouer plus, on l’a vu à de nombreuses reprises. Après, j’observe un changement étrange à l’œuvre. Avant, pour jouer en équipe nationale, il fallait faire partie des meilleures. Mais aujourd’hui, on a paradoxalement plus de chances de jouer si on n’est pas un excellent joueur évoluant dans une équipe d’Euroleague par exemple. Un club m’a dit par exemple : je ne vous libère pas ces joueurs, mais prenez ceux-ci. Mais nous, on veut les meilleurs. Bref, tout peut être réglé si on se penche sur le calendrier.

L’Euroleague, le jeu: Avant, l’Euroleague était vraiment très intéressante. C’était l’expression concentrée de ce que le basket européen a à offrir de meilleur : jeu collectif, défense constante, beaucoup d’émotions, l’importance de chaque match. Aujourd’hui, chaque match n’est plus important, ce n’est plus vrai. Avant, on avait un Top 16 très intéressant, très nerveux. Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. La compétition se rapproche en ce sens de la NBA. Avant, on n’avait pratiquement pas de match sans enjeu. Aujourd’hui, les équipes n’ont plus assez de temps pour le scouting et le repos. 34 matches en raison régulière d’Euroleague, c’est trop. En Europe, nous n’avons pas tant de stars que ça, donc il est très important dans notre sport d’avoir les ingrédients qui augmentent autant que possible l’importance des matches. Pour que l’intérêt, l’intensité soient présents. C’est pour ça qu’on regarde les matches.

L’Euroleague, ligue fermée: Les équipes les plus riches d’Europe jouent en Euroleague. La crème de la crème. Tous ceux qui jouent cette compétition sont contents. Tout le monde veut y aller – moi aussi je veux coacher en Euroleague, c’est la meilleure compétition d’Europe. Mais selon moi, l’impact de l’Euroleague sur le basket européen est négatif. Dans la tradition européenne, il ne peut y avoir de ligue fermée. […] Et puis une ligue fermée n’existe qu’avec une draft et un plafond salarial, des dispositifs qui peuvent donner des opportunités égales. Sans quoi, on retrouve toujours les plus riches en haut. Je trouve aujourd’hui que les clubs qui ont des licences à long-terme en Euroleague ne le justifient pas toujours sur le terrain.

Photo: FIBA

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