10 choses à retenir de la saison d’Euroleague 2020-2021

Clément Carton
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Pour nombre d’observateurs, cette campagne 2020-2021 d’Euroleague fut l’une des plus intéressantes à suivre malgré l’absence des supporters pendant l’immense majorité de la saison. Bataille rude pour les playoffs, quarts de finale à suspens, Final Four sous haute tension… Le tout conclu dimanche par le premier sacre de l’Anadolu Efes. Que retenir de cette saison européenne ?

1- La réussite de l’Euroleague face au Covid
Partout en Europe, sans exception, de nombreux matchs ont été reportés. Et ce malgré des cas de Covid dans chaque équipe dès le début de la saison. Pourtant, l’exercice est allé à son terme. Chacun des 306 matchs de saison régulière ont été disputés en temps et en heure. Sans aucun doute une réussite compte tenu des restrictions sanitaires différentes d’un pays à l’autre. Il faut souligner l’adaptation des règlements à la situation sanitaire dès septembre 2020, ce qui a notamment permis à l’organisation de respecter les délais sans contrecarrer outre mesure les plans des championnats nationaux. Deux points noirs sont à noter : la vague de cas de Covid dans l’équipe de Fenerbahçe lors des quarts de finale contre le CSKA Moscou qui n’a pas permis aux Turcs de pouvoir réellement défendre leurs chances. Mais aussi l’absence de supporters lors du Final Four de Cologne alors que de nombreux pays européens ont permis à leurs fans de retourner dans les salles, notamment en Russie et en Israël dès la fin du mois de mars.

2- Un championnat plus relevé que jamais
Jamais le cut pour les playoffs n’avait été si haut. Avec ses 19 victoires, Valence a terminé 9e de la saison régulière et loupé la qualification au détriment du Zenit, de Fenerbahçe et du Real, tous trois qualifiés avec un bilan de 20-14. Idem pour Baskonia (18-16) ou le Zalgiris Kaunas (17-17) qui se seraient qualifiés pour les playoffs avec un bilan similaire lors des précédentes éditions. Barcelone termine avec un bilan de 24 victoires pour 10 défaites, un record inédit pour un leader de saison régulière en Euroleague. Toutes les équipes aux playoffs ont terminé dans un mouchoir de poche. D’ailleurs, le Real et le Zenit ont dû attendre l’ultime journée pour valider leur participation à la post-season. Ce qui traduit d’un suspens et d’un niveau homogène rare, du jamais vu depuis la refonte de la compétition en 2016-2017. 
Autre constat à dresser : des équipes aux budgets inférieurs ont joué les troubles-fêtes même si, au final, les pointures financières sont au Final Four. Au niveau individuel, plusieurs joueurs ont tiré leur épingle du jeu et réalisé le meilleur exercice de leur carrière. Pour ne citer qu’eux : Shavon Shields (Olimpia Milan), Vladimir Lucic (Bayern Munich), Moustapha Fall (ASVEL), Achille Polonara (Baskonia Vitoria), Marius Grigonis (Zalgiris Kaunas)… mais aussi et bien sûr Vasilije Micic (Anadolu Efes), élu meilleur joueur de la compétition et MVP du Final Four. Le Serbe a peut-être joué son dernier match européen avant de rejoindre la NBA.

3- Un Final 4 à suspens…
Sans spectateurs au Final Four, le spectacle aura tout de même été au rendez-vous à Cologne. Avec trois matchs à – très – haute intensité dont l’issue s’est jouée dans les toutes dernières minutes. Après avoir pris sa revanche en demi-finale contre le CSKA Moscou en résistant à un come-back dantesque des tenants du titre russes, l’Anadolu Efes a vaincu le FC Barcelone en finale dans un mano-a-mano à rebondissements. Les leaders de la saison régulière avaient écarté Milan en demi-finale grâce à un game-winner de Cory Higgins avant de buter contre plus forts qu’eux sur la dernière marche. Les Italiens finissent 3e de la compétition grâce à leur victoire face au CSKA Moscou. 

4- … Pour un sacre historique de l’Anadolu Efes
Au terme d’une saison 2020-2021 éprouvante, l’Anadolu Efes a soulevé le premier trophée d’Euroleague de son histoire. Pour sa deuxième tentative en finale après l’échec connu en 2019 face au CSKA Moscou, le club d’Istanbul a tout simplement été plus fort que ses adversaires. C’est un groupe quasiment inchangé (11 des 12 joueurs de la saison dernière encore dans le groupe) depuis trois ans qui triomphe enfin, après trois années de domination européenne (leader de la saison régulière à l’arrêt de la saison 2019-2020). L’équipe des deux Français Adrien Moerman et Rodrigue Beaubois  – qui succèdent à Nando De Colo (CSKA Moscou en 2016 et 2019) et Fabien Causeur (Real Madrid en 2018) au palmarès – est le deuxième club turc champion d’Europe après Fenerbahçe en 2017. Champion NBA en 2011 avec les Dallas Mavericks, Rodrigue Beaubois est le premier joueur européen à remporter l’Euroleague après avoir soulever le trophée Larry O’Brien. Après la Saporta Cup avec Sienne en 2002, l’EuroChallenge avec Besiktas en 2012 et l’Eurocup avec Galatasaray en 2015, Ergin Ataman complète enfin son armoire à trophée avec le plus grand des titres européens. Revenu en Europe pour remporter l’Euroleague et se donner une chance de participer aux JO de Tokyo, Pau Gasol et le Barça ne remporteront pas la compétition.

5- L’imbroglio Mike James, cinq départs vers la NBA
C’est le feuilleton numéro 1 de la saison. Mike James, meilleur marqueur de l’Euroleague au moment de sa deuxième suspension par Dimitris Itoudis, est devenu indésirable au CSKA Moscou. Sous contrat jusqu’en 2023 avec l’armée, le meneur américain de 30 ans a finalement été libéré pour disputer la fin de la saison NBA avec les Brooklyn Nets en compagnie du trio Harden-Durant-Irving, par ailleurs qualifiés pour le deuxième tour des playoffs. Incompatible avec son coach – qui lui a été prolongé jusqu’en… 2023 également -, l’ancien de l’Olimpia Milan ne devrait pas remettre les pieds à Moscou malgré son contrat. Le CSKA, qui avait démarré la saison sur les chapeaux de roue, a vécu une fin d’exercice contrasté avec la blessure longue durée de son pivot Nikola Milutinov et l’élimination en demi-finale, sans ses deux leaders. Mais Mike James n’est pas le seul à avoir quitté l’Europe en cours de saison. Facundo Campazzo, Gabriel Deck (Real Madrid), Luca Vildoza (Baskonia) et Elijah Bryant (Maccabi Tel Aviv) ont débuté l’exercice en Euroleague avant de la terminer en tant que joueur NBA.

6- Le grand retour de Pau Gasol
A l’inverse, de nombreux joueurs sont revenus en Europe. A commencer par le retour de la légende Pau Gasol au FC Barcelone, son club formateur, avec la perspective de disputer les Jeux Olympiques de Tokyo à 41 ans. De plus en plus utilisé en fin de saison et en playoffs, l’intérieur espagnol a loupé sa finale (1 point, 3 rebonds). Il n’est pas le seul à être revenu jouer en Europe cette saison. Le Croate Mario Hezonja est parti de NBA pour apporter un peu de fraicheur et de spectacle à la fin de saison – mitigée – du Panathinaïkos. Même chose pour Marko Guduric à Fenerbahçe ou le Bosnien Dzanan Musa, peu utilisé du côté de l’Anadolu Efes. Non qualifié pour l’Euroleague, le Français Vincent Poirier est revenu en Europe avec le Real Madrid, où il a signé jusqu’en 2024. En prime, les tractations pour la saison prochaine sont déjà nombreuses, à débuter par l’intérêt du FC Barcelone pour Marc Gasol.

7- La descente aux enfers du Khimki Moscou
Septième à l’arrêt de la compétition lors de la saison 2019-2020, le Khimki Moscou a vécu une saison laborieuse. C’est tout simplement le pire bilan de l’Euroleague avec 4 victoires pour… 30 défaites. Un record depuis la refonte de la compétition lors de la saison 2016-2017. Une descente aux enfers sur les parquets qui s’explique par les déboires financiers du club, qui annonçait un budget de plus de 33,3 millions d’euros la saison dernière, 24 millions d’euros cette année… et qui termine la saison sans ses stars Greg Monroe, Jonas Jerebko et Devin Booker après une affaire de salaires impayés. Résultat : le club est endetté et interdit de recrutement en raison de violations des règles du fair-play financier. Le club russe ne jouera pas l’Euroleague la saison prochaine… et ce n’est pas tout : le club pourrait renoncer à VTB League. Le château de cartes ne cesse de s’écrouler.

8- L’ASVEL s’affirme comme un sérieux outsider
Annoncé par les prédictions en queue de peloton en début de saison, l’ASVEL a cru – un temps – à une qualification en playoffs après son incroyable série de six victoires consécutives en 2021. Finalement, le club de Tony Parker termine à une honorable 14e place de la compétition (13 victoires – 21 défaites). C’est mieux que lors de la saison précédente. On retiendra son double succès contre le FC Barcelone ou encore Baskonia Vitoria, mais aussi son manque de régularité en début et en fin de saison. La première saison du coach rookie T.J. Parker dans la compétition est prometteuse tandis que l’avenir du club, avec l’obtention d’une licence A, semble éclairci. Cela devrait permettre à l’ASVEL de jouer la plus grande des compétitions européennes pendant encore de nombreuses saisons. Vainqueur de l’Eurocup, Monaco rejoindra l’ASVEL au plus grand échelon européen la saison prochaine.

9- Jordi Bertomeu vers la sortie ?
Au mois d’avril, les représentants de sept clubs d’Euroleague, tous titulaires d’une Licence A, se sont rencontrés secrètement à Athènes. Il s’agit du Maccabi Tel Aviv, du Panathinaïkos, de l’Olympiakos, de l’Olimpia Milan, du CSKA Moscou, de l’Anadolu Efes et du Zalgiris Kaunas. Seuls le Real Madrid, le FC Barcelone, Baskonia Vitoria et Fenerbahçe n’ont pas assisté à la réunion. Ces sept équipes se sont entretenues pendant plusieurs heures afin d’exprimer leurs doutes sur la structure de l’Euroleague, son fonctionnement et les données financières qu’elle gère. Jamais une telle rencontre avec autant d’équipes et autant de critiques de la direction de la compétition avait eu lieu auparavant. Pour rappel, l’Espagnol Jordi Bertomeu dirige l’Euroleague depuis 2000.

10- Vers une ligue totalement fermée ?
Freinée par la pandémie, l’expansion de l’Euroleague est de nouveau en question ces dernières semaines. Le quotidien espagnol Mundo Deportivo a révélé que la compétition, déjà semi-fermée, pourrait renoncer à tout critère sportif dans l’engagement des équipes à partir de la saison 2023-2024. Cependant, cela ne signifie pas que l’Euroleague deviendra une ligue totalement fermée quand il sera décidé de passer de 18 à 20 équipes mais il est probable que 18 d’entre elles aient une licence permanente. En attendant, l’Eurocup comptera également 20 équipes et agira comme « une étape préparatoire», selon Jordi Bertomeu, pour les équipes qui voudront faire le pas vers l’Euroleague. Cela signifie aussi une nouvelle ère pour l’Eurocup avec au moins 13 équipes avec des licences de trois ans. Pour le moment, 17 des 18 équipes participant à l’Euroleague la saison prochaine sont connues. L’Etoile Rouge de Belgrade a validé son ticket la semaine dernière grâce à son succès en Ligue Adriatique

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1- La réussite de l’Euroleague face au Covid
Partout en Europe, sans exception, de nombreux matchs ont été reportés. Et ce malgré des cas de Covid dans chaque équipe dès le début de la saison. Pourtant, l’exercice est allé à son terme. Chacun des 306 matchs de saison régulière ont été disputés en temps et en heure. Sans aucun doute une réussite compte tenu des restrictions sanitaires différentes d’un pays à l’autre. Il faut souligner l’adaptation des règlements à la situation sanitaire dès septembre 2020, ce qui a notamment permis à l’organisation de respecter les délais sans contrecarrer outre mesure les plans des championnats nationaux. Deux points noirs sont à noter : la vague de cas de Covid dans l’équipe de Fenerbahçe lors des quarts de finale contre le CSKA Moscou qui n’a pas permis aux Turcs de pouvoir réellement défendre leurs chances. Mais aussi l’absence de supporters lors du Final Four de Cologne alors que de nombreux pays européens ont permis à leurs fans de retourner dans les salles, notamment en Russie et en Israël dès la fin du mois de mars.

2- Un championnat plus relevé que jamais
Jamais le cut pour les playoffs n’avait été si haut. Avec ses 19 victoires, Valence a terminé 9e de la saison régulière et loupé la qualification au détriment du Zenit, de Fenerbahçe et du Real, tous trois qualifiés avec un bilan de 20-14. Idem pour Baskonia (18-16) ou le Zalgiris Kaunas (17-17) qui se seraient qualifiés pour les playoffs avec un bilan similaire lors des précédentes éditions. Barcelone termine avec un bilan de 24 victoires pour 10 défaites, un record inédit pour un leader de saison régulière en Euroleague. Toutes les équipes aux playoffs ont terminé dans un mouchoir de poche. D’ailleurs, le Real et le Zenit ont dû attendre l’ultime journée pour valider leur participation à la post-season. Ce qui traduit d’un suspens et d’un niveau homogène rare, du jamais vu depuis la refonte de la compétition en 2016-2017. 
Autre constat à dresser : des équipes aux budgets inférieurs ont joué les troubles-fêtes même si, au final, les pointures financières sont au Final Four. Au niveau individuel, plusieurs joueurs ont tiré leur épingle du jeu et réalisé le meilleur exercice de leur carrière. Pour ne citer qu’eux : Shavon Shields (Olimpia Milan), Vladimir Lucic (Bayern Munich), Moustapha Fall (ASVEL), Achille Polonara (Baskonia Vitoria), Marius Grigonis (Zalgiris Kaunas)… mais aussi et bien sûr Vasilije Micic (Anadolu Efes), élu meilleur joueur de la compétition et MVP du Final Four. Le Serbe a peut-être joué son dernier match européen avant de rejoindre la NBA.

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Photo : Shane Larkin (Euroleague)

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