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[REDIFF] À la découverte de Drazen Petrovic au Memorial Center de Zagreb

Comparé dès son plus jeune âge à Mozart pour sa précocité et son talent unique, Drazen Petrovic a comme lui consacré chaque instant de sa vie à sa seule passion : le basket. Il y a 28 ans jour pour jour, le meilleur basketteur croate de tous les temps nous quittait, laissant derrière lui un… Continu

Comparé dès son plus jeune âge à Mozart pour sa précocité et son talent unique, Drazen Petrovic a comme lui consacré chaque instant de sa vie à sa seule passion : le basket. Il y a 28 ans jour pour jour, le meilleur basketteur croate de tous les temps nous quittait, laissant derrière lui un grand héritage. C’est ainsi que la ville de Zagreb a décidé de consacrer un musée à sa mémoire : le Drazen Petrovic Memorial Center. On en fait la visite.

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« Le musée rappellera les moments les plus brillants du basket croate. Beaucoup de jeunes ont entendu parler de Drazen mais ne l’ont pas connu. Ils en ont l’occasion ici. » Cette volonté de conserver l’héritage de Drazen Petrovic, c’est celle de Stojko Vrankovic, ancien pivot croate membre de la sélection nationale arrivé en NBA en 1990, une année après Petro. Il est aujourd’hui directeur de la fondation Drazen Petrovic qui est à l’origine du Memorial Center. C’est avec cette envie de laisser vivre le petit Mozart du basket à travers ses exploits mais aussi ceux d’autres grands sportifs yougoslaves qu’est né ce musée le 7 juin 2006, 13 ans après sa mort dans un accident de voiture à l’âge de 28 ans. Aujourd’hui, il est ouvert toute l’année grâce aux efforts conjoints de la fondation Drazen Petrovic, du gouvernement croate, de la ville de Zagreb et du musée des sports croates. Ce sont les parents de Drazen – Biserka et Joleta Petrovic – et les architectes Andrija Rusan et Niksa Bilic qui sont à l’origine du projet et de sa mise en action. On y trouve plus de 4 000 objets – médailles, coupes, maillots, photographies, vidéos – autour de la carrière exceptionnelle du virtuose croate, un grand athlète mais aussi un grand homme.

Drazen Petrovic lors de ses débuts avec le Sibenka Sibenik.

Très vite, un gamin à l’abondante coupe afro rappelant presque celle de Julius Erving se fait remarquer par son talent incroyable et une finition d’exception. Né le 22 octobre 1964 à Sibenik, il commence sa carrière à seulement 15 ans, presque par hasard, avec l’équipe première de Sibenka. En finale de la coupe Korac 1982 contre le Limoges CSP, le jeune Drazen inscrit 19 points à tout juste 17 ans. Un an plus tard, il offre le titre de champion à Sibenik. A l’entraînement, Drazen Petrovic répète ses gammes avec son frère Aleksandar – futur international yougoslave – malgré une malformation à la hanche, censée le gêner dans ses déplacements. Chaque jour, il enfile 500 shoots et 200 lancers francs. La légende Maljkovic raconte qu’il ne s’agit pas de 500 tirs quotidiens mais bien de 500 shoots réussis… Un acharnement qui paie puisqu’il multiplie les sorties à plus de 50 points avant son vingtième anniversaire, faisant de lui un véritable prodige du ballon orange, à qui on prédit un avenir sans limite.

QUELQUES OBJETS ET DONATIONS DU MUSÉE

Parti rejoindre son frère au Cibona Zagreb en 1984, il réalise l’une des plus grandes performances individuelles de l’histoire en octobre 1985 en inscrivant 112 des 158 points de son équipe face à l’Olimpija Ljubljana de Jure Zdovc (à 40/60 aux tirs, et 22/24 aux lancers). Le génie slave passe également 51 points au Limoges CSP – une rivalité évoquée dans le dernier numéro de Basket Le Mag – lors de la Coupe des Champions 1986 et inscrit 37,7 points de moyenne durant ses quatre années dans le championnat yougoslave avec le Cibona.

112 points pour Drazen Petrovic, son record, évidemment.

Parfois arrogant et bagarreur, son côté mauvais garçon n’empêche pas de susciter l’admiration de tous au regard de son talent. Il rejoint ensuite le Real Madrid en 1988 et brille au plus haut niveau européen, notamment en finale de la Coupe des Coupes face au Caserta d’Oscar Schmidt (62 points au compteur). Pendant cette décennie, il devient l’un des fers de lance de la sélection yougoslave aux côtés de Vlade Divac, Dino Radja ou encore Toni Kukoc et remporte le championnat d’Europe 1989 en dominant la compétition comme rarement auparavant (près de 30 points à 75% à 2-points et 70% à 3-points, et meilleur passeur avec 6 offrandes par match). Des exploits repassés un à un au Memorial Center.

Il a ouvert la voie aux Européens en NBA

Après avoir tout gagné en Europe, Drazen Petrovic s’envole pour la NBA et Portland qui l’avait déjà drafté trois années auparavant (60e choix de draft 1986). Mais, pour la première fois de sa carrière, il n’est pas la star de son équipe, emmenée par ses américains Drexler, Kersey, Porter ou encore Duckworth et son coach Rick Adelman. La saison suivante, après les championnats du monde 1990 où il ridiculise en finale les jeunes Américains emmenés par Alonzo Mourning – le dernier titre de la sélection yougoslave avant la scission au cours de la Guerre des Balkans -, Drazen Petrovic est transféré aux New Jersey Nets, franchise avec laquelle il se fera définitivement un nom outre-Atlantique. Chuck Daly en fait son leader offensif aux côtés de Derrick Coleman ou encore Kenny Anderson. Lors des deux saisons suivantes, il inscrit plus de 20 points par match, une première pour un Européen en NBA, et affiche le meilleur pourcentage de tous les arrières de NBA (52 % aux tirs, dont 44 % à 3-points). La meilleure ligue du monde reconnaît enfin le talent d’un joueur formé en Europe et le récompense logiquement du trophée de meilleure progression de l’année 1992.

Les principaux maillots de Drazen Petrovic en carrière, tous réunis au Memorial Center

A l’été 1992, la Croatie fait sa première sortie en compétition internationale et s’offre une finale olympique face à la grande Dream Team. Face à son coach, Drazen Petrovic finit meilleur marqueur de la finale avec 24 points, devançant même les 22 points de Michael Jordan. Petro est alors au sommet de son art lors de la saison 1992-1993. Il est élu dans le 3e cinq majeur de la saison, pas suffisant pourtant pour faire de lui le premier européen All-Star de l’histoire, malgré des stats hallucinantes. Se sentant trahi, Drazen Petrovic évoque un retour en Europe au Panathinaïkos. Tout cela n’arrivera malheureusement pas. La carrière et la vie du prodige prennent fin le 7 juin 1993, il y a 28 ans jour pour jour, sur une autoroute allemande. Le monde du basket pleure l’une des pionniers du basket international qui a réussi à faire tomber toutes les barrières sur les préjugés des basketteurs européens en NBA, ouvrant la voie à Dirk Nowitzki, Tony Parker ou encore Pau Gasol…

Le nombre d’Européens en NBA de 1986 à aujourd’hui.

Cette histoire, et bien d’autres, vous seront racontées lors de votre passage au Drazen Petrovic Memorial Center par des guides passionnés et passionnants, en Anglais ou en langue étrangère. Vous y trouverez également des donations exceptionnelles de Luka Doncic, Goran Dragic, Stephen Curry ou encore de Novak Djokovic. Une expérience d’une petite heure dans le centre-ville de Zagreb conseillée à tout fan de basket visitant la capitale croate, dans un musée situé sur la place qui porte également son nom. Si vous êtes anglophone, il est aussi possible de poursuivre l’expérience après la visite et de rester visionner plusieurs documentaires. Et en prime, vous repartirez avec votre carte postale du musée, une petite attention qui marquera sans doute les plus passionnés d’entre vous. A noter qu’une nouvelle exposition intitulée Drazen à travers les yeux des fans a été mise en place cette année pour continuer d’écrire la légende du petit Mozart du basket. Si le voyage en Croatie en temps de pandémie n’est pas à l’ordre du jour, on vous conseille le documentaire Once Brothers d’ESPN retraçant les carrières des meilleurs joueurs de la dernière grande génération yougoslave et la façon dont la guerre les a déchirés, avec Vlade Divac en narrateur, et un point d’honneur sur la carrière de Drazen Petrovic.

La donation de Luka Doncic lorsqu’il évoluait encore au Real Madrid.

Les sportifs qui possèdent un musée à leur effigie se comptent sur les doigts d’une main en Europe, preuve de l’impact laissé par leur carrière dans leur région d’origine mais aussi au-delà. L’immense footballeur Cristiano Ronaldo à Madère et Drazen Petrovic à Zagreb en sont deux parfaits exemples. Ceci pour situer aux plus jeunes d’entre nous la trace qu’a laissée Drazen dans les mémoires et l’histoire du basket mondial.

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« Le musée rappellera les moments les plus brillants du basket croate. Beaucoup de jeunes ont entendu parler de Drazen mais ne l’ont pas connu. Ils en ont l’occasion ici. » Cette volonté de conserver l’héritage de Drazen Petrovic, c’est celle de Stojko Vrankovic, ancien pivot croate membre de la sélection nationale arrivé en NBA en 1990, une année après Petro. Il est aujourd’hui directeur de la fondation Drazen Petrovic qui est à l’origine du Memorial Center. C’est avec cette envie de laisser vivre le petit Mozart du basket à travers ses exploits mais aussi ceux d’autres grands sportifs yougoslaves qu’est né ce musée le 7 juin 2006, 13 ans après sa mort dans un accident de voiture à l’âge de 28 ans. Aujourd’hui, il est ouvert toute l’année grâce aux efforts conjoints de la fondation Drazen Petrovic, du gouvernement croate, de la ville de Zagreb et du musée des sports croates. Ce sont les parents de Drazen – Biserka et Joleta Petrovic – et les architectes Andrija Rusan et Niksa Bilic qui sont à l’origine du projet et de sa mise en action. On y trouve plus de 4 000 objets – médailles, coupes, maillots, photographies, vidéos – autour de la carrière exceptionnelle du virtuose croate, un grand athlète mais aussi un grand homme.

Drazen Petrovic lors de ses débuts avec le Sibenka Sibenik.

Très vite, un gamin à l’abondante coupe afro rappelant presque celle de Julius Erving se fait remarquer par son talent incroyable et une finition d’exception. Né le 22 octobre 1964 à Sibenik, il commence sa carrière à seulement 15 ans, presque par hasard, avec l’équipe première de Sibenka. En finale de la coupe Korac 1982 contre le Limoges CSP, le jeune Drazen inscrit 19 points à tout juste 17 ans. Un an plus tard, il offre le titre de champion à Sibenik. A l’entraînement, Drazen Petrovic répète ses gammes malgré une malformation à la hanche, censée le gêner dans ses déplacements. Chaque jour, il enfile 500 shoots et 200 lancers francs…

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Photos : Clément Carton / Memorial Center

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