France 54, Serbie 63 – Une fois encore les Bleues échouent en finale

Pascal Legendre
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Pour la 5e fois d’affilée, l’équipe de France a trébuché sur la dernière marche de l’EuroBasket. C’est de nouveau la Serbie qui a été son bourreau (54-63). Surtout les Bleues n’ont pas été à la hauteur de leur statut.

En organisant l’EuroBasket au Pabellon Fuente de San Luis, à Valence, l’Espagne espérait réaliser un triplé consécutif, mais dépouillée de plusieurs stars en raison de leur lassitude ou du Covid-19, elle s’est effondrée laissant à la Serbie le soin de reprendre le flambeau. La Serbie, oui, car jugée hyperfavorite de la compétition, la France est totalement passé à côté du rendez-vous final, comme il y a deux ans contre… l’Espagne.

C’est la deuxième fois, à quatre ans d’intervalle, que la Serbie bouscule la France en finale. Cette diablesse de Marine Maljkovic a exposé toute sa science du jeu. Elle est devenue chez les femmes ce qu’était son père, Bozidar, chez les hommes, un totem.

Les Serbes étaient passées par un trou de souris face à l’Espagne en quart et la Belgique en demi. On les pensait un peu cramées après la débauche d’énergie provoquée la veille par la demi-finale, or elles furent tout au contraire hargneuses, intenses, conquérantes. Leur expérience a fait le reste. Rappelons que Jelena Brooks et Sonja Vasic, ont 32 ans, et Ana Dabovic, les aura en août. Tina Krajisnik, Nevena Jovanovic, Sasa Cado, Maja Skoric, Dajana Butulija, et Yvonne Anderson sont déjà trentenaires, ce qui donne une moyenne de 29 ans malgré la présence de deux jeunettes. Sonja Vasic-Petrovic, qui a annoncé prendre sa retraite après les Jeux Olympiques de Tokyo en raison de problèmes au genou, a réalisé une finale de MVP avec 12 points, 8 rebonds et 6 passes. Dans son rôle de naturalisée bidon, la meneuse Yvonne Turner a été prépondérante avec ses 18 pions.

Photo: Sarah Michel (FIBA)

En plein désarroi

Alors que le match n’était pas terminé, les Serbes souriaient, levaient les bras, tandis que les Françaises étaient en souffrance, en plein désarroi, à l’image de Sandrine Gruda, impériale à Strasbourg, et qui a refusé ce soir quantité de shoots. Comme un malaise. La capitaine Endy Miyem n’a pas cette fois donné l’exemple (zéro l’évaluation), Marine Johannes, une fois encore dans un match-clé, a déjoué (son 5/14 global tient compte de deux trois-points à la fin alors que le sort du match était scellé). Alexia Chartereau a été décevante durant ce tournoi si l’on s’en réfère à son statut de MVP de la Ligue Féminine, Gabby Williams a semblé jouer avec le frein à main, Alexis Duchet (0 points, 1 passe) n’a pas pesé. Olivia Epoupa ne s’est pas encore remise de son entorse à la cheville, si bien que la France a joué sans meneuse de jeu de classe internationale, etc. Seule ce soir, Valériane Vukosavljevic (15 points et 18 d’éval) a été réellement efficace offensivement au cours de cette finale. Trop peu pour cacher la misère.

L’équipe de France, qui avait gagné jusque-là ses matches avec 22,6 points d’écart, s’est-elle endormie alors que la Serbie était chauffée à blanc par les batailles précédentes ? C’est une explication. Surtout, les Serbes ont fait preuve d’un caractère que l’on n’a pas…

Photo: Sonja Vasic

Une 11e médaille

Les Serbes ont su d’entrée museler le jeu intérieur des Françaises, au point que Sandrine Gruda, parfaitement trappée n’a pris que 2 tirs en première mi-temps, alors que Endy Miyem a raté 3 de ses 4 shoots. Les extérieures ont eu ainsi pas mal de bons tirs à se mettre sous la dent mais avec une réussite intermittente, Marine Johannes, pourtant la plus utilisée des Bleues, ne trouvant désespérément pas la cible (1/5). Les Serbes affichaient une pauvre réussite aux tirs dans le premier quart-temps (26,3%) et c’est quand elle s’est améliorée, qu’elles ont pris les devants.

C’est surtout le pressing et la défense en général des filles de Marina Maljkovic (les Françaises ont concédé 10 balles perdues en première mi-temps contre seulement 3 à leurs adversaires) qui empêchaient les Bleues de trouver le bon rythme. Sur un trois-points de Sonja Vasic suivi d’un un-contre-un de Yvonne Anderson, l’écart montait à une hauteur inquiétante (18-31, 17e). Heureusement, deux trois-points de Valériane Vukosavljevic et Sarah Michel permettaient de limiter la casse (26-31, 20).

Seulement, la France a subi un nouveau blitz sur deux trois-points-ficelle de Ana Dabovic et une pénétration de Yvonne Anderson (26-41, 25e). On y a crû encore un peu avec une bonne séquence (9-0), qui a permis aux Bleues de revenir à 40-48. Illusion. La France n’a jamais pu élever son rythme.

Soyons positif pour conclure : la France (11) devient la troisième nation la plus médaillée de l’histoire des championnats d’Europe derrière deux pays aujourd’hui disparus, l’URSS (22) et la Tchécoslovaquie (15). C’est la 7e fois de suite qu’elle monte sur le podium. Une régularité que l’Espagne ne peut afficher, elle qui vient de briser une glorieuse chaîne de sept médailles en sept années consécutives, JO et Coupe du Monde inclus.

Il faut maintenant que les Bleues sèchent leurs larmes et fassent un peu d’introspection avant d’attaquer la préparation des Jeux Olympiques, toujours croire qu’une médaille est dans leur ligne de mire. Rappelons qu’elles devront affronter le Japon (27 juillet), le Nigéria (30 juillet) et les Etats-Unis (2 août) en phase préliminaire. Le challenge est encore plus excitant.

La boxscore est ICI.

Photo d’ouverture: Sandrine Gruda (FIBA)

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2 Responses
  1. Xavito04

    Copié-collé de la finale d’il y a 6 ans. Avec la petite finale des JO, Garnier se fait systématiquement surpasser au coaching par Maljkovic.
    Toutes ces finales perdues appellent du changement.

  2. Timotijevic

    Anderson « Naturalisée-bidon » ?
    Elle parle le Serbe et entonne l’hymne haut et fort mieux que personne !
    PS : Il la chante la marseillaise Benzema ?
    C’est vous les bidons aigris incapable de reconnaitre la supériorité d’une équipe adverse (surtout quand elle vient des Balkans…).
    et encore une fois, vous aviez gagner cet euro – dans la tête – avant même son début.
    Garnier : Coach bidon / Maljkovic : coach Tsar-Star

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