10 raisons de suivre la saison de Betclic Elite 2021-2022

Clément Carton
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Le championnat de France a changé de sponsor titre, passant du constructeur automobile à une entreprise de paris sportifs. Voici 10 raisons de suivre la saison 2021-2022 de Betclic Elite, prometteuse à tous points de vues, avec du suspense à tous les étages, et qui débute ce vendredi soir.

1 – Monaco – ASVEL, duel fratricide 

Pour la première fois, deux superpuissances françaises disputeront, en plus du championnat, 34 matches d’Euroleague : l’ASVEL et l’AS Monaco. Si les Villeurbannais en sont à leur troisième saison consécutive européenne – la première en tant que membre permanent -, la Roca Team va découvrir le plus haut niveau continental après son titre en Eurocup. Pour briller de mille feux, l’équipe de la Principauté a mis les petits plats dans les grands. Budget doublé (de 7,5 à 14,1 millions d’euros, masse salariale de 6,7 millions d’euros), salle rénovée (passés à 4 090 places), mercato sans complexe (arrivée de stars)… Encore en quatrième division il y a neuf ans, Monaco se révèle, sous l’impulsion économique de ses actionnaires et institutionnelle de l’État monégasque, comme un outsider princier aux ambitions décuplées.

Sur le parquet, cela se traduit par les signatures de l’international lituanien Donatas Motiejunas, des expérimentés Will Thomas et Brock Motum… en enfin, de Mike James (lire ci-dessous). Les dirigeants monégasques avaient précédemment rapatrié les internationaux tricolores Léo Westermann et Yakuba Ouattara mais aussi le meilleur passeur, Paris Lee, et marqueur, Danilo Andjusic, de l’Élite la saison dernière. Un effectif de 15 joueurs avec la masse salariale la plus riche jamais composée dans l’Hexagone. Même si, en Betclic Elite, Zvezdan Mitrovic devra laisser trois étrangers (sur neuf sous contrat) en tribunes en raison du règlement de la LNB.

Côté villeurbanais, les médaillés d’argent à Tokyo – Heurtel, Yabusele, Fall – ont été remplacés par des paris – Kostas Antetokounmpo, Elie Okobo, Dylan Osetkowski, Chris Jones – et des joueurs d’expérience – James Gist, Raymar Morgan, Youssoupha Fall – ainsi que le phénomène Victor Wembanyama. David Lighty a été prolongé jusqu’en 2026, Antoine Diot, William Howard, Paul Lacombe, Charles Kahudi et Matthew Strazel ont été conservés. Un roster complet et de taille avec une raquette pouvant monter jusqu’à 4,40 m. Et 15 éléments dont 10 Français (contre trois pour Monaco). Le tout en maintenant un budget autour de 15 millions d’euros (+27 %), dont 4,0 millions d’euros de masse salariale (+14 %), alors que Tony Parker avait annoncé une baisse de 2 à 3 millions. Une chose est certaine : une rivalité s’installe sur le plan national comme européen entre les deux plus gros budgets du championnat de France.

2. Le championnat le plus relevé de l’histoire, vraiment ?

Outre le puissant duo estampillé Euroleague, l’Hexagone compte d’autres forces impressionnantes. Accrocher le top 8 sera sans doute plus difficile que jamais aux vues de la construction des effectifs. A commencer par les deux représentants en Eurocup. Boulogne-Levallois a attiré un champion NBA en la personne de Jordan McRae, mais aussi les expérimentés Vince Hunter et Will Cummings, le tout orchestré par le sélectionneur des Bleus, Vincent Collet (lire ci-dessous). Bourg-en-Bresse a récupéré le duo Laurent Legname – Axel Julien qui a mené Dijon en finale du championnat et de la Coupe de France la saison dernière, mais aussi les Américains JaCorey Williams, C.J. Harris ou encore Rasheed Sulaimon. 

Par ailleurs, Nanterre a tenté le come-back du duo Senglin – Johnson et réalisé les coups Chris Horton et Tom Wimbush. Le Mans a conservé son ossature en complétant son équipe d’un ailier aux 700 matches NBA, Dante Cunningham, ainsi que d’un intérieur référencé sur la scène européenne, Tashawn Thomas. Demi-finaliste de l’Elite et de BCL, Strasbourg a fait revenir deux anciens appréciés du championnat : Jarell Eddie et John Roberson. Dijon a composé une équipe cohérente en misant sur la continuité et le lutin David Holston. Sans évoquer les investisseurs étrangers qui redonnent de l’intérêt autour de Pau – qui a misé sur Brandon Jefferson – et de la capitale parisienne (lire ci-dessous)… le top 10 attendu sera d’un niveau redoutable.

3. Le retour au premier plan du basket parisien

On a coutume de dire que Paris ne s’est pas faite un jour. Mais en un été, le Paris Basketball a déjà fait un sacré chantier pour marquer le retour de la capitale dans l’Elite du basket français. Son investisseur, l’homme d’affaires David Kahn, a changé de cap, après trois saisons de lancement du projet en Pro B (le club avait racheté les droits du Hyères-Toulon Var Basket en 2018). L’arrivée de Kyle O’Quinn en provenance de Fenerbahçe pour deux saisons doit faire passer le club dans une autre dimension. L’intérieur aux 474 matches NBA possède un pedigree qui détonne chez un promu et qui devrait plaire à un public parisien davantage américanisé que le reste du pays. 

D’autant que dans deux ans, le Paris Basket inaugurera une nouvelle Arena située Porte de la Chapelle, édifiée pour les Jeux Olympiques de 2024, et dont il sera le club résident. D’ici là, le PB nous promet quelques affiches à Bercy. Sera-t-il un jour capable de rivaliser avec le Real Madrid, le CSKA Moscou ou l’Olimpia Milan ? Lors de la première édition des Paris European Games, nouveau tournoi ambitieux de présaison, l’équipe de Jean-Christophe Prat s’est offert l’ALBA Berlin. Un succès qui en appelle d’autres : « Je pense que ce club a un futur brillant parce qu’on sent qu’il y a une énergie folle », nous a confié l’entraîneur. Au fait, on vous aura prévenu : le club compte aussi trois gamins français extrêmement talentueux : Juhann Begarin (drafté par les Boston Celtics cet été), Ismael Kamagate et Milan Barbitch. 

4. Les Américains débarquent à Pau

Hormis Paris, d’autres investisseurs US ont gagné l’Hexagone. Après un départ catastrophique et une grande partie de la saison à végéter dans les dernières places, l’Élan Béarnais Pau-Lacq-Orthez a été racheté par un consortium américain comprenant, entre autres, Stu Jackson et Jamal Mashburn, anciens joueurs NBA. Les tractations menées depuis de longs mois entre la mairie de Pau et la société américaine Counterpointe Sports Group (CSG) ont abouti à une cession du club à cette entité privée, bien décidée à remettre Pau sur la carte du basket français et européen. Pour cela, les Américains n’ont pas fait dans la demi-mesure et ont remercié entre autres Didier Gadou, emblématique numéro 10 devenu capitaine, coach, président et enfin directeur exécutif du club, qui était là sans interruption depuis quatre décennies.

Il n’empêche que le nouveau projet prend forme tant en coulisses autour du nouveau président, l’avocat palois David Bonnemason-Carrère, que sur le parquet, avec un recrutement intéressant (retour de Vitalis Chikoko, arrivées de Brandon Jefferson, Gregor Hrovat, Giovan Oniangue, Dominique Archie). Les ambitions sont fortes et le budget en hausse – d’environ 25 % -, qui devrait atteindre 7,8 millions d’euros cette année. En outre, CSG va procéder à des investissements immobiliers autour du Palais des Sports de Pau. Et, sans doute pour faire « moderne », la société américaine compte vendre des parts du club aux fans par le biais d’une crypto-monnaie. Excitant, non ?

5. 100 % des matches sont diffusés gratuitement !

Les discussions autour d’un diffuseur classique supplémentaire nous feraient presque oublier l’essentiel : 100 % des rencontres de Betclic Elite seront retransmises en clair. L’intégralité des matches de la saison à venir seront diffusés sur l’offre OTT (over the top, outil de diffusion direct par Internet) en ligne de la Ligue Nationale de Basket, LNB TV, sur la chaîne Sport en France et, à raison d’au minimum une fois par mois, lors de décrochages régionaux sur France 3.

Tout sera donc gratuit, à moins que la LNB ne retrouve un diffuseur privé. Après les tergiversations la saison dernière pour adapter la formule aux contraintes sanitaires, ce n’est pas une évidence. « Les télévisions ont été blessées par ce qu’il s’est passé. Ça pèse, même si cela n’a pas été clairement dit », a souligné le président de la LNB Alain Béral lors du Media Day.

6. Le fougueux Mike James

En fin d’intersaison, l’AS Monaco s’est offert l’un des meilleurs joueurs du circuit européen… mais aussi l’un des caractères les plus explosifs, capable de frasques monumentales sur les réseaux sociaux. La signature sur le Rocher du meilleur marqueur de l’Euroleague avec Milan en 2019 (19,8 points de moyenne) n’a d’ailleurs été rendue possible que parce que le CSKA Moscou a lâché son meneur, son coach Dimitris Itoudis n’arrivant plus à le gérer. 

Son contrat russe (autour de 2 millions d’euros la saison) courant jusqu’en 2023 et devant être honoré, Mike James (1,85 m, 31 ans) a été libéré contre compensation et a pu « compléter » avec une signature à plus d’un million d’euros à Monaco, soit le plus gros salaire de l’histoire du championnat de France. Soit plus du double du plus gros salaire jamais versé par un club français ! Nul doute que celui qui avait terminé la saison dernière en NBA avec les Brooklyn Nets aura encore d’autres histoires à raconter et d’autres highlights à concocter.

7. Le retour de Vincent Collet en Elite

Avec tous ces rebondissements, le retour du sélectionneur de l’équipe de France en Elite est presque passé inaperçu. Fraichement médaillé d’argent avec les Bleus, Vincent Collet s’est engagé avec les Metropolitans de Boulogne-Levallois jusqu’en 2023, tout en conservant son poste de sélectionneur national jusqu’aux JO de Paris 2024, lui qui a longtemps affirmé qu’un poste d’entraîneur en club était important pour rester performant comme sélectionneur de l’équipe de France. Il remplace Jurij Zvovc, en désaccord avec ses dirigeants et certains de ses joueurs. 

Sans double casquette depuis son départ de Strasbourg en janvier 2020, le sélectionneur de l’équipe de France depuis mars 2009 voulait exercer au quotidien mais le report d’un an des Jeux de Tokyo avait repoussé son retour dans le championnat de France. L’olympiade réussie a reboosté sa cote de popularité et voilà que l’ancien du Mans va faire ses débuts avec les Metropolitans 92, avec lesquels il disputera l’Eurocup.

8. Le phénomène Victor Wembanyama à la conquête du monde

La « Wembamania » est en marche. Celui que tous les scouts NBA s’arrachent, annoncé comme un potentiel futur n°1 de draft en 2023, a quitté son club formateur de Nanterre, où il avait disputé quatre matches d’Eurocup, pour grandir en Euroleague et en Betclic Elite avec l’ASVEL. Le gamin de 17 ans (2,19 m) va polariser les regards de toute l’Europe à chacune de ses apparitions dans l’épreuve reine, comme en Betclic Elite. 

Le prodige atypique au physique unique est déjà le meilleur contreur – et de loin – en seulement 17 minutes de moyenne (1,9 unité) et le meilleur jeune, alors qu’il n’a joué que 18 matches la saison dernière. Doté d’une mobilité, d’une qualité technique, d’une vitesse et d’une mécanique de tir bien au-dessus de la moyenne pour un joueur de son gabarit, le phénomène français est promis à un avenir radieux en NBA. Alors, profitons-en, tant qu’il est là !

9. Du suspens pour le maintien

À l’occasion du Media Day, le président de la LNB Alain Béral a confirmé le passage de 18 à 16 clubs à l’issue de la saison 2022-2023. Il y aura donc trois descentes en Pro B et une montée en Elite lors de la saison prochaine. Cette année, les clubs de l’Elite auront donc droit à une année de transition où l’on gardera le système classique de deux descentes et deux montées.

Et, hormis les principaux prétendants aux playoffs annoncés ci-dessus, toutes les équipes devraient jouer pour leur maintien en Élite et ont composé leur effectif avec des moyens réduits. Le Limoges CSP et ses Américains non référencés, Le Portel et son tout petit budget, Cholet et ses nombreux changements à l’intersaison, Orléans et son recrutement tardif, Champagne Basket et ses nombreux paris, Roanne et son petit contingent de JFL ou encore le promu Fos Provence, qui a conservé son ossature de Pro B… Autant d’équipes en danger, et où les succès lors des confrontations directes vaudront encore plus cher.

10. Après le sprint final, on repart sur des bases plus saines

Disons-le, le sprint final de la saison dernière a été éreintant pour tous : joueurs, coachs, dirigeants, et même diffuseurs… La grève des joueurs à l’heure de terminer l’exercice 2020-2021 a quasiment eu raison des phases finales. Après la décision de la LNB de repousser la rentrée des classes d’une semaine, précisément à ce weekend d’octobre, les acteurs du basket tricolore ont repris leur marche en avant et semblent tournés vers la future saison. Et ça fait du bien ! Reste désormais à ne pas flancher en cours de route, en espérant que la pandémie mondiale soit derrière le basket français.

Photo d’ouverture : Mike James (AS Monaco)

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