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Carlton Myers : « On est surpris quand un Italien noir fait quelque chose d’important »

Né, il y a 50 ans, à Londres, d’un père originaire de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, et d’une mère italienne, Carlton Myers fut un extraordinaire scoreur dans les années 1990-2000, notamment avec la Fortitudo Bologne. Pour la Repubblica, il est revenu sur son parcours et ses sensations.

Né, il y a 50 ans, à Londres, d’un père originaire de Saint-Vincent-et-les-Grenadines, et d’une mère italienne, Carlton Myers fut un extraordinaire scoreur dans les années 1990-2000, notamment avec la Fortitudo Bologne. Pour la Repubblica, il est revenu sur son parcours et ses sensations.

« Tout ce que nous avons vu lors des années 1980 à 2004, jusqu’à l’argent à Athènes, était le meilleur que notre basket ait jamais eu. Et les succès de l’équipe nationale étaient la conséquence logique de ce spectacle », assure t-il.

Carlton Myers souscrit aux affirmations du coach américain Dan Peterson, qui a déclaré que la chance du basket italien était alors le fait que les équipes étaient basées sur les joueurs nationaux.

« C’est vrai : il y avait des porte-drapeaux, des joueurs, des symboles auxquels les supporters s’attachaient. Les places les plus chaudes ont poussé les présidents à investir. Et nous sommes arrivés à ces derbies fougueux, ou aux nombreuses batailles contre Trévise, Milan, Rome, Pesaro, Vérone, Trieste. Maintenant, il faut espérer qu’Armani ou Zanetti (NDLR : les propriétaires de Milan et de la Virtus Bologne) continueront à investir dans les années à venir. Pour le reste j’en vois très peu aux alentours. Les équipes changent beaucoup, les supporters se fidélisent peu, et puis il y a aussi eu le Covid ces dernières années. Pourtant, de temps en temps, des flashs de bon basket apparaissent ici et là ».

Carlton Myers confirme que la prestation de l’équipe nationale aux JO de Tokyo -elle a été éliminée par la France en quart-de-finale (84-75)- a bénéficié à tout le basket transalpin.

« L’équipe nationale est le pivot de tout le mouvement. Il est scandaleux que les joueurs des clubs de l’Euroleague ne puissent pas être appelés pendant les fenêtres de qualification pour les Coupes d’Europe et du Monde. Parfois, nous sommes satisfaits en prenant des choses comme la qualification pour les Jeux olympiques pour de grands succès. C’est une réussite, mais cela ne peut pas être un objectif. L’objectif doit être de revenir à des tournois gagnants. Le dernier en date est encore le Championnat d’Europe 1999. Le nôtre ».

Il estime que les jeunes peuvent se souvenir de lui pour trois raisons :

« La balle sous le maillot à la fin d’Italie-Espagne, lors de la finale du Championnat d’Europe 1999 ».
« Le record de points, 87, en A-2, en 1995. J’étais revenu à Rimini en otage de Pesaro. Dans ce match contre Udine, j’y ai mis toute la colère que j’avais dans mon corps. Je suis toujours le Wilt Chamberlain italien, disons ».
« J’ai été le premier Italien noir à porter le drapeau lors d’une cérémonie d’ouverture olympique, à Sydney en 2000 ».

Et à propos de la situation des Noirs en Italie, il affirme :

« Toujours très mauvais. On est surpris quand un Italien noir fait quelque chose d’important, on le souligne, comme pour dire « eux aussi, maintenant ». En 2018, l’Italie du football avait évoqué la possibilité de confier le capitanat à Mario Balotelli. Ils m’ont appelé pour un entretien, ils m’ont demandé un commentaire, comme on fait devant un événement exceptionnel. En Angleterre ou en France, cela ne serait jamais arrivé. »

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