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ITW Camille Lacourt, champion de natation : « L’ASVEL et Monaco sont en train de montrer la voie »

L’ancien nageur Camille Lacourt, 36 ans, était cette semaine le grand témoin des rencontres du leadership organisées par la JL Bourg. À cette occasion, le quintuple champion du monde s’est confié sur sa reconversion et ses liens – proches ou lointains – avec le basket.

L’ancien nageur Camille Lacourt, 36 ans, était cette semaine le grand témoin des rencontres du leadership organisées par la JL Bourg. À cette occasion, le quintuple champion du monde s’est confié sur sa reconversion et ses liens – proches ou lointains – avec le basket.

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Avec votre taille (2,00 m), vous auriez pu jouer au basket. Quel est votre lien avec ce sport ?
« Cela s’est pas trop mal passé dans les piscines donc voilà… (rires) Je n’ai pas vu beaucoup de matches de basket en France. Les seuls que j’ai eu la chance de voir en vrai, c’était en NBA quand j’étais en stage aux Etats-Unis ou à l’occasion des Jeux Olympiques. Je suis ça de loin. Mais je trouve que ce qui se passe en France est très intéressant, avec des clubs en train de sortir de leur confort et montrer qu’ils peuvent atteindre les sommets européens, que ce soit l’ASVEL ou Monaco qui sont en train de montrer la voie. J’espère qu’on en verra bientôt un peu plus à la télévision. »

Nous sommes ici sur les terres de la JL Bourg. Que vous inspire ce club ?
« Je ne le connaissais pas en profondeur mais j’ai fait aujourd’hui la visite des infrastructures. Et je vois que c’est un club très bien pensé, qui a été réfléchi intelligemment. C’est très porté business et reconversion également, et je pense que c’est ce qu’il faut faire aujourd’hui dans le sport pour arriver à le développer aujourd’hui. Les valeurs que le club et ce sport reflètent montrent le potentiel. »

« Dans les sports collectifs, on peut se cacher derrière un leader et suivre la barque. Dans un sport individuel, si l’on décide de suivre, on ne sera jamais devant »

Cinq ans après avoir stoppé votre carrière de nageur, comment occupez-vous votre reconversion ?
« Ça fait longtemps, cinq ans (rires) ! Aujourd’hui, je suis conférencier en entreprise. Dès que j’ai rangé le maillot, j’ai pris le micro pour faire le parallèle entre le monde de l’entreprise et le sport de haut niveau, avec leurs points communs dans les objectifs, le management, le leadership. Je partage les expériences que j’ai eues dans la natation. Je suis aussi à la télévision sur Canal+ dans l’univers du sport. D’autres projets avancent sur les plateaux télé. »

Camille Lacourt, grand témoin des rencontres du leadership de la JL Bourg en 2022. (c) Jacques Cormarèche

Dans l’univers du sport, voire du basket ?
« Je suis un fan de sports avec un grand « s », donc je m’intéresse à tout ce qui tourne autour du sport. Parler de sport. ce n’est pas que les émotions derrière sa télé, c’est aussi toute cette abnégation qu’il y a besoin pour réussir. Aujourd’hui, dans le monde dans lequel on vit, on a besoin de montrer que les champions qu’on voit sur les podiums ont aussi eu des moments difficiles, des échecs, qu’ils ont dû se relever, et que ce ne sont pas des êtres aussi extraordinaires que ça. »

Certains sportifs vivent leur fin de carrière comme une petite mort. Vous avez parlé à l’inverse de « la naissance d’un homme ». Pourquoi ?
« Déjà parce que je suis quelqu’un de positif. Mais aussi parce que c’est moi qui aie décidé de la fin de ma carrière. Il n’y a pas eu de petite mort. C’était la fin d’une chouette période de ma vie, et j’avais hâte de repartir sur autre chose. C’était cool à 32 ans de vivre une deuxième vie, en étant riche de toutes ces expériences. »

Votre vie d’après était anticipée ?
« L’avantage et l’inconvénient de la natation, c’est qu’il n’y a pas d’argent. On est obligés de se préparer à l’après. Sur les trois dernières années de ma carrière, j’ai repris mes études pour avoir un bagage. »

Vous êtes venu à Bourg parler de leadership. Est-ce une notion concrète dans un sport individuel ?
« Je n’aime pas le terme car le sport individuel n’existe pas. Il y a toujours un entraîneur, des collègues d’entraînement, des kinés. Le leadership existe évidemment dans la natation et les sports individuels, peut-être encore plus que dans les sports collectifs, où l’on peut se cacher derrière un leader et suivre la barque. Dans un sport individuel, si l’on décide de suivre, on ne sera jamais devant. On est obligé d’être maître de son destin. »

« Florent Manaudou est un génie du sport, pas seulement de la natation. Au handball, il était à un doigt d’intégrer une équipe pro et il est revenu dans les piscines. En sport, la notion de retard n’existe pas. Il a travaillé le bas du corps quand il voulait faire du hand. Et quand il est revenu dans les bassins, il a s’est réadapté après ses changements physiques »

Jérémy Stravius, avec qui vous aviez partagé l’or sur 100 m dos au championnat du monde 2011, a fait, dans un documentaire commun avec Céline Dumerc et quatre autres sportifs, son coming out dans un documentaire de Canal +. Avez-vous trouvé cette démarche courageuse ?
« C’est courageux. Nous, les nageurs de l’équipe de France, étions au courant depuis des années et nous l’encouragions à faire son coming out. Nous sentions qu’il portait un petit fardeau et il ne savait pas forcément comment le gérer. Au début, cela pouvait être un peu pesant. Quand nous avons crevé l’abcès et qu’il a décidé d’assumer ça, cela s’est beaucoup mieux passé. Nous l’avons senti un peu libéré. C’est vrai qu’en parler dans les médias, c’est encore autre chose. Je le trouve super-courageux. S’il l’avait fait durant sa carrière, il aurait été un porte-drapeau extraordinaire pour cette cause en tant que champion du monde. Mais le faire dans tous les cas, c’est déjà fort. »

Quel regard portez-vous sur le fait que Florent Manaudou ait décroché l’argent sur 50 m nage libre aux JO de Tokyo après avoir mis sa carrière en pause pendant près de trois ans et s’être essayé notamment au handball, un autre sport collectif ?
« Flo est un génie du sport, pas seulement de la natation. Au handball, il était à un doigt d’intégrer une équipe pro (NDLR : en référence au doigt qu’il s’était cassé) et il est revenu dans les piscines. Tant mieux pour la France car il est allé chercher une médaille. En sport, la notion de retard n’existe pas. Il a travaillé le bas du corps quand il voulait faire du hand. Et quand il est revenu dans les bassins, il s’est réadapté après ses changements physiques. Mais il avait fait beaucoup de sport, gardé une forme extraordinaire et pris beaucoup de force. Pour moi, c’était évident qu’il réussirait son retour à la natation. Je suis ravi pour lui qu’il ait décroché cette médaille, et je lui souhaite que celle de Paris soit encore plus brillante. »

Vous avez fait partie d’une génération en or qui ramenait de nombreuses médailles à la France à chaque compétition. Comment expliquez-vous que les nageurs tricolores soient plus en difficulté aujourd’hui ?
« Avant notre génération, on n’avait jamais connu cela. Nous avons eu la chance d’avoir autant de nageurs talentueux en même temps, qui pouvaient accéder à des podiums internationaux. Parce que nous n’avons pas beaucoup de piscines, pas beaucoup d’infrastructures et peu de possibilités de joindre études et natation. Le fait d’avoir eu une génération comme la nôtre ne doit pas être banalisé. La nouvelle génération a mis un peu de temps à s’affirmer, mais elle est très prometteuse avec de vraies chances de médailles pour 2024. »

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Avec votre taille (2,00 m), vous auriez pu jouer au basket. Quel est votre lien avec ce sport ?
« Cela s’est pas trop mal passé dans les piscines donc voilà… (rires) Je n’ai pas vu beaucoup de matches de basket en France. Les seuls que j’ai eu la chance de voir en vrai, c’était en NBA quand j’étais en stage aux Etats-Unis ou à l’occasion des Jeux Olympiques. Je suis ça de loin. Mais je trouve que ce qui se passe en France est très intéressant, avec des clubs en train de sortir de leur confort et montrer qu’ils peuvent atteindre les sommets européens, que ce soit l’ASVEL ou Monaco qui sont en train de montrer la voie. J’espère qu’on en verra bientôt un peu plus à la télévision. »

Cinq ans après avoir stoppé votre carrière de nageur, comment occupez-vous votre reconversion ?
« Ça fait longtemps, cinq ans (rires) ! Aujourd’hui, je suis…

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Photo : Camille Lacourt (Jacques Cormarèche)

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