Féminines : La fin de l’Eldorado russe pour les joueuses WNBA

Sacha Rutard
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Malgré l’invasion de l’Ukraine, plusieurs joueurs américains vont continuer de fréquenter les clubs russes la saison prochaine. Ce ne sera probablement plus le cas des Américaines.

Si UMMC Ekaterinbourg, et à une moindre mesure le Dynamo Koursk, ont régné sur l’Europe du basket féminin, c’est grâce à un apport massif de main d’oeuvre étrangère, principalement américaine. La saison dernière, Brittney Griner, Allie Quigley, la Belge Emma Meesseman, la Bosniaque Jonquel Jones ont porté le maillot d’UMMC, et Natasha Howard et Epifanny Prince celui du Dynamo. Si les meilleures joueuses du monde se rendaient en Russie après la saison WNBA, c’était évidemment en raison des salaires offerts.

« En 2018, nous avons remporté le championnat de la WNBA, je suis devenue MVP et j’ai gagné environ 56 000 dollars », a déclaré Breanna Stewart. « Ensuite, je suis allé en Russie et j’en ai gagné 900 000 par saison. Donc, pour un mois de match en Russie, je gagne plus que pour toute la saison en WNBA. Les gens ne comprennent pas pourquoi je joue là-bas, mais je pense que la réponse à cette question est évidente. »

Même si la WNBA a augmenté sensiblement les salaires, on est loin des émoluments démentiels proposés en Russie. Stewart ne touche pas plus de 228 000 $ la saison avec le Seattle Storm. Mais la porte s’est probablement fermée à double tour suite à la mésaventure survenue à Brittney Griner accusée de trafic de drogue (!) et enfermée depuis février dans une prison de Moscou. Ca ne donne pas envie de tenter l’aventure même pour beaucoup d’argent.

« De toute évidence, il n’y aura probablement pas d’Américaines dans les clubs russes dans les années à venir », a déclaré lucide Victoria Sgonnikova, directrice exécutive du Dynamo Koursk à Sport Express.

Il convient également de noter qu’à partir de la saison prochaine, la limite de joueuses étrangères en Premier League deviendra également plus stricte : un maximum de cinq pour la saison, et seulement trois sur la feuille de match. La saison dernière, il y en avait respectivement six et quatre, et… la possibilité de participer aux coupes européennes.

A défaut, les principaux clubs russes font de la surenchère sur les joueuses russes. Ainsi, Ekaterinbourg a conclu un contrat à long terme avec le principal talent du basket-ball féminin russe, Anastasia Olairi Kosu. Cette mise en valeur correspond à la politique de la Fédération russe, qui vise à relancer une équipe nationale forte. Rappelons que la Russie, qui a terminé troisième aux Championnats du monde à trois reprises et a remporté le bronze aux Jeux olympiques deux fois de suite, n’a pas été qualifiée pour les deux derniers Jeux olympiques. Il sera également difficile d’obtenir un billet pour Paris 2024, mais pour une autre raison. Du fait des sanctions de la FIBA, il est peu probable que les Russes puissent participer à l’EuroBasket 2023, premier juge de paix sur le chemin des JO.

Photo : Breanna Stewart (FIBA)

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