Hervé Beddeleem (Directeur exécutif BCM Gravelines-Dunkerque): “Jouer la Champions League, ce serait un grand honneur”

Sacha RUTARD
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Le direx du BCM, interviewé samedi matin, était encore sur son nuage de la victoire de la veille contre Limoges. Il confie ses espoirs pour la fin de saison et rêve d’un retour sur la scène européenne.

La victoire d’hier face à Limoges à domicile vous relance totalement pour la fin de championnat non ?

C’était une superbe soirée. Déjà parce qu’on a affiché complet. Limoges reste une grande équipe, avec deux anciens joueurs de chez nous et puis Olivier Bourgain qui a été longtemps chez nous aussi. Limoges, ça reste toujours un grand moment. Donc ça fait plaisir. J’ose espérer que ce soit un match charnière pour notre fin de saison. On a trouvé une équipe vraiment solidaire. Il fallait compenser nos absences dans la raquette – Bangaly Fofana et Alain Koffi – on ne pesait pas lourd face aux grands de Limoges. Mais on a trouvé un BCM conquérant, dans l’intensité, dans l’envie. C’est comme ça qu’on a accroché la victoire. Et puis Taylor Smith a été énorme. Et notre jeune gamin, Matthias Flosse, issu du centre de formation a donné huit minutes pour soulager Taylor. Son passage a été bénéfique. Et puis on a eu de l’adresse. Je trouve qu’il s’est passé quelque chose. J’espère qu’on va réussir à construire sur ces bases, retrouver les playoffs et retrouver une coupe d’Europe la saison prochaine. Tout est lié.

Ce sont les objectifs pour la saison en cours ?

Oui, clairement. C’est ce qu’on a annoncé à Julien Mahé quand on a renouvelé son contrat à l’issue de la saison dernière où on a raté tout ça de peu. On a été indulgents, on a mis ça sur le compte de sa première année de coaching à la tête d’une bonne équipe. Cette saison, on n’a malheureusement pas brillé en coupe de France, on était quatrième ex aequo à l’issue des matches aller, mais neuvième au final compte tenu du point average, ce qui fait qu’on s’est retrouvé « chocolat » pour la Leaders Cup.  Ce n’était jamais arrivé qu’une équipe ait autant de victoires sans se qualifier pour la Leaders Cup. Mais c’est comme ça. Pour le club, pour tout le monde, aller en playoffs, ce serait un soulagement.

Vous visez quelle coupe d’Europe ?

Nous, on suit la politique de la ligue. Si on a la chance de pouvoir y aller, si on le mérite sur le terrain, on ira en Champions League. Retrouver l’Europe et jouer la Champions League, ce serait du bonheur, un grand bonheur. Christian Devos, mon président, siège au comité directeur de la ligue nationale de basket et il suivra le positionnement d’Alain Béral. Et on serait plus que ravi de jouer cette Champions League. Tous ceux qui ont participé à cette coupe d’Europe ont beaucoup aimé cette compétition. C’est vraiment d’un haut niveau. L’organisation est très performante, la FIBA a vraiment bien réussi sa création. Une très très belle compétition et de plus en plus d’équipe de renom la rejoignent. Tous ceux qui l’ont joué en sont ravis. Et moi, je suis ravi du parcours de mes amis de Nanterre.

Vous allez suivre le match retour à Bologne cette semaine pour une qualification au Final Four ?

Evidemment ! Comme tous les amoureux de basket français. Je suis ami avec Jean Donnadieu, j’adore leur parcours. Leur histoire est magnifique. En 2013, ils nous ont privé du titre, l’année où on fait une saison régulière à 27v-3d. Ils nous ont battu en quart de finale des playoffs. Mais ils sont allés au bout. Je tire mon chapeau à ce club, à cette équipe, qui a démarré en départementale il y a trente ans et chaque saison ils sont là, ils gagnent quelque chose, ils font des exploits en coupe d’Europe. Ils sont là tout le temps.

Votre club, un club solide et historique de la Jeep Elite, vous ne rêvez plus d’Euroleague ?

Non, faut être lucide. On n’aura dans le futur ni la salle ni le budget pour aller se frotter aux grands d’Europe. Mais pour une agglomération comme la nôtre, avoir une salle à taille humaine, 4 000 ou 5 000 places, mais moderne, où on fait le plein tout le temps et avoir la chance de jouer la Champions League, on pourrait être heureux, satisfait, se développer, faire plaisir à tout un territoire. Il faut savoir dans quelle catégorie on boxe. Nous on est dans celle-là.

Alain Béral, président de la ligue nationale de basket, pointe depuis un moment les dangers de l’attitude de l’Euroleague qui vise les créneaux du week-end, qui demande aux ligues de baisser le nombre de clubs et de matches alors qu’elle fait l’inverse, qui choisit les clubs qui l’intéresse, qu’ils soient champions ou non dans leur ligue nationale… Que pensez-vous de cette attitude ?

Les ligues et les fédérations accordent trop d’importance, trop de crédit, à l’Euroleague. Jordi Bertomeu est un homme très intelligent mais si demain, par malheur, il venait à lui arriver quelque chose, qui est derrière lui ? Qui porterait le projet ? Cette structure dépend trop d’un seul homme. Et cette structure est trop isolée, fait trop cavalier seul. J’ai peur pour le futur. La FIBA, c’est une instance qui existe depuis très longtemps, ce n’est pas un homme seul, c’est une institution avec beaucoup de monde autour, une légitimité. Une structure qui travaille en transparence. Il y a une logique, il y a un respect des nations, des ligues nationales, du travail qui est mené dans des clubs comme les nôtres. L’Euroleague, c’est trop à la hussarde. A coup d’argent, à coup de : Untel a des moyens donc on le prend lui. Il n’y a pas de respect du travail ni des institutions.

Photo: Jean-Michel Mipoka (BCM Gravelines)

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