Rediff – ITW Vincent Pourchot, la carrière connectée du « basketteur de TikTok » (1/2)

Teddy Perez
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Basketteur professionnel, Vincent Pourchot (2,22 m, 30 ans) est devenu en deux ans un personnage influent du réseau social TikTok. Grâce à ses vidéos drôles et une personnalité simple et généreuse, il comptabilise actuellement 1,5 million d’abonnés. Anecdotes, célébrité, après carrière, le joueur des Metz Canonniers (NM2) se livre dans un long entretien en deux parties accordé à Basket Europe.

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Comment cette notoriété a-t-elle débuté sur les réseaux sociaux ?
« J’étais confiné chez moi, à Tours, je ne pouvais pas rentrer à Metz, dans ma région natale. À cette époque, hormis faire du sport sur mon balcon et jouer à la console, je ne faisais pas grand chose. C’est un de mes anciens coéquipiers de Tours, Marius Chambre, qui m’avait donné l’idée de me lancer sur TikTok et faire des vidéos drôles. Je l’ai écouté, j’ai commencé à m’intéresser à ce réseau social, regarder des tutoriels pour voir comment marche l’application. Au tout début, je faisais des vidéos avec des playbacks de film… mais ça n’a pas du tout marché (rires). Puis, un jour, j’ai fait une vidéo drôle et en dansant sur une musique en tendance de Francky Vincent, j’ai mis trois minutes à la faire. Et en 24h, je vois que la vidéo atteint quasiment un million de vues. Aujourd’hui encore, des abonnés m’assimilent à cette musique. Certains m’envoient des vidéos d’eux qui dansent en soirée. Même Francky Vincent m’a envoyé un message sur Instagram pour me remercier. »

Par ces vidéos, vous montrez surtout votre quotidien lié à votre grande taille. C’est un sujet qui attise la curiosité de vos abonnés ?
« C’est évident car à cette époque, je suis connu dans le milieu du basketball par ma taille, mais seulement dans ce sport. Depuis, beaucoup m’ont découvert en vidéo, ne savaient pas qui j’étais, et se sont dits « mais il sort d’où ce gars là ? ». Je me suis dit que je tenais quelque chose d’inédit et j’ai réussi à entretenir ce « succès ». Par contre, je n’ai jamais pensé que j’aurais autant d’abonnés et à tenir aussi longtemps sur la plateforme. »

Arrivez-vous à gagner votre vie uniquement grâce à cette activité désormais ?
« Petit-à-petit, c’est devenu un réel complément de revenus. Mais, comme pour le basket-ball, c’est aussi une vraie passion. Je ne me prends pas la tête dans la création de contenus et c’est cela aussi que les gens attendent de moi. Je fais ce que j’ai envie tout en étant sérieux dans cette activité. Depuis maintenant un an, j’ai signé avec une agence d’influenceur (NDLR : Influence Inc). Le patron de cette agence fait aussi du basket-ball, à un niveau amateur, donc on s’est rapidement bien entendu.
Lorsque l’on a eu notre première réunion, j’ai demandé à ce que l’on fasse des partenariats à mon image. Tu ne me verras pas faire de publicité pour une marque de blanchiment de dents, du parfum… On s’en sort très bien et ma simplicité fait ma réussite. »

« Si je peux aider les personnes à assumer leurs différences, ça me rend très heureux »

Bien que cela ait été tout nouveau pour vous, vous avez réussi à vite comprendre ce qui fonctionnait sur ces médias sociaux ?
« Dans ce domaine-là, personne ne m’a expliqué quoi que ce soit sur comment ça marche. Je suis actuellement en pleine réflexion sur des contenus TikTok car je vais bientôt renouveler mon compte et je suis tout seul dans cette activité. J’ai percé avec mon téléphone et ma Ring Light à 30 euros. Je fais des montages qui me prennent cinq minutes… c’est super accessible ! Tu peux aussi faire des supers vidéos avec des effets spéciaux, mais c’est au-delà de mes compétences. »

Vous êtes une personne entière et souriante, mais c’est surtout grâce à votre physique que vous avez réussi à attirer votre public, une caractéristique avec laquelle vous jouez beaucoup ?
« Certes, j’utilise cela mais j’essaie toujours de faire passer un message supplémentaire dans mes vidéos. Si je peux aider les personnes à assumer leurs différences, ça me rend très heureux. Je reçois plein de messages de remerciements, ça m’encourage aussi à continuer. Toutes les émissions auxquelles j’ai participé, ça m’a dépassé car je ne pouvais imaginer faire autant de reportages, de plateaux de télévision et de radio. »

Nous avons pu découvrir sur votre compte des vidéos réalisées avec des personnes de petite taille, ou d’autres caractéristiques physiques souvent discriminées. Y a-t-il un message derrière cela ?
« Bien sûr, je ne fais pas ces vidéos par hasard. Par exemple, j’ai profité de l’émission sur France 2 “Ça commence aujourd’hui” où j’ai été invité pour tourner une vidéo avec Elodie Costa (une chanteuse et comédienne atteinte de nanisme, qui a aussi percé sur TikTok). Il y a un autre événement de TikTok France où j’ai pu découvrir d’autres créateurs de contenus et tourner avec eux. C’est plutôt dans ces moments où je profite de ces nouvelles personnes pour faire passer des messages en lien avec ces rencontres. »

@vincentpourchot

Répondre à @tiktok à votre avis je mesure combien de @elodiecostathevoice10 ?😏🤣#pourtoi #tall #fun #fyp #pourtoii #humour #difference #grand #petit

♬ Time Time – Trei Degete

Avez-vous une anecdote particulière à nous partager ?
« J’en ai bien une oui, mais ce ne sera pas la plus drôle. Il y a un an, lorsque j’ai perdu mon père à la suite de la maladie d’Alzheimer, j’ai voulu en parler sur mon compte TikTok. Je ne savais pas pourquoi, ni comment, si j’allais avoir assez de courage, mais cela me tenait à cœur. Je n’évoque rien de personnel sur TikTok. J’en ai discuté avec ma mère, avec qui je suis très proche, et elle m’a encouragé à aller jusqu’au bout de la démarche. C’est ce que j’ai fait. J’avais contacté par le passé la Fondation pour la Recherche sur Alzheimer, avec qui je voulais collaborer. J’avais expliqué aux personnes de la fondation ma notoriété sur les réseaux sociaux et je leur avais demandé qu’elles m’aident à lancer une cagnotte en ligne pour l’association. Au final, on lance ce projet, je fais ma vidéo et je reçois énormément de retours positifs. Avec ma communauté, on a rassemblé presque 2 000 euros. À la suite de cela, la fondation a même pris la décision de m’inclure dans leurs projets et je suis désormais un de leurs parrains. Je vous révèle une petite exclusivité : à partir du mois prochain, je vais faire un shooting photo à Paris pour une grande campagne publicitaire. On me verra sur plein d’affiches, sur les bus, etc. Je vous avoue que c’est une immense fierté et je suis très reconnaissant que mes abonnés m’aient suivi dans ce projet. C’est un bel hommage pour mon père et, plus largement, pour toutes les personnes atteintes de cette maladie. On n’en parle pas assez. »

Un basketteur professionnel, mais pas seulement !

Vous allez être ambassadeur du Conseil départemental pour les JO 2024 ? En quoi cela consiste-t-il ?
« Au moment de signer à Metz, le président du club m’avait informé que le conseil départemental de Moselle cherchait un ambassadeur pour représenter les Jeux Olympiques 2024 dans la ville de Metz, future terre de Jeux. J’ai toujours mis en avant ma ville, je porte d’ailleurs le numéro 57 en rapport à la Moselle. Donc j’ai accepté ce nouveau rôle de représentant, c’est un nouveau moyen de me montrer même s’il y a aussi un côté très politique dans cette démarche. Tant que ça ne joue pas contre mon image de marque, que c’est pour une cause positive, j’accepte. »

Que consomme Vincent Pourchot sur ses réseaux sociaux ?
« Je regarde de tout mais disons que je regarde beaucoup de vidéos en lien avec mes passions. ça peut-être sur des jeux vidéos, sur des contenus humoristiques. Puis, je suis également un collectionneur de cartes Pokemon ! Je regarde aussi des vidéos de basketball, dont celles de Brisco, champion du monde de basket freestyle.

Vous avez 30 ans et vous n’évoluez plus en LNB. Pensez-vous déjà à votre après carrière ?
« Oui, j’y réfléchis forcément ! Est-ce que je me lancerais entièrement à travers les réseaux sociaux, je ne sais pas ? J’ai eu des propositions pour faire du cinéma. J’aimerais bien devenir agent immobilier aussi donc les idées ne manquent pas. »

La deuxième partie de l’interview, côté parquet, est à découvrir mercredi matin sur Basket Europe.

Photo : Avec Adriana Karembeu et Michel Cymes

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