Vous venez d'être draftée par le Connecticut Sun. Qu'est-ce que ça représente pour vous ?
J'ai travaillé dur pour atteindre mes objectifs. J'ai pu partager cela avec mes parents, mes proches et Sébastien (NDLR : Deikerel, son agent). Ce moment compte beaucoup, j'ai hâte de découvrir cette nouvelle expérience.
Quand allez-vous rejoindre le Sun ?
Je vais finir ma saison avec Montpellier et en fonction des résultats, je rejoindrai le Sun après (NDLR : le BLMA s'est qualifié pour les demi-finales face à Basket Landes programmées les 29 avril et 2 mai).
Qu'est-ce qui vous a marqué lors de votre voyage Outre Atlantique pour la cérémonie de la draft ?
Je suis rentrée hier (jeudi 16 avril) en France. J'ai eu quelques réunions et ateliers avant la draft aux Etats-Unis. On a pu visiter l'Empire States Building, un édifice assez impressionnant. Puis ce fut le moment de la Draft. J'ai rejoint ma franchise directement le lendemain de la draft. Ils m'ont envoyée un taxi pour deux heures de route depuis New-York. J'ai eu l'occasion de rencontrer le staff et de découvrir les infrastructures.
Vous attendiez vous à être draftée si haut, suite à votre brillante saison avec les Gazelles ?
Je n'avais pas d'attente particulière. L'objectif que je m'étais fixée avec mon entourage était d'être draftée au premier tour et d'entrer dans cette ligue. Je suis plutôt contente concernant la finalité.
D'autant plus que vous avez également réalisé un cursus académique ?
Oui, j'ai un cursus assez académique. Je suis sorti du Pôle Espoir de Rouen puis du Centre Fédéral. J'ai enfin signé mon premier contrat professionnel, ici à Montpellier. Cocher un nouvel objectif va me permettre de m'en fixer des nouveaux et de ne pas me mettre des limites par la suite.

"Partout, où je vais j'ai envie d'être la meilleure."
Votre style de jeu semble être en adéquation avec celui de la WNBA. Voyez-vous cette opportunité comme un tremplin également pour développer de nouvelles compétences ?
Je pense être en capacité d'exister dans cette ligue et même de performer. Maintenant, ce passage va me permettre de prendre de l'expérience et d'apprendre de nouvelles choses. Il y a de grandes joueuses là-bas, une ligue assez compétitive, assez athlétique. Je vais forcément pouvoir apprendre, développer mes skills.
La saison que vous produisez au BLMA s'inscrit elle dans la continuité de été 2025 avec l'équipe de France U19, où vous avez pu exploser les compteurs (17,0 points, 5,5 rebonds et 2,8 passes) ?
Effectivement, je vois cette saison à Montpellier dans la continuité. Mon passage en équipe de France U19, l'été dernier m'a permis de gagner beaucoup en confiance et d'apprendre à avoir plus de responsabilités. J'ai également eu ma chance cette année. Je sais que ça n'arrive pas à tout le monde d'avoir la chance qu'un coach donne l'opportunité aux jeunes de s'exprimer. J'en suis reconnaissante.
Une page se tourne pour votre coach Valéry Demory. Toutes les Gazelles ont l'ambition d'aller chercher un dernier trophée pour lui ?
Oui, on veut aller chercher ce titre pour la dernière saison de Valéry ainsi que pour nous également, les joueuses. Il s'agirait d'une belle récompense de nos efforts et du travail produit cette saison.
Qu'est-ce qui vous manque un peu, de la régularité ?
Il faudrait qu'on ait moins de gros trous. On ne va pas se fixer de limites. On est prêtes, on va bien travailler pour ces deux matchs face à Basket Landes.
On vous sent très sereine malgré votre jeune âge et la pression qui peut exister au début de carrière. Vous vivez un instant de bonheur ?
Oui forcément, j'ai beaucoup de chance de pouvoir faire ce que j'aime et de réussir dans ce que j'aime. Il ne faut pas le nier, c'est le fruit de beaucoup d'efforts, de travail. Il faut rester disciplinée, être patiente, croire en ce que je fais.
Avez-vous changer vos méthodes de travail pour atteindre une nette progression pour décrocher ce titre de meilleure jeune de la Ligue Féminine ?
J'ai toujours été quelqu'un qui travaillait dur. L'an dernier était ma première saison en première division. J'ai découvert un nouvel environnement, beaucoup de transition aussi par rapport à ma vie d'avant. Il y a des moments un peu plus dur. Il faut continuer de croire en ce qu'on fait. C'est vraiment la clé qui m'a permis de m'exprimer cette année, et de passer certains caps.
Votre cursus au Pôle France a-t-il joué dans la construction de la femme et la joueuse que vous êtes sur le terrain aujourd'hui à quelques semaines de vos 20 ans, en terme de maturité ?
Oui mon passage à l'INSEP m'a aidée. Je pense également que le fait, où partout je suis allée, de Rouen à Montpellier, chaque personne que j'ai croisée, chaque coéquipière que j'ai eue, m'ont permis d'apprendre et d'être la joueuse que je suis aujourd'hui.
Vous venez précocement d'inscrire votre empreinte en LFB, voyez-vous poursuivre la saison prochaine dans ce championnat ou le fait de vivre une première expérience à l'étranger à l'été peut vous ouvrir des portes afin de disputer l'Eurolegue ?
C'était dans mon objectif de finir dans les top joueuses de la ligue. En général, je suis très compétitrice. Partout, où je vais j'ai envie d'être la meilleure. L'avenir nous le dira concernant l'Euroleague à l'étranger, pour l'instant j'ai envie de rester connectée sur ma fin de saison avec Montpellier puis le Connecticut Sun.