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Rachid Méziane : "Ma femme sait que coacher c’est aussi un métier de cinglé"

Rachid Méziane est le premier coach issu du basket français -on n'oublie pas le Franco-Américain James Wade- a prendre en mains une équipe WNBA, le Connecticut Sun. Cela implique certaines contraintes familiales, qu'il nous explique.

©FIBA
"Il y a des choses que l’on ne peut pas remplacer, c’est la présence de ta famille. Le luxe que j’ai eu ces dernières années en étant coach de Villeneuve d’Ascq et de l’équipe nationale belge, c’est l’unité de lieu. Je pouvais faire pleinement mon métier et en plus jouir de la présence de ma famille autour de moi, de pouvoir jouer mon rôle de mari et de père.
Là, mon départ aux Etats-Unis s’est fait en cours d’année et tu n’as pas forcément le temps de préparer ta famille à ce changement avec des enfants qui sont scolarisés. Dans ma carrière, même si je n’ai pas fait énormément de clubs, mon fils a connu trois gros déménagements, Nice, Montpellier et le Nord. Je savais que je devais passer beaucoup de temps pour m’adapter et est-ce que c’était le bon timing pour faire venir ma famille à ce moment-là ? Retrouver un établissement scolaire aux Etats-Unis. C’était aussi ajouter du stress là où j’avais aussi besoin de me concentrer sur mon travail. J’ai la chance d’être marié à une ancienne basketteuse professionnelle, Stéphanie Dubois-Méziane, qui comprend les problématiques de coach avec les changements de clubs, les déplacements à répétition, car elle l’a vécu en tant que joueuse. Elle sait que coacher c’est aussi un métier de cinglé (rires), que l’on est souvent un peu seul.
On a trouvé un équilibre. La famille vient me voir dès que c’est possible durant les vacances scolaires. L’avantage que l’on a c’est que quand on est aux Etats-Unis, ils sont vraiment en immersion avec moi. Ils sont avec moi en déplacement, on voyage en avion privé, ce n’est pas comme si je les laissais à la maison quand je pars. La saison régulière a duré quatre mois et on a fait trois road trips d’une quinzaine de jours sur la côte ouest. Aussi, si je partais quinze jours pendant que ma famille est là avec tout le stress de s’installer dans un nouveau pays, où on ne parle pas la même langue que toi, on n’avait pas envie de ça, de « déséquilibrer » la vie de nos enfants. Ils sont venus passer une douzaine de jours avec mois durant les vacances de Pâques, un gros mois pendant l’été. J’avais envie aussi de voir comment se passait l’inter-saison. Je suis rentré en France, je me déplace beaucoup, mais j’arrive à passer quand même du temps avec eux. Avec le recul, je pense que l’on a fait le bon choix. Ça va tellement vite que j’ai l’impression d’être parti hier.
Là, je repars dimanche aux Etats-Unis pour une quinzaine de jours, je vais globalement passer le mois de décembre ici en étant en famille pendant les fêtes de Noël. Je repartirai certainement en janvier. On fera la tournée des joueuses et des clubs, fin janvier début février et je repartirai à plein temps là-bas fin février, début mars. Quand je suis en France, je scoute, on a des visios avec le staff trois fois par semaine. J’entretiens des relations avec les joueuses (NDLR : Rachid Méziane est notamment allé voir Leïla Lacan à Basket Landes). Il y a du boulot mais j’arrive quand même à me ressourcer en étant proche de ma famille.
Lorsque la saison démarre, tu es vraiment dans une machine à laver. Quand tu voyages, tu traverses tout le pays, la répétition des matchs, les entraînements. Bien sûr que lorsque tu vas jouer à Las Vegas et que tu as un créneau de deux heures, tu vas voir cette ville théâtre. La seule fois où on a eu un jour de déconnexion c’est lorsqu’on était à San Francisco pour jouer les Valkyries et on s’est un peu évadé. C’est une ville magnifique avec son architecture très particulière, les cable cars, les rues qui montent, qui descendent. Pareil quand tu joues le Liberty de Marine Johannes à New York. Mais tu ne fais pas du vrai tourisme… La charge de travail est importante et le niveau d’exigence étant très haut, tu cherches à être le plus précis possible et donc tu travailles beaucoup."

Un interview plus complet sera à retrouver dans le numéro 3 de Maxi-Basket de décembre.

 

 

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