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Tyson Ward, couteau suisse de l'Olympiakos : "Je veux le titre de meilleur défenseur"

Après deux années dorées à Paris, Tyson Ward (1,98 m, 27 ans) fait désormais le bonheur de l'Olympiakos, où l'Américain n'a eu aucun mal à se fondre dans le collectif du club du Pirée. De retour à Paris ce mardi, il s'est exprimé sur ses premiers mois en Grèce pour BasketEurope.

Tyson Ward © Euroleague

"Je l'ai vu après la cérémonie, il était très ému. J'ai l'impression qu'il avait les larmes aux yeux". Comme l'a expliqué l'entraîneur de l'Olympiakos Georgios Bartzokas en conférence de presse, ce mardi était une soirée spéciale pour son ailier Tyson Ward. Comme il est coutume depuis le début de saison, l'Américain a reçu un vibrant hommage de la part de son ancien public de l'adidas arena, avant de s'imposer contre ses anciens coéquipiers (87-104).

Une initiative qui n'a évidemment pas laissé indifférent le principal intéressé, comme il nous l'a raconté. "C'était un moment très émouvant pour moi. Ces deux dernières années ont été spéciales pour moi et ma famille. Cela compte beaucoup pour moi d'avoir fait partie de cette aventure. Ça m'a aidé dans la construction de ma carrière. Ça me fait très plaisir qu'ils m'aient rendu cet hommage."

Une légende du Paris Basketball

En même temps, il faut reconnaître que peu de joueurs peuvent se targuer d'avoir autant marqué le Paris Basketball que le Floridien. En seulement deux ans dans la capitale, le poste 3 a, hormis l'Euroleague, remporté tout ce qu'il pouvait avec le club (Coupe de France, Eurocup, Leaders Cup et Betclic Élite), dont il était le point d'ancrage défensif.

Très mobile et doté d'une grande envergure, l'Américain est une vraie plaie pour tous les attaquants extérieurs d'Europe, et a frustré plus d'un maestro lors de sa période parisienne. L'année dernière, il avait même été nommé parmi les finalistes pour le trophée de défenseur de l'année en Betclic Élite, qui avait été décerné au Monégasque Alpha Diallo.

Pour autant, Ward n'en reste pas moins une grande menace en attaque. Si ses qualités athlétiques font de lui un excellent joueur en pénétration, c'est bien son shoot à longue distance qui représente sa plus belle qualité offensive. En Betclic Élite, la deuxième touffe préférée des supporters parisiens tournaient à 41,3% de réussite derrière l'arc en 2024/25.

Une adresse qui s'était même avérée décisive, notamment en ouverture de la finale du championnat de France contre Monaco. Avec 16 unités au compteur, et surtout un très joli 3/3 à 3-points, l'ancien de Bonn avait parfaitement lancé les siens face à la Roca Team, contre qui ils avaient échoué au même stade l'année précédente.

Plus tard dans la série, alors qu'ils étaient en passe de laisser filer le titre après avoir mené 2 manches à 0, les Parisiens ont pu s'en remettre à leur ailier, auteur de 11 points à 4/7 au shoot lors du cinquième match, à l'issue duquel le PB était sacré champion de France pour la première fois de sa jeune histoire. Un trophée d'autant plus savoureux que Tyson Ward est allé le chercher dans "la ligue la plus difficile dans laquelle [il a] joué", analysait-il ce mardi soir.

"De haut en bas du classement, il y a de la compétition. Avec la Liga Endesa, c'est l'une des meilleures ligues d'Europe. On avait des semaines avec deux matchs où l'on jouait des équipes de bas de classement, et elles nous battaient alors qu'on était dans un bon jour. C'est ce qui rend ce championnat si spécial."
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L'Olympiakos comme une évidence

Comme évoqué précédemment, le gros point fort de Tyson Ward réside dans ses facultés défensives. Seulement voilà, pour l'instant, l'Américain n'a pas encore reçu de récompense permettant d'attester de son efficacité dans ce domaine. Coup de chance pour lui, l'Olympiakos compte dans ses rangs un vainqueur du titre de meilleur défenseur de l'Euroleague en la personne de Thomas Walkup, mais pas que...

"La plupart des clips que je regarde sont de Thomas Walkup", nous décrit Tyson Ward. "J'apprends aussi auprès de Frank [Ntilikina]. C'est bon d'avoir ces deux gars comme référence. Thomas a quelque chose que j'ai toujours voulu et c'est ce titre de meilleur défenseur. Si je peux apprendre de lui, je le ferais le plus possible."
Thomas Walkup, meilleur défenseur de l'Euroleague en 2024 © Euroleague

Car oui, on l'a désormais bien compris, ce qui l'intéresse, ce n'est pas de faire la une des journaux, ni d'être la star de son équipe. Pour Ward, l'essentiel est de se donner 200% sur le parquet, pour rendre l'amour que lui ont donné les fans du club du Pirée depuis son arrivée à Athènes.

"Je joue juste à ma manière. Je n'ai pas beaucoup besoin du ballon, c'est comme ça que je me fonds dans un collectif. Toutes les équipes ont besoin d'un gars qui met de l'énergie. J'adore être ce gars. C'est ma raison de me lever le matin, ce qui me rend heureux de jouer au basket. Pouvoir faire ça devant 20 000 personnes, c'est encore plus excitant."

Forcément, cette mentalité plaît beaucoup à son coach. "Ce gars a toujours une attitude et un body language qui aident tout le monde", appréciait Bartzokas devant les médias. "Il est très athlétique, rapide et polyvalent. C'est un ailier, mais parfois, quand on a des absences, on l'utilise en tant que meneur. En tant qu'entraîneur, c'est très bon de pouvoir compter sur quelqu'un comme lui."

Une analyse élogieuse qui fait état de l'adaptabilité de l'ailier, qui nous a dévoilé son secret : ne pas se mettre la pression. "Il faut être prêt à apprendre. Ça ne va pas être facile, il y aura des moments où tu vas te foirer, mais il faut continuer à se tromper sur les choses que tu ne fais pas bien pour progresser. Je prends les choses au jour le jour. Chaque opportunité qui m'est donnée, je la prends par les cornes."

À l'adidas arena, Paris.

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