Coupe du monde: La France repousse l’Allemagne au bout d’un match INCROYABLE, 78-74

Pascal Legendre
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Jamais les Allemands ne doutent, jamais les Allemands n’abandonnent. Alors que deux fois, ils s’étaient retrouvés ballotés par des Français conquérants, deux fois ils sont revenus du diable vauvert. Que ce match fut beau, que ce match fut haletant. Les Bleus ont de la ressource, physique et morale. Deux ans après l’échec à l’Euro, ils ont retrouvé toutes leurs facultés défensives et ils ont pu compter dans un premier temps sur un homme providentiel, un époustouflant Amath Mbaye auteur de 13 points en première mi-temps (21 au total, record en carrière). Et sur un Evan Fournier qui invariablement a trouvé la clé pour découper la défense allemande (26 points à 8/16 aux tirs et 10 rebonds).

Cette victoire, les Français l’ont acquis avec les dents et malgré le manque de rendement de Louis Labeyrie, mal à l’aise, et surtout de Nando DeColo d’une fébrilité rare (-2 d’évaluation avec 0/3 aux tirs et 5 balles perdues).

Ce succès est capital pour la suite de la Coupe du monde. L’équipe de France est à 99% au deuxième tour -la République Dominicaine et la Jordanie sont très faibles et perdre contre elles serait une faute lourde- et bien positionnée pour atteindre le quart-de-finale. Mais la route sera pentue et on revivra certainement d’ici là des émotions fortes comme lors de ce France-Allemagne qui entre dans la légende.

Vincent Collet choisissait de bâtir son cinq de départ avec Andrew Albicy, Evan Fournier, Nicolas Batum, Amath Mbaye -quel promotion, tout de même pour un joueur presque inconnu en France il y a un an- et Rudy Gobert.

Le premier quart-temps allait entrer dans le Livre d’Histoire et le Livre des Records des Bleus puisqu’ils menaient 14-0 -sept points de Amath Mbaye- avec un 0/13 des Allemands aux shoots, lesquels mettaient 7’25 minutes pour inscrire leurs premiers points sur un panier primé de Maodo Lo. Juste INCROYABLE.

Avec Rudy Gobert (9 points, 9 rebonds, 5 contres et l’intimidation qui va avec au final) et Nicolas Batum en tours jumelles, la défense des Français était exceptionnelle, formidable, parfaite. Fournier (7 rebonds défensifs en première mi-temps), Gobert et Batum (5 chacun) raflaient tout ce qui étaient sous (ou sur) leur cercle. Les Allemands étaient en panique. Dans le premier quart-temps, le seul autre point est venu d’un lancer de Johannes Voitgmann. En apnée dans la peinture, les Allemands devaient d’ailleurs attendre 12 minutes pour marquer un premier panier à deux-points.

La Mannschaft fut soudainement beaucoup plus incisive dans les couloirs de passes. Après un avantage de dix-sept points des Français (21-4), sur un deuxième 3-points de Frank Ntilikina et un dunk de Vincent Poirier, elle refaisait surface. Les Français perdaient beaucoup de ballons (10 en 15′ à ce moment-là contre 2 aux Allemands). Pas de doute: le banc français -y compris Nando De Colo n’était pas à la hauteur des titulaires et les Allemands retrouvaient leur confiance même si Dennis Schröder (1/8 en 17′) était toujours barbouillé. 21-17.

Photo: Evan Fournier

Evan Fournier, le grand timonier

C’est avec le retour des cadors notamment de Nicolas Batum (+29 pour la France en première mi-temps lorsque l’ailier des Hornets était sur le terrain) que les Bleus retrouvaient tout leur punch et sur un 2+1 d’Evan Fournier, ils reprenaient une confortable avance à la mi-temps (36-20). Les Allemands avaient converti seulement 7 de leurs 34 shoots.

Un pic était atteint à 52-28 (26e) sur un trois-points du diabolique Amath Mbaye. Les Bleus en étaient à 8/12 dans les paniers derrière l’arc à ce moment-là.

Seulement, comme au début du deuxième quart-temps, la France tombait dans un trou noir. Les big men Johannes Voigtmann et Robin Benzing artillaient à trois-points en profitant d’un coupable relâchement défensif. Dennis Schröder retrouvait aussi sa force de percussion (23 points et 8 points mais 7/19 aux shoots). Si bien que l’avantage des Bleus était sérieusement dégonflé après trois quart-temps. 59-50 et même 59-53 quelques secondes après la reprise.

Une nouvelle série d’Evan Fournier pouvait nous faire croire que c’était cette fois dans la poche (68-55, 33e), mais pas du tout. Johannes Voigtmann (25 points… 5/7 à trois-points) continuait de tromper la vigilance des défenseurs français. 68-60. Dennis Schröder était en train de nous refaire le coup de 2017 quand il avait étourdi les Bleus en huitièmes de finale de l’Euro. 71-68.

C’était intenable. Evan Fournier mettait un shoot en fade away comme il en a le secret. 74-70. Gagné? Non. Nando De Colo était enfermé le long de sa ligne de fond et envoyait la balle dans les décors. Paul Zipster plantait son seul panier du match. 76-74. Six secondes à jouer. Sur la dernière attaque, la France mettait au point la stratégie la plus sage: donner la balle à Evan Fournier. Faute. Le joueur d’Orlando était magique. 2/2. Ouf !

La boxscore est ICI.

Mardi 3 septembre – Jordanie-France (14h30)
Jeudi 5 septembre – République Dominicaine-France (14h30)

Photo: FIBA

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