France 89, Etats-Unis 79 – Le plus grand exploit de l’histoire du basket français

Pascal Legendre
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Il s’agit du plus grand exploit de l’histoire du basket français même si ce n’est qu’un quart-de-finale et qu’il n’y a toujours pas de médaille dans la besace. Il s’agit de l’un des plus grands exploits du sport français car battre une équipe américaine formée de joueurs NBA n’était pas arrivé depuis la demi-finale du championnat du monde de 2006 face à la Grèce.

Ne croyez pas ceux qui diront que l’équipe américaine était dépenaillée avec de multiples forfaits. Les Etats-Unis dominent le basket-ball comme aucun pays un sport universel et faire tomber leur équipe nationale double tenante du titre mondial, championne olympique lors des trois dernières éditions, même privée de quelques superstars est absolument FANTASTIQUE.

A l’heure des prix d’Excellence, Rudy Gobert mérite de passer en premier. Il y a ses stats (21 points à 6/12 aux tirs, 9/10 aux lancers, 16 rebonds, 3 contres, 2 passes, 36 d’évaluation), et aussi sa formidable présence dissuasive dans la peinture, son extrême concentration, la confiance qu’il apporte à toute l’équipe. Les Américains n’avaient personne pour s’opposer au Picard !

On doit encore saluer la paire Evan Fournier-Nando De Colo (40 points à eux deux) et aussi le toupet de Frank Ntilikina (11 points, 3 passes), qui a planté un trois-points décisif, et qui a défendu le plomb. Il mérite tellement mieux que ce que les Knicks lui ont proposé depuis deux ans.

Mais cette victoire est collective. Elle est celle des choix tactiques de Vincent Collet et de la force mentale d’un groupe qui a réussi à ne pas être paralysé par le retour des Américains dans le troisième quart-temps avec ce diable de Donovan Mitchell (29 points, 30 d’évaluation) ni trop énervé par des décisions arbitrales pas toujours favorables. La défense des Bleus a interdit aux Américains de profiter à fond de leur fantastique vitesse de course notamment en remportant la bataille du rebond, 44 à 28. Oui 44 à 28.

Comme les Australiens sont parvenus à vaincre les Tchèques (82-70), les Français sont qualifiés directement pour les Jeux Olympiques de Tokyo alors qu’on leur promettait un TQO infernal au début de l’été prochain. Mais pour que l’oeuvre se transforme en chef d’oeuvre, il faut maintenant s’imposer à l’Argentine en demi-finale. Or, on sait combien ceux-ci sont des guerriers.

Le basket français est actuellement en train de célébrer la performance de son équipe nationale. On espère que l’ensemble du mouvement sportif, les politiques et les médias vont comprendre que ceci est juste grandiose et que cela mérite un traitement enfin digne de ce sport universel au sein duquel la France est une grande nation.

Photo: Frank Ntilikina (FIBA)

C’est à douze que les Bleus ont abordé ce match couperet et historique puisque Louis Labeyrie, qui n’avait participé qu’à deux matches jusqu’ici pour moins de dix minutes au total en raison d’une blessure à la cuisse, était de nouveau disponible. En revanche, les Etats-Unis étaient toujours privés de leur ailier des Boston Celtics Jayson Tatum pas encore complètement remis de son entorse à la cheville.

Les premiers échanges donnaient lieu à un duel offensif à distance entre Evan Fournier et Donovan Mitchell. C’était très intense d’entrée. Sur une interception d’Andrew Albicy, la France menait 12-8 et malgré trois trois-points des Américains (sur sept shoots), qui jouaient beaucoup small ball, les deux équipes étaient à même hauteur après un quart-temps à 18. Ca défendait bien côté français à commencer par la paire de meneurs Ntilikina-Albicy.

Avec les rentrées de Nando De Colo et Mathias Lessort tout de suite efficaces, les Bleus étaient toujours devant 27-22 (13e). Vincent Collet expérimentait le pressing tout terrain, la zone, Louis Labeyrie. L’action de la première mi-temps, c’était une feinte de passe de Nando De Colo suivie d’une offrande à la louche à Rudy Gobert mais malheureusement celui-ci ne parvenait pas à capter la balle.

Les Américains étaient peu efficaces à trois-points (3/11) au contraire de Evan Fournier (3/4 pour 13 points). Rudy Gobert était lui très agressif et se procurait 10 lancers pour en transformer 9 ! Il jouait 18 minutes en première mi-temps. Indispensable.

Photo: FIBA

Jusqu’à 10 points d’avance pour les Bleus

A 3’13 de la fin de cette mi-temps, les Bleus menaient 36-29 et encore 45-37 à 18 secondes du buzzer avant que Donovan Mitchell (1,90m, 23 ans) réduise un peu l’écart à 45-39. Avec ses pas chassés, sa science de la pénétration, le combo guard des Jazz avait inscris 15 des 39 points de Team USA et obtenu 19 de ses 40 points à l’évaluation ! Enorme surprise, les Bleus dominaient les Américains au rebond, 21 à 12.

Et pas de relâchement à la reprise. 51-41 au bout d’une minute sur un 3+1 de Nicolas Batum. C’est Gregg Popovich qui était contraint de commander un temps-mort. Les Américains donnaient alors un coup d’accélérateur, défensif et offensif, et revenaient avec des actions à trois-points et toujours et encore le bourreau Donovan Mitchell absolument intenable et aussi Jaylen Brown. A 2’41, les Américains égalisaient à 60 et repassaient en tête à 62-63 puis 63-66. Les Bleus avaient perdu leurs esprits dans ce troisième quart-temps où les Américains avaient beaucoup -trop- scoré, 27-18.

Quelques décisions arbitrales n’étaient pas en faveur des Bleus -un panier scandaleusement non accordé à Nando De Colo à un moment crucial fut même une faute lourde lourde de conséquences- et ça n’arrangeait pas leurs affaires. Les hommes de Gregg Popovich gagnait la bataille des airs au rebond offensif et avec des tirs extérieurs, ils obtenaient le plus gros écart en leur faveur, 65-72 (32e).

Photo: FIBA

Un coup de barre… et ça repart !

A ce moment-là, on pouvait craindre que les Bleus allaient craquer. Pas du tout. Avec l’appui… du public chinois, ils repartaient à l’abordage faisant preuve d’une parfaite lucidité. Sur un panier à trois-points de Frank Ntilikina, il égalisaient à 76. Le fameux momentum changeait de camp. 78-76. Et encore 80-76 sur une passe de Evan Fournier à son pote Rudy Gobert qui allait au dunk. Marcus Smart ratait son quatrième lancer, preuve que les Américains étaient ravagés par un doute affreux. Frank Ntilikina enfilait un autre panier primé, celui-ci au buzzer et dans une position -presque- impossible. Quel sang froid à 21 ans -depuis juillet. Rudy Gobert interdisait l’accès au cercle à ses collègues américains de NBA. Nando De Colo se faisait justice aux lancers. 84-78. C’était au tour de Kemba Walker de défaillir sur la ligne de réparation. Kris Middleton mettait le pied en touche. Encore deux lancers de De Colo. C’était in the pocket !

Les héros étaient français. On chavirait de bonheur. Un moment pour l’éternité.

La boxscore est ICI.

Photo d’ouverture: Rudy Gobert, FIBA

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1 Response
  1. ZZ TOP

    Pour répondre à votre interrogation pour savoir si cela va résonner comme un coup de tonnerre dans la presse et l’opinion publique.
    1) Zéro… Comme le nombre de commentaire sous cet article au moment même ou je rédige le mien… Édifiant !
    Petite aparté… Pourquoi persister vous à faire payer certains articles à vos lecteurs ?
    Cela joue sur l’attrait de votre site au demeurant très bien réalisé. Songez y !
    2) Perso ce n’est pas un exploit retentissant. Pourquoi le direz vous ?
    Tout simplement que la team USA a joué face à une équipe composée en grande partie d’une autre sélection NBA… il suffit de regarder la composition de la team France
    !
    Les US sont venus au mondial avec une équipe C voir D et déjà la défaite en préparation face aux australiens, puis la victoire miraculeuse face à la Turquie en phase de poules avaient commencé à interpeller…
    La d’action est tombée hier face à une équipe de France très séduisante et complète à tous les postes.
    Quand on possède des Gobert, Ntilikina, Batum, Fournier (tous en NBA) plus un De Colo au sommet de l’Euroligue cela donne le vertige à plus d’une équipe.
    C’est une belle performance mais de, là à parler d’exploit non.
    Mais si cela peut faire du bien à la médiatisation du basket français c’est tout bénéfice.

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