France 67, Australie 59 – Les Bleus ressuscitent en deuxième mi-temps et s’offrent la médaille de bronze

Pascal Legendre
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Longtemps les Bleus sont apparus jouer la peur au ventre, avec le frein à main, dans le formol, pas remis de leurs désillusions face à l’Argentine. L’Australie n’était pas irrésistible mais à son train pépère, elle pouvait sérieusement envisager de gagner la première médaille mondiale de son histoire.

L’équipe de France a joué un scénario totalement différent de ses victoires précédentes avec une première mi-temps très, très laborieuse mais plus fraîche, elle a su donner le coup d’accélérateur décisif au moment où il le fallait. Après avoir remporté le troisième quart-temps 21-16, elle a dominé le quatrième, 25-13.

Longtemps habité par un doute affreux, déçu au point de mettre sa médaille dans sa chaussette (!), Evan Fournier a su tout de même scorer 16 points mais les hommes du match sont Nicolas Batum (9 points, 6 passes, 16 d’évaluation) qui a réveillé son équipe, Vincent Poirier (8 points et 7 rebonds) qui a bien pris le relais de Rudy Gobert qui a terminé cette Coupe du monde ensablé (2 points, 4 rebonds), Nando De Colo (19 points), juste indispensable, et l’étonnant Andrew Albicy qui outre sa défense de pittbull a planté trois paniers à trois-points (sur trois tentatives) dans le money time, lui qui fut longtemps déconsidéré en raison de sa maladresse chronique et qui est le seul à avoir participé les mains dans le cambouis à tous les matches de qualification.

L’équipe de France est ainsi bronzée comme en 2014. Une preuve de sa constance à haut niveau. Malgré la faillite collective face à l’Argentine, cette Coupe du monde est donc une réussite et l’exploit face aux Etats-Unis demeurera gravé sur le frontispice du Panthéon du sport français.

Evidemment, Andrew Bogut se faisait huer dès qu’il avait la balle par le public chinois. Juste une anecdote car les Boomers s’en fichaient éperdument et sortaient tout de suite les coudes, les bras et les genoux à l’image de Matthew Dellavedova. C’était du dirty game. L’adresse fuyait les Français (5/17 dans ce quart-temps) et à l’inverse Patty Mills marquait 8 des 10 premiers points australiens. Bloqués par la défense des Boomers et surtout défaillants dans la finition, les Bleus étaient à la remorque (8 à 16) des Australiens qui avaient imprimé leur griffe sur ce quart-temps.

Si les Français faisaient le job en défense et au rebond défensif à l’image de Louis Labeyrie, c’était toujours la panade offensivement. Evan Fournier n’avait converti qu’un seul de ses huit premiers tirs y compris des tout cuits. L’Australie ne paraissait pas insubmersible mais elle profitait des bévues françaises avec ce gros malin de Joe Ingles (12 points, 4 rebonds et 2 passes), qui plus qu’un autre symbolise la dureté physique et mentale de cette équipe australienne: 11-19, 18-26 et 21-30 (20e).

Sur la dernière action, Rudy Gobert s’encastrait dans la défense australienne et commençait à perdre ses nerfs. Un échantillon de la frustration des Bleus rejetés à 25% de réussite aux shoots (8/32) contre 46% (12/26) pour les Boomers. Seul Louis Labeyrie (8 avec 6 rebonds) avait une évaluation supérieure à 3. On ne comptabilisait que deux tirs pris par la paire Batum-Gobert, aucun de réussi. Et un total collectif de 4 passes et 8 paniers.

Photo: Andrew Albicy (FIBA)

Quand Andrew Albicy sort de sa boîte

Sur la troisième faute de Rudy Gobert, l’écart passait tout de suite à 15 points (23-38). Evan Fournier continuait son chemin de croix. Le rythme était toujours australien même si Patty Mills piquait du nez depuis un bout de temps.

Et subitement, une magnifique éclaircie était observée dans le ciel pékinois à laquelle Nicolas Batum et aussi Vincent Poirier n’étaient pas étrangers. Sur un 8-0, l’avantage australien fondait jusqu’à 42-44 (28e). Tout d’un coup les Australiens étaient devenus des tracteurs… Mieux encore: sur deux trois-points et deux lancers-francs de Nando De Colo, la France prenait pour la première fois le commandement: 50-46.

Vincent Collet mettait un temps Frank Ntilikina et Andrew Albicy ensemble pour reposer Nando De Colo. Patty Mills (15 points) était revenu aux affaires mais avec un peu moins de verve que sur les matches précédents et un ballon perdu tout seul en se dribblant sur le pied attestait de sa fatigue généralisée.

Ce qui allait faire la décision dans le money time, ce sont les trois-paniers à trois-points de Andew Albicy et un rythme et une confiance retrouvés. Il n’y avait encore que quatre points d’avance à 2’05 de la fin (60-56) mais les Bleus tenaient bon la barre, marquant suffisamment de lancers, prenant assez de rebonds, gardant leur sang-froid pour filer vers la victoire. Les Boomers étaient sur les rotules. 67-59. Magnifique retournement de situation.

La boxscore est ICI.

Photos: FIBA

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