Tour d’Europe Hoopvan : Le seul et l’unique, le clasico Barça – Real

« El Clásico » ne porte pas son nom sans raison. Il revient chaque année, au moins deux fois en Liga Endesa, deux fois en Euroleague, et quasiment chaque saison en Copa Del Rey, en Supercoupe ou en playoffs. Le 13 octobre 2022, à l’occasion de la 2e journée d’Euroleague, le FC Barcelone et le Real Madrid s’affrontaient pour la 324e fois de leur histoire, quelques semaines après leur duel en finale de la Supercopa (victoire des Blancos 89-83). Chronique d’une rivalité sans égal en Espagne avec Hoopvan.

Tout au long de la saison 2022-23, vous pourrez lire sur Basket Europe les aventures d’Adrien, alias Hoopvan, un passionné de basket qui parcourt 15 000 km au travers du vieux continent dans un van spécialement aménagé au sport de sa passion.

Demandez à n’importe qui en Espagne, il vous répondra qu’il n’y a qu’un seul « Clásico ». C’est bien sûr le nom attribué à ce match de légende entre les deux plus grandes équipes de Liga ACB. Et il s’en est disputé des centaines, 324 pour être exact. Le premier remonte au 28 avril 1945 et fut remporté par la maison blanche. Aujourd’hui, il s’agit de l’une des plus grandes affiches que peut proposer le basket européen sur les parquets. Le 13 octobre 2022, pour la première confrontation de la saison en Euroleague, le FC Barcelone accueille son rival au Palau Blaugrana, enceinte de 7 585 places.

El Clásico en chiffres
324 confrontationsFC Barcelone : 165 victoires – Real Madrid : 156 victoires (3 nuls)
Quelques joueurs passés par les deux clubs : Nikola Mirotic, Mario Hezonja, Nicolas Laprovittola, Adam Hanga, Thomas Heurtel, Ante Tomic, Pepe Sanchez, Dejan Bodiroga, Alain Digbeu, Sasa Djordjevic

Un peu d’histoire…

Le Real Madrid est le premier club à avoir brillé en Espagne. Créée en 1931, la maison blanche devient assez vite une institution dans le monde du basket espagnol puis européen. Le club fait aujourd’hui partie des plus titrés au monde : 10 coupes d’Europe (un record), 36 championnats d’espagne, 28 coupes du roi, 9 supercoupes d’Espagne, 5 coupes intercontinentales, 4 coupes des coupes, 1 coupe Korac, 1 coupe ULEB, 1 coupe latine, 25 tournois de Noël. 

Ce palmarès parle de lui-même de la constance des « Blancos » à évoluer au plus haut niveau. En 2018, ils ont remporté l’Euroleague avec un certain Luka Dončić. On trouve encore six champions d’Europe dans l’équipe actuelle (Fabien Causeur, Gabriel Deck, Rudy Fernandez, Sergio Llull, Walter Tavares et Anthony Randolph). Actif cet été, le club s’est montré ambitieux avec les signatures de Mario Hezonja, Džanan Musa, Sergio Rodriguez ou encore Petr Cornelie. Le dernier changement vient au coaching avec le remplacement de Pablo Laso par Chus Mateo, son assistant depuis 2014. Autour d’une base solide dans la continuité de ces dernières années et d’un pivot dominant en Euroleague, cette équipe aborde la saison avec confiance. 

Le FC Barcelone est un club plus ancien, créé en 1926, mais qui a pris plus de temps pour atteindre le plus haut niveau européen. Il remporte sa première Liga en 1959 et sa première coupe d’Europe en 2003. Au total, c’est 19 championnats, 27 coupes du roi, 2 coupes d’Europe, 6 supercoupes d’Espagne, 23 ligues catalanes, 1 coupe intercontinentale, 2 coupes Korac, 2 coupes des coupes, 9 championnats catalan. Là aussi un beau palmarès, mais sa dernière coupe d’Europe remonte à 2011 et l’ambition du Barça non cachée est de rafler de nouveau ce trophée. 

Afin d’avoir les moyens de ses ambitions, le Barça a signé de grands noms cet été avec l’arrivée de Jan Vesely, Tomas Satoransky, Nikola Kalinić, Mike Tobey et Oscar Da Silva. Un effectif XXL qui doit composer en ce début de saison avec les blessures de Nikola Mirotić, Kyle Kuric et Sergi Martínez. Cette équipe se présente avec moins de certitudes et d’automatismes avant ce clásico et des joueurs qui doivent encore s’adapter au jeu de Šarūnas Jasikevičius. La marge de progression est importante et il est encore tôt pour juger du potentiel de cette équipe mais on attend de voir le chemin parcouru depuis la finale de Supercoupe perdue face à ce même Real.

Jour J – chronique d’un 324e clasico

13 octobre 2022. Le soleil se lève au-dessus de Barcelone. Une journée comme les autres en Catalogne, me direz-vous. Pas vraiment. Aujourd’hui, c’est jour de clasico. Dans la presse, le duel ne fait malheureusement pas la une. Comme souvent en Europe, la ligue des champions et le foot passent d’abord. On le comprend quelque peu car la section basket du Barça a encore un public à conquérir. Après plusieurs sessions sur les playgrounds de la ville, impossible de trouver un joueur avec un maillot de basket du plus grand club catalan ! L’un des joueurs de street croisé est installé depuis plus de deux ans dans la ville, est un fan de basket et n’a encore jamais été voir un match au Palau Blaugrana. Il y a encore beaucoup à faire pour populariser le basket européen…

À quelques heures du rendez-vous, direction la salle. La terrasse du bar à l’intérieur du complexe regroupant le Camp Nou, le Palau Blaugrana et le musée est calme. La pression monte doucement, au rythme espagnol, avec la perspective d’une soirée sur laquelle il ne faut jamais parier à l’avance. Comme nous le dit un supporter barcelonais : « Dans un clasico, tout est une inconnue ».

H-2, changement d’ambiance. Les hauts parleurs commencent à diffuser des chants de supporters, l’ambiance du clasico s’installe petit-à-petit. Les caméras sont de sorties, les personnalités affluent en même temps que les supporters. H-1, ouvertures des portes, premiers pas dans le Palau Blaugrana et ses 7 585 places, un complexe assez ancien plutôt décevant quand on le compare aux autres infrastructures en Espagne telles que la salle de Valencia, visitée quelques jours plus tôt. Qu’importe, ce qui compte, c’est le match ! 

Et puis les joueurs barcelonais entrent dans l’arène, sous les applaudissements. D’un coup, on entend chanter depuis les tribunes « Jasikevičius, Jasikevičius, Jasikevičius… ». On comprend que le tacticien lituanien vient de faire son entrée sur le parquet, et quelle ferveur ! La même scène se produit à l’arrivée de Nikola Mirotic, qui ne dispute pas la rencontre, blessé, mais dont on comprend l’importance de sa présence. À l’animation, on retrouvera plus tard les deux groupes de supporters du club, les Dracs 1991 et Sang Culé Cor Català, qui se chauffent la voix doucement mais sûrement.

Arrivent ensuite les joueurs du Real, une autre ambiance. Début d’échauffement classique à deux colonnes, première balle pour notre frenchie Guerschon Yabusele qui claque un premier dunk, avec la manière. Un petit « concours » de dunk s’installe entre deux exercices avec Yabusele, Poirier et Hezonja, comme si de rien n’était. A M-5, le Palau Blaugrana finit de se remplir. Présentation des équipes, avec évidemment une huée générale pour le Real, presque plus forte que les applaudissements des locaux. Sur la feuille de match, ils sont deux à avoir joué pour les deux équipes : Mario Hezonja et Nicolas Laprovittola, Adam Hanga et Nikola Mirotic étant blessés.

20h30, le Clasico est lancé ! Porté par les ondes positives des supporters, le Barça entame parfaitement cette rencontre en jouant avec ses postes intérieurs Sanli et Tobey à l’extérieur de l’arc et privilégiant le post-up avec Satoransky et Kalinic (24-16 à la fin du premier quart temps). Le Real n’a pas de solution à opposer, Sato se régale en un-contre-un et quand Tavares vient protéger le cercle, l’adresse fait la différence.

Logiquement, le Palau commence à s’enflammer avec de nombreux chants faciles à suivre. La première clim vient de Mario Hezonja, qui connait bien la salle pour y avoir joué de 2012 à 2015, avec un shoot au buzzer pour la mi-temps alors que les chants des Dracs 1991 et des Sang Culé Cor Català n’avaient jamais été aussi fort en tribunes (40-30). 

En seconde période, le Real Madrid tente de nouveaux choix défensifs mais le Barça garde le contrôle du match. Jan Vesely conclut un magnifique alley-oop envoyé par Jokubaitis et Laprovittola enchaine avec un énorme « triple » pour permettre au Barça de prendre 17 unités d’avance. 

Le Palau explose, ça sent bon la victoire ! Il y a 74-62 quand Tavares prend sa cinquième faute, avec 3’45 à jouer. Dans les tribunes, c’est match gagné, certains supporters chambrent déjà en reprenant la célébration de Fabien Causeur rendue un ton plus célèbre lors des derniers playoffs en date.

C’est à ce moment-là qu’on se rappelle qu’un simple match devient un classique. Sur le parquet, Gabriel Deck sonne la révolte et c’est toute la maison blanche qui, portée par cet élan, se prend à rêver d’un come-back. Une remontada que les « Culers » – supporters barcelonais – ont déjà vécu mille fois au foot comme au basket, en leur faveur ou non. Celle-ci a bien fait trembler un Barça si sûr de lui jusqu’à présent, au point de voir Nicolas Laprovittola perdre la balle sur la remise en jeu pour donner la dernière possession au Real, et ainsi une possibilité de renverser la vapeur.

Sergio Llull manque finalement le tir de la gagne et tout se finit bien pour les supporters barcelonais, qui célèbrent cette victoire avec leurs joueurs pendant de longues minutes avant que les vigiles ne raccompagnent tout le monde vers la sortie – nous y compris – tandis que les chants du kop résonnaient encore en tribune.

Ce 324e clasico avait tout pour être qualifié d’un « bon » classique et il nous aurait sans doute laissé un peu sur notre fin sans cette remontée incroyable du Real. Toujours est-il qu’il s’agit d’une de nos premières grosses ambiance en Euroleague, même si l’on sait qu’il y a certainement encore plus de rivalité et de popularité dans d’autres derbys d’Europe ! 

Quand on demande à Mario Hezonja, joueur du Real passé par le Barça, de classer les plus grandes rivalités, il répond : « Panathinaikos vs. Olympiacos goes first. And then ten rows nobody » !

Retrouvez Hoopvan sur Basket Europe pour le prochain derby européen en novembre. Direction l’Italie et le Mediolanum Forum de Milan, une arène de 12 700 places !

Photos : Hoopvan

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