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Vincent Collet : "Wembanyama est en défense le meilleur du monde et Jokic en attaque"

Alors que la France et la Serbie s'affrontent ce jeudi soir en amical à Belgrade (20h sur La Chaîne L'Equipe), l'ancien coach des Bleus Vincent Collet a porté son oeil d'expert sur la Serbie et sur le duel entre Victor Wembanyama et Nikola Jokic.

Victor Wembanyama. ©FFBB

En 15 ans sur le banc, Vincent Collet a conquis huit médailles, dont l’or européen et deux en argent lors des Jeux Olympiques. Il revient pour Meridian Sport sur les matches France-Serbie du passé.

« Ce furent toujours de grands et durs matchs. En France, nous savons depuis très longtemps à quel point la Serbie est forte. Quand je jouais, malheureusement, nous ne pouvions pas rivaliser avec la Serbie, ou plutôt avec la Yougoslavie de l’époque. Maintenant, je dirais que nous sommes meilleurs. Ces dernières années, nous avons eu de très bons jeunes joueurs, des joueurs globalement meilleurs. Cependant, il y a une dizaine d’années, la Serbie a ajouté Jokic à une équipe déjà très bonne. Pour moi, la Serbie est depuis cinq ou six ans vraiment l’une des meilleures sélections au monde. »

Vincent Collet évoque particulièrement la demi-finale des Jeux Olympiques de Paris au cours de laquelle les Serbes n'ont échoué que de quatre points (95-91) face à Team USA.

« La Serbie a été très proche de la sélection des États-Unis. On a pu le voir aux Jeux olympiques. Elle aurait pu gagner. Elle a été devant pendant trois quarts-temps, puis dans les deux dernières minutes elle a eu deux tirs complètement ouverts. Si elle les avait marqués, elle aurait probablement battu les Américains. Cela en dit assez long sur sa force. Un an plus tôt, sans Jokic, elle a remporté la médaille d’argent (NDLR : à la Coupe du monde), après avoir perdu en finale contre l’Allemagne. La seule déception a été les deux derniers championnats d’Europe, où elle n’a pas atteint le résultat attendu. Peut-être que c’était une question de concentration, peut-être que la motivation n’était pas la même, je ne sais pas. Pourtant, pour moi, la Serbie reste parmi les deux ou trois meilleures sélections au monde. »

Vincent Collet connaît parfaitement Victor Wembanyama puisqu'il fut son coach aux Métropolitans 92 avant qu'il parte en NBA.

« Victor deviendra le meilleur joueur du monde, je ne sais juste pas exactement quand. L’année dernière, ils ne se sont pas rencontrés en playoffs. Jokic a terminé plus tôt, mais en demi-finale, je pense qu’il a même été meilleur que Shai Gilgeous-Alexander dans cette série. La façon dont il a porté son équipe était incroyable. En raison des différences dans leur jeu, chaque affrontement entre Jokic et Wembanyama apporte une excitation particulière. Ces deux-là sont certainement des joueurs différents. La taille et l’envergure de Victor sont incroyables. Il mesure 2,24 m, mais se déplace comme un arrière. Il est très rapide, mais aussi extrêmement intelligent. C’est précisément pour cela que, en défense, il est déjà pour moi le meilleur joueur du monde. De l’autre côté, je pense que Jokic est le meilleur joueur offensif. La façon dont il fait jouer ses coéquipiers, mais aussi marque avec un très haut pourcentage de réussite, en fait une vraie menace pour chaque équipe. Si vous avez Jokic, alors vous avez une bonne équipe, peu importe qui joue avec lui. Quand il évolue pour la Serbie, il a autour de lui beaucoup de joueurs de qualité, et c’est précisément lui qui les rend meilleurs. Il possède un grand nombre de qualités, mais sa plus grande qualité est sa capacité à améliorer ses coéquipiers. »

Vincent Collet se remémore la période d'apprentissage de Wemby.

« J’avais confiance en lui, même si on ne peut jamais être totalement sûr. Quand je l’ai entraîné avant son départ en NBA, il était très jeune, il n’avait que 18 ans. J’étais convaincu, presque certain, qu’il deviendrait un grand joueur. Pourtant, on ne sait jamais ce qui peut arriver, surtout avec les blessures. J’ai cru en lui, et ses progrès ne s’arrêteront pas. Il sera de mieux en mieux d’année en année. On parle souvent de ses capacités de basketteur particulières, mais son mental est aussi exceptionnel. Il veut être meilleur et travaille pour progresser. La semaine dernière, il s’est entraîné avec une équipe de rugby en France pour travailler sa solidité. Il fait constamment ce genre de choses. Il fait tout ce qu’il peut pour devenir meilleur. C’est pour cela que je pense qu’il continuera à se développer en tant que joueur. Pour notre sélection, il sera ce que Jokic est pour la Serbie. »
Maxime Raynaud, Rudy Gobert et Victor Wembanyama. Le trio qui donne la chair de poule aux intérieurs de la planète. ©FFBB

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