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Ann Wauters : "J'ai l'impression qu'il y a quand même une recrudescence de l'homophobie"

LA Belge Ann Wauters fut la meilleure joueuse européenne de sa génération. Dans La Dernière Heure, elle se livre sur sa carrière, les Belgian Cats et son homosexualité.

Copyright : Imago/Photos News

Ann Wauters, 46 ans, a été élue cinq fois meilleure joueuse européenne de l'année et elle a gagné quatre fois l'Euroleague (2 fois avec Valenciennes, puis Samara et Valence), et fut la leader de l'équipe nationale belge avant l'avènement d'Emma Meesseman. Mariée à Lot, elle a trois enfants. Extraits de son interview à La Dernière Heure.

A propos de son homosexualité et d'un éventuel obstacle :

"Pour moi, non. Mais je connais des gens pour qui cette acceptation et le regard des autres ont été très difficiles. L'air de rien, avec ma femme et nos trois enfants, nous montrons qu'il est possible de vivre pleinement qui on est. Moi, je n'ai jamais vu où était le problème mais, au fil du temps, je me suis rendu compte que cette situation n'était pas acceptée de tous. Moi, je ne veux pas monter au créneau, mais si je peux aider quelques personnes, c'est déjà ça de gagné. Je constate que l'homosexualité est, globalement, mieux acceptée qu'il y a 20 ans. Mais j'ai l'impression qu'il y a quand même une recrudescence de l'homophobie, surtout sur les réseaux sociaux où la parole est décomplexée. J'ai un peu le sentiment que l'on a fait un petit pas en arrière. Cela me fait dire que le combat ne sera jamais fini."

A propos des Belgian Cats qui ne sont pas montées sur le podium de la dernière Coupe du monde. Une dernière occasion manquée ? :

"(...) Pas forcément, mais c'est dommage. Parce qu'il y avait sûrement de la place pour aller chercher un bon résultat. Cette lourde défaite contre l'Allemagne doit, selon moi, servir de réveil. Il ne suffit pas d'être championnes d'Europe pour obtenir une médaille mondiale. Vous savez, lorsque la Belgique a réalisé le miracle que l'on sait face au Japon aux JO 2024, personne n'a compris qu'il s'agissait d'un miracle. Il n'y a pas eu de remise en question, alors que l'avertissement avait été très sérieux. Depuis les Jeux de Paris, beaucoup d'équipes ont progressé, pas la Belgique. On a trop vécu sur nos acquis. Il est primordial de changer des choses. Pour être performantes à Los Angeles, il n'est pas encore trop tard, mais il faut s'activer et commencer par décrocher la qualification."

A propos de la Russie :

"Quand je suis partie en Russie, c'était en 2004, et les joueuses étrangères étaient considérées comme des stars. Ce pays sortait du communisme et des gens avaient fait fortune en très peu de temps. Et j'ai eu la chance que certains voulaient investir dans le sport féminin. Je me souviens d'un président qui arrivait à l'entraînement avec un sac plastique plein de billets. Il nous disait : 'Servez-vous'. C'était sa façon de nous récompenser après une belle victoire. J'hallucinais. Il organisait aussi des fêtes avec de la nourriture et de l'alcool à volonté. C'était complètement fou !"

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