Liz Mills, coach du Kenya : “Certaines femmes doivent faire tomber les barrières et montrer l’exemple à la prochaine génération”

Sacha RUTARD
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L’Australienne Liz Mills a fait un énorme buzz mondial en étant à la tête de l’équipe du Kenya qui s’est qualifiée à l’AfroBasket pour la première fois depuis 28 ans. C’est la première femme qui, comme coach, a réussi à conduire une équipe de garçons vers un grand tournoi de la Fédération Internationale. Un exemple pour toute la gente féminine. Interrogée par As, elle a déclaré:

“Je suis très fière, sans aucun doute. Mais en même temps, il est triste qu’en 2021, nous devions parler de ce type de jalons. J’espère que dans les années à venir, nous verrons une augmentation drastique du nombre de femmes à la tête d’équipes, hommes et femmes. J’espère que cela arrivera à un point où il semblera normal qu’il y ait des entraîneures et que nous ne soyons pas obligés de continuer à parler de genre quand il s’agit de coaching.”

Liz Mills insiste sur le fait qu’elle n’a pas eu de mal à se fondre dans le groupe kenyan, ni en tant que femme, ni en tant que blanche.

“Depuis que je suis arrivée, ils m’ont très bien accueilli. Après plus d’une décennie d’entraînement sur le continent africain, j’ai une réputation que les joueurs connaissent, ils savaient ce que j’allais apporter à l’équipe. C’est un vestiaire avec des joueurs avec beaucoup de personnalité, ça a été très amusant de travailler avec eux. Ici, en Afrique, de nombreux entraîneurs étrangers travaillent avec des équipes de tout le continent. Malheureusement, oui, j’ai subi une discrimination fondée sur le sexe, mais au sein des équipes auxquelles j’ai fait partie, j’ai toujours été très bien accueillie. De plus, je suis ici depuis tellement d’années que je fais partie de la communauté, tout le monde me connaît, ils savent que je travaille pour aider le basket africain à grandir. J’ai été bien traitée là où j’ai été, des managers aux joueurs. Les plus gros problèmes sont généralement avec des équipes rivales, d’autres fédérations… des gens qui ne voient pas comme normal que j’apparaisse en tant qu’entraîneur. Mais bon, c’est une mentalité de la vieille école qui, j’espère, disparaîtra bientôt.”

L’Australienne a d’autres objectifs :

“Il est essentiel que les jeunes filles voient qu’il y a des femmes fortes, intelligentes et qui réussissent à des postes de direction. Vous ne pouvez pas vous attendre à ce qu’elles rêvent de réaliser de grandes choses si elles n’ont pas ces modèles. Certaines femmes doivent faire tomber les barrières et montrer l’exemple à la prochaine génération. C’est crucial, et j’espère que même de manière modeste, je pourrai faire ma part pour éclairer la voie pour les femmes sur les bancs de basket-ball (…) Maintenant, je veux diriger une équipe africaine dans une Coupe du monde, des Jeux Olympiques…”

Photo: FIBA

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